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TJ Évreux, 20 sept. 2024, RG 24/00456


Vérifier : TJ Évreux, 20 sept. 2024, RG 24/00456 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
20/09/2024
Numéro
24/00456
Chambre
CTX Gal inf/= 10 000€
Type
Autre
Id
66eddb8023308db0e5f6677a

Texte de la décision

12,215 caractères

TRIBUNAL JUDICIAIRE D’EVREUX
[Adresse 3]
[Localité 2]
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS,

Minute n°

N° RG 24/00456 - N° Portalis DBXU-W-B7I-HWQ4

Société MON LOGEMENT 27

C/
[G] [U]

JUGEMENT DU 20 SEPTEMBRE 2024 TRIBUNAL JUDICIAIRE D'EVREUX

Mis à disposition au greffe en vertu de l'article 450 du Code de procédure civile le 20 Septembre 2024 et signé par Thierry ROY, Juge des contentieux de la protection et Valérie DUFOUR, Greffier

DEMANDERESSE :

SAEM MON LOGEMENT 27
[Adresse 1]
[Localité 2]

représentée par le cabinet RSD AVOCATS , avocat au barreau de l'EURE,

DÉFENDEUR :

Monsieur [G] [U]
[Adresse 4]
[Adresse 4]
[Localité 2]

non comparant, non représenté

DÉBATS à l'audience publique du : 29 Mai 2024

COMPOSITION DU TRIBUNAL :

Juge des contentieux de la protection : Thierry ROY
Greffier : Catherine POSE

JUGEMENT :

- réputé contradictoire, rendu publiquement et en premier ressort

Copies certifiées conformes délivrées le :

Copie exécutoire délivrée le :
à :

Exposé du présent litige :

La société MON LOGEMENT 27 a donné à bail à Monsieur [G] [U] un appartement à usage d’habitation situé [Adresse 4] par contrat du 04 mai 2021 moyennant un loyer mensuel total de 168,55 euros, charges incluses.

Des loyers étant demeurés impayés, la société MON LOGEMENT 27 a fait signifier à la partie défenderesse un commandement de payer visant la clause résolutoire le 24 mars 2023 puis un second le 30 août 2023 ; puis elle a fait assigner Monsieur [G] [U] devant le Juge des Contentieux de la Protection près le Tribunal Judiciaire d'EVREUX par acte d'huissier du 11 avril 2024, pour obtenir notamment la résiliation du contrat, son expulsion et sa condamnation au paiement de l'arriéré locatif.

A l’audience du 29 mai 2024,

La société MON LOGEMENT 27, représentée par son conseil, a actualisé le montant de la dette locative et s'en est référé à son acte introductif d'instance ;

Elle a ainsi sollicité du tribunal de voir :

condamner le locataire à lui payer la somme actualisée de 1.795,77 euros due au titre d'arriérés de loyer au 23 mai 2024,condamner le locataire à lui payer les loyers à compter de cette date jusqu'au jour de la résiliation du bail,condamner le locataire à lui payer une somme égale au loyer courant, augmentée des charges éventuelles et indexée sur les variations prévues au bail et ce jusqu'à la libération des lieux,constater par le jeu de la clause de résiliation de plein droit ou au besoin prononcer pour défaut de paiement des loyers, en application des articles 7 a) et 24 de la Loi n°89-462 du 6 juillet 1989, et des articles 1728 et 1134 et suivants du Code Civil, la résiliation du bail consenti dans les termes sus-énoncés, portant sur un appartement sis [Adresse 4],dire en conséquence, que le locataire sera tenu de laisser libre de sa personne, de ses biens et de tous occupants de son chef, l'appartement et de lui remettre les clés après avoir satisfait à ses obligations de locataire sortant,dire que faute par lui de ce faire, il y sera contraint par toutes voies et moyens de droit, au besoin avec l'assistance de la force publique et sous astreinte de 20 euros par jour de retard,condamner le locataire à lui payer la somme de 500 euros au titre de l'article 700 du Code de Procédure Civile,condamner le locataire aux entiers dépens qui comprendront le coût du commandement.
Par ailleurs, elle a indiqué être opposée quant à l'éventuel octroi de délais de paiement.

Monsieur [G] [U], bien qu’ayant reçu signification de l’assignation à étude, n’a pas comparu.

Un diagnostic social et financier a été reçu au greffe avant l’audience. Il ne contient aucune indication sur la situation personnelle et financière de la partie défenderesse.

L'affaire a été mise en délibéré au 20 septembre 2024 par mise à disposition au greffe.

Motifs de la décision :

Aux termes de l'article 472 du Code de procédure civile :

"Si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond.

Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière, recevable et bien fondée."

Aux termes de l'article 473 du Code de procédure civile :

"Lorsque le défendeur ne comparaît pas, le jugement est rendu par défaut si la décision est en dernier ressort et si la citation n'a pas été délivrée à personne.

Le jugement est réputé contradictoire lorsque la décision est susceptible d'appel ou lorsque la citation a été délivrée à la personne du défendeur. "

I. SUR LA RESILIATION, L'EXPULSION ET LA DEMANDE D'ASTREINTE :

sur la recevabilité de l'action :
Une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture de l'Eure par la voie électronique le 15 avril 2024, soit au moins six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.

Par ailleurs, elle justifie avoir saisi la CCAPEX le 02 juin 2023, soit au moins six semaines avant la délivrance de l'assignation le 11 avril 2024, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.

L’action est donc recevable.

sur le bien-fondé de la demande :
L'article 24 I de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 prévoit que "toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux".

Le contrat de bail contient une clause résolutoire (article 14 page 11 des conditions générales annexées au contrat signées par les parties) et la bailleresse a fait délivrer un commandement de payer visant cette clause à Monsieur [G] [U] le 24 mars 2023 pour un montant en principal de 273,06 euros.

Il ressort de l'historique du compte que ce commandement est demeuré infructueux plus de deux mois, de sorte qu’il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail étaient réunies à la date du 25 mai 2023.

L'expulsion de Monsieur [G] [U] sera ordonnée en conséquence.

Il n'apparaît en revanche pas nécessaire d'assortir d'une astreinte l'obligation de quitter les lieux. En effet, la condamnation au paiement d'une indemnité mensuelle d'occupation, de nature à réparer le préjudice subi par la société bailleresse, satisfait déjà l'objectif assigné à l'astreinte en cette matière par l'article L.421-2 du code des procédures civiles d'exécution.

II.SUR LA DEMANDE DE CONDAMNATION AU PAIEMENT DE LOYERS ET INDEMNITE D'OCCUPATION :

Aux termes de l'article 7 a) de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989, le locataire est obligé de :

"payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus"

La société MON LOGEMENT 27 produit un décompte démontrant que Monsieur [G] [U] reste devoir, après soustraction des frais de poursuites (58,19 euros + 2.84 euros + 68,27 euros + 2,84 euros), des «pénalités enquête peuplement» (30,48 euros + 38,10 euros + 30.48 euros)et des réparations locatives (61,62 euros) non justifiés et/ou le cas échéant déjà compris dans les dépens, la somme de 1.502,95 euros à la date du 23 mai 2024. Ce décompte inclut une dernière ligne débitrice de 52,29 euros (Provisions générales) en date du 30 avril 2024 et une dernière ligne créditrice de 45,08 euros (Réduction Loyer Solidarité) le 30 novembre 2023.

En outre, Monsieur [G] [U], non comparant, ne conteste de facto aucunement le principe ni le montant de la dette.

Monsieur [G] [U] sera par conséquent condamné au paiement de la somme de 1.502,95 euros (terme d’avril 2024 inclus) correspondant :

aux arriérés locatifs exigibles jusqu'au 25 mai 2023, date d'acquisition de la clause résolutoire ;à l'indemnité d'occupation due à compter de cette date et jusqu'au terme d’avril 2024, correspondant au dernier terme du décompte.
Monsieur [G] [U] sera également condamné au paiement d'une indemnité mensuelle d’occupation à compter du mois de mai 2024 jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux.

Cette indemnité mensuelle d'occupation sera fixée au montant du loyer et des charges, tel qu'il aurait été si le contrat s'était poursuivi, afin de réparer le préjudice découlant pour le demandeur de l'occupation indue de son bien et de son impossibilité de le relouer.

III. SUR LES DELAIS DE PAIEMENT :

L'article 24 V de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 dispose que «le juge peut, même d'office, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, (...) au locataire en situation de régler sa dette locative. (...) Pendant le cours des délais ainsi accordés, les effets de la clause de résiliation de plein droit sont suspendus. (...) Si le locataire se libère dans le délai et selon les modalités fixées par le juge, la clause de résiliation de plein droit est réputée ne pas avoir joué ; dans le cas contraire, elle reprend son plein effet".

En l'espèce,

Compte-tenu de l’absence de règlement de Monsieur [G] [U] depuis le 01er octobre 2022 ; il ne saurait bénéficier de la suspension des effets de la clause résolutoire, ne pouvant pas justifier d’une reprise du paiement du loyer régulière.

Du fait de son absence à l’audience tout comme lors de l’enquête sociale, le tribunal se trouve, en conséquence, dans l’impossibilité de s’assurer de sa situation financière et donc de lui accorder des délais de paiement.

IV. SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES :

Monsieur [G] [U] partie perdante, supportera la charge des dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer en date du 24 mars 2023, de l’assignation et de sa notification à la préfecture.

Au regard de la situation respective des parties, il n'apparaît pas inéquitable de condamner, Monsieur [G] [U] à verser à la SAEM MON LOGEMENT 27 la somme de 300,00 euros sur le fondement de l'article 700 du Code de procédure civile.

Conformément à l'article 514 du Code de procédure civile, l'exécution provisoire est de droit.

PAR CES MOTIFS,

Le juge des contentieux de la protection statuant après débats en audience publique,

DECLARE recevable l'action de la société MON LOGEMENT 27 ;

CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 04 mai 2021, entre d'une part la société MON LOGEMENT 27 et d'autre part Monsieur [G] [U] concernant un appartement à usage d’habitation situé [Adresse 4], sont réunies à la date du 25 mai 2023 et que le contrat est résilié à cette date ;

ORDONNE en conséquence à Monsieur [G] [U] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai de quinze jours à compter de la signification du présent jugement ;

DIT qu’à défaut pour Monsieur [G] [U] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, la société MON LOGEMENT 27 pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique ;

CONDAMNE Monsieur [G] [U] à verser à la société MON LOGEMENT 27 la somme de 1.502,95 euros à titre de loyers et indemnités d'occupation (terme d’avril 2024 inclus) ;

CONDAMNE Monsieur [G] [U] à verser à la société MON LOGEMENT 27 une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant du loyer mensuel révisé, augmentée des charges et indexée sur les variations prévues au bail, qui auraient été payés en cas de non résiliation du bail, à compter du mois de mai 2024 et jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux ;

CONDAMNE Monsieur [G] [U] à verser à la société MON LOGEMENT 27 la somme de 300,00 euros au titre des frais irrépétibles en application des dispositions de l’article 700 du Code de procédure civile.

CONDAMNE Monsieur [G] [U] aux dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer en date du 24 mars 2023, de l’assignation et de sa notification à la préfecture ;

DEBOUTE les parties de toutes demandes plus amples ou contraires ;

RAPPELLE que l'exécution provisoire est de droit ;

En foi de quoi le présent jugement a été signé par le Président et le Greffier

LE PRESIDENT                                                                              LE GREFFIER

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