CA Douai, 22 mars 2025, RG 25/00524
Vérifier : CA Douai, 22 mars 2025, RG 25/00524 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source
Texte de la décision
COUR D'APPEL DE DOUAI
Chambre des Libertés Individuelles
N° RG 25/00524 - N° Portalis DBVT-V-B7J-WDNM
N° de Minute : 531
Ordonnance du samedi 22 mars 2025
République Française
Au nom du Peuple Français
APPELANT
M. [I] [X]
né le 29 Février 1996 à [Localité 2] MAROC
de nationalité Marocaine
Actuellement retenu au centre de rétention de [Localité 1]
dûment avisé, comparant en personne par visioconférence
assisté de Me Henry-pierre RULENCE, avocat au barreau de DOUAI, avocat commis d'office et de Mme [W] [P] interprète assermenté en langue arabe, tout au long de la procédure devant la cour,
INTIMÉ
M. LE PREFET DU PAS DE CALAIS
dûment avisé, absent représenté par Maître JACQUARD avocat au barreau du Val de Marne,
PARTIE JOINTE
M. le procureur général près la cour d'appel de Douai : non comparant
MAGISTRAT DELEGUE : Guillaume DELETANG, conseiller à la cour d'appel de Douai désigné par ordonnance pour remplacer le premier président empêché
assisté de Geoffrey DUTELLE, Greffier
DÉBATS : à l'audience publique du samedi 22 mars 2025 à 13 h 30
Les parties comparantes ayant été avisées à l'issue des débats que l'ordonnance sera rendue par mise à disposition au greffe
ORDONNANCE : rendue à Douai par mise à disposition au greffe le samedi 22 mars 2025 à
Le premier président ou son délégué,
Vu les articles L.740-1 à L.744-17 et R.740-1 à R.744-47 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et spécialement les articles R 743-18 et R 743-19 ;
Vu l'aricle L 743-8 et L 922-3 al 1 à 4 du CESEDA ;
Vu l'ordonnance du juge du tribunal judiciaire de BOULOGNE SUR MER en date du 20 mars 2025 à 10 h 35 notifiée à 11 h 15 à M. [I] [X] prolongeant sa rétention administrative ;
Vu l'appel interjeté par [I] [X] par déclaration reçue au greffe de la cour d'appel de ce siège le 21 mars 2025 à 11 h 04 sollicitant la main-levée du placement en rétention administrative ;
Vu le procès-verbal des opérations techniques de ce jour ;
Vu l'audition des parties, les moyens de la déclaration d'appel et les débats de l'audience ;
EXPOSÉ DU LITIGE
[I] [X] a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, d'une interdiction de revenir sur le territoire français avant l'expiration du délai d'un an à compter de l'exécution de la présente décision et d'un placement en rétention administrative ordonné par le préfet du Pas de Calais le 16 mars 2025 notifié à 15H40
Aucun recours en annulation de l'arrêté de placement en rétention administrative n'a été déposé au visa de l'article L 741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu l'article 455 du code de procédure civile,
' Vu l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Boulogne sur Mer en date du 20 mars 2025 notifiée à 11h15 , ordonnant la première prolongation du placement en rétention administrative de [I] [X] pour une durée de 26 jours
' Vu la déclaration d'appel de [I] [X] du 21 mars 2025 à 11h05 sollicitant la mainlevée du placement en rétention administrative.
Au titre des moyens soutenus en appel [I] [X] soulève le défaut de diligences de l'administration. Par ailleurs à l'audience il a demandé à être placé en assignation à résidence indiquant avoi un hébergement sans que ce moyen ne figure dans la déclaration d'appel.
Le conseil représentant la Préfecture a sollicité le rejet du moyen et la confirmation de l'ordonnance.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur les diligences aux fins d'éloignement
Aux termes de l' article L 741-3 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile , un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L'administration exerce toute diligence à cet effet.
En l'espèce, l'appelant n'assortit pas son moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
Il résulte de la procédure que l'administration a réservé un vol vers le Maroc dès le 16 mars 2025 à 19h25 , soit quelques heures après son placement en rétention administrative , l'étranger étant muni de son passeport valide lui permettant de voyager vers son pays d'origine.
Dès lors, l'étranger n'est pas fondé à se prévaloir d'un manquement de l'autorité administrative à son obligation de diligence.
Par ailleurs l'étranger ne produit aucune attestation ou document permettant d'établir qu'il a un logement stable lui permettant de bénéficier d'une assignation à résidence.
Conformément au droit communautaire, aucun moyen soulevé par les parties ou susceptibles d'être relevé d'office ne paraît contraire à la prolongation de la rétention administrative.
Il convient dès lors de rejeter le moyen et de confirmer l'ordonnance.
PAR CES MOTIFS
DÉCLARE l'appel recevable ;
CONFIRME l'ordonnance entreprise ;
DISONS que la présente ordonnance sera communiquée au ministère public par les soins du greffe ;
DISONS que la présente ordonnance sera notifiée dans les meilleurs délais à M. [I] [X] par l'intermédiaire du greffe du centre de rétention administrative par truchement d'un interprète en tant que de besoin, à son conseil et à l'autorité administrative ;
LAISSONS les dépens à la charge de l'État.
Geoffrey DUTELLE, Greffier
Guillaume DELETANG, conseiller
A l'attention du centre de rétention, le samedi 22 mars 2025
Bien vouloir procéder à la notification de l'ordonnance en sollicitant, en tant que de besoin, l'interprète intervenu devant le premier président ou le conseiller délégué : Mme [W] [P]
Le greffier
N° RG 25/00524 - N° Portalis DBVT-V-B7J-WDNM
REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE 531 DU 22 Mars 2025 ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS (à retourner signé par l'intéressé au greffe de la cour d'appel de Douai par courriel - [Courriel 3]) :
Vu les articles 612 et suivants du Code de procédure civile et R. 743-20 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
Pour information :
L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition.
Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public.
Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification.
Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur.
Reçu copie et pris connaissance le
- M. [I] [X]
- par truchement téléphonique d'un interprète en tant que de besoin
- nom de l'interprète (à renseigner) :
- décision transmise par courriel au centre de rétention de pour notification à M. [I] [X] le samedi 22 mars 2025
- décision transmise par courriel pour notification à M. LE PREFET DU PAS DE CALAIS et à Maître Henry-pierre RULENCE Maître Xavier TERMEAU le samedi 22 mars 2025
- décision communiquée au tribunal administratif de Lille
- décision communiquée à M. le procureur général
- copie au de BOULOGNE SUR MER
Le greffier, le samedi 22 mars 2025
N° RG 25/00524 - N° Portalis DBVT-V-B7J-WDNM
Données open data (Licence Ouverte 2.0), pseudonymisées à la source. Ne jamais citer uniquement sur la foi de cette base locale.