TJ Bobigny, 21 mai 2024, RG 24/01938
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Texte de la décision
TRIBUNAL DE PROXIMITÉ DU RAINCY
[Adresse 6]
[Localité 7]
Téléphone : [XXXXXXXX01]
@ : [Courriel 9]
REFERENCES : N° RG 24/01938 - N° Portalis DB3S-W-B7I-Y5XZ
Minute : 24/501
Monsieur [Y]-[G] [T]
Représentant : SPE BRUMM ET ASSOCIÉS, IMPLID LEGAL, avocat au barreau de LYON ,
C/
Monsieur [P] [K] [V] [D]
Madame [N] [B] [I] épouse [D]
Exécutoire délivrée le :
à :
Copie certifiée conforme délivrée le :
à :
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
JUGEMENT
Jugement rendu et mis à disposition au greffe du tribunal de proximité du Raincy en date du 21 Mai 2024;
Par Madame Fanny TEMAM, en qualité de juge des contentieux de la protection assistée de Madame Claudine ADUFASHE, greffier ;
Après débats à l'audience publique du 25 mars 2024 tenue sous la présidence de Madame Fanny TEMAM, juge des contentieux de la protection, assistée de Madame Claudine ADUFASHE, greffier audiencier ;
ENTRE DEMANDEUR :
Monsieur [Y]-[G] [T],
demeurant [Adresse 3] - [Localité 11] ONTARIO -CANADA
poursuites et diligences de SAS NEXITY LAMY
[Adresse 2]-[Localité 5]
en qualité de mandataire
représenté par la SPE BRUMM ET ASSOCIÉS, IMPLID LEGAL, avocat au barreau de LYON
D'UNE PART
ET DÉFENDEURS :
Monsieur [P] [K] [V] [D],
demeurant [Adresse 4] - [Adresse 8]
[Localité 10]
non comparant, ni représenté
Madame [N] [B] [I] épouse [D], demeurant [Adresse 4] - [Adresse 8]
[Localité 10]
non comparante, ni représentée
D'AUTRE PART
EXPOSE DU LITIGE
Par acte sous seing privé en date du 28 octobre 2015, Monsieur [Y] [G] [T] a donné à bail à Monsieur [P] [D] et Madame [N] [B] [I] épouse [D] un appartement situé [Adresse 4] – [Adresse 8] à [Localité 10], une cave et un box automobile, pour un loyer mensuel de 628,85 euros et 100 euros de provisions sur charges.
Par acte de commissaire de justice en date du 3 mai 2023, Monsieur [Y] [G] [T] a fait signifier à Monsieur [P] [D] et Madame [N] [B] [I] épouse [D] un commandement de payer visant la clause résolutoire pour un montant de 3295,17 euros en principal, au titre des loyers et charges impayés.
Par notification électronique du 12 mai 2023 Monsieur [Y] [G] [T] a saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX).
Par acte de commissaire de justice en date du 26 octobre 2023, Monsieur [Y] [G] [T] a fait assigner Monsieur [P] [D] et Madame [N] [B] [I] épouse [D] devant le juge des contentieux de la protection siégeant au Tribunal de proximité du Raincy aux fins de :
constater l’acquisition de la clause résolutoire,ordonner l’expulsion de Monsieur [P] [D] et Madame [N] [B] [I] épouse [D] ainsi que de tout occupant de leur chef, avec au besoin l’assistance de la force publique, condamner solidairement Monsieur [P] [D] et Madame [N] [B] [I] épouse [D] au paiement des sommes suivantes :la somme de 9197,88 euros au titre de la dette locative, avec intérêts au taux légal,une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant du loyer mensuel et des charges locatives, à compter de la résiliation du bail jusqu’à libération effective des lieux,la somme de 700 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile les dépens.
L'assignation a été dénoncée à la préfecture de la Seine-Saint-Denis le 22 novembre 2023.
À l'audience du 25 mars 2024, Monsieur [Y] [G] [T], représenté, maintient ses demandes et actualise sa créance à la somme de 13237,13 euros arrêtée au 11 mars 2024, loyer du mois de mars 2024 inclus.
Monsieur [Y] [G] [T] soutient, sur le fondement de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, que Monsieur [P] [D] et Madame [N] [B] [I] épouse [D] n'ont pas réglé les sommes réclamées dans le délai de deux mois après la délivrance du commandement de payer du 3 mai 2023. Il ajoute que la créance de loyer est certaine, liquide et exigible, ce qui justifie la condamnation des locataires à régler l'arriéré de loyers en application de l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989.
Monsieur [P] [D] et Madame [N] [B] [I] épouse [D], régulièrement assignés à l'étude, ne comparaissent pas et ne sont pas représentés.
À l’issue des débats, l’affaire a été mise en délibéré. Le président a avisé les parties que le jugement serait prononcé le 21 mai 2024 par mise à disposition au greffe de la juridiction.
MOTIVATION DE LA DECISION
Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
En l'espèce, Monsieur [P] [D] et Madame [N] [B] [I] épouse [D], assignés à étude, ne comparaissent pas et ne sont pas représentés à l’audience. Dès lors, la décision étant susceptible d'appel, il y a lieu de statuer par jugement réputé contradictoire en application de l'article 473 du code de procédure civile.
Sur les demandes principales
Sur la recevabilité de la demande
Conformément aux dispositions de l'article 24 III de la loi du 6 juillet 1989, dans sa version applicable au présent litige, une copie de l'assignation aux fins de constat de la résiliation du bail a été notifiée au représentant de l'Etat dans le département le 22 novembre 2023, soit au moins six semaines avant l'audience.
Par ailleurs, Monsieur [Y] [G] [T] justifie avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) le 12 mai 2023, soit deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation du 26 octobre 2023, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
En conséquence, la demande de Monsieur [Y] [G] [T] aux fins de constat de résiliation du bail pour défaut de paiement des loyers est recevable.
Sur la demande en paiement
Selon l’article 7a) de la loi du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de payer les loyers et charges aux termes convenus.
En application de l'article 1353 du code civil, il appartient à celui qui demande l'exécution d'une obligation d'en rapporter la preuve.
En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment du bail signé le 28 octobre 2015, du commandement de payer délivré le 3 mai 2023 et du décompte de la créance actualisé au 11 mars 2024 que Monsieur [Y] [G] [T] rapporte la preuve de l'arriéré de loyers et charges impayés.
Conformément à la clause n°7 du contrat de bail, les locataires sont obligés solidairement d’exécuter l’ensemble des obligations du contrat.
En conséquence, il convient de condamner solidairement Monsieur [P] [D] et Madame [N] [B] [I] épouse [D] à payer à Monsieur [Y] [G] [T] la somme de 13.237,13 euros, au titre des sommes dues au 11 mars 2024 avec intérêts au taux légal à compter du commandement de payer du 3 mai 2023 sur la somme de 3295,17 euros, de l’assignation du 26 octobre 2023 sur la somme de 5902,71 euros et du présent jugement sur le surplus.
Sur la demande d'acquisition de la clause résolutoire
L'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 dispose dans son premier alinéa que toute clause prévoyant la résiliation du bail pour défaut de paiement des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux.
En l’espèce, le bail conclu entre les parties contient, à l'article 8, une clause aux termes de laquelle le contrat se trouvera de plein droit résilié, en cas de défaut de paiement des loyers et accessoires, deux mois après un commandement de payer resté infructueux.
Un commandement de payer visant la clause résolutoire, a été signifié par commissaire de justice en date du 3 mai 2023.
Il est en outre établi, au vu des éléments fournis, que les sommes dues dont le paiement était demandé n'ont pas été réglées dans le délai de deux mois.
Les conditions d'acquisition de la clause résolutoire sont en principe réunies à l'expiration du délai de deux mois à compter du commandement de payer, soit le 3 juillet 2023 à 24 heures et il y a lieu en conséquence de constater la résiliation du bail conclu le 28 octobre 2015 à compter du 4 juillet 2023.
Il convient par conséquent d'ordonner l'expulsion de Monsieur [P] [D] et Madame [N] [B] [I] épouse [D] et de tous occupants de leur chef des lieux loués selon les modalités prévues au dispositif.
Le sort des meubles sera régi conformément aux dispositions des articles L433-1 et L433-2 du code des procédures civiles d'exécution.
Sur la fixation de l'indemnité d'occupation
Selon l'article 1730 du code civil, à l'expiration du bail le locataire doit restituer les locaux. La restitution des lieux implique la remise des clefs.
Aux termes de l'article 1240 du code civil, tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. Il résulte de ce texte que l'occupant sans droit ni titre d'un local est tenu d'une indemnité d'occupation envers le propriétaire. L'indemnité d'occupation, dont la nature mixte, compensatoire et indemnitaire, constitue la contrepartie de l'occupation du bien après résiliation du bail et de son indisponibilité pour le bailleur.
En l’espèce, le bail se trouve résilié depuis le 4 juillet 2023, Monsieur [P] [D] et Madame [N] [B] [I] épouse [D] sont occupants sans droit ni titre depuis cette date. Il convient donc de fixer une indemnité d'occupation à compter de cette date, égale au montant du loyer révisé augmenté des charges qui auraient été dus si le bail s’était poursuivi, et de condamner Monsieur [P] [D] et Madame [N] [B] [I] épouse [D] à son paiement à compter de 4 juillet 2023, jusqu'à la libération effective des lieux.
Conformément à la clause de solidarité stipulée audit bail, l'indemnité d'occupation est due solidairement par les défendeurs.
Sur les frais du procès et l’exécution provisoire
En application des dispositions des articles 696 et suivants du code de procédure civile, il convient de condamner Monsieur [P] [D] et Madame [N] [B] [I] épouse [D] in solidum aux dépens de l'instance comprenant les frais de signification du commandement de payer et de l’assignation, ainsi que le coût de notification à la préfecture et de saisine de la CCAPEX.
Il convient également de condamner in solidum Monsieur [P] [D] et Madame [N] [B] [I] épouse [D] à payer à Monsieur [Y] [G] [T] la somme de 600 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile.
Conformément à l'article 514 du code de procédure civile, le présent jugement est assorti de l'exécution provisoire, de droit, sans qu’il soit nécessaire de la prononcer ou de la rappeler.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant en audience publique, par jugement réputé contradictoire en premier ressort, rendu par mise à disposition au greffe le jour de son délibéré,
DECLARE recevable la demande de Monsieur [Y] [G] [T] aux fins de constat de l’acquisition de la clause résolutoire,
CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail conclu le 28 octobre 2015 entre Monsieur [Y] [G] [T] d'une part, et Monsieur [P] [D] et Madame [N] [B] [I] épouse [D] d'autre part, concernant l’appartement, la cave et le box automobile situés [Adresse 4] à [Localité 10], sont réunies à la date du 4 juillet 2023,
CONSTATE la résiliation du bail à compter de cette date,
ORDONNE, à défaut de départ volontaire des lieux, l'expulsion de Monsieur [P] [D] et Madame [N] [B] [I] épouse [D] ainsi que de tout occupant de leur chef, dans un délai de deux mois à compter de la signification d'un commandement d'avoir à libérer les lieux, avec l’assistance de la force publique si besoin est, ainsi que le transport des meubles laissés dans les lieux loués, conformément aux dispositions des articles L433-1 et L433-2 du code des procédures civiles d’exécution,
FIXE le montant de l'indemnité d'occupation mensuelle due solidairement par Monsieur [P] [D] et Madame [N] [B] [I] épouse [D] à compter du 4 juillet 2023, date de la résiliation du bail, et jusqu'à la libération définitive des lieux, à une somme égale au montant mensuel du loyer indexé et des charges qui auraient été dus si le bail s'était poursuivi,
CONDAMNE solidairement Monsieur [P] [D] et Madame [N] [B] [I] épouse [D] à payer à Monsieur [Y] [G] [T] la somme de 13.237,13 euros au titre des loyers, charges et indemnités d'occupation arrêtés au 11 mars 2024 échéance de mars 2024 incluse, avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision, à compter du 3 mai 2023 sur la somme de 3.295,17 euros, du 26 octobre 2023 sur la somme de 5.902,71 euros et du présent jugement sur le surplus,
CONDAMNE solidairement Monsieur [P] [D] et Madame [N] [B] [I] épouse [D] à payer à Monsieur [Y] [G] [T] l'indemnité d'occupation mensuelle à compter du 11 mars 2024, échéance d’avril 2024, et jusqu'à complète libération des lieux, avec intérêts au taux légal à compter de l’exigibilité de chacune des échéances,
CONDAMNE in solidum Monsieur [P] [D] et Madame [N] [B] [I] épouse [D] aux dépens de l'instance, comprenant les frais de signification du commandement de payer et de l’assignation, et le coût de la notification de l'assignation à la préfecture, et de la saisine de la CCAPEX,
CONDAMNE in solidum Monsieur [P] [D] et Madame [N] [B] [I] épouse [D] à payer à Monsieur [Y] [G] [T] la somme de 600 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
LE GREFFIER LE JUGE
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