CA Metz, 5 mars 2024, RG 21/00151
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Texte de la décision
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
N° RG 21/00151 - N° Portalis DBVS-V-B7F-FNHN
Minute n° 24/00050
[T], [F], [U], [D], [B], Commune LA VILLE DE [Localité 13], Organisme UDAF, S.A.S. GRAS SAVOYE
C/
[T], [F], [U], [D], [D], [B], S.A.R.L. BRETEUIL ASSURANCES COURTAGE, S.A.S.U. ASSURANCES PILLIOT, Société MUTUELLE INTERIALE, S.A. AXA FRANCE VIE, S.A.S. HELIUM, Commune LA VILLE DE [Localité 13], Organisme UDAF, S.A.S. GRAS SAVOYE
Jugement Au fond, origine TJ hors JAF, JEX, JLD, J. EXPRO, JCP de THIONVILLE, décision attaquée en date du 07 Décembre 2020, enregistrée sous le n° I 20/00969
COUR D'APPEL DE METZ
1ère CHAMBRE CIVILE
ARRÊT DU 05 MARS 2024
APPELANTS :
LA VILLE DE [Localité 13], représentée par son maire en exercice.
[Adresse 21]
[Adresse 21]
[Localité 13]
Représentée par Me Armelle BETTENFELD, avocat postulant au barreau de METZ et par Me Laurent KELLER, avocat plaidant du barreau de STRASBOURG
Madame [A] [T]
[Adresse 8]
[Localité 13]
Représentée par Me Armelle BETTENFELD, avocat postulant au barreau de METZ et par Me Laurent KELLER, avocat plaidant du barreau de STRASBOURG
Monsieur [W] [F]
[Adresse 3]
[Localité 13]
Représentée par Me Armelle BETTENFELD, avocat postulant au barreau de METZ et par Me Laurent KELLER, avocat plaidant du barreau de STRASBOURG
Madame [L] [U]
[Adresse 2]
[Localité 12]
Représentée par Me Armelle BETTENFELD, avocat postulant au barreau de METZ et par Me Laurent KELLER, avocat plaidant du barreau de STRASBOURG
Madame [I] [D]
[Adresse 3]
[Localité 13]
Représentée par Me Armelle BETTENFELD, avocat postulant au barreau de METZ et par Me Laurent KELLER, avocat plaidant du barreau de STRASBOURG
Monsieur [E] [D]
[Adresse 3]
[Localité 13]
Représentée par Me Armelle BETTENFELD, avocat postulant au barreau de METZ et par Me Laurent KELLER, avocat plaidant du barreau de STRASBOURG
Madame [X] [B]
[Adresse 17]
[Localité 14]
Représentée par Me Armelle BETTENFELD, avocat postulant au barreau de METZ et par Me Laurent KELLER, avocat plaidant du barreau de STRASBOURG
UDAF Pris en sa qualité de curateur de Mme [X]-[M] [S]
[Adresse 1]
[Localité 11]
Représentée par Me Armelle BETTENFELD, avocat postulant au barreau de METZ et par Me Laurent KELLER, avocat plaidant du barreau de STRASBOURG
S.A.S. GRAS SAVOYE, venant aux droits de la Société GRAS SAVOYE BERGER SIMON, Représentée par son représentant légal,
[Adresse 6]
[Localité 19]
Représentée par Me Véronique HEINRICH, avocat postulant au barreau de METZ et par Me Marcel PORCHER, avocat plaidant du barreau de PARIS
INTIMÉS :
LA VILLE DE [Localité 13], représentée par son Maire en exercice.
[Adresse 21]
[Adresse 21]
[Localité 13]
Représentée par Me Armelle BETTENFELD, avocat postulant au barreau de METZ et par Me Laurent KELLER, avocat plaidant du barreau de STRASBOURG
Madame [A] [T]
[Adresse 8]
[Localité 13]
Représentée par Me Armelle BETTENFELD, avocat postulant au barreau de METZ et par Me Laurent KELLER, avocat plaidant du barreau de STRASBOURG
Monsieur [W] [F]
[Adresse 3]
[Localité 13]
Représentée par Me Armelle BETTENFELD, avocat postulant au barreau de METZ et par Me Laurent KELLER, avocat plaidant du barreau de STRASBOURG
Madame [L] [U]
[Adresse 2]
[Localité 12]
Représentée par Me Armelle BETTENFELD, avocat postulant au barreau de METZ et par Me Laurent KELLER, avocat plaidant du barreau de STRASBOURG
Madame [I] [D]
[Adresse 3]
[Localité 13]
Représentée par Me Armelle BETTENFELD, avocat postulant au barreau de METZ et par Me Laurent KELLER, avocat plaidant du barreau de STRASBOURG
Monsieur [E] [D]
[Adresse 3]
[Localité 13]
Représentée par Me Armelle BETTENFELD, avocat postulant au barreau de METZ et par Me Laurent KELLER, avocat plaidant du barreau de STRASBOURG
Madame [X] [B]
[Adresse 17]
[Localité 14]
Représentée par Me Armelle BETTENFELD, avocat postulant au barreau de METZ et par Me Laurent KELLER, avocat plaidant du barreau de STRASBOURG
UDAF Pris en sa qualité de curateur de Mme [X]-[M] [S]
[Adresse 1]
[Localité 11]
Représentée par Me Armelle BETTENFELD, avocat postulant au barreau de METZ et par Me Laurent KELLER, avocat plaidant du barreau de STRASBOURG
S.A.S. GRAS SAVOYE, venant aux droits de la Société GRAS SAVOYE BERGER SIMON, Représentée par son représentant légal,
[Adresse 6]
[Localité 19]
Représentée par Me Véronique HEINRICH, avocat postulant au barreau de METZ et par Me Marcel PORCHER, avocat plaidant du barreau de PARIS
S.A.R.L. BRETEUIL ASSURANCES COURTAGE, représentée par son représentant légal
[Adresse 7]
[Localité 20]
Représentée par Me Patrick VANMANSART, avocat postulant au barreau de METZ et par Me Henri ABECASSIS, avocat plaidant du barreau des HAUTS-DE-SEINE
S.A.S.U. ASSURANCES PILLIOT, représentée par son représentant légal
[Adresse 22]
[Localité 15]
Représentée par Me Patrick VANMANSART, avocat postulant au barreau de METZ et par Me Henri ABECASSIS, avocat plaidant du barreau des HAUTS-DE-SEINE
S.A. AXA FRANCE VIE, venant aux droits de la société FINANCIAL INSURANCE COMPANY LIMITED, représentée par son représentant légal.
[Adresse 4]
[Localité 18]
Représentée par Me Hugues MONCHAMPS, avocat postulant au barreau de METZ et par Me Julie VERDON, avocat plaidant du barreau de PARIS
S.A.S. HELIUM, représentée par son représentant légal
[Adresse 9]
[Localité 10]
Représentée par Me Christine SALANAVE, avocat postulant au barreau de METZ et par Me Souâde MESSAOUDI, avocat plaidant du barreau de PARIS
INTIMÉE ET APPELANTE INCIDENT:
MUTUELLE INTERIALE, représentée par son président en exercice.
[Adresse 5]
[Localité 16]
Représentée par Me Philippe KAZMIERCZAK, avocat postulant au barreau de METZ et par Me Marion BARRAULT CLERGUE, avocat plaidant du barreau de Toulouse.
DATE DES DÉBATS : A l'audience publique du 12 Octobre 2023, l'affaire a été mise en délibéré pour l'arrêt être rendu le 05 Mars 2024, en application de l'article 450 alinéa 3 du code de procédure civile.
GREFFIER PRÉSENT AUX DÉBATS : Mme Sylvie MATHIS
COMPOSITION DE LA COUR :
PRÉSIDENT : Mme FLORES, Présidente de Chambre
ASSESSEURS : Mme BIRONNEAU,Conseillère
Mme FOURNEL, Conseillère
ARRÊT : Contradictoire
Rendu publiquement par mise à disposition de l'arrêt au greffe de la cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile ;
Signé par Mme Anne-Yvonne FLORES, Présidente de Chambre et par Mme Cindy NONDIER, Greffière à laquelle la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire.
EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCEDURE
Le 06 mars 2014, la Ville de [Localité 13], par l'intermédiaire d'un courtier en assurance, la SARL Breteuil Assurances Courtage, a conclu un contrat d'assurance prévoyance pour le bénéfice de ses agents auprès de la société Financial Assurance Company Limited, exerçant sous le nom Genworth Assurances, aux droits de laquelle vient désormais la SA Axa France Vie. Le contrat a été conclu pour une durée de six ans à compter du 1er janvier 2014.
Ce contrat comprenait notamment les garanties décès, incapacité temporaire de travail, invalidité, perte totale et irréversible d'autonomie.
La gestion de ce contrat a été déléguée à la SAS Hélium en qualité de mandataire de la société Genworth Assurances.
Ce contrat a été résilié le 31 décembre 2016.
La Ville de [Localité 13] a ensuite souscrit, par l'intermédiaire de la SAS Gras Savoye, un nouveau contrat d'assurance prévoyance auprès de la société Mutuelle Intériale avec effet au 1er janvier 2017.
Ce contrat comprenait notamment les garanties incapacité temporaire totale de travail, invalidité permanente, décès toutes causes et perte totale et irréversible d'autonomie toutes causes, allocation frais d'obsèques, rente de conjoint et rente d'éducation.
Le contrat souscrit auprès de la société Mutuelle Intériale a pris fin le 31 décembre 2019.
Un nouveau contrat de prévoyance a par la suite été conclu par la Ville de [Localité 13] avec la société Collecteam avec effet au 1er janvier 2020.
En cours d'exécution de ces contrats ont été placés en congés longue maladie :
M. [E] [D] à compter du 24 septembre 2015,
M. [W] [F] à compter du 07 octobre 2015
Mme [I] [D] sur la période du 06 juillet 2015 au 15 juillet 2018
Mme [X] [B] à compter du 19 mai 2016
Mme [X]-[M] [S] a quant à elle été placée en congé longue durée à compter du 1er décembre 2015.
Mme [L] [U] a été placée en congés maladie ordinaire du 12 septembre 2016 au 11 septembre 2017 et Mme [A] [T] du 30 juin 2016 au 29 juin 2017.
Par la suite, plusieurs agents de la Ville de [Localité 13] ont été placés en retraite pour invalidité. Il s'agit de :
Mme [T] à compter du 1er décembre 2017,
M. [F] à compter du 1er novembre 2018,
Mme [U] à compter du 1er février 2019,
M. [D] à compter du 1er octobre 2019
et Mme [D] à compter du 1er avril 2019.
Par courriers des 28 février 2019 et 03 mai 2019 la ville de [Localité 13] a sollicité auprès de la SARL Breteuil Assurances la prise en charge de ses agents en application du contrat souscrit auprès de la société Genworth Assurances, notamment le paiement d'indemnités journalières.
Par courriers du 05 août 2019, la ville de [Localité 13] s'est adressée directement aux sociétés Genworth Assurances et Mutuelle Intériale pour solliciter la prise en charge de ses agents au titre des garanties souscrites.
Par actes extrajudiciaires des 02, 03, 08, 10 et 18 octobre 2019, la Ville de [Localité 13] a assigné la SA Axa France Vie, la SAS Hélium, la Mutuelle Intériale, la SARL Breteuil Assurance Courtage et la SAS Gras Savoye devant le juge des référés du tribunal de grande instance de Thionville, sur le fondement de l'article 809 alinéa 2 du code de procédure civile, aux fins de le voir condamner les défenderesses à exécuter les garanties prévues par les contrats d'assurance souscrits pour le bénéfice de ses agents.
Par ordonnance en date du 21 février 2020, le juge des référés a rejeté l'ensemble des demandes de la Ville de [Localité 13] au motif notamment que leur examen supposait de se livrer à une interprétation des stipulations contractuelles excédant ses pouvoirs de juge des référés.
Par acte du 19 août 2020, la Ville de [Localité 13], représentée par son maire en exercice, ainsi que Mme [T], M. [F], Mme [U], Mme [D], M. [D], Mme [B], et Mme [S] représentée par l'UDAF en qualité de curateur, ont assigné à jour fixe devant le tribunal judiciaire de Thionville, sur autorisation de son président, la SARL Breteuil Assurances Courtage, la SASU Assurances Pilliot en tant qu'établissement secondaire de la SARL Breteuil Assurances Courtage, la Mutuelle Intériale, la SAS Hélium, la SA Axa France Vie et la SAS Gras Savoye aux fins notamment de le voir :
ordonner l'exécution par la SA Axa France Vie, venant aux droits de la société Genworth, la Mutuelle Intériale, la SAS Hélium, la SARL Breteuil Assurance Courtage et la SAS Gras Savoye des contrats souscrits par la Ville de [Localité 13],
condamner la SA Axa France Vie, venant aux droits de la société Genworth, la Mutuelle Intériale, la SAS Hélium, la SARL Breteuil Assurance Courtage et la SAS Gras Savoye à verser aux agents de la Ville de [Localité 13] les sommes dues au titre des garanties, le tout sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard et par agent,
condamner la SA Axa France Vie, venant aux droits de la société Genworth, à régler les sommes suivantes au titre des indemnités journalières complémentaires prévues au contrat souscrit par la Ville de [Localité 13] :
la somme de 3 767,56 euros à Mme [T]
la somme de 12 966,79 euros à Mme [U]
la somme de 6 660,18 euros à Mme [D]
la somme de 15 182,66 euros à M. [D]
la somme de 7 834,99 euros à Mme [B]
la somme de 25 338,88 euros à Mme [S]
condamner la Mutuelle Intériale à réglée les sommes suivantes au titre de la rente annuelle viagère complémentaire prévue par le contrat souscrit par la Ville de [Localité 13] :
la somme de 68 831,64 euros à Mme [T]
la somme de 18 082,20 euros à M. [F]
la somme de 10 156,82 euros à Mme [U]
la somme de 67 854,60 euros à Mme [D]
la somme de 89 612,64 euros à M. [D]
condamner solidairement la SAS Hélium et la SARL Breteuil Assurance Courtage à régler les sommes suivantes à titre de dommages et intérêts à la Ville de [Localité 13] et à ses agents :
la somme de 3 767,56 euros à Mme [T]
la somme de 12 966,79 euros à Mme [U]
la somme de 6 660,18 euros à Mme [D]
la somme de 15 182,66 euros à M. [D]
la somme de 7 834,99 euros à Mme [B]
la somme de 25 338,88 euros à Mme [S]
condamner la SAS Gras Savoye à régler les sommes suivantes à titre de dommages et intérêts à la Ville de [Localité 13] et à ses agents :
la somme de 68 831,64 euros à Mme [T]
la somme de 18 082,20 euros à M. [F]
la somme de 10 156,82 euros à Mme [U]
la somme de 67 854,60 euros à Mme [D]
la somme de 89 612,64 euros à M. [D]
la somme de 7 834,99 euros à Mme [B]
la somme de 25 338,88 euros à Mme [S]
La SARL Breteuil Assurances Courtage et la SASU Assurances Pillot n'ont pas constitué avocat en première instance.
Par jugement réputé contradictoire rendu le 07 décembre 2020, le tribunal judiciaire de Thionville a :
Déclaré recevable l'action des demandeurs devant la juridiction judiciaire et s'est déclaré compétent pour statuer sur les demandes dont il est saisi ;
En ce qui concerne la SA Axa France Vie :
Condamné la SA Axa France Vie à mobiliser sa garantie incapacité temporaire de travail au profit des agents que dans les limites suivantes :
747,33 euros à Mme [A] [T]
3 056,60 euros à Mme [L] [U]
5 861,17 euros à Mme [I] [D]
9 447,60 euros à M. [E] [D]
885,94 euros à Mme [X] [B]
15 968,49 euros à l'UDAF en qualité de curateur de Mme [X] [S];
Rejeté pour le surplus les demandes dirigées contre la SA Axa France Vie ;
Rejeté les demandes respectives de la Axa France Vie et de la Ville de [Localité 13] au titre de l'article 700 du code de procédure civile ;
Dit que la SA Axa France Vie et la Ville de [Localité 13] conserveront chacune la charge de leurs propres dépens ;
En ce qui concerne la Mutuelle Intériale :
Rejeté les demandes de la Ville de [Localité 13], de Mme [A] [T], de M. [W] [F], de Mme [L] [U], de Mme [I] [D] et de M. [E] [D] à l'encontre de la Mutuelle Intériale ;
Condamné la Ville de [Localité 13] à payer à la Mutuelle Intériale, la somme de 2 000 euros au titre de l'article 700 du Code de procédure civile ;
Dit n'y avoir lieu à condamnation au titre de l'article 700 du code de procédure civile de Mme [A] [T], de M. [W] [F], de Mme [L] [U], de Mme [I] [D], et de M. [E] [D] ;
Condamné la Ville de [Localité 13] à supporter les dépens exposés par la Mutuelle Intériale;
En ce qui concerne la SAS Gras Savoye :
Condamné la SAS Gras Savoye à régler les sommes suivantes au titre de dommages et intérêts :
68 831 ,64 euros à Mme [T] [A]
18 082,20 euros à M. [F] [W]
10 156,82 euros à Mme [U] [L]
67 854,60 euros à Mme [D] [I]
89 612,64 euros à M. [D] [E]
7 834,99 euros à Mme [B] [X]
25 338,88 euros à Mme [S] [X] [M] ;
Réservé la liquidation des droits des requérants pour le surplus qui viendrait à être dû à titre de dommages-intérêts ;
Condamné la SAS Gras Savoye à verser à la Ville de [Localité 13] la somme de 2 000 euros en application de l'article 700 du Code de procédure civile ;
Condamné la SAS Gras Savoye à supporter les dépens exposés par Ville de [Localité 13];
En ce qui concerne la SAS Hélium :
Rejeté les demandes de la Ville de [Localité 13], de Mme [A] [T], de Mme [L]
[U], de Mme [I] [D] et de M. [E] [D], de Mme [X] [B] et de Mme [X] [M] [S] à l'encontre la SAS Hélium ;
Condamné la Ville de [Localité 13] à payer à la SAS Hélium, la somme de 2 000 euros au titre de l'article 700 du Code de procédure civile ;
Dit n'y avoir lieu à condamnation au titre de l'article 700 du code de procédure civile de Mme [A] [T], de Mme [L] [U], de Mme [I] [D], de M. [E] [D], de Mme [X] [B], et de Mme [X]-[M] [S];
Condamné la Ville de [Localité 13] à supporter les dépens exposés par la SAS Hélium ;
En ce qui concerne la SARL SARL Breteuil Assurances Courtage et la SASU Assurances Pilliot :
Rejeté les demandes de la Ville de [Localité 13], de Mme [A] [T], de Mme [L] [U], de Mme [I] [D], et de M. [E] [D], de Mme [X] [B] et de Mme [X] [M] [S] à l'encontre de la SARL SARL Breteuil Assurances Courtage ;
Constaté qu'aucune demande spécifique n'a été faite à l'encontre de la SASU Assurances Pilliot désignée dans l'assignation comme un établissement secondaire de la société Breteuil Assurances.
Pour statuer ainsi, le tribunal à propos des demandes formées à l'encontre d'Axa, a considéré qu'il convenait de valider le raisonnement tenu par cet assureur, qui reconnaissait devoir certains montants aux employés de la ville de Thionville, de sorte que le tribunal leur a alloué les montants admis par Axa.
Sur les demandes formées à l'encontre de la mutuelle Intériale au titre de la garantie invalidité permanente, le tribunal a relevé, s'agissant du contrat souscrit pour Mme [U], que si les garanties comprenaient bien la garantie « maintien de traitement en cas d'invalidité permanente », en revanche il n'avait pas été souscrit la garantie spécifique « perte de retraite consécutive à une invalidité permanente », de sorte que les demandes de Mme [U] et de la Ville de [Localité 13] à ce titre devaient être rejetées.
S'agissant des demandes formées à l'encontre de la Mutuelle Intériale et au profit des autres salariés, le tribunal a relevé que pour que les demandes d'affiliation « prévoyance complémentaire » puissent être enregistrées, il était nécessaire que les intéressés aient repris leur activité normale de service, mais que, la Ville de [Localité 13] n'ayant pas adressé d'attestations concernant la reprise de travail de ses agents, l'enregistrement des demandes n'avait pas été fait, de sorte qu'il convenait de rejeter également l'ensemble de ces demandes à l'encontre d'Intériale.
S'agissant des demandes formées à l'encontre du courtier Gras Savoye, le tribunal a retenu que celui-ci n'avait pas respecté son obligation de conseil : Ainsi Gras Savoye aurait dû, à propos des dossiers de demande d'affiliation à la garantie « prévoyance complémentaire », vérifier, pour que ces demandes d'affiliation puissent être enregistrées, que la ville de [Localité 13] avait bien fait savoir à Intériale que les intéressés ( Mme [T], M. [F], Mme [D] et M. [D]) avaient repris leur activité normale de service après avoir été en arrêt de travail. De même elle aurait dû au moment de la souscription de la garantie « invalidité permanente », aviser clairement la ville de [Localité 13] de la nécessité de souscrire spécifiquement à la garantie « perte de retraite consécutive à une invalidité permanente ». Le tribunal a donc fait droit dans ces mesures aux demandes formées à l'encontre d'Intériale.
En revanche le tribunal a considéré qu'il ne disposait pas de suffisamment d'éléments pour établir un prétendu manquement de la société Breteuil Assurances Courtage à ses obligations de conseil et d'information au moment de la conclusion du contrat, et a relevé qu'aucune demande spécifique n'était formée à l'encontre de la SASU Assurances Pillot.
Enfin concernant les demandes à l'encontre de la société Hélium, le tribunal a rappelé que cette société était uniquement gestionnaire du contrat souscrit auprès de la compagnie Genworth, et n'avait eu aucun rôle d'intermédiation. N'étant pas intervenue au moment du choix de garanties il ne pouvait lui être reproché un manquement à une obligation de conseil, et elle n'avait en outre aucun lien contractuel avec les demandeurs.
Par déclaration effectuée le 15 janvier 2021, la SAS Gras Savoye a interjeté appel aux fins d'annulation, subsidiairement, infirmation du jugement rendu par le tribunal de Thionville le 07 décembre 2020 en ce qu'il a :
Déclaré recevable l'action des demandeurs devant la juridiction judiciaire et s'est déclaré compétent pour statuer sur les demandes dont il est saisi ;
Condamné la SAS Gras Savoye à régler les sommes suivantes au titre de dommages et intérêts :
68 831,64 euros à Mme [T] [A]
18 082,20 euros à M. [F] [W]
10 156,82 euros à Mme [U] [L]
67 854,60 euros à Mme [D] [I]
89 612,64 euros à M. [D] [E]
7 834,99 euros à Mme [B] [X]
25 338,88 euros à Mme [S] [X] [M],
Réservé la liquidation des droits des requérants pour le surplus qui viendrait à être dû à titre de dommages-intérêts ;
Condamné la SAS Gras Savoye à verser à la Ville de [Localité 13] la somme de 2.000 euros en application de l'article 700 du Code de procédure civile ;
Condamné la SAS Gras Savoye à supporter les dépens exposés par Ville de [Localité 13].
Par déclaration effectuée le 11 février 2021, la Ville de [Localité 13], Mme [T], M. [F], Mme [U], M. et Mme [D], l'UDAF, et Mme [B] ont également interjeté appel aux fins d'infirmation du jugement rendu la 07 décembre 2020 par le tribunal judiciaire de Thionville en ce qu'il a :
Limité les condamnations de la SAS Gras Savoye au profit des appelants aux sommes de :
68 831 ,64 euros à Mme [T] [A]
18 082,20 euros à M. [F] [W]
10 156,82 euros à Mme [U] [L]
67 854,60 euros à Mme [D] [I]
89 612,64 euros à M. [D] [E]
7 834,99 euros à Mme [B] [X]
25 338,88 euros à Mme [S] [X] [M] ;
Réservé la liquidation des droits des requérants pour le surplus qui viendrait à être dû à titre de dommages-intérêts ;
Condamné la SAS Gras Savoye à verser à la Ville de [Localité 13] la somme de 2 000 euros en application de l'article 700 du Code de procédure civile ;
Rejeté les conclusions, fins et demandes dirigées par les appelants contre la SAS Gras Savoye,
Rejeté les demandes de la Ville de [Localité 13], de Mme [A] [T], de M. [W] [F], de Mme [L] [U], de Mme [I] [D] et de M. [E] [D] à l'encontre de la Mutuelle Intériale ;
Condamné la Ville de [Localité 13] à payer à la Mutuelle Intériale, la somme de 2 000 euros au titre de l'article 700 du Code de procédure civile ;
Dit n'y avoir lieu à condamnation au titre de l'article 700 du code de procédure civile de Mme [A] [T], de M. [W] [F], de Mme [L] [U], de Mme [I] [D], et de M. [E] [D] ;
Condamné la Ville de [Localité 13] à supporter les dépens exposés par la Mutuelle Intériale;
Et en ce que le tribunal judiciaire a rejeté l'ensemble des moyens, fins, conclusions et demandes dirigées par les appelants contre la Mutuelle Intériale,
Limité la condamnation de la SA Axa France Vie à payer à Mme [B] la somme de 885,94 euros et a rejeté pour le surplus les demandes de la Ville de [Localité 13] et Mme [B]
Rejeté les demandes de la Ville de [Localité 13] au titre de l'article 700 du code de procédure civile et dit que la SA Axa France Vie et la Ville de [Localité 13] conserveront chacune la charge de leur dépens,
Débouté la Ville de [Localité 13] et Mme [B] de l'ensemble de de leurs moyens, fins, conclusions et demandes, y compris les dépens et l'article 700 du code de procédure civile uniquement dans la limite des chefs de la demande concernant la Ville de [Localité 13] et Mme [B] [X].
Les deux procédures d'appel ont été jointes par ordonnance du conseiller de la mise en état du 13 janvier 2022.
La société Mutuelle Intériale a formé appel incident par voie de conclusions, sollicitant l'infirmation du jugement en ce qu'il a dit n'y avoir lieu à condamnation au titre de l'article 700 du code de procédure civile de Mme [T], M. [F], Mme [U], Mme [D], M. [D].
PRETENTIONS ET MOYENS DES PARTIES
Par conclusions du 05 septembre 2023, auxquelles il est expressément référé pour plus ample exposé des prétentions et moyens, la SAS Gras Savoye demande à la cour d'appel de :
« Mettre à néant le jugement entrepris.
Dire et juger que les sinistres relatifs à Mme [U], Mme [T], M. [F], M. [D] et Mme [D] ne peuvent entrer dans les prévisions dans le temps du marché Gras Savoye / Intériale et ne sauraient générer par voie de conséquence une quelconque responsabilité civile professionnelle de la SAS Gras Savoye,
Dire et juger que le fait que les adhésions de Mme [T], M. [F], Mme [D] et de M. [D] n'ont pas été enregistrées par la Mutuelle Intériale ne provient que de la seule faute ou négligence de l'administration de la ville de [Localité 13] et ne saurait en aucune mesure instituer la SAS Gras Savoye en responsabilité.
Dire et juger que la SAS Gras Savoye n'est responsable d'aucun défaut de conseil relatif à l'articulation des garanties « pertes de retraite consécutive à une invalidité permanente » et « maintien du traitement en cas d'invalidité permanente ».
Dire et juger qu'aucune preuve n'est rapportée de ce que la SAS Gras Savoye, qui par ailleurs le conteste, aurait considéré que l'une de ces deux garanties était nécessairement acquise du fait de l'adhésion à l'autre.
Dire et juger que la police proposée et acceptée par la collectivité étant conforme au cahier des charges rédigé par la société CAP Service Public, mandataire de la ville de [Localité 13], la responsabilité de la SAS Gras Savoye ne saurait être engagée en raison d'une soi-disant insuffisance de garantie
Dire et juger en revanche que la Ville est seule responsable des éventuelles insuffisances du cahier de charges
En particulier dire que la souscription d'une garantie perte de retraite consécutive à une invalidité permanente n'a pas été demandée.
Débouter la Ville et les fonctionnaires territoriaux appelants des fins de leur appel principal.
Débouter la Ville et les fonctionnaires territoriaux appelants de leurs demandes contre la concluante à défaut d'un préjudice actuel et certain et à défaut de démontrer une faute de celle-ci
Condamner tout succombant à payer à la SAS Gras Savoye une somme de 10 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile.
Condamner tout succombant en tous les dépens d'instance et d'appel. »
Au soutien de son appel la société Gras Savoye rappelle qu'elle n'est intervenue que comme courtier dans le cadre de la conclusion du contrat auprès de la compagnie Intériale, de sorte qu'elle n'est concernée que pour la période allant du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2019.
Par ailleurs et dès lors qu'elle est courtier, et non assureur, elle fait valoir qu'elle ne peut être recherchée en paiement des indemnités d'assurance, mais uniquement sur le fondement de sa responsabilité, en l'occurrence un défaut allégué de conseil, ce qui suppose la preuve d'une faute de sa part et d'un préjudice en résultant.
Elle considère que la preuve d'un préjudice résultant de son fait n'est pas rapportée, puisque la ville de [Localité 13] elle-même considère que les assureurs sont tenus des indemnités prévues, en application des contrats souscrits.
Quant à l'allégation d'une faute, elle fait valoir qu'elle n'est pas concernée par la passation du contrat avec la société Genworth, aujourd'hui Axa Vie.
S'agissant du contrat passé avec Intériale, elle précise que la garantie « Perte de retraite consécutive à une invalidité permanente » n'a pas été souscrite, ainsi qu'il résulte des termes du cahier des charges élaboré en vue de la conclusion du contrat. Elle indique que l'exclusion de cette garantie résulte des conditions particulières du contrat, qui priment sur les conditions générales, et fait valoir que la ville de [Localité 13] a passé ce contrat sous la forme d'un marché public et s'était adjoint les services d'un assistant maître d'ouvrage.
Quant aux agents réclamant les prestations de la mutuelle Intériale, elle fait valoir que seule la société Axa était concernée par les sommes réclamées au bénéfice de Mesdames [B] et [S], de sorte que le jugement doit être infirmé en ce qu'il l'a condamnée à payer des sommes incombant à Axa.
S'agissant de Mme [U], Mme [T], M. [F] et Mme [D], elle soutient qu'aucun sinistre ne lui a été déclaré durant la période de validité du contrat.
Quant à M. [D], le sinistre le concernant est survenu entre le 21 mai 2013 et le 21 février 2014 de sorte qu'il n'incombait pas non plus à Intériale de le prendre en charge.
Elle ajoute que Intériale a refusé sa garantie concernant les époux [D], Mme [T] et M. [F], car l'adhésion de ces agents n'avait pas été enregistrée. Elle estime qu'il ne lui appartenait pas de veiller à ce que la ville et les agents informent l'assureur de leur reprise de travail, alors qu'ils avaient été informés de ce que leurs dossiers ne pourraient être enregistrés qu'après leur reprise de travail effective.
Quant à la situation de Mme [U], la société Gras Savoye conteste tout défaut d'information fautif, alors que l'absence de souscription de la garantie perte de retraite consécutive à une invalidité était expressément mentionnée, qu'en tant que courtier elle devait respecter le cahier des charges élaboré par la ville de [Localité 13] avec l'aide d'un assistant spécialiste de l'assurance, et que la ville n'a pas mis en cause la responsabilité de ce dernier.
Enfin elle rappelle qu'elle n'a agi que comme mandataire, de sorte que, à défaut de faute détachable, la responsabilité résultant de son activité pèserait sur son mandant.
Par conclusions du 13 septembre 2023, auxquelles il est expressément référé pour plus ample exposé des prétentions et moyens, la Ville de [Localité 13], Mme [T], M. [F], Mme [U], M. et Mme [D], UDAF, et Mme [B], demandent à la cour d'appel de :
« Vu l'ordonnance en date du 13 janvier 2022, de jonction des instances d'appel N° RG 21/000394 et N° RG 21/00151 sous le N° RG 21/00151 ;
Déclarer la Ville de [Localité 13] recevable en son appel et l'y dire bien fondée ;
Déclarer l'appel de la SAS Gras Savoye mal fondé ;
Constater, dire et juger que la Mutuelle Intériale doit garantie à Ville de [Localité 13], Mme [A] [T], M. [W] [F], Mme [L] [U], Mme [I] [D] et M. [E] [D] au titre de la rente annuelle viagère complémentaire prévue par le contrat souscrit par la Ville de [Localité 13] auprès de la ladite compagnie ;
Constater, dire et juger que la SA Axa France Vie, venants aux droits de la société Genworth, doit garantie à madame [B] [X] au titre des indemnités journalières complémentaires prévues au contrat souscrit par la Ville de [Localité 13] auprès de ladite compagnie ;
Constater, Dire et juger que le courtier en assurance Breteuil a engagé sa responsabilité à l'égard de la Ville de [Localité 13] et de Mme [B] [X] ;
En conséquence,
Infirmer le jugement entrepris en ce qu'il a rejeté les demandes de la Ville de [Localité 13], de Mme [A] [T], de M. [W] [F], de Mme [L] [U], de Mme [I] [D] et de M. [E] [D] à l'encontre de la Mutuelle Intériale et l'a condamné aux dépens exposés par la Mutuelle Intériale ainsi qu'au paiement d'une somme de 2000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile ;
Infirmer le jugement entrepris en ce qu'il a condamné la SA Axa France Vie à mobiliser sa garantie incapacité temporaire de travail au profit de Mme [X] [B] dans la limite de 885,94 euros seulement ;
Infirmer le jugement entrepris en ce qu'il a rejeté les demandes de la Ville de [Localité 13] et de Mme [X] [B] à l'encontre de la SARL Breteuil Assurances Courtage ;
Infirmer le jugement en ce qu'il a refusé de réserver la liquidation des droits des requérants pour le surplus qui viendrait à être dû la Mutuelle Intériale, la SA Axa France Vie et le courtier en assurance Breteuil s'agissant des rentes, indemnités ou dommage-intérêts représentatives de celles-ci ;
Confirmer le jugement entrepris sur tous les autres points, notamment la condamnation du courtier en assurance Gras Savoye à régler les sommes suivantes au titre de dommages et intérêts à la Ville de [Localité 13] et à ses agents :
la somme de 68 831,64 euros à Mme [T] [A] ;
la somme de 18 082,20 euros à M. [F] [W] ;
la somme de 10 156,82 euros à Mme [U] [L] ;
la somme de 67 854,60 euros à Mme [D] [I] ;
la somme de 89 612,64 euros à M. [D] [E] ;
la somme de 7 834,99euros à Mme [B] [X] ;
la somme de 25 338,88euros à Mme [S] [X] [M]. ;
Et statuant à nouveau,
Condamner la Mutuelle Intériale, à régler les sommes suivantes au titre de la rente annuelle viagère complémentaire prévue par le contrat souscrit par la Ville de [Localité 13]:
la somme de 68 831,64 euros à Mme [T] [A] ;
la somme de 18 082,20 euros à M. [F] [W] ;
la somme de 10 156,82 euros à Mme [U] [L] ;
la somme de 67 854,60 euros à Mme [D] [I] ;
la somme de 89 612,64 euros à M. [D] [E].
Condamner la SA Axa France Vie, venant aux droits de la société Genworth, à régler les sommes suivantes au titre des indemnités journalières complémentaires prévues au contrat souscrit par la Ville de [Localité 13] :
la somme de 7 834,99euros à Mme [B] [X] ;
Condamner le courtier en assurance Breteuil à régler les sommes suivantes au titre de dommages et intérêts à la Ville de [Localité 13] et à Mme [B] [X] :
la somme de 7 834,99euros ;
Réserver la liquidation des droits des requérants appelants pour le surplus qui viendrait à leur être dû s'agissant des rentes, indemnités ou dommage-intérêts représentatives de celles-ci ;
En tout état de cause,
Condamner la SA Axa France Vie, la Mutuelle Intériale, la SAS Gras Savoye et la SARL Breteuil Assurance Courtage à verser chacun à la Ville de [Localité 13], à Mme [T] [A], M. [F] [W], Mme [U] [L], Mme [D] [I], [D] [E] et Mme [B] [X] la somme de 10.000 euros en application de l'article 700 du Code de procédure civile ;
Condamner la SA Axa France Vie, la Mutuelle Intériale, la SAS Gras Savoye et la SARL Breteuil Assurance Courtage aux entiers frais et dépens ;
Rejeter toutes conclusions d'appel, toutes demandes, toutes prétentions et tous moyens plus amples ou contraires. »
La ville de [Localité 13] ainsi que Mesdames [T], [U], [D], [B], [S], et Messieurs [D] et [F], rappellent tout d'abord en réplique les dispositions des articles 2 et 7 de la loi Evin du 31 décembre 1989 desquels il résulte que lorsque des salariés sont garantis collectivement contre les risques d'incapacité de travail ou d'invalidité, l'organisme qui délivre sa garantie prend en charge les suites des états pathologiques survenus antérieurement à la souscription du contrat, et qu'en outre la résiliation ou le non renouvellement du contrat ou de la convention est sans effet sur le versement des prestations immédiates ou différées acquises ou nées durant son exécution.
S'agissant de la garantie due par Axa France vie à Mme [B], la ville de [Localité 13] et Mme [B] font valoir qu'aux termes de l'article 14.1.1. du contrat la garantie a pour objet le paiement d'une indemnité journalière complémentaire pendant les périodes de congés correspondant aux risques énoncés, et que le contrat définit l'incapacité temporaire de travail en incluant notamment le cas où l'assuré « ne perçoit aucune rémunération ou indemnité en particulier si ce dernier est placé en disponibilité d'office suite à une maladie »
En l'espèce ils font valoir que Mme [X] [B] a été placée en congé longue maladie à compter du 19 mai 2016, de sorte que le fait générateur de l'obligation de verser des indemnités journalières, à savoir la déclaration d'arrêt de travail, est survenu pendant l'exécution du contrat d'assurance conclu avec Genworth. Il en est résulté par ailleurs une baisse de traitement pour l'intéressée et le versement de prestations par la ville de [Localité 13]. Par la suite Mme [B] a été mise en disponibilité d'office, situation qui est la suite du congé de longue maladie de sorte que le fait générateur reste inclus dans la période de prise en charge d'Axa.
Elles font valoir qu'Axa a refusé de prendre en charge la situation de Mme [B], alors que selon l'article 7 de la loi du 31 décembre 1989 précité, et de jurisprudence constante, l'assureur est tenu de servir les prestations dues au titre des garanties mises en 'uvre pendant la période de validité du contrat. Par ailleurs elles indiquent que contrairement aux déclarations d'Axa, Mme [B] n'a pas été placée en retraite pour invalidité à compter du 1er octobre 2019 de sorte que la garantie d'Axa continue à lui être due à raison de 648,25 € par mois.
Elles concluent donc à l'infirmation du jugement sur ce point, et à la condamnation de la société Axa à verser à Mme [B] une somme de 7.834,99 €, outre la réserve de ses droits pour le surplus.
S'agissant des garanties réclamées à la mutuelle Intériale, la ville de [Localité 13] et ses agents soutiennent que parmi les garanties prévues au contrat figure la garantie « perte de retraite consécutive à une invalidité permanente », ainsi qu'il résulte de l'article 33 du contrat.
Ils considèrent que c'est de façon surprenante que les premiers juges ont considéré que la garantie ne serait pas due à Mme [U] car elle ne figurerait pas sur l'annexe 1 des garanties souscrites.
Par ailleurs, s'agissant des autres agents concernés par une mise en retraite pour invalidité au cour de la période de validité du contrat, la ville de [Localité 13] et ses agents observent que le jugement entrepris ne remet pas en question la souscription de la garantie mais soulève une simple non-communication de reprise d'activité pour justifier le refus de prise en charge opposé par Intériale. Ils considèrent qu'il y a là une man'uvre de l'assureur, l'enregistrement des adhésions n'étant pas substantiellement requis pour une prise en charge.
Sur leur demande au titre du manquement des courtiers à leur devoir de conseil, la Ville de [Localité 13] et ses agents font valoir que Breteuil assurances a affirmé que « la ville de [Localité 13] n'était pas couverte pour la garantie « retraite pour invalidité » et a refusé la prise en charge », et que si tel était le cas ce courtier aurait manqué à son devoir de conseil au préjudice tant de la Ville que de ses agents.
S'agissant de la société Gras Savoye, la Ville de [Localité 13] et ses agents exposent que « par courrier en date du 5 septembre 2019 la société Gras Savoye a opposé un refus de prise en charge eu titre de la mise en disponibilité d'office de Mme [B] tout en indiquant que le nouveau contrat avec Intériale n'a pas pu être validé par ses services ». Ils font valoir que la société Gras Savoye n'a jamais informé le souscripteur de cette non validation, en méconnaissance de son obligation de conseil et d'exacte infirmation et laissant l'assurée concernée sans garantie.
Ils font valoir que le courtier doit aider son client à définir les risques qu'il veut garantir et engage sa responsabilité contractuelle en raison d'un manquement au devoir d'information et de conseil, s'il laisse croire à son client que le risque qu'il voulait couvrir avait fait l'objet d'une garantie, ou si les garanties sont incomplètes ou inadaptées. Enfin ils ajoutent qu'il appartient au courtier de prouver qu'il a bien exécuté son obligation et n'a commis aucune faute.
Ils en concluent que la société Breteuil Assurances doit être condamnée à régler à Mme [B] la somme indemnitaire qu'aurait versé l'assureur, à titre de dommage-intérêts, et que le jugement dont appel doit être confirmé en ce qu'il a condamné la société Gras Savoye au paiement de divers montants à titre de dommage-intérêts.
Par conclusions du 03 janvier 2023, auxquelles il est expressément référé pour plus ample exposé des prétentions et moyens, la Mutuelle Intériale demande à la cour d'appel de :
« Vu le jugement du 7 décembre 2020
Vu les déclarations d'appel en date des 15 janvier 2021 et 11 février 2021
Vu l'ordonnance de jonction du 13 janvier 2022
Vu les pièces versées aux débats
Il est demandé à la Cour de :
Confirmer pour ce qui concerne la Mutuelle Intériale le jugement entrepris rendu par le tribunal judiciaire de Thionville le 7 décembre 2020, et notamment en ce qu'il a :
rejeté les demandes de la Ville de [Localité 13], Mme [A] [T], M. [W] [F], Mme [L] [U], Mme [I] [D], M. [E] [D] à l'encontre de la Mutuelle Intériale
condamné la ville de [Localité 13] à payer à la Mutuelle Intériale la somme de 2000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile
condamné la ville de [Localité 13] à supporter les dépens exposés par la Mutuelle Intériale
L'Infirmer en ce qu'il a dit n'y avoir lieu à condamnation au titre de l'article 700 du code de procédure civile de Mme [A] [T], M. [W] [F], Mme [L] [U], Mme [I] [D], M. [E] [D]
En conséquence :
Débouter la Ville de [Localité 13], Mme [A] [T], M. [W] [F], Mme [L] [U], Mme [I] [D], M. [E] [D] de l'intégralité de leurs demandes fins et conclusions dirigées à l'encontre de la Mutuelle Intériale
En toutes hypothèses :
Condamner tous succombants, s'il y a lieu in solidum, à payer à la Mutuelle Intériale la somme de 4 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile
Condamner tous succombants, s'il y a lieu in solidum aux entiers dépens ».
La Mutuelle Intériale rappelle qu'en matière d'assurance collective et en application tant de la loi Evin que de la jurisprudence, la prise en charge d'un sinistre par un assureur est conditionnée par la date de survenance de ce sinistre, qui n'a vocation à être pris en charge par l'assureur que dans l'hypothèse où le fait générateur se réalise en cours d'adhésion.
En l'occurrence elle estime qu'il n'est pas établi que les sinistres dont la prise en charge lui est réclamée auraient trouvé leur cause sous l'empire du contrat conclu avec Intériale, et ce alors que la société Axa doit couvrir les garanties pour la période de 2013 à 2017.
Elle expose également que le contrat collectif souscrit est un contrat à adhésion facultative, de sorte que chaque membre participant doit avoir exprimé sa volonté d'y souscrire, ce qui conditionne la mobilisation des garanties.
Or en l'espèce elle soutient que les adhésions au contrat de Mme [T], de M. [F], de Mme [D] et de M. [D] n'ont pas été enregistrées et que les intéressés en ont été informés de sorte que l'existence d'un rapport contractuel n'est pas établie et que le jugement dont appel doit être confirmé en ce qu'il a rejeté les demandes de ces agents.
S'agissant de Mme [U], la mutuelle Intériale indique que l'adhésion de celle-ci a bien été validée. Toutefois elle soutient que le contrat collectif souscrit par la Ville de [Localité 13] ne prévoit pas la garantie « perte de retraite consécutive à une invalidité permanente » ce qui figure expressément aux conditions particulières du contrat, de sorte qu'elle n'a pas à prendre en charge la situation et les montants réclamés par l'appelante.
Elle observe en tout état de cause que s'agissant de garanties différées, il est loisible aux agents concernés de solliciter leur précédent assureur et notamment en l'espèce la compagnie Axa, afin de déterminer si la cause du sinistre en vertu duquel les prestations sont réclamées, relèverait du précédent contrat.
Par conclusions du 07 avril 2022, auxquelles il est expressément référé pour plus ample exposé des prétentions et moyens, la SA AXA France Vie demande à la cour d'appel de :
« A titre liminaire,
Se déclarer compétente pour statuer sur le présent litige ;
En conséquence,
Confirmer le jugement en ce qu'il a « déclaré recevable l'action des demandeurs devant la juridiction judiciaire » et s'est déclaré « compétent pour statuer sur les demandes dont il est saisi » ;
A titre principal,
Confirmer le jugement en ce qu'il a condamné la SA Axa France Vie à verser aux agents les indemnités journalières suivantes, pour solde de tout compte, au titre de la garantie incapacité de travail :
747,33 euros à Mme [A] [C] [T]
3 056,60 euros à Mme [L] [U]
5 861,17 euros à Mme [I] [D]
9 447,60 euros à M. [E] [D]
885,94 euros à Mme [X] [B]
15 968,49 euros à l'UDAF en qualité de curateur de Mme [X] [S]
A titre subsidiaire,
Confirmer le jugement en ce qu'il a condamné la SA Axa France Vie à verser aux agents les indemnités journalières suivantes, pour solde de tout compte, au titre de la garantie incapacité de travail :
747,33 euros à Mme [A] [C] [T]
3 056,60 euros à Mme [L] [U]
5 861,17 euros à Mme [I] [D]
9 447,60 euros à M. [E] [D]
15 968,49 euros à l'UDAF en qualité de curateur de Mme [X] [S]
Débouter la Ville de [Localité 13] et Mme [X] [B] de toute demande excédant la somme de 5 834,25 euros au titre du complément d'indemnités journalières, sous déduction de la somme de 885,94 euros versée en exécution du jugement,
En tout état de cause,
Débouter la ville de [Localité 13] et ses agents de leur demande tendant à réserver la liquidation des droits à venir ;
Débouter toutes autres demandes dirigées contre la SA Axa France Vie ;
Condamner tout succombant à verser à la SA Axa France Vie la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article 700 du Code de procédure civile ainsi qu'à supporter les entiers dépens. »
A titre liminaire, la SA Axa France Vie sollicite la confirmation du jugement dont appel en ce qu'il a retenu sa compétence et a déclaré recevable l'action des demandeurs devant la juridiction judiciaire.
Elle rappelle ensuite les conditions que doivent remplir les agents pour bénéficier de la garantie « incapacité temporaire de travail » et précise qu'aux termes de l'annexe 1 des conditions particulières, les indemnités sont versées sur une période maximale de 3 ans.
Elle expose avoir indemnisé dans les conditions prévues au contrat les différents agents concernés, et s'être engagée, aux termes de ses conclusions de première instance, à leur verser les montants qui seraient encore dus, ce que le tribunal a validé et ce qu'elle a fait.
Seule la situation de Mme [B] restant en litige, la SA Axa France Vie expose qu'elle a indemnisé celle-ci pour toute la période durant laquelle il était justifié de sa situation et de la perception d'un demi-traitement, et ce jusqu'au 18 août 2019. Elle s'est ensuite engagée devant les premiers juges à lui verser une somme de 885,94 € restant encore due pour la période du 19 août 2019 au 30 septembre 2019, veille de son placement en invalidité. Toutefois elle indique qu'il apparaît à hauteur d'appel que Mme [B] a été en réalité placée en disponibilité d'office du 19 août 2019 au 18 octobre 2021.
La SA Axa France Vie considère dès lors qu'il convient de faire application de l'annexe 1 des conditions particulières du contrat limitant la durée de la garantie à trois ans, soit en l'espèce la période du 19 mai 2017 au 18 mai 2020, de sorte que si la cour devait estimer que les prestations sont dues jusqu'au terme de la période de trois ans elle serait alors débitrice de la somme de de 5.834,25 € sous déduction de la somme de 885,94 € déjà versée.
Elle conclut également à la confirmation du jugement en ce qu'il a refusé de réserver la liquidation des droits des agents pour l'avenir, dès lors qu'aucune des parties ne peut savoir si d'autres événement mobilisant les garanties surviendront, et qu'il conviendra en tout état de cause de déterminer à ce moment et en fonction des éléments produits si la garantie d'Axa peut être mobilisée.
Par conclusions du 25 septembre 2023, auxquelles il est expressément référé pour plus ample exposé des prétentions et moyens, les sociétés Breteuil Assurances Courtage et Assurances Pilliot demandent à la cour d'appel de :
« A titre principal
Confirmer le jugement du tribunal judiciaire de Thionville du 7 décembre 2020 en toutes ses dispositions,
Rejeter les conclusions d'appel de la Société Gras Savoye,
Rejeter les conclusions d'appel de Commune de [Localité 13] de Mme [B],
A titre subsidiaire,
Dire et juger que la Société Breteuil Assurances et ensemble la Société Assurances Pilliot ne sont responsables d'aucun défaut de conseil relatif à l'articulation des garanties « pertes de retraite consécutive à une invalidité permanente » et « maintien du traitement en cas d'invalidité permanente »,
En conséquence,
Mettre hors de cause la Société Breteuil Assurances et ensemble la Société Assurances Pilliot,
En tout état de cause,
Condamner la Société Gras Savoye appelante, à payer à la Société SARL Breteuil Assurances Courtage la somme de 5 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile,
Condamner à nouveau la Société Gras Savoye appelante, à payer à la Société Pilliot Assurances la somme de 5 000 euros au titre de 700 du code de procédure civile,
Condamner la Société Gras Savoye aux entiers dépens d'appel »
Les sociétés Breteuil Assurances et Assurances Pilliot concluent à la confirmation du jugement dont appel en ce que celui-ci a rejeté l'ensemble des demandes formées à l'encontre de Breteuil Assurances, et considèrent que contrairement à ce que soutiennent la ville de [Localité 13] et ses agents ce jugement n'est en rien lacunaire, et est suffisamment justifié en ce qu'il a retenu les calculs de la société Axa France Vie, à défaut de toute explication probante des demandeurs quant aux montants réclamés.
Elles rappellent que la charge de la preuve pèse sur les demandeurs et qu'il appartient par conséquent à la Ville de [Localité 13] et à Mme [B] de justifier de la somme de 7.834,99 € réclamée, ce qu'elles n'ont pas fait, alors qu'à l'inverse Axa justifiait de ses calculs.
Elles considèrent qu'à hauteur d'appel la preuve de la justesse du montant de 7.834,99 € n'est toujours pas rapportée, et soutiennent que la ville de [Localité 13] dénature ses propres pièces en affirmant qu'il ne résulterait d'aucune d'elles que Mme [B] aurait été mise en retraite pour invalidité au 1er octobre 2019. Par ailleurs, et s'agissant du sinistre qui résulterait de la mise en retraite pour invalidité de Mme [B], elles font valoir que celui-ci n'a pas à être pris en charge par Axa dès lors que ce sinistre est intervenu durant la période de validité du co
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