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CA Lyon, 16 févr. 2025, RG 25/01204


Vérifier : CA Lyon, 16 févr. 2025, RG 25/01204 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
16/02/2025
Numéro
25/01204
Lieu / cour
ca_lyon
Chambre
RETENTIONS
Type
ordonnance
Id
688c4e5729d40d57a3e5525d

Texte de la décision

5,731 caractères

N° RG 25/01204 - N° Portalis DBVX-V-B7J-QFXB

Nom du ressortissant :

[O] [P]

[P]

C/

PREFET DE LA [Localité 3]

COUR D'APPEL DE LYON

JURIDICTION DU PREMIER PRÉSIDENT

ORDONNANCE DU 16 FEVRIER 2025

statuant en matière de Rétentions Administratives des Etrangers

Nous, Nabila BOUCHENTOUF, conseillère à la cour d'appel de Lyon, déléguée par ordonnance de madame la première présidente de ladite Cour en date du 2 janvier 2025 pour statuer sur les procédures ouvertes en application des articles L.342-7, L. 342-12, L. 743-11 et L. 743-21 du code d'entrée et de séjour des étrangers en France et du droit d'asile,

Assistée de Morgane ZULIANI, greffière,

En l'absence du ministère public,

Statuant en notre cabinet dans la procédure suivie entre :

APPELANT :

M. [O] [P]

né le 19 Avril 1987 à [Localité 6] (MAROC)

de nationalité Marocaine

Actuellement retenu au CRA 2 de [Localité 4] St Exupery

Ayant pour conseil Me Julie IMBERT MINNI, avocat au barreau de LYON, commis d'office

ET

INTIME :

M. PREFET DE LA [Localité 3]

[Adresse 1]

[Localité 2]

Ayant pour avocat Maître Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON,

Avons mis l'affaire en délibéré au 16 Février 2025 à 17H00 et à cette date et heure prononcé l'ordonnance dont la teneur suit:

FAITS ET PROCÉDURE

Le 15 janvier 2025, le préfet de la [Localité 3] a ordonné le placement de M. [O] [P] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire afin de permettre l'exécution de la mesure d'éloignement.

Par ordonnance du 19 janvier 2025, le juge des libertés et de la détention a prolongé la rétention administrative de M. [O] [P] pour une durée de 26 jours.

Dans son ordonnance du 14 février 2025 à 15h57, le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Lyon a fait droit à la requête déposée par le préfet de la Loire et ordonné la prolongation de la rétention de M. [O] [P] dans les locaux du centre de rétention administrative de [5] pour une durée de trente jours supplémentaires.

Par déclaration au greffe le 15 février 2025 à 14h31, M. [O] [P] a interjeté appel de cette ordonnance dont il demande l'infirmation outre sa mise en liberté au visa de l'article L. 741-3 du CESEDA, M. [O] [P] motive sa requête d'appel comme suit : « J'estime que la préfecture de la [Localité 3] n'a pas effectué les diligences nécessaires et suffisantes afin d'organiser mon départ pendant la période d'un mois de ma rétention. »

Par courriel adressé le 15 février 2025 à 15h42, les parties ont été informées que le magistrat délégué par le premier président envisageait de faire application des dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 743-23 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et les a invitées à faire part, le 15 février 2025 à 18 heures au plus tard, de leurs observations éventuelles sur l'absence de circonstance nouvelle de fait ou de droit depuis le placement en rétention administrative, ou sur l'absence d'éléments fournis à l'appui de la requête d'appel permettant de justifier qu'il soit mis fin à la rétention.

Vu les observations de l'avocat de la préfecture reçues par courriel le 15 février 2025 à 20h18 tendant à la confirmation de la décision entreprise compte tenu des diligences déjà accomplies et justifiées.

Vu l'absence d'observations formées par l'avocat de la personne retenue,

MOTIVATION

Attendu que l'appel de M. [O] [P] relevé dans les formes et délais légaux prévus par les dispositions des articles L. 743-21, R. 743-10 et R. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) est déclaré recevable ; 

Attendu qu'aux termes de l'alinéa 2 de l'article L. 743-23 du CESEDA, le premier président ou son délégué peut, lorsqu'il est saisi d'un appel contre une décision rendue par le juge des libertés et de la détention dans les cas prévus aux articles L. 741-10 et L. 742-8, rejeter la déclaration d'appel sans avoir préalablement convoqué les parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention ;

Attendu qu'en l'espèce, aux termes de sa décision, le juge des libertés et de la détention a relevé que le préfet de la [Localité 3] avait effectué les diligences nécessaires pour obtenir le retour de l'intéressé au Maroc ; qu'il a ainsi observé que le préfet avait obtenu l'accusé de réception de sa demande de laissez-passer consulaire dès le 21 janvier 2025 et qu'une nouvelle relance auprès des autorités consulaires avaient été effectuée les 30 janvier et 13 février 2025 ;

Attendu qu'il en résulte que le moyen tiré de l'absence de diligences ainsi que la prétention qui lui est associée tendent uniquement à solliciter une mise en liberté et à obtenir de manière claire la mainlevée de la rétention administrative ce qui relève manifestement des prévisions de l'article L. 743-23 alinéa 2 du CESEDA ;

Attendu qu'il y a lieu de considérer que les éléments invoqués par M. [O] [P] ne permettent pas de justifier qu'il soit mis à sa rétention administrative tandis qu'il n'invoque ni ne justifie d'aucune circonstance nouvelle de droit ou de fait depuis son placement en rétention;

Attendu que son appel doit dès lors être rejeté sans audience et l'ordonnance entreprise est confirmée ;

PAR CES MOTIFS

Déclarons recevable l'appel formé par M. [O] [P],

Confirmons l'ordonnance déférée.

Le greffier, Le conseiller délégué,

Morgane ZULIANI Nabila BOUCHENTOUF

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