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TJ 76540, 21 nov. 2025, RG 25/00463


Vérifier : TJ 76540, 21 nov. 2025, RG 25/00463 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
21/11/2025
Numéro
25/00463
Lieu / cour
tj76540
Chambre
Annexe Rue de Crosne
Type
other
Id
69468f6a75782d5f06f5cf07

Texte de la décision

10,205 caractères

MINUTE N°25/03016

DOSSIER N° RG 25/00463 - N° Portalis DB2W-W-B7J-M7NZ

JUGEMENT REPUTE CONTRADICTOIRE ET EN PREMIER RESSORT TRIBUNAL JUDICIAIRE DE ROUEN

JUGEMENT DU 21 NOVEMBRE 2025


DEMANDERESSE :

S.A. LOGEO SEINE
139 cours de la Réplique
CS 90327
76056 LE HAVRE CEDEX
Représentant : Mme [H] (Responsable contentieux) muni d’un pouvoir spécial

DEFENDERESSE :

Mme [O] [X]
2 rue Jules Valles
Imm Anemone - Bât A
76920 AMFREVILLE-LA-MIVOIE

COMPOSITION DU TRIBUNAL

Lors des débats à l'audience publique du 22 Septembre 2025

JUGE : Lémia BENHILAL

GREFFIÈRE : Céline JOINT

Le présent jugement a été signé par Madame Lémia BENHILAL, Juge des Contentieux de la Protection et Madame Céline JOINT, Greffière, lors du délibéré, prononcé par mise à disposition au greffe de la juridiction par application des dispositions de l'article 450 al 2 du Code de Procédure Civile.

EXPOSE DU LITIGE

Par contrat en date du 27 avril 2007, la S.A. LOGISEINE a donné à bail à Madame [X] [O] un local à usage d’habitation situé 2, Rue Jules Valles (Imm Anemone - Bat A - Les Mallefranches - Appt 006) à AMFREVILLE LA MIVOIE (76920), pour un loyer mensuel de 269,52€, outre une avance sur charges de 70€.

Par acte du 01 juillet 2020, la S.A. LOGISEINE a été absorbée suite à une fusion avec la S.A. LOGEO SEINE.

Le bailleur a fait délivrer à Madame [X] [O] le 5 novembre 2024 commandement de payer dans un délai de deux mois la somme de 820,00€ au titre des loyers et charges impayés.

Par notification électronique du 21 juin 2023, la S.A. LOGEO SEINE a saisi la caisse d’allocations familiales de la situation d'impayés de loyers.

Par assignation en date du 3 mars 2025 notifiée au représentant de l'Etat dans le département le 03 mars 2025, la S.A. LOGEO SEINE a saisi le juge des contentieux de la protection afin qu'il :
- constate la résiliation de plein droit du bail liant les parties ;
- ordonne l'expulsion de Madame [X] [O] et de tous occupants de son chef, au besoin avec l’assistance de la force publique ;
- condamne Madame [X] [O] à lui payer la somme de 1.180,54€ au titre des arriérés de loyers et de charges échus au 31 janvier 2025 et non encore réglés, avec intérêts au taux légal à compter du commandement de payer  ;
- condamne Madame [X] [O] à lui payer une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant mensuel du loyer et charges prévus au bail, outre revalorisation légale, à compter de la résiliation du bail, révisable comme lui, jusqu'à libération des lieux et restitution des clés ;
- condamne Madame [X] [O] au paiement d’une somme de 500€ au titre de l’article 700 du code de procédure civile, ainsi qu’aux dépens, en ce compris le coût du commandement ;
- ordonne l'exécution provisoire.

Au soutien de ses prétentions, la S.A. LOGEO SEINE fait valoir, à titre principal, que la locataire n’a pas régularisé la situation relative aux loyers dans le délai de deux mois impartis par le commandement du 5 novembre 2024, et qu’en application de la clause résolutoire prévue au bail ce dernier se trouve résilié de plein droit.

A l’audience du 22 septembre 2025, la S.A. LOGEO SEINE, comparante représentée par son représentant dûment mandaté, reprend les termes de son assignation et actualise sa demande en paiement de l'arriéré locatif à la somme de 3.949,25€ selon décompte arrêté au 18 septembre 2025.

Bien que régulièrement citée par dépôt de l'acte à l'étude de l'huissier de justice, Madame [X] [O] n’a pas comparu et ne s’est pas faite représenter.

Aucun diagnostic social et financier n'a été reçu au greffe avant l’audience.

L'affaire a été mise en délibéré par mise à disposition au greffe au 21 novembre 2025.

MOTIFS DE LA DECISION

Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.

En l'espèce, Madame [X] [O] citée à l’étude de l’huissier , n'a pas comparu et ne s'est pas faite représenter à l’audience. Dès lors, la décision étant susceptible d'appel, il y a lieu de statuer par jugement réputé contradictoire en application de l'article 473 du code de procédure civile.

Sur la recevabilité de la demande

Conformément aux dispositions de l'article 24 III de la loi du 6 juillet 1989, une copie de l'assignation aux fins de constat de la résiliation du bail a été notifiée au représentant de l'Etat dans le département le 03 mars 2025, soit au moins six semaines avant l'audience.

Par ailleurs, il est justifié que la situation d'impayés perdure malgré son signalement à la caisse d'allocations familiales par la S.A. LOGEO SEINE le 21 juin 2023, soit deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation du 3 mars 2025, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.

En conséquence, la demande de la S.A. LOGEO SEINE aux fins de constat de résiliation du bail pour défaut de paiement des loyers est recevable.

Sur la demande principale

Sur la demande de résiliation du contrat de bail

Le bail conclu entre les parties contient une clause résolutoire qui prévoit qu’en cas de non-paiement des loyers ou charges échus et deux mois après un commandement de payer resté infructueux, le bail pourrait être résilié de plein droit.

Par exploit en date du 5 novembre 2024, le bailleur a fait commandement à la locataire de s’acquitter de la somme de 820,00€ de loyers et charges impayés dans un délai de deux mois.

La locataire ne s’étant pas acquittée de l’intégralité des causes du commandement dans le délai imparti de deux mois, ladite clause résolutoire est acquise, et le bail s’en trouve de plein droit résilié le 6 janvier 2025.

Sur la demande d’expulsion

La locataire n’ayant plus aucun droit ni titre pour occuper l’immeuble litigieux, il y a lieu d’ordonner son expulsion ainsi que celle de tous occupants de son chef, ainsi qu’il en sera disposé ci-après.

Sur l’indemnité d’occupation

En occupant sans droit ni titre les lieux loués, Madame [X] [O] cause un préjudice au bailleur qui sera réparé par l’allocation d’une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du loyer et de l’avance sur charges qui auraient été dus en cas de non-résiliation du bail, jusqu’à libération effective des locaux et remise des clés.

Sur la demande de paiement des arriérés de loyers et de charges

Aux termes de l’article 7, alinéa 1er, a) de la Loi du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus.

En l’espèce, il ressort du décompte de créance produit par le bailleur, qu’à la date du 18 septembre 2025, Madame [X] [O] demeure redevable de la somme de 3.949,25€ au titre des loyers et charges impayés, frais de procédure déduits.

Il y a donc lieu de condamner Madame [X] [O] à payer à la S.A. LOGEO SEINE, au titre des arriérés de loyers, charges et indemnités d'occupation, la somme de 3.949,25€, avec intérêts au taux légal à compter du 5 novembre 2024 sur la somme de 820,00€, à compter du 3 mars 2025 sur la somme de 1.180,54€ et du présent jugement pour le surplus.

Sur les mesures accessoires

Madame [X] [O], succombant dans le cadre de la présente instance, sera condamnée aux dépens, en ce compris le coût du commandement du 5 novembre 2024, de l'assignation du 3 mars 2025 et de la notification de ces actes aux administrations les 21 juin 2023 et 03 mars 2025;

Condamnée aux dépens, Madame [X] [O] sera condamnée à verser au bailleur une indemnité qu’il est équitable de fixer à 50€ sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.

Conformément à l'article 514 du code de procédure civile, le présent jugement est assorti de l'exécution provisoire, de droit.

PAR CES MOTIFS,

Le Juge des contentieux de la protection, statuant après débats en audience publique, par jugement mis à disposition au greffe, réputé contradictoire et en premier ressort,

CONSTATE la résiliation à la date du 6 janvier 2025 du contrat de bail conclu entre les parties le 27 avril 2007 portant sur le logement situé 2, Rue Jules Valles (Imm Anemone - Bat A - Les Mallefranches - Appt 006) à AMFREVILLE LA MIVOIE (76920) ;

ORDONNE, faute de départ volontaire de Madame [X] [O], son expulsion des lieux loués ainsi que celle de tous occupants de son chef, avec si nécessaire le concours de la force publique qui devra être requise selon les normes légales et réglementaires applicables, à l'expiration d'un délai de deux mois suivant la signification d'un commandement de quitter les lieux ;

RAPPELLE que le sort des meubles se trouvant dans les lieux est régi par les dispositions des articles L. 433-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution ;

CONDAMNE Madame [X] [O] à payer en deniers ou quittances à la S.A. LOGEO SEINE la somme de 3.949,25€ au titre des arriérés de loyers, charges et indemnités d'occupation arrêtés au 18 septembre 2025, échéance d'août 2025 incluse, avec intérêts au taux légal à compter du 5 novembre 2024 sur la somme de 820,00€, de 3 mars 2025 sur la somme de 1.180,54€ et du présent jugement pour le surplus ;

CONDAMNE Madame [X] [O] à payer en deniers ou quittances à la S.A. LOGEO SEINE une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du loyer augmenté des charges qui auraient été dus si le bail s'était poursuivi, à compter du 19 septembre 2025 et jusqu’à parfaite évacuation des lieux ;

DEBOUTE les parties du surplus de leurs demandes ;

CONDAMNE Madame [X] [O] aux dépens, en ce compris le coût du commandement du 5 novembre 2024, de l'assignation du 3 mars 2025 et de la notification de ces actes aux administrations les 21 juin 2023 et 03 mars 2025;

CONDAMNE Madame [X] [O] à payer à la S.A. LOGEO SEINE la somme de 50€ au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;

ORDONNE la transmission de la présente décision au représentant de l'État dans le département ;

RAPPELLE que le présent jugement est assorti de l'exécution provisoire de droit,

Ainsi jugé les jour, mois et an que dessus et après lecture la greffière a signé avec la présidente.

LA GREFFIERE LA PRESIDENTE

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