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TJ 42218, 16 sept. 2025, RG 25/01045


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Date
16/09/2025
Numéro
25/01045
Lieu / cour
tj42218
Chambre
4 ème Chambre civile
Type
other
Id
68cc65019da36895046a31b1

Texte de la décision

11,950 caractères

Minute n°

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

TRIBUNAL JUDICIAIRE de SAINT ETIENNE

N° RG 25/01045 - N° Portalis DBYQ-W-B7J-IVD4

4ème CHAMBRE CIVILE - POLE DE LA PROTECTION

JUGEMENT DU 16 Septembre 2025

COMPOSITION DU TRIBUNAL

Lors des débats et du délibéré :

Présidente : Madame Mélody MANET, Juge chargé des contentieux de la protection
assistée, pendant les débats de Madame Murielle FAURY, greffière ;

DEBATS : à l'audience publique du 17 Juin 2025

ENTRE :

S.C.I. ROSHI IMMOBILIER
dont le siège social est sis [Adresse 3]

représentée par Me Annick SADURNI, avocat au barreau de SAINT-ETIENNE

ET :

Monsieur [J] [W]
demeurant [Adresse 2]

non comparant

JUGEMENT :

Réputé contradictoire et en premier ressort,
Prononcé par mise à disposition au greffe à la date du 16 Septembre 2025

EXPOSE DU LITIGE

Suivant contrat en date du 3 mai 2024 prenant effet à compter du 4 suivant, la S.C.I ROSHI IMMOBILIER a donné à bail à Monsieur [J] [W] un immeuble à usage d’habitation situé [Adresse 1] à [Localité 4], moyennant un loyer révisable mensuel de 500 euros, outre 35 euros de provision sur charges.

La S.C.I ROSHI IMMOBILIER a fait délivrer le 10 décembre 2024 à Monsieur [J] [W] un commandement de payer des loyers échus pour un arriéré de 2586,22 euros, échéance de décembre 2024 inclus.

Par courrier électronique avec accusé de réception en date du 11 décembre 2024, la S.C.I ROSHI IMMOBILIER a saisi la Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions Locatives (CCAPEX) de l'existence d'impayés de loyers, en application du décret n° 2015-1384 du 30 octobre 2015.

Par acte de commissaire de Justice en date du 18 février 2025, la S.C.I ROSHI IMMOBILIER a attrait Monsieur [J] [W] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Saint-Étienne, aux fins de, sous le bénéfice de l’exécution provisoire, :

- constater la résiliation du contrat de bail,
- ordonner son expulsion et de tous occupants de leur chef, et avec l'aide de la force publique si besoin est,
- le condamner au paiement de la somme de 3738,71 euros au titre de l'arriéré locatif, avec intérêts de droit à compter de la date du commandement de payer, somme à parfaire à la date de l’audience,
- le condamner au paiement d'une indemnité d'occupation mensuelle d'un montant égal au loyer et charges, subissant les augmentations légales, à compter de la résiliation du bail et jusqu'à la libération effective des lieux,
- le condamner au paiement de la somme de 800 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile, ainsi qu'aux entiers dépens de l'instance.

La S.C.I ROSHI IMMOBILIER a notifié l’assignation à la préfecture de la [Localité 5] par lettre électronique avec accusé de réception délivrée le 19 février 2025.

A l’audience de plaidoirie du 17 juin 2025, la S.C.I ROSHI IMMOBILIER, représentée par son conseil, a sollicité le bénéfice de son acte introductif d’instance et a actualisé sa créance locative à la somme de 3314,35 euros, échéance de juin 2025 inclus.

Monsieur [J] [W], cité à étude, n’a pas comparu, ni été représenté.

Sur quoi, l'affaire a été mise en délibéré au 16 septembre 2025 pour y être rendu le présent jugement.

MOTIFS DE LA DECISION

L’article 472 du code de procédure civile dispose que « Si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière, recevable et bien fondée ».

En l’espèce, il convient de faire application de l’article précité en raison de l’absence du défendeur.

Notification le :
- CCC à :
- Copie exécutoire à :
- CCC au dossier

SUR LA RÉSILIATION ET L'EXPULSION

L'article 24 de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 applicable au litige dans sa nouvelle version dispose :

« V. - Le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d'office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu'il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, par dérogation au délai prévu au premier alinéa de l'article 1343-5 du code civil, au locataire en situation de régler sa dette locative. Le quatrième alinéa de l'article 1343-5 s'applique lorsque la décision du juge est prise sur le fondement du présent alinéa. Le juge peut d'office vérifier tout élément constitutif de la dette locative et le respect de l'obligation prévue au premier alinéa de l'article 6 de la présente loi. Il invite les parties à lui produire tous éléments relatifs à l'existence d'une procédure de traitement du surendettement au sens du livre VII du code de la consommation.
(...)
VII. - Lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge dans les conditions prévues aux V et VI du présent article. Cette suspension prend fin dès le premier impayé ou dès lors que le locataire ne se libère pas de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixés par le juge. Ces délais et les modalités de paiement accordés ne peuvent affecter l'exécution du contrat de location et notamment suspendre le paiement du loyer et des charges. »

En l’espèce, le bail conclu entre les parties contient une clause aux termes de laquelle le contrat se trouvera de plein droit résilié, en cas de défaut de paiement des loyers et accessoires, six semaines après un commandement de payer resté infructueux.

A l'examen de l'ensemble des pièces versées aux débats, notamment de l'historique des loyers et du décompte, il apparaît qu’un commandement de payer a été délivré à Monsieur [J] [W] le 10 décembre 2024 pour un arriéré de loyers vérifié de 2586,22 euros, échéance de décembre 2024 inclus.

Il est rapporté que le commandement de payer délivré à Monsieur [J] [W] est demeuré infructueux dans le délai de six semaines.

Dès lors, il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire ont été réunies à la date du 22 janvier 2025.

Monsieur [J] [W] est donc depuis cette date occupant sans droit ni titre du fait de la résiliation du contrat de bail.

Monsieur [J] [W] ne s’est pas présenté à l’audience, ni excusé, bien que régulièrement convoqué par acte de commissaire de justice, pour notamment demander le gel de la clause résolutoire.

Par conséquent, il y a lieu d’ordonner l’expulsion de Monsieur [J] [W] ainsi que celle de tous occupants de son chef, si besoin est avec l’assistance de la force publique et d’un serrurier dans les formes et délais prévus par les articles L.431-1 et suivants et R.411-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution, et ce deux mois après la signification par commissaire de justice d’un commandement de quitter les lieux portant mention de la présente décision demeuré infructueux.

Il convient également de rappeler qu’aux termes de l’article L. 433-1 du code des procédures civiles d’exécution, « les meubles se trouvant sur les lieux sont remis, aux frais de la personne expulsée, en un lieu que celle-ci désigne ; à défaut, ils sont laissés sur place ou entreposés en un autre lieu approprié et décrits avec précision par l'huissier de justice chargé de l'exécution avec sommation à la personne expulsée d'avoir à les retirer dans un délai fixé par voie réglementaire ».

SUR LA DEMANDE EN PAIEMENT DE L’ARRIÉRÉ LOCATIF

Il résulte de l’article 7 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 ainsi que des stipulations du bail que le locataire est tenu de payer le loyer et les charges récupérables au terme convenu.

En l’espèce, la S.C.I ROSHI IMMOBILIER verse aux débats un décompte établissant l’arriéré locatif à la somme de 3314,35 euros, échéance du mois de juin 2025 inclus. Il convient de prendre en compte ce montant dès lors que des paiements par le locataire sont intervenus postérieurement à la date de résiliation du bail.

Il convient de déduire de la créance la S.C.I ROSHI IMMOBILIER la somme de 305,64 euros correspondant à des frais d'huissiers et qui entrent dans le cadre des dépens.

Monsieur [J] [W] n’a pas sollicité de délai de paiement y compris par écrit.

Il convient par conséquent de condamner Monsieur [J] [W] à verser à la S.C.I ROSHI IMMOBILIER la somme de 3008,71 euros, au titre de l’arriéré locatif, échéance du mois de juin 2025 inclus, outre intérêts au taux légal à compter du jour de la présente décision.

SUR LA DEMANDE EN PAIEMENT D’UNE INDEMNITÉ D’OCCUPATION

L’occupation illicite des lieux par Monsieur [J] [W] cause manifestement et nécessairement un préjudice à la S.C.I ROSHI IMMOBILIER qui doit être réparé par l'allocation d'une indemnité mensuelle d'occupation qui sera fixée par référence au montant du dernier loyer dû et des charges (sur justificatifs), et ce à compter du 1er juillet 2025.

Il y a donc lieu de condamner Monsieur [J] [W] au paiement de cette indemnité, et ce dans les conditions fixées par le dispositif de la présente décision.

SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES

En application de l’article 696 du Code de procédure civile, il convient de condamner Monsieur [J] [W] aux dépens de l’instance.

Il y a lieu de faire application de l’article 700 du Code de procédure civile à hauteur de 500 euros.

La présente décision est assortie de plein droit de l'exécution provisoire.

PAR CES MOTIFS

Le Juge des contentieux de la protection, statuant par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,

CONSTATE que les conditions de la clause résolutoire figurant au bail signé le 3 mai 2024 entre la S.C.I ROSHI IMMOBILIER et Monsieur [J] [W] concernant l’immeuble à usage d’habitation situé [Adresse 1] à [Localité 4], sont réunies et que le bail est résilié depuis le 22 janvier 2025 ;

CONDAMNE Monsieur [J] [W] à payer à la S.C.I ROSHI IMMOBILIER la somme de 3008,71 euros, au titre de l’arriéré locatif, échéance du mois de juin 2025 inclus, outre intérêts au taux légal à compter du jour de la présente décision ;

CONDAMNE Monsieur [J] [W] à régler à la S.C.I ROSHI IMMOBILIER une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du loyer plus charges (sur production de justificatifs) qui auraient été dus en l’absence de résiliation du bail, à compter du 1er juillet 2025, et jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux caractérisée par la remise des clés au bailleur ou à son mandataire, avec intérêts au taux légal à compter du présent jugement ;

DIT que faute par Monsieur [J] [W] d’avoir libéré les lieux de sa personne, de ses biens et de tous occupants de son chef, deux mois après la notification d’un commandement d’huissier de quitter les lieux portant mention de la présente décision, il sera procédé à son expulsion et à celle de tous occupants de son chef avec l’assistance d’un serrurier et de la force publique si besoin est ;

RAPPELLE qu’aux termes de l’article L.433-1 du code des procédures civiles d’exécution, « les meubles se trouvant sur les lieux sont remis, aux frais de la personne expulsée, en un lieu que celle-ci désigne ; à défaut, ils sont laissés sur place ou entreposés en un autre lieu approprié et décrits avec précision par l'huissier de justice chargé de l'exécution avec sommation à la personne expulsée d'avoir à les retirer dans un délai fixé par voie réglementaire » ;

CONDAMNE Monsieur [J] [W] au paiement des dépens ;

CONDAMNE Monsieur [J] [W] à payer à la S.C.I ROSHI IMMOBILIER la somme de 500 euros au titre de l’article 700 du Code de procédure civile ;

RAPPELLE que la présente décision est assortie de plein droit de l’exécution provisoire.

La présente décision a été signée par le juge des contentieux de la protection et le greffier présents lors du prononcé.

LE GREFFIER LE JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION

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