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TJ Lille, 12 sept. 2024, RG 24/02865


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Date
12/09/2024
Numéro
24/02865
Chambre
JCP
Type
Autre
Id
670d5d7fddfc18ec235bbd73

Texte de la décision

9,384 caractères

TRIBUNAL JUDICIAIRE
de LILLE
[Localité 2]

☎ :[XXXXXXXX01]

N° RG 24/02865 - N° Portalis DBZS-W-B7I-YENX

N° de Minute : BX 24/00648

JUGEMENT

DU : 12 Septembre 2024

PARTENORD HABITAT

C/

[X] [O]
[Z] [G] épouse [O]

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

JUGEMENT DU 12 Septembre 2024

DANS LE LITIGE ENTRE :

DEMANDEUR(S)

PARTENORD HABITAT, dont le siège social est sis [Adresse 3] - [Localité 2]
représentée par Me Sandra VANSTEELANT, avocat au barreau de LILLE

ET :

DÉFENDEUR(S)

M. [X] [O], demeurant [Adresse 5] - [Localité 4]
comparant en personne

Mme [Z] [G] épouse [O], demeurant [Adresse 5] - [Localité 4]
non comparante

COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DÉBATS À L'AUDIENCE PUBLIQUE DU 23 Mai 2024

Catherine CHRUSCIELEWSKI, Juge, assistée de Mahdia CHIKH, Greffier

COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DU DÉLIBÉRÉ
Par mise à disposition au Greffe le 12 Septembre 2024, date indiquée à l'issue des débats par Catherine CHRUSCIELEWSKI, Juge, assistée de Chelbia HADDAD, Greffier

EXPOSE DU LITIGE

Suivant acte du 31 mai 2013, PARTENORD HABITAT a donné en location à Monsieur [X] [O] et Madame [Z] [G] épouse [O] un immeuble à usage d'habitation situé à [Localité 4], [Adresse 5].

Le 20 juillet 2023, PARTNORD HABITAT a fait signifier à Monsieur [X] [O] et Madame [Z] [G] épouse [O] un commandement de payer les loyers et charges impayés visant la clause résolutoire.

Par exploit d'huissier du 21 février 2024, PARTENORD HABITAT a fait assigner Monsieur [X] [O] et Madame [Z] [G] épouse [O], pour l'audience du vingt trois Mai deux mil vingt quatre, devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Lille, aux fins de :

- constater ou à défaut prononcer la résiliation du bail portant sur l'immeuble sis à [Localité 4], [Adresse 5] pour défaut de paiement de loyers ;
- ordonner l'expulsion de Monsieur [X] [O] et Madame [Z] [G] épouse [O] ;
- les condamner solidairement au paiement :
- de la somme de 1245,53 euros au titre des loyers et charges impayés avec intérêts au taux légal à compter du commandement pour les sommes énoncées dans le commandement et à compter de l'assignation pour le surplus;
- d'une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant du dernier loyer et des charges, dont le montant pourra être réajusté au cas où les charges réelles dépasseraient le montant de la provision jusqu'à la libération effective des lieux ;
- de la somme de 41,06 euros portée à 66,70 euros au titre des assurances impayées ;
- de la somme de 7,62 euros portée à 38,10 euros au titre des pénalités;
- de la somme de 3,24 euros par mois d'occupation au titre de l'assurance;
- de la somme de 500 euros en application de l'article 700 du code de procédure civile ;
- condamner solidairement Monsieur [X] [O] et Madame [Z] [G] épouse [O] aux entiers dépens ;
- ordonner l'exécution provisoire.

A l'audience, PARTENORD HABITAT a sollicité le bénéfice de son acte introductif d'instance, sauf à actualiser sa demande principale à la somme de 1362,64 euros, selon décompte arrêté au 7 mai 2024. Le bailleur indique ne pas s'opposer à une demande de délais de paiement et renonce à sa demande au titre de l'assurance.

Monsieur [X] [O] a sollicité des délais de paiement, proposant de s'acquitter de sa dette par versements mensuels de 50 euros, outre le loyer courant et indique qu'il est assuré.

Assignée à domicile, Madame [Z] [G] épouse [O] n'était ni présente ni représentée.

L'affaire a été mise en délibéré au 12 Septembre 2024.

MOTIFS DE LA DÉCISION

Sur la recevabilité :

Le bailleur justifie avoir saisi la CAF le 20 juillet 2023 puis avoir notifié au préfet du Nord, le 22 février 2024 l'assignation visant à obtenir l'expulsion, conformément aux dispositions de l'article 24 II de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.

Son action est donc recevable.

Sur la demande de résiliation du bail :

Le contrat de bail comporte effectivement une clause résolutoire pour défaut de paiement du loyer et des charges.

La dette n'a pas été réglée dans les deux mois de la signification du commandement.

Les conditions d'acquisition de la clause résolutoire contenue dans le contrat de bail étaient réunies à la date du 20 septembre 2023.

Sur les sommes dues :

Il ressort du relevé de compte versé aux débats que le montant des loyers et charges impayés, s'élevait, au 7 mai 2024, à la somme de 1362,64 euros, déduction faite des divers frais éventuellement inclus dans le décompte.

Le montant prélevé pour l'enquête sociale sera déduit en l'absence de mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception d'avoir à renvoyer l'enquête sociale.

Monsieur [X] [O] et Madame [Z] [G] épouse [O] seront donc solidairement condamnés à payer en deniers ou quittances valables à PARTENORD HABITAT la somme de 1362,64 euros au titre de l'arriéré locatif arrêté au 7 mai 2024.

Les intérêts sont dus au taux légal à compter du présent jugement.

Sur les délais de paiement :

Monsieur [X] [O] sollicite des délais de paiement et offre de s'acquitter de sa dette par versements mensuels de 50 euros, outre le loyer courant.

Au regard de la situation financière de Monsieur [X] [O] et Madame [Z] [G] épouse [O], il convient de leur accorder la possibilité de régler leur dette par mensualités de 50 euros et de suspendre les effets de la clause résolutoire en soulignant toutefois que dès le premier impayé, soit de cette mensualité, soit du loyer courant, la totalité de la dette redeviendra exigible et l'expulsion pourra alors être poursuivie sans nouvelle décision.

Sur l'indemnité mensuelle d'occupation :

Dans l'hypothèse où Monsieur [X] [O] et Madame [Z] [G] épouse [O] ne respecteraient pas les délais qui leur ont été accordés par le juge, l'occupation des lieux deviendrait illégitime, causant au bailleur un préjudice qu'il convient de réparer en condamnant les locataires, devenus occupants sans titre, à lui payer une indemnité d'occupation mensuelle d'un montant égal à celui du loyer et des charges qui aurait été dû en l'absence de résiliation du bail, soit 754,98 euros jusqu'à la libération effective et définitive des lieux.

Sur les demandes accessoires :

Monsieur [X] [O] et Madame [Z] [G] épouse [O], qui succombent, supporteront les entiers dépens.

L'équité commande par contre de laisser à la charge du bailleur les frais irrépétibles non compris dans les dépens et la demande présentée au titre de l'article 700 du code de procédure civile sera donc rejetée.

L'article 514 du code de procédure civile dispose désormais que : " les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n'en dispose autrement ".

PAR CES MOTIFS

Le juge des contentieux de la protection, statuant après débats publics, par jugement Réputé contradictoire et en premier ressort ;

Déclare l'action de PARTENORD HABITAT recevable ;

Constate que les conditions d'acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 31 mai 2013 entre PARTENORD HABITAT et Monsieur [X] [O] et Madame [Z] [G] épouse [O] concernant l'immeuble situé à [Localité 4], [Adresse 5], sont réunies à la date du 20 septembre 2023 ;

Condamne solidairement Monsieur [X] [O] et Madame [Z] [G] épouse [O] à payer en deniers ou quittances valables à PARTENORD HABITAT, la somme de 1362,64 euros au titre de l'arriéré locatif arrêté au 7 mai 2024, avec intérêts au taux légal à compter du présent jugement ;

Autorise Monsieur [X] [O] et Madame [Z] [G] épouse [O] à payer leur dette, en principal par mensualités de 50 euros ;

Dit que ces mensualités devront être payées le 12 de chaque mois et pour la première fois le 12 du mois suivant la signification de la présente décision ;

Rappelle que les mensualités sont payables en plus du loyer courant ;

Suspend les effets de la clause résolutoire pendant l'exécution des délais ;

Dit que si les délais sont respectés la clause résolutoire sera réputée n'avoir jamais joué ;

Dit qu'en revanche, en cas de non paiement d'une seule de ces mensualités, l'intégralité de la somme restant due deviendra immédiatement exigible et la clause résolutoire sera automatiquement acquise à compter de la date de la première de ces mensualités impayées ;

Dit que dans ce cas, à défaut d'avoir quitté les lieux dont il s'agit dans les deux mois du commandement de délaisser, Monsieur [X] [O] et Madame [Z] [G] épouse [O] ou tout occupant de leur chef pourront être expulsés, et ce, si besoin est, avec le concours de la Force Publique ;

Condamne solidairement Monsieur [X] [O] et Madame [Z] [G] épouse [O], au cas où la clause résolutoire reprendrait effet, à payer chaque mois pour lequel il sera resté dans les lieux, une indemnité mensuelle d'occupation égale au montant du loyer actuel charges comprises, soit 754,98 euros ;

Dit que la part correspondant aux charges dans ces indemnités mensuelles d'occupation pourra être réajustée au cas où les charges de l'année dépasseraient la provision ;

Rejette la demande formée par le bailleur au titre de l'article 700 du code de procédure civile ;

Condamne solidairement Monsieur [X] [O] et Madame [Z] [G] épouse [O] aux dépens ;

Rappelle que le présent jugement est de droit exécutoire à titre provisoire ;

Rejette toute autre demande.

Ainsi jugé et prononcé le 12 Septembre 2024 par mise à disposition au greffe.

Le GREFFIER Le PRESIDENT

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