TJ Paris, 14 mars 2024, RG 23/00526
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Texte de la décision
PROCÉDURE DE SURENDETTEMENT JUGEMENT DU JEUDI 14 MARS 2024
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE PARIS ■
Parvis du tribunal de Paris
[Localité 13]
Téléphone : [XXXXXXXX02]
Télécopie : [XXXXXXXX01]
Mél : [Courriel 40]
Surendettement
Références à rappeler
N° RG 23/00526 - N° Portalis 352J-W-B7H-C2UEW
N° MINUTE : 24/00132
DEMANDEUR:
[I] [N]
DEFENDEUR(S):
Société [38]
Société [20]
Société [24]
Société [25]
Société [31]
Société [23]
Société [33]
Société [22]
Société [32]
DEMANDERESSE
Madame [I] [N]
[Adresse 6]
[Localité 12]
comparante
DÉFENDERESSES
ONEY BANK
CHEZ [35]
[Adresse 18]
[Localité 9]
non comparante
[20]
CHEZ [34] POLE SURENDETTEMENT
[Adresse 19]
[Localité 9]
non comparante
[24]
CHEZ [Localité 37] CONTENTIEUX
[Adresse 3]
[Localité 16]
non comparante
[25]
CHEZ [41] [Adresse 27]
[Adresse 27]
[Localité 8]
non comparante
[31]
CHEZ [30]
[Adresse 28]
[Localité 8]
non comparante
CAISSE PRIMAIRE D’ASSURANCE MALADIE
[Adresse 10]
[Localité 14]
non comparante
[33]
DIRECTION TERRITORIALE [Localité 39]
[Adresse 15]
[Localité 11]
non comparante
[22]
CHEZ [36]
[Adresse 4]
[Localité 5]
non comparante
[32]
[Adresse 7]
[Adresse 29]
[Localité 17]
non comparante
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Présidente : Laura LABAT
Greffière : Selma BOUCHOUL
DÉCISION :
réputée contradictoire, rendue en premier ressort, et mise à disposition au greffe.
EXPOSÉ
Madame [I] [N] a saisi la commission de surendettement des particuliers de Paris afin de bénéficier des mesures de traitement de sa situation de surendettement. Ce dossier a été déclaré recevable le 27 avril 2023.
La commission de surendettement des particuliers a ensuite imposé un rééchelonnement de ses dettes sur 84 mois en retenant une mensualité de 656 euros et en prévoyant un effacement du solde des dettes à l'issue du plan.
Ces mesures ont été notifiées le 2 août 2023 à Madame [I] [N] qui les a contestées le 3 août 2023.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 11 janvier 2024.
A l'audience, Madame [I] [N] a exposé sa situation. Elle a indiqué devoir la somme de 4773,10 euros à la société [33] et a souligné ne plus contester les sommes réclamées par la société [38].
Les créanciers n'ont comparu ni par écrit ni à l'audience.
L'affaire a été mise en délibéré au 14 mars 2024 par mise à disposition au greffe.
Par courrier en date du 20 février 2024, la société [33] a été invitée à produire ses observations sur la somme déclarée par Madame [I] [N].
Aucune note en délibéré en réponse n'est parvenue à la juridiction.
MOTIFS
Sur la recevabilité du recours,
Il résulte de l'article R. 733-6 du code de la consommation, dans sa rédaction applicable au litige, que les mesures élaborées par la commission de surendettement des particuliers peuvent être contestées dans un délai de trente jours à compter de leur notification.
En l'espèce, les mesures ont été notifiées le 2 août 2023 de sorte que le recours en date du 3 août 2023 a été formé dans le délai légal de trente jours.
Par conséquent, il convient de déclarer recevable le recours formé par Madame [I] [N] à l'encontre des mesures élaborées par la commission de surendettement des particuliers.
Sur le bien-fondé du recours,
Selon les dispositions de l'article L.733-13 du code de la consommation, le juge saisi d’une contestation des mesures imposées peut suspendre l'exigibilité des dettes, les rééchelonner ou prononcer une mesure de rétablissement personnel sans liquidation judiciaire.
En application des dispositions des articles R. 731-1 à R. 731-3 du code de la consommation, la part des ressources mensuelles du débiteur à affecter à l'apurement des dettes est calculée par référence au barème prévu à l'article R. 3252-2 du code du travail, sans que cette somme puisse excéder la différence entre le montant des ressources mensuelles de l'intéressé et le montant forfaitaire du RSA, et dans les conditions prévues à l'article L. 731-2, de manière à ce qu'une partie des ressources nécessaires aux dépenses courantes du ménage lui soit réservée par priorité.
Madame [I] [N] a un enfant à charge.
En l'espèce, Madame [I] [N] a des ressources, composées de ses salaires (2305,25 euros) et de l'allocation de soutien familial (187,24 euros), à hauteur de 2492,49 euros. Ainsi, le maximum légal pouvant être affecté au remboursement des créanciers est de 891,5 euros.
S'agissant des charges, Madame [I] [N] paie un loyer (570,87 euros) et des frais de scolarité pour son enfant (205,28 euros). En application de l'article R. 731-3 du code de la consommation, il convient d'évaluer les autres charges (charges courantes, charges d'habitation et de chauffage) conformément au barème élaboré par la commission de surendettement des particuliers qui tient compte de la composition du ménage et permet un traitement égal des débiteurs, soit en l'espèce 1127 euros. Dès lors, la part des ressources nécessaires aux dépenses courantes est de 1903,15 euros.
Il résulte de l'ensemble de ces éléments que Madame [I] [N] dégage une capacité de remboursement d'un montant de 589,34 euros. Ainsi, Madame [I] [N] justifie ne pas être en mesure de régler la mensualité mise à sa charge par la commission de surendettement des particuliers.
En application de l'article L. 733-12 du code de la consommation, la créance de la société [33] est fixée à la somme de 4773,10 euros, conformément aux déclarations de Madame [I] [N] et en l'absence de contestation ou de justification produite par la société [33].
La situation de surendettement de Madame [I] [N] justifie que le taux d'intérêts de toutes les créances soit ramené à 0.
Il convient en conséquence de rejeter les mesures imposées par la commission de surendettement des particuliers et de déterminer de nouvelles mesures selon les modalités prévues au dispositif de la présente décision.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant publiquement, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort, rendu par mise à disposition au greffe
DÉCLARE recevable le recours formé par Madame [I] [N] à l’encontre des mesures imposées par la [26] à son profit ;
REJETTE les mesures imposées par la commission de surendettement des particuliers ;
FIXE, après vérification et pour les besoins de la procédure de surendettement de Madame [I] [N], la créance de la société [33] à la somme de 4773,10 euros ;
DÉTERMINE les mesures propres à traiter la situation de surendettement de Madame [I] [N] selon le tableau annexé au présent jugement et déterminé par les modalités suivantes:
- les dettes sont rééchelonnées,
- le taux d'intérêt pour toutes les créances est ramené à zéro et les dettes reportées ou rééchelonnées ne produiront pas intérêts,
- à l'issue du plan, les dettes non intégralement réglées seront effacées ;
DIT que Madame [I] [N] devra commencer à exécuter ces mesures avant le 10 du mois suivant celui de la notification du présent jugement ;
RAPPELLE à tous les créanciers, huissiers de justice et agents chargés de l’exécution auxquels ces mesures sont opposables que le présent jugement implique la suspension de toutes voies d’exécution ;
RAPPELLE que les créances telles que définitivement arrêtées par la commission lors de l'établissement du passif ne peuvent avoir produit d'intérêts ou généré de pénalités de retard jusqu'à la mise en œuvre du plan résultant de la présente décision ;
RAPPELLE qu'à défaut de paiement d'une seule de ces échéances à son terme, l'ensemble du plan est de plein droit caduc 15 jours après une mise en demeure adressée à Madame [I] [N] d'avoir à exécuter ses obligations et restée infructueuse ;
RAPPELLE qu'aucune voie d'exécution ne pourra être poursuivie par l'un quelconque des créanciers pendant toute la durée d'exécution des mesures, sauf à constater la caducité de ces dernières ;
DIT qu'il appartiendra à Madame [I] [N], en cas de changement significatif de ses conditions de ressources à la hausse comme à la baisse, de ressaisir la commission de surendettement d'une nouvelle demande ;
ORDONNE à Madame [I] [N], pendant la durée du plan, de ne pas accomplir d'acte qui aggraverait sa situation financière, sauf autorisation du juge, et notamment :
- d'avoir recours à un nouvel emprunt,
- de faire des actes de disposition étranger à la gestion normale de son patrimoine ;
RAPPELLE que ces mesures sont signalées au Fichier des Incidents de paiement de remboursement des Crédits aux Particuliers géré par la [21] et qu'une inscription sera maintenue pendant toute la durée du plan, sans pouvoir excéder 7 ans ;
RAPPELLE qu'en application de l'article R. 713-10 du code de la consommation la présente décision est exécutoire de plein droit à titre provisoire ;
LAISSE les dépens à la charge du Trésor Public.
LA GREFFIERE LA JUGE
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