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TJ 59350, 14 avr. 2026, RG 26/00097


Vérifier : TJ 59350, 14 avr. 2026, RG 26/00097 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
14/04/2026
Numéro
26/00097
Lieu / cour
tj59350
Chambre
Référés expertises
Type
other
Id
69de8970cdc6046d473c65b6

Texte de la décision

7,738 caractères

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LILLE
-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

Référés expertises - OC RG initial n°22/1344
N° RG 26/00097 - N° Portalis DBZS-W-B7K-[Immatriculation 1]
SL/MHT

ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ DU 14 AVRIL 2026

DEMANDERESSE :

S.A.R.L. LES CONSTRUCTIONS [W]
[Adresse 1]
[Localité 1]
représentée par Me Karl VANDAMME, avocat au barreau de LILLE

DÉFENDERESSE :

S.E.L.A.S. MJS PARTNERS représenté par Me [O] [F], en qualité de liquidateur judiciaire de la société Sobanet
[Adresse 2]
[Localité 2]
représentée par Me François xavier BRUNET, avocat au barreau de BETHUNE

JUGE DES RÉFÉRÉS : Marie-Helene TOSTAIN, 1ère Vice-Présidente, suppléant le président en vertu des articles R. 212-4 et R. 212-5 du code de l’organisation judiciaire

GREFFIER : Sébastien LESAGE, Cadre greffier

DÉBATS à l’audience publique du 03 Mars 2026

ORDONNANCE du 14 Avril 2026

LE JUGE DES RÉFÉRÉS

Après avoir entendu les parties comparantes ou leur conseil et avoir mis l’affaire en délibéré, a statué en ces termes :

Selon ordonnance du 24 janvier 2023 prononcée dans l’affaire enregistrée sous le numéro de registre général 22/1344, le président du tribunal judiciaire de Lille statuant en référé a, sur la demande de Mme [X] [G], et à l’encontre de la société Les Constructions [W], désigné M. [Z] [L] en qualité d’expert, concernant l’immeuble situé [Adresse 3] à Bourghelles (Nord).

Suivant ordonnance du 6 juin 2023 (n° RG 23/541), les opérations d’expertise ont été étendues à la société Sobanet et à la société Sibanord.

Le 16 janvier 2026, la société Les Constructions [W] a assigné la société MJS Partners représenté par Me [O] [F], en qualité de liquidateur judiciaire de la société Sobanet devant le président du tribunal judiciaire de Lille statuant en référé afin que les opérations d’expertises lui soient déclarées communes et opposables.
L’affaire a été appelée et retenue à l’audience le 3 mars 2026.

A l’audience, la société Les Constructions [W], représentée par son avocat, sollicite le bénéfice de son assignation.

Dans ses écritures notifiées par voie électronique le 25 février 2026, la société MJS Partners, prise en la personne de Maitre [O] [F], en qualité de liquidateur judiciaire de la société Sobanet, représentée par son avocat, formule les protestations et réserves d’usage.

La décision a été mise en délibéré au 14 avril 2026 par mise à disposition au greffe, les parties en ayant été préalablement avisées.

Conformément aux dispositions des articles 455 et 446-1 du code de procédure civile, pour plus ample informé de l’exposé et des prétentions et moyens des parties, il est renvoyé à l'assignation introductive d’instance et aux écritures déposées et développées oralement à l’audience.

MOTIFS DE LA DÉCISION

Sur la demande d’ordonnance commune

Aux termes de l'article 145 du code de procédure civile, s'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, les mesures d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé.

L’existence de contestations, mêmes sérieuses, quant à la recevabilité ou au bien-fondé de la future action au fond ne fait pas obstacle à la mise en œuvre d’une expertise probatoire lorsque le demandeur justifie par des faits suffisamment pertinents qu’un litige potentiel existe et que la mesure sollicitée présente une utilité probatoire.

Lorsque la mesure d'instruction a d'ores et déjà été ordonnée, pour qu'un tiers à l'expertise puisse y être appelé, il doit être établi que ce tiers est susceptible d'être concerné par le procès futur dont l'éventualité a légitimé le prononcé de la mesure, dès lors qu'il est de bonne administration de la justice que toutes les parties susceptibles d'être concernées par le litige soient présentes à l'expertise, de sorte que le rapport de l'expert puisse leur être opposable.

L’extension de la mesure d’expertise n’implique aucun préjugé sur la responsabilité des personnes appelées comme parties à la procédure, ni sur les chances de succès du procès susceptible d’être ultérieurement engagé.

En l’espèce, la société Les Constructions [W] justifie d’un motif légitime de rendre communes les opérations d’expertise à la société MJS Partners, prise en la personne de Maitre [O] [F], qui a été désignée liquidateur judiciaire de la société Sobanet par jugement du tribunal de commerce du 10 avril 2024 (pièce n°31).

La demande sera accueillie.

Sur les dépens

L’article 491 du code de procédure civile fait obligation au juge des référés de statuer sur les dépens. Une demande tendant à voir réserver le sort des dépens ne peut donc prospérer.

En application de l’article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n'en mette la totalité ou une fraction à la charge d'une autre partie.

La partie défenderesse à une demande de mesure d’instruction ordonnée sur le fondement de l’article 145 du code de procédure civile ne peut être considérée comme une partie perdante au sens de ce texte.

En l’espèce, l’expertise étant ordonnée à la demande et dans l’intérêt de la société Les Constructions [W], il convient de mettre à sa charge les dépens, en ce compris l’avance des frais d’expertise.

Sur l'exécution provisoire

La présente décision est de droit exécutoire par provision en application des dispositions des articles 484, 514 et 514-1, alinéa 3, du code de procédure civile.

DÉCISION

Par ces motifs, le magistrat délégué par le président du tribunal judiciaire pour statuer en référé, après débats en audience publique, par ordonnance contradictoire, prononcée par mise à disposition au greffe, rendue en premier ressort,

Vu l’ordonnance du juge des référés du tribunal judiciaire de Lille du 24 janvier 2023 (RG n° 22/1344),

Par provision, tous moyens des parties étant réservés ;

Déclare communes à la société MJS Partners, prise en la personne de Maitre [O] [F], en qualité de liquidateur judiciaire de la société Sobanet, les opérations d'expertise ordonnées par l’ordonnance du juge des référés du 24 janvier 2023 précitée pour les opérations accomplies postérieurement à son intervention ;

Dit que la société Les Constructions [W] communiquera sans délai à la société MJS Partners, prise en la personne de Maitre [O] [F], en qualité de liquidateur judiciaire de la société Sobanet l'ensemble des pièces déjà produites par les parties ainsi que les notes rédigées par l'expert ;

Dit que l'expert devra convoquer la société MJS Partners, prise en la personne de Maitre [O] [F], en qualité de liquidateur judiciaire de la société Sobanet, à la prochaine réunion d'expertise au cours de laquelle elle sera informée des diligences déjà accomplies et invitée à formuler ses observations ;

Dit que dans l’hypothèse où la présente ordonnance serait portée à la connaissance de l’expert après dépôt de son rapport, toutes ses dispositions seront caduques ;

Condamne la société Les Constructions [W] aux dépens ;

Rappelle que la présente ordonnance est exécutoire à titre provisoire.

La présente ordonnance a été signée par le juge et le greffier.

LE GREFFIER LE JUGE DES RÉFÉRÉS

Sébastien LESAGE Marie-Helene TOSTAIN

EN CONSÉQUENCE

LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE MANDE ET ORDONNE

A tous commissaires de justice sur ce requis, de mettre les présentes à exécution ;

Aux Procureurs Généraux et aux Procureurs de la République près des Tribunaux Judiciaires d'y tenir la main ;

A tous Commandants et Officiers de la force publique de prêter main-forte lorsqu'ils en seront légalement requis ;

En foi de quoi les présentes ont été signées et scellées du sceau du Tribunal ;

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