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TJ 02691, 29 mai 2026, RG 25/00464


Vérifier : TJ 02691, 29 mai 2026, RG 25/00464 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
29/05/2026
Numéro
25/00464
Lieu / cour
tj02691
Chambre
JCP
Type
other
Id
6a287824cdc6046d47c18b4f

Texte de la décision

9,933 caractères

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE SAINT-[C]
Juge des contentieux de la protection - [Adresse 1]

MINUTE :

AFFAIRE N° RG 25/00464 - N° Portalis DBWJ-W-B7J-C7XK

Le

Copie exécutoire + copie à Me TAINMONT
Copie dossier

JUGEMENT DU 29 MAI 2026

DEMANDERESSE

CA CONSUMER FINANCE DEPARTEMENT SOFINCO, inscrite au RCS 542097522
dont le siège social est sis [Adresse 2]

représentée par Me Francis DEFFRENNES, avocat au barreau de LILLE, substitué par Me TAINMONT Gwenaëlle, avocate au barreau de LAON.

DÉFENDEUR

M. [C] [X]
né le [Date naissance 1] 1999 à [Localité 1]
demeurant [Adresse 3]

non comparant

La cause ayant été débattue à l’audience ordinaire et publique du 06 Mars 2026 du juge des contentieux de la protection de SAINT-[C], (Aisne), présidée par Marie DE MONTAIGNE DE PONCINS, assistée de Nadia HESSANI, GREFFIER;

Marie DE MONTAIGNE DE PONCINS juge des contentieux de la protection, après débats, a avisé les parties présentes que la décision serait rendue ce jour par mise à disposition au greffe dans les conditions de l’article 450 du Code de procédure civile,

Greffière lors de la mise à disposition : Nadia HESSANI

Le jugement suivant a été prononcé :

EXPOSE DU LITIGE

Suivant offre préalable acceptée le 2 juillet 2024, la SA CONSUMER FINANCE DEPARTEMENT SOFINCO a consenti à Monsieur [C] [X] un prêt affecté n°81676473839 d’un montant de 28 900,00 € remboursable par 185 mensualités de 263,29 € hors assurance au taux nominal conventionnel de 6,781 %.

Les fonds ont été débloqués le 19 juillet 2024.

Par courrier recommandé en date du 24 juin 2025, la SA CONSUMER FINANCE DEPARTEMENT SOFINCO a mis en demeure Monsieur [C] [X] de s’acquitter des échéances impayées.

Par acte d’huissier en date du 5 novembre 2025, la SA CONSUMER FINANCE DEPARTEMENT SOFINCO a fait assigner Monsieur [C] [X] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Saint [C] et demande, sous le bénéfice de l'exécution provisoire, de:

- constater que la déchéance du terme est acquise et, à défaut, prononcer la résiliation judiciaire du prêt sur le fondement des articles 1227 et suivants du code civil ;
- condamner Monsieur [C] [X] à lui payer :
à titre principal, la somme de 33 006,78 €, majorée des intérêts au taux conventionnel, à compter du 17 octobre 2025,
à titre subsidiaire, la somme de 28.900 euros au titre des restitutions qu’implique la résolution judiciaire du contrat déduction faite des règlements intervenus et de 2.000 euros en application de l’article 1231-1 du code civil,
à titre très subsidiaire, les échéances impayées jusqu’à la date du jugement,
- condamner Monsieur [C] [X] à lui payer la somme de 1 000,00 € sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile, outre les entiers dépens.

L’affaire a été plaidée à l’audience du 6 mars 2026 à laquelle le juge a soulevé d’office l’éventuelle irrecevabilité des demandes en paiement au regard de la forclusion éventuellement acquise, de la régularité de la déchéance du terme considérée et des moyens relatifs aux irrégularités du contrat de crédit sanctionnées par la nullité de celui-ci ou la déchéance du droit aux intérêts.

La SA CONSUMER FINANCE DEPARTEMENT SOFINCO, représentée par son avocat, maintient les demandes formées dans son assignation.

Cité par acte remis à étude, Monsieur [C] [X] ne comparaît pas.

L’affaire est mise en délibéré au 29 mai 2026.

MOTIVATION DE LA DÉCISION

Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond et il n’est fait droit à la demande que dans la mesure où elle apparaît régulière, recevable et bien fondée.

Le crédit litigieux est soumis aux dispositions des articles L.311-1 et suivants du Code de la Consommation dans leur rédaction postérieure à l'entrée en vigueur le 1er mai 2011 de la loi n°2010-737 du 1er juillet 2010, dite loi [Localité 2].

En vertu de l’article R.632-1 du code de la consommation, le juge peut relever d'office toutes les dispositions du présent code dans les litiges nés de son application.

I. Sur la recevabilité

Sur la forclusion

L'article R.312-35 du code de la consommation dispose qu'à peine de forclusion, les actions en paiement engagées devant le tribunal judiciaire à l'occasion de la défaillance de l'emprunteur doivent être formées dans les deux ans de l'événement qui leur a donné naissance.

Cet événement est caractérisé par le non-paiement des sommes dues à la suite de la résiliation du contrat ou de son terme ou le premier incident de paiement non régularisé.

En l'espèce, il ressort de la vérification des relevés de compte et du dossier fournis en demande que la créance n’est pas affectée par la forclusion.

L’action en paiement est donc recevable.

Sur la déchéance du terme

En vertu de l’article 1103 du code civil, les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. Elles doivent être exécutées de bonne foi.

Conformément à l’article 1225 du code civil, la clause résolutoire précise les engagements dont l'inexécution entraînera la résolution du contrat.
La résolution est subordonnée à une mise en demeure infructueuse, s'il n'a pas été convenu que celle-ci résulterait du seul fait de l'inexécution. La mise en demeure ne produit effet que si elle mentionne expressément la clause résolutoire.

Si le contrat de prêt peut prévoir que la défaillance de l’emprunteur entraînera la déchéance du terme, celle-ci ne peut, sauf disposition expresse et non équivoque, être déclarée acquise au créancier sans la délivrance d’une mise en demeure restée sans effet, précisant le délai dont dispose le débiteur pour y faire obstacle. Cette règle est d’application générale pour tout prêt de somme d’argent, dont les prêts à la consommation.

En l’espèce, les stipulations contractuelles ne font pas référence à la nécessité d’une mise en demeure préalable au prononcé de la déchéance du terme, mais elles ne l’excluent pas expressément.

Or, la SA CONSUMER FINANCE DEPARTEMENT SOFINCO justifie avoir adressé à Monsieur [C] [X] une mise en demeure préalable à la déchéance du terme par courrier recommandé avec accusé de réception.

Il convient donc de constater l’acquisition de la déchéance du terme.

II. Sur la demande principale en paiement

Sur le montant de la créance principale

Aux termes de l'article 1103 du code civil, les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites.

L’article L.312-39 du code de la consommation dispose qu’en cas de défaillance de l’emprunteur, le prêteur peut exiger le remboursement immédiat du capital restant dû, majoré des intérêts échus mais non payés. Jusqu’à la date du règlement effectif, les sommes restant dues produisent les intérêts de retard à un taux égal à celui du prêt. En outre, le prêteur peut demander à l’emprunteur défaillant une indemnité qui, dépendant de la durée restant à courir du contrat, et sans préjudice de l’application de l’article 1231-5 du code civil, est fixée suivant un barème déterminé par décret.

En l’espèce, il ressort des éléments produits par la SA CONSUMER FINANCE DEPARTEMENT SOFINCO et notamment, l’offre de prêt, l’historique des paiements et le décompte de la créance que celle-ci s’élève à la somme de 29 689,87 €.

Dès lors, il convient en conséquence de condamner Monsieur [C] [X] au paiement de la somme de 29 689,87 €, arrêtée au 9 octobre 2025, majorée au taux contractuel de 6,781 % à compter du présent jugement.

III. Sur les demandes accessoires

Sur les dépens

L’article 696 du code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.

Monsieur [C] [X] qui succombe à l’instance, sera condamné aux dépens.

Sur les frais irrépétibles

Il résulte des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans tous les cas, le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à ces condamnations. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent.

Compte tenu du déséquilibre des situations économiques respectives des parties, il convient de débouter la SA CONSUMER FINANCE DEPARTEMENT SOFINCO de sa demande fondée sur l’application de l’article précité.

Sur l’exécution provisoire

Conformément à l’article 514 du code de procédure civile, les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n'en dispose autrement.

En l’espèce, compte tenu de la nature du litige et en l’absence de dispositions légales contraires, l’exécution provisoire est de droit.

PAR CES MOTIFS

Le juge des contentieux de la protection, statuant publiquement, par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,

DÉCLARE l’action recevable ;

CONSTATE l’acquisition de la déchéance du terme du contrat de prêt n°81676473839 en date du 2 juillet 2024, signé entre la SA CONSUMER FINANCE DEPARTEMENT SOFINCO, d’une part, et Monsieur [C] [X] , d’autre part ;

CONDAMNE Monsieur [C] [X] à payer à la SA CONSUMER FINANCE DEPARTEMENT SOFINCO la somme de 29 689,87 €, arrêtée au 9 octobre 2025, au titre du capital restant dû, majorée des intérêts contractuels de 6,781 %, à compter du présent jugement, majorée des intérêts au taux légal à compter du présent jugement ;

DÉBOUTE la SA CONSUMER FINANCE DEPARTEMENT SOFINCO du surplus de ses prétentions ;

CONDAMNE Monsieur [C] [X] aux dépens ;

RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit ;

La greffière, Le juge,

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