TJ Meaux, 17 févr. 2025, RG 25/00620
Vérifier : TJ Meaux, 17 févr. 2025, RG 25/00620 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source
Texte de la décision
Annexe TJ Meaux - (rétentions administratives)
N° RG 25/00620 Page
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MEAUX
──────────
CONTENTIEUX DE LA RETENTION ADMINISTRATIVE
────
Annexe du palais de Justice de Meaux - [Adresse 13] - [Localité 28]
Ordonnance statuant sur une demande de mainlevée
d’une mesure de rétention administrative
Ordonnance du 17 Février 2025
Dossier N° RG 25/00620
Nous, Virginie BARRAUD, magistrat du siège au tribunal judiciaire de Meaux, assisté de Romane HUAN, greffier ;
Vu l’arrêté pris le 1er février 2025 par le préfet de SEINE SAINT DENIS faisant obligation à M. [I] se disant [J] [K] de quitter le territoire français ;
Vu la décision de placement en rétention administrative prise le 1er février 2025 par le PRÉFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS à l’encontre de M. [I] se disant [J] [K], notifiée à l’intéressé le même jour à 15h18 ;
Vu l’ordonnance rendue le 5 février 2025 par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de MEAUX prolongeant pour une période de vingt six jours à compter du 5 février 2025 la rétention administrative de M. [I] se disant [J] [K], ;
Vu l’article L. 742-8 et R. 742-2 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile;
Vu la requête reçue au greffe le 16 février 2025 à 14h47 et aussitôt enregistrée, par laquelle :
Monsieur [I] se disant [J] [K], né le 23 Juillet 1991 à [Localité 27], de nationalité Roumaine,
actuellement maintenu en rétention administrative au centre [29], représenté par Me Gil MADEC, avocat au barreau de VERSAILLES, demande au magistrat de ce siège qu’il mette immédiatement fin à la rétention ;
Vu les pièces reçues le 17 février 2025 du PRÉFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS, aussitôt contradictoirement versées au dossier de la procédure mis sans délai et à tout moment à la disposition des parties ;
En l’absence du procureur de la République régulièrement avisé par le greffier, dès réception de la requête, de la date, de l’heure, du lieu, et de l’objet de la présente audience;
En présence, serment préalablement prêté, de madame [M]-[L] [C], interprète en langue roumaine déclarée comprise par la personne retenue ;
Après avoir, en audience publique, rappelé à la personne retenue les droits qui lui sont reconnus par le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, puis entendu en leurs explications, moyens et arguments :
- Maître Gil MADEC, avocat au barreau de VERSAILLES, choisi par la personne retenue pour l’assister et régulièrement avisé ;
- Me IOANNIDOU (cabinet TOMASI), avocat représentant le PRÉFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS,
- M. [I] se disant [J] [K] ;
MOTIFS DE LA DÉCISION
Attendu que le conseil du retenu a déposé une requête sollicitant la remise en liberté de M. [I] se disant [J] [K] motif pris de ce que ce dernier aurait remis son passeport, ce qui constituerait un élément nouveau et justifierait d’une adresse fixe et stable (première page d’un bail, avis d’imposition et justificatif d’écart du passeport par le centre de rétention administrative produits);
Attendu toutefois que le juge judiciaire doit rechercher si les garanties de représentation dont dispose l’étranger sont de nature à éviter qu’il se soustraie à la mesure d’éloignement et à permettre à l’autorité administrative de mettre en toute hypothèse la mesure d’éloignement à exécution (Civ. 2°, 15 mars 1995 n° 94-50.019) et que l’absence de garanties de représentation peut résulter du comportement même de l’étranger et notamment de son opposition déclarée à la mesure d’éloignement , jointe à l’absence de ressources personnelles et au doute relatif quant au domicile (Civ.2°, 11 juin 1997 n° 96-50.034) ;
Attendu en l’espèce qu’il ressort de la lecture des pièces du dossier de la procédure que l’intéressé qui indique à l’audience être prêt à repartir, a pu indiquer en audition administrative, à tois questions différentes sur sa volonté de départ s’y opposer (pas de volonté d’accepter une aide au retour, déclaration selon laquelle il voulait rester en France, et réponse négative sur le pays de destination vers lequel le reconduire ) ;
Attendu en l’espèce que le retenu ne remplit pas les conditions d’une assignation à résidence, telles que fixées par l’article L. 743-13 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, en ce sens qu’il a certes préalablement remis à un service de police ou à une unité de gendarmerie un passeport en cours de validité, mais ne présente pas de garanties de représentation effectives à défaut de disposer d’un pécule lui permettant de financer un départ par ses propres moyens ET d’exprimer une volonté non équivoque de se conformer à la mesure d’éloignement ;
Attendu qu’à défaut d’apparaître fondée, la requête sera rejetée ;
PAR CES MOTIFS,
REJETONS la demande de mise en liberté présentée par M. [I] se disant [J] [K];
Prononcé publiquement au palais de justice de Mesnil-Amelot, le 17 Février 2025 à 12h17.
Le greffier, Le juge,
qui ont signé l’original de l’ordonnance.
Pour information :
- La présente ordonnance est susceptible d’appel devant le premier président de la cour d’appel de Paris dans les 24 heures de sa notification. Le délai d’appel qui expirerait normalement un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé, est prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant. Le premier président est saisi par une déclaration écrite motivée, transmise par tout moyen au greffe de la cour d’appel de Paris (Service des étrangers - Pôle 1 Chambre 11), notamment par télécopie au [XXXXXXXX04] ou par courriel à l’adresse mail [Courriel 26] . Cet appel n’est pas suspensif. L’intéressé est maintenu à disposition de la justice jusqu’à l’audience qui se tiendra à la cour d’appel.
- Vous pouvez, pendant toute la durée de votre rétention, demander l’assistance d’un interprète, d’un avocat ainsi que d’un médecin, et communiquer avec votre consulat ou toute personne de votre choix.
- Vous avez également le droit de contacter toute organisation et instance nationale, internationale ou non gouvernementale compétente pour visiter les lieux de rétention, notamment :
• le Contrôleur général des lieux de privation de liberté ([Adresse 14]- [Localité 23] ; www.cglpl.fr ; tél. : [XXXXXXXX06] ; fax : [XXXXXXXX03]) ;
• le Défenseur des droits ([Adresse 19] - [Localité 22] ; tél. : [XXXXXXXX09]) ;
• France Terre d’Asile ([Adresse 15] - [Localité 21] ; tél. : [XXXXXXXX05]) ;
• Forum Réfugiés Cosi ([Adresse 16] - [Localité 18] ; tél. : [XXXXXXXX08]) ;
• Médecins sans frontières - MSF ([Adresse 24] - [Localité 20] ; tél. : [XXXXXXXX02]).
• La CIMADE ([Adresse 25], [Localité 20] [XXXXXXXX01])
- France Terre d’Asile association indépendante de l’administration présente dans chacun des centres de rétention du [Localité 28] (Tél. France Terre d’Asile CRA[29] : [XXXXXXXX011] / [XXXXXXXX012] - Tél. France Terre d’Asile CRA [17] : [XXXXXXXX010] / [XXXXXXXX07]), est à la disposition des retenus, sans formalité, pour les aider dans l’exercice effectif de leurs droits, aux heures d’accueil précisées par le règlement intérieur.
- Vous pouvez aussi demander, à tout moment, qu’il soit mis fin à votre rétention par simple requête, motivée et signée, adressée au magistrat du siège par tout moyen, accompagnée de toutes les pièces justificatives.
Reçu le 17 février 2025, dans une langue comprise, notification immédiatement de la présente ordonnance, avec remise d’une copie intégrale, et information verbale du délai d’appel et des modalités d’exercice de cette voie de recours, ainsi que le rappel des droits en rétention.
La personne retenue, L’interprète ayant prêté son concours
Reçu copie intégrale de la présente ordonnance le 17 février 2025.
L’avocat du PRÉFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS ,
Reçu copie intégrale de la présente ordonnance le 17 février 2025.
L’avocat du retenu,
Données open data (Licence Ouverte 2.0), pseudonymisées à la source. Ne jamais citer uniquement sur la foi de cette base locale.