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TJ Bobigny, 17 janv. 2025, RG 25/00239


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Date
17/01/2025
Numéro
25/00239
Chambre
J.L.D. HSC
Type
Autre
Id
678aa7755289c7662ca2af09

Texte de la décision

7,852 caractères

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOBIGNY

ORDONNANCE STATUANT SUR LA POURSUITE D’UNE MESURE D’HOSPITALISATION COMPLÈTE
-
DÉLAI DE 12 JOURS

ADMISSION A LA DEMANDE D’UN TIERS OU EN CAS DE PÉRIL IMMINENT

N RG 25/00239 - N Portalis DB3S-W-B7J-2PG4
MINUTE: 25/105

Nous, Raphaëlle AGENIE-FECAMP, juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de BOBIGNY, assisté de Annette REAL, greffier, avons rendu la décision suivante concernant:

LA PERSONNE EN SOINS PSYCHIATRIQUES :

Madame [M] [P]
née le 13 Avril 1969 en ALGÉRIE
[Adresse 2]
[Localité 3]

Etablissement d’hospitalisation : L’EPS DE [Localité 5],

Présent (e) assisté (e) de Me Charlotte DINGA ATIPO, avocat commis d’office

PERSONNE A L’ORIGINE DE LA SAISINE
Madame la directrice de L’EPS DE [Localité 5]
Absente

MINISTÈRE PUBLIC
Absent
A fait parvenir ses observations par écrit le 16 janvier 2025.

Le 6 janvier 2025, la directrice de L’EPS DE [Localité 5] a prononcé la décision d’admission en soins psychiatriques de Madame [M] [P].

Depuis cette date, Madame [M] [P] fait l’objet d’une hospitalisation complète au sein de L’EPS DE [Localité 5].

Le 10 Janvier 2025, la directrice de l’établissement a saisi le juge des libertés et de la détention aux fins de poursuite de l’hospitalisation complète de Madame [M] [P].

Le ministère public a fait connaître son avis par conclusions écrites du 16 janvier 2025.

A l’audience du 17 Janvier 2025, Me Charlotte DINGA ATIPO, conseil de Madame [M] [P], a été entendu en ses observations.

L’affaire a été mise en délibéré à ce jour.

MOTIFS

Vu l’admission en hospitalisation libre de [M] [P] en date du 31 12 2024 ;

Vu le certificat médical initial établi le 06 01 2025 par le Dr [D] établissant l’existence d’un péril imminent pour la santé de l’intéressé (e) ;

Vu le relevé des démarches de recherche et d’information de tiers pour un patient admis en soins psychiatriques en cas de péril imminent ;

Vu la décision du directeur de l’Etablissement Public de Santé de [Localité 5] en date du 07 01 2025 à effet au 06 01 2025 prononçant l’admission de [M] [P] en hospitalisation complète ;

Vu l’information donnée dans les 24H à la famille, au tuteur ou curateur ou à toute personne ayant qualité à agir pour le patient ;

Vu le certificat médical dit des 24 heures établi le 07 01 2025 par le Dr [N];

Vu le certificat médical dit des 72 heures établi le 09 01 2025 par le Dr [O];

Vu la décision du directeur de l’établissement en date du 09 01 2025 maintenant pour un mois les soins sous le régime de l’hospitalisation complète de [M] [P];

Vu la saisine par le directeur de l’établissement du juge des libertés et de la détention reçue au greffe de la juridiction le 10 01 2025;

Vu l’avis motivé établi le 13 01 2025 par le Dr [O];

Vu les réquisitions écrites du ministère public en date du 16 01 2025;

Vu le débat contradictoire en date du 17 01 2025;

Vu les articles L3211-1 et suivants, L.3212-1 et suivants du code de la santé publique ;

L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la Constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel, décision 2010/71 QPC du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité de la personne objet des soins et des tiers auquel elle pourrait porter atteinte.

Selon l'article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si :
1 ses troubles rendent impossible son consentement ;
2 son état impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.

Le juge des libertés et de la détention doit contrôler en application de l’article L3216-1 du code de la santé publique la régularité des décisions administratives prises en matière d’hospitalisation complète. En application de l’article L3211-3 du code de la santé publique il doit aussi veiller, à ce que les restrictions à l’exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en œuvre du traitement requis.
Le juge ne peut dans le cadre de son contrôle se substituer à l’autorité médicale s’agissant de l’évaluation du consentement du patient, du diagnostic posé ou des soins.

[M] [P] était hospitalisé (e) à l’Etablissement Public de Santé sans son consentement dans les conditions rappelées ci-dessus.

Le certificat médical établi par le Dr [D] le 06 01 2025 décrivait en ces termes l’existence de troubles mentaux : humeur exaltée, idées délirantes mégalomaniaques, comportement très inadapté et à risque, anosognosie totale, négociation de son traitement.
Etait constatée l’existence d’un péril imminent pour la santé de l’intéressé (e).

Les certificats médicaux postérieurs établissaient pendant la période d’observation que les troubles mentaux initialement décrits étaient toujours d’actualité, notamment la persistance d’un délire de persécution à mécanisme imaginatif et interprétatif et d’un délire mégalomaniaque, comportement inadapté, propos incohérents, inconscience des troubles et adhésion passive aux soins et concluaient que la prise en charge de [M] [P] devait se poursuivre sous le mode de l’hospitalisation complète.

L'avis motivé daté du 13 01 2025 constatait que le contact était familier, l’humeur très exaltée, le comportement toujours pas adapté, et que la patiente logorrhéique verbalisait un délire mégalomaniaque.
L’avis précisait que l’état de santé de [M] [P] était compatible avec son audition par le juge des libertés et de la détention.

A l'audience, [M] [P] déclarait que ça allait mieux, précisant qu’elle avait eu un souci avec deux militaires qui prennent de la drogue. Elle se décrivait comme un peu excitée lors de son hospitalisation, précisant qu’elle n’avait pas arrêté son traitement. Elle se disait suivie depuis 25 ans, et indiquait que ce n’était pas sa première hospitalisation. Elle vivait seule et recevait les visites de sa sœur, ainsi que d’une femme de ménage et de l’infirmière qui passait tous les jours. Elle se disait d’accord pour rester à l’hôpital encore une semaine car physiquement elle est encore très fatiguée.

Le conseil de [M] [P] était entendu en ses observations.

Il résulte de l’ensemble des éléments joints à la requête et contradictoirement débattus à l’audience, que la procédure relative à l’admission de [M] [P] en hospitalisation complète est régulière, que les troubles du comportement persistent et rendent impossible son consentement sur la durée, que l’état mental de [M] [P] impose la poursuite des soins assortis d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.

PAR CES MOTIFS

Le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Bobigny, après débats tenus en audience publique dans la salle d’audience aménagée à l’établissement public de santé de [Localité 5], au centre [4] situé [Adresse 1], statuant au tribunal par décision susceptible d’appel,

Maintenons la mesure d’hospitalisation complète dont fait l’objet Madame [M] [P]

Laisse les dépens à la charge de l'Etat.

Dit que cette ordonnance bénéficie de plein droit de l’exécution provisoire,

Fait et jugé à Bobigny, le 17 Janvier 2025

Le Greffier

Annette REAL

Le premier vice-président
Juge des libertés et de la détention

Raphaëlle AGENIE-FECAMP

Ordonnance notifiée au parquet le à
le greffier

Vu et ne s'oppose :

Déclare faire appel :

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