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TJ 76351, 14 avr. 2026, RG 26/00430


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Date
14/04/2026
Numéro
26/00430
Lieu / cour
tj76351
Chambre
JLD
Type
other
Id
69deb132cdc6046d473f53dd

Texte de la décision

6,923 caractères

N° RG 26/00430 - N° Portalis DB2V-W-B7K-HFKV
Dossier SPI

TRIBUNAL JUDICIAIRE DU HAVRE
LE JUGE DELEGUE POUR LE CONTROLE DE MESURE D’ISOLEMENT ET DE CONTENTION

Débats à l'audience du 13 Avril 2026
Décision du 14 Avril 2026 à 10 H 00

Nous, Valérie ETILE, Vice-présidente déléguée pour le contrôle des hospitalisations sans consentement, statuant en matière de contrôle de mesure d’isolement et de contention, assistée de Gaël HAZEVIS, Greffier,

Siégeant en audience publique, au tribunal judiciaire du Havre par téléphone avec le centre [M] [P],

Vu la décision d'admission en soins psychiatriques sous le régime de l’hospitalisation complète prise par le directeur du groupe hospitalier du Havre le 20/03/2026 de :

[R] [W]
née le 17 Novembre 1983 à [Localité 1]

Lieu de l’admission : Groupe Hospitalier du [Localité 2], pôle de psychiatrie
Hôpital [M] [P]
[Adresse 1]
[Localité 3].

Ayant pour tuteur : CMBD
[Adresse 2]
[Adresse 3]
[Localité 4]

Vu la décision de placement en isolement de [R] [W] prise par le Docteur [B] sous le contrôle du docteur [L] le 08/04/2026 à 11h00

Vu l’acte de saisine adressé par le directeur du groupe hospitalier du Havre, reçu et enregistré au greffe le 13 Avril 2026 à 13 avril 2026 à 10h13, accompagné des pièces mentionnées à l’article R3211-33-1 du code de la santé publique.

Vu les avis donnés par le greffe :
- à la personne faisant l’objet de soins psychiatriques et à son avocat, Me Anne-sophie NOEL
- à la personne chargée de sa protection juridique CMBD
- au directeur du groupe hospitalier du [Localité 2]
- au procureur de la République du HAVRE ;

Vu l’avis médical établi par le Docteur [B] sous le contrôle du docteur [Q] le 13/04/2026, indiquant que l’audition du patient est possible par téléphone,

Après avoir recueilli les observations de [R] [W], la personne faisant l’objet de soins psychiatriques,

En l’absence de l’avocat commis d’office régulièrement avisé de la présente audience, observant la grève générale des avocats du barreau du Havre décrétée par motion du Conseil de l'ordre du barreau du Havre en date du 30 mars 2026. La demande de désignation d'un avocat commis d'office pour le patient n'a donc pas été suivie d'effet. Cette grève générale constitue un obstacle insurmontable à l'assistance d'un conseil conformément la jurisprudence constante de la Cour de cassation

En l’absence du directeur de l’établissement de soins, du ministère public et du tuteur de la personne en soins psychiatriques,

Vu l’avis du ministère public en date du 13/04/2026

Vu les articles L3222-5-1, L3211-12-1 et R3211-31 et suivants du code de la santé publique.

EXPOSÉ DES DEMANDES

La personne faisant l’objet de soins psychiatriques expose et fait valoir en substance qu’elle demande la mainlevée de la mesure.

Le ministère public, dont l’avis écrit a été communiqué aux autres parties, sollicite le maintien de la mesure.

SUR CE,

Sur la forme :

Nous avons été régulièrement saisis dans les délais requis par la loi et la procédure de placement et de maintien en isolement a été menée conformément à la loi.

Sur le fond :

Le juge délégué pour le contrôle de mesure d’isolement et de contention doit contrôler en application de l'article L3216-1 du code de la santé publique la régularité des décisions administratives prises en matière d'hospitalisation complète. En application de l'article L3211-3 du code de la santé publique il doit aussi veiller à ce que les restrictions à l'exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en ouvre du traitement requis.

L'article L 3222-5-1,I du code de la santé publique dispose que «l'isolement et la contention sont des pratiques de dernier recours et ne peuvent concerner que des patients en hospitalisation complète sans consentement. Il ne peut y être procédé que pour prévenir un dommage immédiat ou imminent pour le patient ou autrui, sur décision motivée d'un psychiatre et uniquement de manière adaptée, nécessaire et proportionnée au risque après évaluation du patient. Leur mise en oeuvre doit faire l'objet d'une surveillance stricte, somatique et psychiatrique, confiée par l'établissement à des professionnels de santé désignés à cette fin et tracée dans le dossier médical ».

Le juge ne peut dans le cadre de son contrôle se substituer à l'autorité médicale s'agissant de l'évaluation du diagnostic posé ou des soins nécessaires (1ère Civ 27 septembre 2017).

[R] [W] a été admise le 20 mars 2026 en soins psychiatriques sans consentement sous le régime de l’hospitalisation complète en péril imminent. Le certificat des 24 heures établi par le Docteur [K] le 21/03/2026 fait état de ce que [R] [W] est suivie pour un trouble thymique avec des éléments d’allure psychotique lors des décompensations. Elle est hospitalisée sous contrainte à la suite d’une fugue de quatre jours du service, avec conduites de mise en danger. Il est noté que l’échange est fluide mais une forte labilité émotionnelle avec intolérance à la frustration et une anosognosie partielle des troubles est relevée. L’adhésion aux soins est fragile et peu fiable dans le temps. La poursuite de la mesure d’hospitalisation complète était autorisée par ordonnance du juge délégué en date du 26 mars 2026.

[R] [W] était placée à l’isolement le 8 avril 2026 à 11 heures par décision médicale motivée. La mesure était régulièrement renouvelée.

Lors de son audition, [R] [W] indiquait que cela faisait plusieurs jours qu’elle n’avait pas eu de crise clastique. Elle expliquait que son enfermement à [M] [P] était contre-productif dans la mesure où sa oeur y était décédé et que tout l’y renvoyait .

Le certificat médical établi par le Docteur [B] sous le contrôle du docteur [Q] le 13/04/2026 décrit l'existence de troubles mentaux rendant nécessaire la mesure d'isolement pour prévenir un dommage immédiat ou imminent pour le patient ou autrui en ce que [R] [W] persistait dans ses crises clastiques lorsqu’un refus lui était opposé et devanit agité en fin de journée.

En conséquence, bien que [R] [W] considère la mesure d’isolement contre-productive, force est de cosntater que les conditions d’isolement s’assouplissentt puisqu’en dernier lieu, l’isolement n’intervenait plus que la nuit entre 23 heures et 7 heures. Au vu du dernier avis médical, les conditions de poursuite de l’isolement demeurent réunies.

PAR CES MOTIFS

Statuant publiquement, par ordonnance réputée contradictoire, en premier ressort,

Autorisons la poursuite de la mesure d’isolement de [R] [W] au-delà de 96 heures à compter du 14/04/2026 à 11h00.

Informons les parties que le délai d'appel est de 24 heures à compter de la notification et que cet appel doit être formé par déclaration motivée transmise par tout moyen au greffe de la Cour d'Appel de ROUEN sise [Adresse 4], notamment par e-mail à l’adresse suivante : [Courriel 1] .

Le greffier Le juge délégué

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