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TJ 69123, 23 sept. 2025, RG 25/01026


Vérifier : TJ 69123, 23 sept. 2025, RG 25/01026 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
23/09/2025
Numéro
25/01026
Lieu / cour
tj69123
Chambre
Référés civils
Type
other
Id
68d435766a4025c174c34d4c

Texte de la décision

17,017 caractères

MINUTE N° :
ORDONNANCE DU : 23 Septembre 2025
DOSSIER N° : N° RG 25/01026 - N° Portalis DB2H-W-B7J-2XRS
AFFAIRE : [R] [M] C/ SA AXA France IARD, CPAM DE LA LOIRE

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LYON

ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ

PRÉSIDENT : Madame Véronique OLIVIERO, Vice-Président

GREFFIER : Madame Catherine COMBY

PARTIES :

DEMANDEUR

Monsieur [R] [M]
né le [Date naissance 2] 1946 à [Localité 7],
demeurant [Adresse 3]
représenté par Maître Patrice CUSSET de la SELARL MEDEO, avocats au barreau de SAINT-ETIENNE

DEFENDERESSES

SA AXA France IARD,
dont le siège social est sis [Adresse 4]
non comparante, ni représentée

CPAM DE LA LOIRE,
dont le siège social est sis [Adresse 1]
non comparante, ni représentée

Débats tenus à l'audience du 17 Juin 2025

Notification le
à :
Maître Patrice CUSSET de la SELARL MEDEO (Barreau de St Etienne), Expédition et grosse

+ service suivi des expertises et régie, Expédition

Expert : notifié par SeLEXpert

PROCEDURE

Par exploit signifié les 16 et 22 mai 2025, Monsieur [R] [M] a fait assigner la SA AXA France IARD et la CPAM de la Loire devant le Président du tribunal judiciaire de Lyon statuant en référé aux fins, en substance, d’organisation d’une expertise médicale et de paiement de provisions.

Au soutien de ses demandes, fondées sur la loi du 5 juillet 1985, les articles 1103 et 1231 du code civil, les articles 145 et 835 du code de procédure civile, Monsieur [M] expose que le 26 juillet 2024, à [Localité 5], il a été renversé par une voiture assurée auprès de la société AXA France IARD, alors qu'il traversait une rue. Le premier diagnostic a conclu à une entorse de la cheville gauche. Il affirme que, secondairement, son état s'est aggravé en ce sens que la blessure a commencé à se nécroser, nécessitant d'importants soins médicamenteux, infirmiers et une kinésithérapie, outre un repos strict. Il soutient que, désormais, sa mobilité et sa qualité de vie sont impactées. Soulignant que son droit à indemnisation en qualité de piéton est intégral, il sollicite une expertise médico-légale d'évaluation de son préjudice, outre une provision de 5 000 euros à valoir sur la liquidation définitive de son préjudice, une provision ad litem de 2 000 euros pour couvrir les frais du procès, et une indemnité de 2000 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile.

***

La SA AXA France IARD et la CPAM de la Loire n'ont pas comparu, la décision rendue en premier ressort sera réputée contradictoire.

MOTIFS

Sur la demande d'expertise

Vu l'article 145 du code de procédure civile

Justifie d'un motif légitime au sens de l'article 145 du code de procédure civile la partie qui démontre la probabilité de faits susceptibles d'être invoqués dans un litige éventuel.

L'application de ce texte n'implique aucun préjugé sur la responsabilité des personnes appelées comme parties à la procédure, ni sur les chances de succès du procès susceptible d'être ultérieurement engagé.

Monsieur [M] verse la synthèse de sa prise en charge au centre hospitalier de [Localité 5] et son dépôt de plainte relatifs à l'accident de voie publique. Les autres pièces médicales sont constituées d'ordonnances diverses, dont aucune n'évoque un diagnostic. Néanmoins, il existe une proximité temporelle avec l'accident. En outre, la société AXA France IARD, non comparante, n'émet aucune protestation sur la demande.

Par suite, Monsieur [M] justifie d'un intérêt légitime à faire constater ou établir avant tout procès, par voie d'expertise, la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution du litige, l’opposant à la SA AXA France IARD. Il sera fait droit à la demande d'expertise.

La mission, définie au dispositif de la présente décision, sera confiée au docteur [V] [Z], expert près la cour d'appel de Lyon. Les pièces médicales ne justifient pas la désignation d'un médecin spécialiste en médecine physique et de réadaptation.

L'expertise aura lieu aux frais avancés de Monsieur [M], qui y a intérêt.

Sur les demandes de provision

Aux termes de l'article 834 du code de procédure civile dans tous les cas d'urgence, le président du tribunal judiciaire ou le juge du contentieux de la protection dans les limites de sa compétence, peuvent ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l'existence d'un différend.

Conformément à l'article 835 du code de procédure civile le président du tribunal judiciaire ou le juge du contentieux de la protection dans les limites de sa compétence peuvent toujours, même en présence d'une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s'imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Dans les cas où l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable, il peut accorder une provision au créancier, ou ordonner l'exécution de l'obligation même s'il s'agit d'une obligation de faire.

Les pièces médicales versées au débat mettent en évidence une prise en charge d'abord aux urgences du centre hospitalier de [Localité 5], puis dans la région du domicile de Monsieur [M] via des ordonnances de son médecin généraliste et de la [Adresse 6]. Si la demande de provision à valoir sur la liquidation définitive du préjudice corporel, qui n'est pas contestée en son principe, est fondée, son quantum doit être limité à la somme de 2 000 euros.

Par ailleurs, Monsieur [M] devra faire l'avance des frais de consignation pour l'organisation de la mesure d'expertise. En l'absence de contestation, il sera fait droit à sa demande de provision ad litem, à concurrence de 1 000 euros.

Sur les demandes accessoires

En application de l’article 491 alinéa 2 du code de procédure civile, le juge des référés statue sur les dépens. Il y a lieu, en l’espèce, de laisser provisoirement les dépens de la présente instance à la charge de Monsieur [M].

S'agissant d'une demande de mesure d'instruction in futurum, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile.

La CPAM de la Loire, régulièrement assignée, est partie à la procédure de sorte que la décision lui est commune de droit.

PAR CES MOTIFS

Statuant en audience publique, en premier ressort, par décision réputée contradictoire, mise à disposition au greffe,

Tous droits et moyens des parties demeurant réservés

ORDONNONS une expertise médicale de Monsieur [R] [M] confiée au  :

Docteur [Z] [V],
expert près la cour d'appel de Lyon
qui a préalablement accepté sa mission via seLEXpert

avec pour mission de :

∙ Prendre connaissance de l’entier dossier médical avec l’accord de l’intéressé,
∙ Procéder, le cas échéant en présence des médecins mandatés par les parties, à un examen clinique complet de la victime en fonction des lésions initiales et des doléances exprimées,
∙ Examiner et décrire les blessures et lésions résultant des faits, en indiquer la nature, le siège et l'importance,
∙ Indiquer les soins, traitements et interventions qui ont été nécessaires et ceux éventuellement à prévoir, en précisant le cas échéant les durées d’hospitalisation, le nom de l’établissement et la nature des soins,
∙ Analyser dans une discussion précise et synthétique l’imputabilité entre l’accident, les lésions initiales et les séquelles invoquées en se prononçant sur :
* la réalité des lésions initiales,
* la réalité de l’état séquellaire,
* l’imputabilité directe et certaine des séquelles aux lésions initiales,
∙ Préciser l’incidence éventuelle d’un état antérieur ;

∙ Evaluer les préjudices :
1. Pertes de gains professionnels actuels
Indiquer les périodes pendant lesquelles la victime a été, du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l’incapacité d’exercer totalement ou partiellement son activité professionnelle 
En cas d’incapacité partielle, préciser le taux et la durée
Préciser la durée des éventuels arrêts de travail retenus par l’organisme social au vu des justificatifs produits (ex : décomptes de l’organisme de sécurité sociale), et dire si ces arrêts de travail sont liés au fait dommageable 

2. Déficit fonctionnel temporaire
Indiquer les périodes pendant lesquelles la victime a été, du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l’incapacité totale ou partielle de poursuivre ses activités personnelles habituelles
En cas d’incapacité partielle, préciser le taux et la durée

3. Consolidation
Fixer la date de consolidation et, en l’absence de consolidation, dire à quelle date il conviendra de revoir la victime; préciser, lorsque cela est possible, les dommages prévisibles pour l’évaluation d’une éventuelle provision ;
Au cas où la consolidation médico-légale ne serait pas encore acquise, dire à quelle date il conviendrait de revoir l’intéressé et fixer d’ores et déjà les seuils d’évaluation des différents préjudices et les besoins actuels,

4. Déficit fonctionnel permanent
Indiquer si, après la consolidation, la victime subit un déficit fonctionnel permanent défini comme une altération permanente d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles ou mentales, ainsi que des douleurs permanentes ou tout autre trouble de santé, entraînant une limitation d’activité ou une restriction de participation à la vie en société subie au quotidien par la victime dans son environnement
En évaluer l’importance et en chiffrer le taux ; dans l’hypothèse d’un état antérieur préciser en quoi l’accident a eu une incidence sur cet état antérieur et décrire les conséquences

5. Assistance par tierce personne
Indiquer le cas échéant si l’assistance constante ou occasionnelle d’une tierce personne (étrangère ou non à la famille) est ou a été nécessaire pour effectuer les démarches et plus généralement pour accomplir les actes de la vie quotidienne ; préciser la nature de l’aide à prodiguer et sa durée quotidienne; en discuter l’imputabilité avec l’événement causal

6. Dépenses de santé futures
Se prononcer sur la nécessité de soins médicaux, paramédicaux, d’appareillage ou de prothèse, après consolidation pour éviter une aggravation de l’état séquellaire; justifier l’imputabilité des soins à l’acte dommageable, indépendamment de ceux liés à la pathologie initiale, en précisant s’il s’agit de frais occasionnels, c’est-à-dire limités dans le temps, ou de frais viagers, c’est-à-dire engagés la vie durant

7. Pertes de gains professionnels futurs
Indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si le déficit fonctionnel permanent entraîne l’obligation pour la victime de cesser totalement ou partiellement son activité professionnelle ou de changer d’activité professionnelle

8. Incidence professionnelle
Indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si le déficit fonctionnel permanent entraîne d’autres répercussions sur son activité professionnelle actuelle ou future (obligation de formation pour un reclassement professionnel, pénibilité accrue dans son activité, « dévalorisation » sur le marché du travail, etc.)

9. Souffrances endurées
Décrire les souffrances physiques, psychiques ou morales découlant des blessures subies pendant la maladie traumatique (avant consolidation) ; les évaluer distinctement dans une échelle de 1 à 7
 
10. Préjudice esthétique temporaire et/ou définitif
Donner un avis sur l’existence, la nature et l’importance du préjudice esthétique, en distinguant éventuellement le préjudice temporaire et le préjudice définitif. Évaluer distinctement les préjudices temporaire et définitif dans une échelle de 1 à 7

11. Préjudice d’établissement
Dire si la victime subit une perte d’espoir ou de chance de normalement réaliser un projet de vie familiale
12. Préjudice d’agrément
Indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si la victime est empêchée en tout ou partie de se livrer à des activités spécifiques de sport ou de loisir

13. Préjudices permanents exceptionnels
Dire si la victime subit des préjudices permanents exceptionnels correspondant à des préjudices atypiques directement liés aux handicaps permanents
14. Dire si l’état de la victime est susceptible de modifications en aggravation

15. Établir un état récapitulatif de l’ensemble des postes énumérés dans la mission

DISONS que l'expert a déjà fait connaître son acceptation via seLEXpert et qu'en cas de récusation ou d'empêchement légitime, il sera pourvu aussitôt à son remplacement par ordonnance 

DISONS que Monsieur [R] [M] devra consigner la somme de 1 000 euros à valoir sur la rémunération de l’expert avant le 30 novembre 2025 sous peine de caducité de l’expertise ;

DISONS que l'expert commencera ses opérations dès qu'il aura été averti par le greffe que la partie a versé la consignation mise à sa charge ou le montant de la première échéance ;

DISONS que l’expert informera toutes les parties et leurs conseils, par lettre recommandée avec accusé de réception, de la date, de l’heure et du lieu de ses opérations, en les informant de la possibilité qu’ils ont de s’y faire représenter par un médecin de leur choix,

DISONS qu’à cet effet l’expert commis, qui sera saisi par le Greffe, devra accomplir sa mission contradictoirement en présence des parties ou elles dûment convoquées, les entendre en leurs observations et déposer un rapport avant le 30 juin 2026, sauf prorogation des opérations dûment autorisée par le magistrat chargé du suivi des opérations d’expertise sur demande de l’expert,

DISONS que cette expertise sera réalisée conformément aux dispositions des articles 232 à 248 et 263 à 284 du code de procédure civile,

Plus spécialement RAPPELONS à l'expert :
- qu’il pourra s’entourer de tous renseignements à charge d’en indiquer la source et entendre, au besoin, tous sachants utiles, dont les identités seront précisées,
- qu’il devra prendre connaissance des documents de la cause et se faire remettre par les parties ou des tiers tous documents nécessaires à l’accomplissement de sa mission,
- qu'il devra annexer à son rapport ceux des documents ayant servi à son établissement, ceux qui le complètent ou contribuent à sa compréhension, et restituera les autres, contre récépissé, aux personnes les ayant fournis,
- qu'il ne pourra concilier les parties mais que si elles viennent à se concilier, il constatera que sa mission est devenue sans objet ; qu'en cas de conciliation partielle, il poursuivra ses opérations en les limitant aux autres questions exclues de l'accord,
- qu’il pourra faire appel à un praticien d’une spécialité différente de la sienne,
- qu'il pourra se faire assister, dans l’accomplissement de sa mission par la personne de son choix, dont il indiquera le nom et les qualités, qui interviendra sous son contrôle et sa responsabilité,
- qu’il devra, à l’occasion de la première réunion d’expertise, préciser la méthodologie et le calendrier prévisible de ses opérations,
- qu’il devra informer les parties du résultat de ses opérations, de l'avis qu'il entend exprimer sur tous les points de la mission et du coût de ses opérations ; qu'à cette fin il leur remettra au cours d'une ultime réunion ou leur adressera un pré-rapport en les invitant à lui présenter dans un délai de 30 jours leurs observations et réclamations écrites rappelant sommairement le contenu de celles présentées antérieurement ; qu'il y répondra dans son rapport définitif en apportant, à chacune d'elles, la réponse appropriée en la motivant,
- qu’il n’est pas tenu de prendre en compte les observations et réclamations présentées au-delà du délai de 30 jours, à moins qu’il n’existe une cause grave et dûment justifiée, auquel cas il en fait rapport au juge chargé du contrôle ;

DISONS que sans observation ou réclamation présentées dans ce délai, le pré-rapport vaudra rapport définitif ;

DISONS que, si le coût probable de l’expertise s’avère plus élevé que la provision fixée, l’expert, au plus tard à l’issue de la deuxième réunion, devra communiquer aux parties et au magistrat chargé du contrôle des opérations d’expertise, l’évaluation prévisible de ses frais et honoraires en sollicitant la consignation d’une provision complémentaire ;

DISONS qu'il nous en sera référé en cas de difficulté ;

RAPPELONS que l’article 173 du code de procédure civile fait obligation à l’expert d’adresser une copie à chacune des parties ou pour elles, à leur avocat ;

CONDAMNONS la SA AXA France IARD à verser à Monsieur [R] [M] la somme provisionnelle de 2 000 euros à valoir sur la liquidation définitive de son préjudice corporel

CONDAMNONS la SA AXA France IARD à verser à Monsieur [R] [M] la somme de 1 000 euros à titre de provision ad litem

LAISSONS provisoirement les dépens à la charge de Monsieur [R] [M]
REJETONS toutes les autres demandes plus amples ou contraires formées par les parties.

Ainsi prononcé par Madame Véronique OLIVIERO, vice-présidente, assistée de Madame Catherine COMBY, greffier.

En foi de quoi, le Président et le greffier ont signé la présente ordonnance.

LE GREFFIER,                                                         LE PRESIDENT

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