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TJ 83137, 23 mai 2025, RG 25/00454


Vérifier : TJ 83137, 23 mai 2025, RG 25/00454 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
23/05/2025
Numéro
25/00454
Lieu / cour
tj83137
Chambre
JLD
Type
other
Id
6834cf137860dd6c223b5f43

Texte de la décision

6,734 caractères

COUR D’APPEL D’[Localité 3]
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE TOULON

Requête N° RG 25/00454 - N° Portalis DB3E-W-B7J-NKC6

N° Minute : 25/364

ORDONNANCE rendue en audience publique le 23 Mai 2025 par Sylviane DAVID, Vice Présidente au Tribunal judiciaire de Toulon, assistée de Moinecha ALI, greffier ;

REQUÉRANT
M. LE DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER HENRI [Localité 5] DE [Localité 7], demeurant [Adresse 8]
Comparant par madame [B], munie d’une délégation

DÉFENDEUR
Madame [U] [F]
née le 22 Janvier 1984 à [Localité 9] (BRESIL), demeurant [Adresse 2]
Comparante et assistée de Me Marie CALVI, avocat commis d’office.

MINISTÈRE PUBLIC
Non comparant

EXPOSE DE LA DEMANDE ET DE LA PROCÉDURE :

Vu l’admission en hospitalisation complète de Mme [U] [F] prononcée le 12 mai 2025 par M. LE DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER HENRI [Localité 5] DE [Localité 7] ;

Vu la saisine du juge des libertés de la détention par requête en date du 19 Mai 2025 transmise par voie électronique (PLEX) au greffe le 19 Mai 2025 émanant de M. LE DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER HENRI [Localité 5] DE [Localité 7], accompagnée des avis mentionnés à l’article R3211-12 ;

Vu les observations écrites en date du 22 mai 2025 de M. Le Procureur de la République relatives au maintien de la mesure de soins psychiatriques ;

Vu l’avis médical du docteur [H] en date du 19 mai 2025 mentionnant que l’état de santé du malade lui permet d’être entendu ce jour par le juge des libertés et de la détention;

Les débats ont eu lieu en audience publique ;

MOTIFS DE LA DÉCISION :

Attendu que la requête de M. LE DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER HENRI [Localité 5] DE [Localité 7] à fin de contrôle de la mesure de soins psychiatriques concernant Mme [U] [F] relève des dispositions des articles L3211-12-1 et suivants du code de la santé publique ;

Attendu que le certificat médical de 24 heures a été établi par le docteur [I] le 13 mai 2025,

Attendu que le certificat médical de 72 heures a été établi par le docteur [T] le 15 mai 2025,

Attendu que tous les certificats médicaux précités sont convergents pour estimer nécessaire la poursuite de la mesure ;

Sur le fond

Qu’à l’audience, l’intéressée nous déclare : “j'avais un fil coincé ; je suis allée à l'hôpital, ils m'ont attaché et je suis arrivée ici. Je veux garder mon bébé, je suis enceinte de 3 mois. Mon traitement a été diminué. J'avais peur qu'il soit malformé. Je ne vois pas l'intérêt de rester ici. Pendant un mois je suis sortie, j'allais bien. J'ai loupé un rendez-vous. D'ici 10 jours je vais basculer en libre. Je n'ai pas de famille ici, je n'ai que mon conjoint. Je suis bien au P2. Les platanes ce n'est pas terrible, je suis en secteur fermé mais ça ne me dérange pas parce que c'est une bonne équipe. C'est mon quatrième bébé, je suis habituée.”

Attendu que les troubles mentaux de l’intéressée rendent impossible son consentement et imposent des soins immédiats assortis d’une surveillance médicale constante, justifiant une hospitalisation complète ;

Attendu que les dispositions légales prévues par les articles L3211-12-1 et suivants du code de la santé publique ont été respectées ; que la procédure contient les différents certificats médicaux prévus par la loi, dûment motivés ;

En l’espèce, Mme [U] [F] a été admise, le 12 mai 2025, en soins psychiatriques sans consentement et en péril imminent. Elle avait été amenée aux urgences du centre hospitalier intercommunal de [Localité 4]-[Localité 6] en raison des troubles du comportement qu’elle présentait dans un contexte de rupture de traitement. Elle s’imaginait avoir un corps étranger dans le tube digestif. Elle se montrait très méfiante envers le corps médical. Elle était angoissée et pleurait.

Il est noté, dans le certificat médical de 24 heures que la patiente serait enceinte de trois mois. Elle a suspendu son traitement afin de préserver le fœtus. Elle n’est pas convaincue de l’innocuité des traitements qui peuvent lui être proposés pour lui permettre de mener à bien sa grossesse. Elle est persuadée qu’un câble aurait été implanté dans son oreille. Elle adhère totalement à son délire. Elle n’adhère pas aux soins.

Il est mentionné, dans le certificat médical de 72 heures, que Mme [U] [F] reste hostile aux soins. Elle n’a aucune conscience de sa maladie et de ses troubles. Elle banalise sa consommation de cannabis.

Il ressort de l’avis médical établi le 19 mai 2025 par le docteur [H] que les idées délirantes avec hallucinations cénesthésiques sont encore présentes.

Il y a lieu, au regard de ces éléments, de maintenir l’hospitalisation sous contrainte de Mme [U] [F], sous sa forme actuelle afin qu’elle puisse bénéficier de soins sous surveillance constante et de favoriser son adhésion aux soins.

Que les dispositions légales sont réunies pour que la mesure se poursuive ;

PAR CES MOTIFS

Statuant publiquement en la forme des référés, par ordonnance réputée contradictoire, et en premier ressort,

DISONS maintenir la mesure de soins psychiatriques concernant Mme [U] [F];

Rappelons que la présente ordonnance est immédiatement exécutoire de plein droit par application de l’article R3211-16 du code de la santé publique ;

ADMETTONS Mme [U] [F] au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire, mais rappelons que pour être définitivement accepté, le dossier de demande d’aide juridictionnelle devra impérativement être présenté conformément aux textes en vigueur ;

Laissons les dépens à la charge du Trésor Public.

AINSI JUGE ET PUBLIQUEMENT PRONONCE LES JOUR MOIS ET AN QUE DESSUS ET ONT SIGNE A LA MINUTE LE PRÉSIDENT ET LE GREFFIER.

LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT,

Copie conforme adressée par voie électronique (PLEX) à Mme [U] [F] ce jour

Copie conforme adressée par voie électronique (PLEX) au Conseil de Mme [U] [F] ce jour

Copie conforme adressée par voie électronique (PLEX) à M. LE DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER HENRI [Localité 5] DE [Localité 7] ce jour

Copie conforme transmise au parquet ce jour

Le greffier

Conformément aux articles 490, 931, 932, 933 du code de procédure civile et R3211-18 et suivants, vous avez le droit de faire appel de la présente ordonnance dans le délai de 10 jours à partir de sa notification, par une déclaration d’appel motivée transmise par tout moyen au greffe de la Cour d’appel d’[Localité 3] ( [Adresse 1] - Télécopie : 04.42.33.81.32).
Vous serez assisté(e) ou représenté(e) par un avocat.
Cette déclaration, avec mention de la date et de l’heure, doit comporter vos nom , prénom, profession et domicile et désigner la décision dont il est fait appel et le cas échéant le nom et l’adresse de votre représentant devant la Cour ; elle doit être accompagnée d’une copie de la décision.

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