Ldata.fr
← Retour au corpus
Vérifier sur Judilibre ↗
tj Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) source api

TJ 49007, 18 sept. 2025, RG 25/00343


Vérifier : TJ 49007, 18 sept. 2025, RG 25/00343 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
18/09/2025
Numéro
25/00343
Lieu / cour
tj49007
Chambre
Référés
Type
other
Id
68cc67589da36895046a6197

Texte de la décision

8,955 caractères

LE 18 SEPTEMBRE 2025

TRIBUNAL JUDICIAIRE D’ ANGERS


N° RG 25/343 - N° Portalis DBY2-W-B7J-H65O
N° de minute : 25/452

O R D O N N A N C E


Le DIX HUIT SEPTEMBRE DEUX MIL VINGT CINQ, Nous, Benoît GIRAUD, Président du Tribunal Judiciaire d’ANGERS, assisté de Sylvie KIMPPIENNE, Greffière présente lors des débats et de Aurore TIPHAIGNE greffière présente lors de la mise à disposition, avons rendu la décision dont la teneur suit :

DEMANDERESSE :

LA COMMUNAUTÉ [Localité 6] LOIRE METROPOLE, prise en la personne de son représentant légal domicilié en cette qualité audit siège,
[Adresse 5]
[Localité 3]
représentée par Maître Aurélie BLIN de la SELARL LEX PUBLICA, substituée par Maître Marie CARRE, Avocates au barreau D’ANGERS

DÉFENDEURS :

Monsieur [S] [X]
[Adresse 9]
Parcelle cadastrée section A n°[Cadastre 2]
[Localité 4]
Non comparant, ni représenté,

Monsieur [M] [I]
[Adresse 9]
Parcelle cadastrée section A n°[Cadastre 2]
[Localité 4]
Comparant, non représenté,


Vu l’exploit introductif du présent Référé en date du 19 Juin 2025; les débats ayant eu lieu à l’audience du 17 Juillet 2025 pour l’ordonnance être rendue ce jour, ce dont les parties comparantes ont été avisées ;

EXPOSE DU LITIGE

La communauté urbaine [Localité 6] Loire Métropole est propriétaire d’un terrain situé [Adresse 10] [Localité 7] [Adresse 1]), parcelle cadastrée section A n°[Cadastre 2], actuellement occupé par des personnes appartenant à la communauté des gens du voyage et notamment de M. [X] et M. [I], occupants des lieux sans droit ni titre.

*

C.EXE : Maître Aurélie BLIN
C.C :
Copie Défaillants (2) par LS
Copie Dossier
le

Par actes de commissaire de justice du 19 juin, la communauté urbaine Angers Loire Métropole a fait assigner M. [X] et M.[I] devant le président du tribunal judiciaire d’Angers statuant en référé, sur le fondement de l’article 835 alinéa 1er du code de procédure civile, aux fins de voir:
- ordonner l’expulsion immédiate et sans délai de M. [X] et M. [I], de tout occupant de leur chef et de leurs biens, de la parcelle sus-mentionnée ;
- enjoindre, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à M. [X] et M. [I], ainsi qu’à tout occupant de leur chef, de libérer les lieux à compter de la décision ;
- à défaut de se faire, l’autoriser à remettre en état les lieux et notamment à enlever les fourgons et les caravanes et à les déménager avec tous les objets mobiliers se trouvant à l’intérieur ou alentour du site occupé par M. [X] et M. [I], ainsi que de tout occupant de leur chef, au besoin avec le concours de la force publique ;
- condamner M. [X] et M. [I] à lui verser une indemnité de 1.200 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ;
- condamner M. [X] et M. [I] aux entiers dépens de l’instance.

Au soutien de sa demande, la communauté urbaine [Localité 6] Loire Métropole produit le procès-verbal de constat dressé le 20 mai 2025 par Me [H], commissaire de justice, confirmant la réalité des faits.

*

A l’audience du 17 juillet 2025, la communauté urbaine [Localité 6] Loire Métropole a réitéré ses demandes introductives d’instance, tandis que M. [X] et M. [I], parties défenderesses régulièrement assignées, n’ont pas comparu ni constitué avocat.

L’affaire a été mise en délibéré au 18 septembre 2025.

Il est renvoyé à l’assignation sus-visée du demandeur pour un plus ample exposé des moyens qui y sont contenus.

MOTIFS DE LA DECISION

Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée, notamment au regard des dispositions d’ordre public régissant la matière.

I.Sur la demande d’expulsion

En application des dispositions de l’article 835 du code de procédure civile, le juge des référés peut toujours, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir d’un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite.

La détermination de l’ordre juridictionnel compétent pour examiner une demande d’expulsion dépend de la nature de la dépendance domaniale irrégulièrement occupée. Si l’occupation d’une dépendance du domaine publique ouvre à l’administration la possibilité de prononcer l’expulsion des occupants irréguliers et l’enlèvement de leurs véhicules devant le juge administratif qui a une compétence exclusive, le juge judiciaire connaît des demandes d’expulsion des occupants dépourvus de titre des dépendances privées, comme cela est sollicité dans la présente procédure.

*

En l’espèce, il est établi par constat dressé le 20 mai 2025 par Me [H], commissaire de justice, que M. [X] et M. [I], ainsi que 16 caravanes, 7 fourgons et 8 véhicules, sont installés, sans autorisation, sur le terrain privé appartenant à la communauté urbaine [Localité 6] Loire Métropole, situé [Adresse 9] à [Localité 8], parcelle cadastrée section A n°[Cadastre 2].

Ces faits constituent une occupation sans droit ni titre causant un trouble manifestement illicite au droit de propriété de la société Alter Cités, qui ne peut plus utiliser le terrain conformément à sa destination, de sorte que la mesure d’expulsion sollicitée ne fait l’objet d’aucune contestation sérieuse.

Il y a donc lieu d’ordonner l’expulsion immédiate de M. [X] et M. [I], de tout occupant de leur chef, de leurs biens, ainsi que de leurs fourgons, caravanes et véhicules, de la propriété de la communauté urbaine [Localité 6] Loire Métropole, si besoin avec le concours de la force publique.

A défaut, il y aura lieu au paiement d’une astreinte provisoire d’un montant de 100 euros par jour de retard passé un délai d’un mois suivant la signification de la présente ordonnance.

En outre, la communauté urbaine [Localité 6] Loire Métropole sera autorisée à remettre en état les lieux, notamment à enlever les fourgons et caravanes, à les déménager avec tout objet mobilier se trouvant à l’intérieur ou alentour du site occupé par les défendeurs, avec au besoin le concours de la force publique.

II.Sur les demandes accessoires

1-Sur les dépens

L’article 696 du code de procédure civile prévoit que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.

En l’espèce, M. [X] et M. [I], qui succombent, seront condamnés aux dépens.

2-Sur les frais irrépétibles

L’article 700 du code de procédure civile prévoit que la partie condamnée aux dépens ou qui perd son procès peut être condamnée à payer à l’autre partie une somme destinée à compenser les frais exposés pour le procès et non compris dans les dépens.

En l’espèce, il serait inéquitable de laisser à la charge de la communauté urbaine [Localité 6] Loire Métropole les sommes engagées par elle pour faire valoir ses droits. Par conséquent, M. [X] et M. [I] seront condamnés à lui payer la somme de 1.200 euros au titre des frais irrépétibles.

PAR CES MOTIFS

Nous, Benoît Giraud, président du tribunal judiciaire d'Angers, statuant en référé, publiquement, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort :

Vu les dispositions de l’article 835 alinéa 1er du code de procédure civile ;

Constatons l’occupation sans droit ni titre par M. [S] [X] et M. [M] [I] et tout occupant de leur chef du terrain appartenant à la communauté urbaine [Localité 6] Loire Métropole, situé [Adresse 9] à [Localité 8], parcelle cadastrée section A n°[Cadastre 2] ;

Ordonnons, en conséquence, l’expulsion immédiate de M. [S] [X] et M. [M] [I], ainsi que de tout occupant de leur chef, de leurs biens, fourgons, caravanes et véhicules, du terrain situé [Adresse 9] à [Localité 8], parcelle cadastrée section A n°[Cadastre 2], si besoin avec le concours de la force publique ;

Disons qu’à défaut, M. [S] [X] et M. [M] [I] seront redevables d’une astreinte provisoire de 100 euros par jour de retard passé un délai d’un mois suivant la signification de la présente ordonnance ;

Autorisons la communauté urbaine [Localité 6] Loire Métropole à remettre les lieux en l’état en enlevant tout fourgon et véhicule, en déménageant tout objet mobilier se trouvant à l’intérieur et alentour du site, si besoin avec le concours de la force publique ;

Condamnons M. [S] [X] et M. [M] [I] aux dépens ;

Condamnons M. [S] [X] et M. [M] [I] à payer à la communauté urbaine [Localité 6] Loire Métropole la somme de 1.200 euros au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ;

Rappelons que la présente décision est, de plein droit, exécutoire à titre provisoire.

Ainsi fait et prononcé à la date ci-dessus par mise à disposition au greffe, la présente ordonnance a été signée par Benoît Giraud, président, juge des référés, et par Aurore Tiphaigne, greffière,

Aurore Tiphaigne, Benoît Giraud,

Données open data (Licence Ouverte 2.0), pseudonymisées à la source. Ne jamais citer uniquement sur la foi de cette base locale.