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TJ 69123, 19 mai 2026, RG 25/01811


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Date
19/05/2026
Numéro
25/01811
Lieu / cour
tj69123
Chambre
TPROX - Service civil
Type
other
Id
6a0dfe44cdc6046d47599233

Texte de la décision

6,303 caractères

Tribunal judiciaire de LYON
Tribunal de proximité de VILLEURBANNE
3 Rue du Docteur Papillon
69100 VILLEURBANNE

AMA
N° RG 25/01811 - N° Portalis DB2H-W-B7J-2WII

Minute : 26/

du : 19/05/2026

JUGEMENT

[G] [C]
C/
Société QATAR AIRWAYS

PIÈCES DÉLIVRÉES :

Grosse, copie, dossier
à.....................................
Grosse, copie, dossier
à.....................................
Délivré le ........................

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

A l'audience publique du Tribunal judiciaire de Lyon, Tribunal de proximité de Villeurbanne tenue le 19 Mai 2026, sous la présidence de BARRET Florence, Président, assistée de GUERIDO Cédric, Greffier,

Après débats à l'audience du 17 Mars 2026,le jugement suivant a été rendu :

ENTRE :

DEMANDEUR

Monsieur [G] [C],
Chez Maître Joyce PITCHER, avocate - 201 rue du Faubourg Saint-Denis - 75010 PARIS
représenté par Me Joyce PITCHER, avocat au barreau de PARIS et Me Cédric TRABAL, avocat au barreau de LYON, vestiaire : 2438,

D’UNE PART,

ET :

DEFENDERESSE

Société QATAR AIRWAYS,
64 rue de la Boétie - 75008 PARIS
représentée par Me Anaïs NAHUM, avocat au barreau de PARIS,

D’AUTRE PART.

RG25/01811/[C]/QATAR AIRWAYS

EXPOSÉ DU LITIGE

Monsieur [G] [C] a réservé et réglé auprès de la société QATAR AIRWAYS le titre de transport afférent au vol suivant :

Numéro de vol : QR 645 - QR 51
Aéroport de départ : aéroport de Kathmandu (KTM)
Aéroport d'arrivée : aéroport de Lyon (LYS)
avec une escale à l'aéroport de Doha (DOH)
Date : 9 novembre 2024

Le vol a été annulé.

Par requête reçue au greffe le 14 avril 2025, Monsieur [G] [C] a fait convoquer la société QATAR AIRWAYS devant le tribunal de proximité de Villeurbanne afin d'obtenir sa condamnation sur le fondement de la Convention de Montréal du 28 mai 1999.

À l’audience du 17 mars 2026, date à laquelle l'affaire a été retenue, Monsieur [G] [C] sollicite la condamnation de la société QATAR AIRWAYS à lui payer les sommes suivantes :

600 euros en application de l’article 19 de la Convention de Montréal,400 euros à titre de dommages et intérêts pour résistance abusive,864 euros au titre de l’article 700 du Code de procédure civile, outre les dépens.
La société QATAR AIRWAYS comparaît à l’audience du 17 mars 2026 et conclut au débouté de l’ensemble des demandes. En outre, elle sollicite la condamnation du demandeur à lui verser la somme que le tribunal jugera équitable au titre de l’article 700 du Code de procédure civile, outre les dépens.

Par note en délibéré reçue le 3 avril 2026, le conseil du demandeur a adressé ses écritures et pièces en réponse.

Il convient de se reporter aux dernières écritures des parties pour l’exposé des moyens.

MOTIFS DE LA DÉCISION

Sur la demande d’indemnisation

Monsieur [G] [C] fonde ses réclamations sur la Convention de Montréal pour l'unification de certaines règles relatives au transport aérien international (Convention de Montréal) du 28 mai 1999, applicable aux passagers au départ et à l’arrivée d’un aéroport situé sur le territoire d’un Etat signataire de ladite convention, comme c'est le cas en l'espèce.

Selon l’article 19 de cette Convention, le transporteur est responsable du dommage résultant d'un retard dans le transport aérien de passagers, de bagages ou de marchandises. Il peut s’agir d’un préjudice moral ou matériel.
La Convention de Montréal repose sur un principe indemnitaire. En effet, elle subordonne la réparation à la preuve d’un dommage effectivement subi par le passager. Ce régime est distinct de celui instauré par le règlement (CE) n°261/2004 du 11 février 2004, lequel prévoit une indemnisation forfaitaire indépendante de la démonstration d’un préjudice. Dès lors, le passager qui agit sur le fondement de l’article 19 de la Convention de Montréal doit établir l’existence d’un dommage certain, personnel et direct ainsi que son lien de causalité avec l’annulation ou le retard du vol.
En l’espèce, Monsieur [G] [C] sollicite une indemnisation en se référant au barème forfaitaire prévu par le règlement (CE) n°261/2004. Il produit sa réservation confirmée, justifiant d’un contrat de transport avec la compagnie aérienne sur le vol litigieux.
RG25/01811/[C]/QATAR AIRWAYS

Toutefois, Monsieur [G] [C] ne produit aucun élément permettant d’apprécier la réalité ou l’intensité du préjudice subi. Il verse uniquement aux débats sa réservation confirmée, sans fournir d’explication et de justificatif permettant d’établir des contraintes particulières, des gains manqués ou tout autre élément de nature à objectiver le préjudice. Il se borne ainsi à transposer le régime d’indemnisation forfaitaire du règlement (CE) n°261/2004 à la Convention de Montréal, alors même que ce régime est inapplicable au présent litige. En effet, il convient de rappeler que l’annulation du vol et le retard à l’arrivée, à eux seuls, ne suffisent pas à caractériser un dommage indemnisable au sens de l’article 19 de la Convention de Montréal.
Il en résulte que Monsieur [G] [C] n’établit ni la réalité ni l’étendue d’un préjudice certain, personnel et direct, ni son lien de causalité avec l’annulation du vol.
En conséquence, il convient de débouter Monsieur [G] [C] de ses demandes en application de la Convention de Montréal.
Partant, sa demande à titre de dommages et intérêts pour résistance abusive sera également rejetée.

Sur les autres demandes

Conformément à l’article 696 du Code de procédure civile, Monsieur [G] [C], partie perdante, sera condamné aux dépens. En outre, il n’y a pas lieu à application des dispositions de l’article 700 du Code de procédure civile.

PAR CES MOTIFS,

Le tribunal, statuant après débats en audience publique par jugement contradictoire et rendu en dernier ressort, prononcé par mise à disposition au greffe,

DEBOUTE Monsieur [G] [C] de ses demandes formées contre la société QATAR AIRWAYS fondées sur la Convention de Montréal,

DEBOUTE Monsieur [G] [C] de sa demande à titre de dommages et intérêts pour résistance abusive formée contre la société QATAR AIRWAYS,

CONDAMNE Monsieur [G] [C] aux dépens,

RAPPELLE que l'exécution provisoire est de droit.

Le présent jugement, prononcé à la date indiquée en tête des présentes, est signé par le juge et le greffier.

Le Greffier Le Juge

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