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TJ Saint-Denis de La Réunion, 5 déc. 2024, RG 24/00714


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Date
05/12/2024
Numéro
24/00714
Chambre
CIVIL TP SAINT DENIS
Type
Autre
Id
675327d9675e25b769611ade

Texte de la décision

10,964 caractères

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

N° RG 24/00714 - N° Portalis DB3Z-W-B7I-G2AH

MINUTE N° :

Notification

Copie certifiée conforme

délivrée le :

à :

Copie exécutoire délivrée

le :

à :
COUR D’APPEL DE SAINT-DENIS DE LA RÉUNION
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE SAINT-DENIS


JUGEMENT DU 05 DECEMBRE 2024 - JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION

PARTIES

DEMANDEUR(S) :

S.A. SHLMR
[Adresse 1]
[Localité 2]
représenté par Mme [Y] [I] (Chargé de contentieux) muni d’un pouvoir spécial

DÉFENDEUR(S) :

Monsieur [E], [N] [U]
[Adresse 3]
[Adresse 3]
[Localité 2] (RÉUNION)
non comparant, ni représenté

COMPOSITION DU TRIBUNAL :

Président : Alain SOREL,

Assisté de : Sophie RIVIERE, greffière présente lors des débats

Marie-Anne BERTILLE, adjointe administrative assermentée, faisant fonction de greffier, présente lors du prononcé

DÉBATS :

À l’audience publique du 03 Octobre 2024

DÉCISION :

Réputée contradictoire

EXPOSE DU LITIGE
La SOCIETE D’HABITATIONS A LOYER MODERE DE LA REUNION (SHLMR) a donné à bail à Monsieur [U] [E] [N], selon contrat de location du 16 août 2012, un logement à usage d’habitation sis [Adresse 3], [Localité 2], moyennant un loyer mensuel de 410,02 euros charges comprises.
La SHLMR a fait délivrer à son locataire, par acte de commissaire de justice en date du 28 novembre 2023, un commandement de payer visant la clause résolutoire, pour la somme en principal de 2.332,59 euros correspondant aux loyers et charges impayés.
Par assignation en date du 30 juillet 2024, la SHLMR a fait citer Monsieur [U] [E] [N] devant le juge des contentieux de la protection près du tribunal judiciaire de Saint-Denis de La Réunion, aux fins de voir, sous le bénéfice de l’exécution provisoire :
- constater la résiliation du bail conclu entre les parties du fait de l’acquisition de la clause résolutoire,
- ordonner l’expulsion de Monsieur [U] [E] [N],
- condamner Monsieur [U] [E] [N] au paiement des loyers et charges impayés, soit la somme de 4.585,70 euros, augmentée des intérêts au taux légal à compter du commandement de payer les loyers,
- condamner Monsieur [U] [E] [N] au paiement d’une indemnité d’occupation mensuelle de 450,44 euros révisable jusqu’à libération effective des lieux,
- condamner Monsieur [U] [E] [N] au paiement de la somme de 350 euros au titre de l’article 700 du CPC,
- condamner Monsieur [U] [E] [N] aux dépens.
A l’audience du 3 octobre 2024, date à laquelle l’affaire a été évoquée, la SHLMR dûment représentée a maintenu l’intégralité de ses demandes, en actualisant sa créance à la somme de 5.937,02 euros.
Monsieur [U] [E] [N], cité à étude, n’a pas comparu, ni été représenté.
L’affaire a été mise en délibéré au 5 décembre 2024, par mise à disposition au greffe.
MOTIFS DE LA DECISION
Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
SUR LA RECEVABILITE
Une copie de l’assignation a été notifiée à la Préfecture de La Réunion, par voie dématérialisée (logiciel EXPLOC) avec accusé de réception électronique du 31 juillet 2024, soit plus de six semaines avant l’audience du 3 octobre 2024, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 dans sa version en vigueur.
En outre, la SHLMR justifie la saisine de commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) par courrier du 4 décembre 2023, soit deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation du 30 juillet 2024, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989.
L’action de la SHLMR est donc recevable.
SUR L’ACQUISITION DE LA CLAUSE RESOLUTOIRE
L’article 24 I de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 dans sa version en vigueur à la date de conclusion du contrat et applicable au présent litige énonce que toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux.
En l’espèce, le contrat de bail conclu le 16 août 2012 contient une clause résolutoire et un commandement de payer visant cette clause résolutoire a été signifié à Monsieur [U] [E] [N] le 28 novembre 2023, pour la somme en principal de 2.332,59 euros.
Ce commandement de payer étant resté infructueux pendant plus de deux mois, il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail sont réunies au 28 janvier 2024.
SUR L’INDEMNITE D’OCCUPATION
La SHLMR est fondée à réclamer à titre de préjudice causé par le maintien de Monsieur [U] [E] [N] dans les lieux et l’impossibilité de relouer le bien, une indemnité d’occupation équivalente aux loyers et charges courants, à compter du 28 janvier 2024, jour de la résiliation du bail et jusqu’à la libération effective et définitive des lieux.
SUR LE MONTANT DE L’ARRIERE LOCATIF
La SHLMR produit un décompte démontrant qu’après soustraction des frais de poursuite de 343,56 euros, Monsieur [U] [E] [N] est débiteur de la somme de 5.593,46 euros au 1er octobre 2024.
Monsieur [U] [E] [N] n’apporte aucun élément de nature à contester la dette locative.
En conséquence, il convient de le condamner à verser à la SHLMR la somme de 5.593,46 euros au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation impayés arrêtés au 1er octobre 2024, avec intérêts au taux légal à compter du 30 juillet 2024, date de l’assignation, sur la somme de 4.585,70 euros, et à compter du présent jugement pour le surplus de la somme due, conformément aux dispositions des articles 1231-6 et 1231-7 du code civil.
SUR LES DELAIS DE PAIEMENT
L’article 24 V de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 dispose que le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d’office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience accorder des délais de paiement dans la limite de trois années (…)
L’article 24 VII de la même loi précise que lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, les effets de la clause résolutoire de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge (…)
Cette suspension prend fin dès le premier impayé ou dès lors que le locataire ne se libère pas de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixées par le juge. Ces délais et les modalités de paiement accordés ne peuvent affecter l’exécution du contrat de location et notamment suspendre le paiement du loyer et des charges.
Si le locataire se libère de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixées par le juge, la clause de résiliation de plein droit est réputée ne pas avoir joué. Dans le cas contraire, elle reprend son plein effet.
Il ressort du décompte produit par la SHLMR que depuis le début de l’année 2024, Monsieur [U] [E] [N] n’a effectué que trois règlements au titre de son loyer et des charges (400 euros le 10 janvier 2024, 544 euros le 14 mars 2024 et 544 euros le 15 mai 2024, dernier règlement enregistré au crédit du compte du locataire)
A défaut de reprise du versement intégral du loyer avant la date d’audience, il n’y a pas lieu d’accorder à Monsieur [U] [E] [N] des délais de paiement d’office.
En conséquence, il convient d’ordonner son expulsion.
Monsieur [U] [E] [N] sera également condamné à verser à la SHLMR une indemnité d’occupation mensuelle de 450,44 euros révisable, à compter du 2 octobre 2024, égale au montant du loyer révisé et des charges qui auraient été dus en l’absence de résiliation du bail, payable à la date d’exigibilité du loyer, et ce, jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux.
SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES
En équité, il n’y a pas lieu de condamner Monsieur [U] [E] [N] au paiement d’une indemnité au titre de l’article 700 du code de procédure civile. La SHLMR sera donc déboutée de ce chef de demande.
Monsieur [U] [E] [N], partie perdante, supportera la charge de l’intégralité des dépens de l’instance qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation et de sa notification à la préfecture.
La présente décision est de plein droit exécutoire à titre provisoire en application des dispositions des articles 514 et 514-1 du CPC.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection statuant après audience publique, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort, mis à disposition au greffe,
CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 16 août 2012 entre la SHLMR et Monsieur [U] [E] [N], concernant le logement à usage d’habitation sis [Adresse 3], [Localité 2], sont réunies au 28 janvier 2024,
CONDAMNE Monsieur [U] [E] à verser à la SHLMR la somme de 5.593,46 euros au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation impayés arrêtés au 1er octobre 2024, avec intérêts au taux légal à compter du 30 juillet 2024, date de l’assignation, sur la somme de 4.585,70 euros, et à compter du présent jugement pour le surplus de la somme due,
DIT n’y avoir lieu à accorder des délais de paiement à Monsieur [U] [E] [N],
EN CONSEQUENCE :
ORDONNE à Monsieur [U] [E] [N] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai de quinze jours à compter de la signification du présent jugement,
AUTORISE la SHLMR à faire procéder à l’expulsion de Monsieur [U] [E] [N] ainsi qu’à celle de tous les occupants introduits de son chef, au besoin avec le concours d’un serrurier et de la force publique, à défaut pour Monsieur [U] [E] [N] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai de quinze jours et deux mois après la signification d’un commandement d’avoir à quitter les lieux,
CONDAMNE Monsieur [U] [E] [N] à verser à la SHLMR une indemnité d’occupation mensuelle de 450,44 euros révisable, à compter du 2 octobre 2024, égale au montant du loyer révisé et des charges qui auraient été dus en l’absence de résiliation du bail, payable à la date d’exigibilité du loyer, et ce, jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux,
DEBOUTE la SHLMR de sa demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile,
CONDAMNE Monsieur [U] [E] [N] au paiement des entiers dépens qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation et de sa notification à la préfecture,
CONSTATE l’exécution provisoire de plein droit de la présente décision.
En foi de quoi le présent jugement a été signé par le Juge et la Greffière et mis à disposition au greffe du tribunal le 5 décembre 2024.
LA GREFFIERE LE JUGE

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