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TJ 68224, 8 juin 2026, RG 26/00011


Vérifier : TJ 68224, 8 juin 2026, RG 26/00011 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
08/06/2026
Numéro
26/00011
Lieu / cour
tj68224
Chambre
1ère Chambre civile
Type
other
Id
6a29d0aacdc6046d47de6c74

Texte de la décision

11,461 caractères

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MULHOUSE


SITE ATHÉNA
44 avenue Robert Schuman
CS 83047
68061 MULHOUSE CEDEX


Première Chambre Civile

MINUTE n° 26/00160
N° RG 26/00011 - N° Portalis DB2G-W-B7K-JUT5

RECOURS :
Appel dans un délai de 10 jours à compter de la présente notification. La déclaration doit être faite par les soins d'un avocat inscrit au barreau de la cour d’appel de Colmar

République Française

Au Nom du Peuple Français

J U G E M E N T

du 08 juin 2026
Dans la procédure en déclaration de cessation des paiements de :

Madame [A] [T] [D]
née le 27 Décembre 1980 à KHOURIBGA (MAROC)
demeurant 27 rue Sainte Claire - 68100 MULHOUSE

comparante en personne assistée de Me Virginie HALLER, avocat au barreau de MULHOUSE, vestiaire : 90

Jugement rendu par mise à disposition au greffe le : 08 juin 2026
Après débats en chambre du conseil le : 27 avril 2026
Nature du jugement : contradictoire en premier ressort

COMPOSITION DU TRIBUNAL :
lors des débats en chambre du conseil et du prononcé par mise à disposition au greffe :
Président : André SCHMIDT, vice-président statuant à juge unique
Greffière : Laurence MEDINA

EXPOSÉ DES FAITS ET DE LA PROCÉDURE

Par requête déposée au greffe le 10 février 2026, Mme [A] [T] [D] a saisi la première chambre civile du Tribunal Judiciaire de MULHOUSE d’une déclaration d’insolvabilité notoire, sollicitant l’ouverture d’une liquidation judiciaire de droit local.

Dans sa demande, elle expose qu’ayant acquis avec son époux, depuis lors décédé, un appartement situé dans la Tour de l’Europe à MULHOUSE, elle a été assignée en paiement d’une somme de 103.977,73 € au titre de charges et travaux impayés par le Syndicat des Copropriétaires, alors qu’elle perçoit environ 2.000,- € de revenus par mois.

Elle précise ne disposer d’aucun bien mobilier de valeur, et que son appartement au sein de la Tour de l’Europe est invendable.

La procédure a été communiquée au Ministère Public qui, par émargement au dossier, s’en rapportait à l’appréciation du Tribunal.

Lors de l’audience du 27 avril 2026, la requérante, assistée de son avocate, a maintenu les termes de sa demande, sollicité l’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire et a décrit sa situation personnelle et professionnelle actualisée.

MOTIFS DE LA DÉCISION

Aux termes de l’article L.670-1 du Code de Commerce, les dispositions relatives au redressement et à la liquidation judiciaires des entreprises s’appliquent aux personnes physiques, domiciliées dans les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle et à leur succession, qui ne sont ni commerçants, ni des personnes immatriculées au répertoire des métiers, ni des agriculteurs, ni des personnes exerçant toute autre activité professionnelle indépendante, y compris une profession libérale soumise à un statut législatif ou réglementaire, lorsqu’elles sont de bonne foi et en état d’insolvabilité notoire.

En l’espèce, la condition de domiciliation géographique est acquise.

Par ailleurs, aucun élément du dossier ne permet de considérer que Mme [A] [T] [D] relève de l’activité artisanale ou commerciale, ou du domaine agricole, ayant produit en ce sens un certificat de l’INPI (Institut national de la propriété industrielle) et un certificat de non inscription au registre de commerce.

L’état d’insolvabilité notoire, qui ne se confond ni avec l’état de cessation des paiements, ni avec celui du surendettement défini par l’article L.711-1 du Code de la Consommation, se caractérise par des faits et des circonstances extérieurs, notamment des mesures d’exécution demeurées infructueuses, de nature à accréditer l’opinion que cette insolvabilité existe et révèlant non seulement un arrêt matériel des paiements mais une situation durablement compromise et ne pouvant trouver d’autre issue que l’ouverture d’une procédure collective.

En l’occurrence, Mme [A] [T] [D] justifie de son endettement, qu’elle ne semble pas contester en son principe. Il résulte des pièces produites qu’une première mise en demeure lui a été adressée le 13 juillet 2023 par le Syndicat de la Copropriété.

À l’audience, la requérante a détaillé ses revenus et charges courantes. Elle perçoit mensuellement de l’ordre de 2.400,- € de revenus, a environ 1.100,- € de charges courantes PAR MOIS et a deux enfants à charge, de 14 et 19 ans.

Son compte courant présente, bon an mal an, un solde créditeur de 2.000,- € et son livret A présente un crédit d’environ 2.600,- €.

Elle n’est évidemment pas en capacité de faire face à son passif avec les liquidités dont elle dispose sur son compte bancaire et sur son livret A, et ses revenus ne permettent pas d’y pourvoir à brève échéance.

La requérante est présumée se trouver dans cette situation de bonne foi, en l’absence de preuve contraire.

Il y a lieu, de ce fait, de constater l’existence d’une situation patrimoniale durablement compromise qui caractérise l’insolvabilité notoire.

Par ailleurs, relativement au choix de la procédure, il convient de rappeler que le débiteur doit bénéficier d'un redressement judiciaire lorsqu’il existe des éléments rendant envisageable un apurement du passif, l'article L.640-1 du Code de Commerce exigeant, pour le prononcé d'une mesure de liquidation judiciaire, que soit établie l'impossibilité manifeste de tout redressement.
En l’espèce, la requérante sollicite une liquidation judiciaire au motif que ses revenus ne lui permettront pas d’apurer le passif dans le délai légal.

Or il convient de relever que la requérante a été assignée devant la 1ère chambre civile du Tribunal Judiciaire de MULHOUSE par le Syndicat des Copropriétaires LA TOUR DE L’EUROPE en paiement de charges de copropriété, de travaux et de divers frais. La décision n’est à ce jour pas connue, et il n’est pas impossible qu’une partie de la créance soit contestée.

Par ailleurs, la requérante est âgée de 45 ans, en capacité de travailler, et peut raisonnablement espérer une amélioration de ses salaires.

Enfin, il convient de déterminer si effectivement son appartement est invendable et dans la négative, s’il peut être vendu dans le temps de la période d’observation.

Ainsi, en l’état actuel des éléments portés à la connaissance du Tribunal, un redressement financier de Mme [T] [D] ne paraissant pas totalement impossible, il y a lieu, conformément à la priorité donnée par la Loi à cette mesure, d’ordonner un redressement judiciaire.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal, statuant publiquement, par jugement contradictoire en premier ressort, après débats en chambre du conseil,

CONSTATE que Mme [A] [T] [D] est en état d’insolvabilité notoire ;

OUVRE une procédure de redressement judiciaire de Droit local au profit de Mme [A] [T] [D] ;

FIXE provisoirement au 8 décembre 2024 la date d’insolvabilité notoire ;

OUVRE une période d’observation de SIX MOIS, soit jusqu’au 8 décembre 2026 ;

DESIGNE :

- M. [F] [C] en qualité de juge-commissaire,

- Mme [M] [Y] en qualité de juge-commissaire suppléant ;

FAIT DÉFENSE à la partie débitrice de payer toute créance née antérieurement au jugement d’ouverture ;

DESIGNE la Selàrl MJ AIR, prise en la personne de Me [S] [P], pour exercer les fonctions de mandataire judiciaire, et lui impartit un délai de treize mois à compter de l'ouverture de la procédure pour établir la liste des créances prévue par l'article L624-1 du code de commerce ;

DIT que le mandataire judiciaire établira un rapport sur la situation économique et sociale du débiteur et sur les perspectives de redressement ;

Renvoie l’examen de l'affaire à l'audience du lundi 07 septembre 2026 à 9 heures salle 3 (site Athéna - 44 avenue Robert Schuman), date à laquelle le Tribunal décidera, au vu du rapport d'enquête, soit la poursuite de l'activité en vue de l'élaboration d'un projet de plan de redressement, soit la liquidation judiciaire, le présent jugement valant convocation ;

DIT n’y avoir lieu, en l’état, à inventaire des actifs du débiteur ;

DIT que les mentions et formalités de publicité prévues par les articles R.621-6 à R.621-8 du code de commerce seront accomplies à la diligence du greffier ;

DECLARE que le présent jugement prendra effet à compter de ce jour et qu’il sera exécutoire de plein droit à titre provisoire ;

DIT que les dépens seront liquidés en frais privilégiés de la procédure.

Le présent jugement a été signé par le président et la greffière présente lors du prononcé.

La greffière Le président

N° RG 26/00011 - N° Portalis DB2G-W-B7K-JUT5

Copie notifiée à :

- débiteur : Mme [A] [T] [D]

Copie délivrée à :

- avocat : Me Virginie HALLER, vestiaire 90

- mandataire judiciaire: SELARL MJ AIR

- Trésorier Payeur Général

- Ministère public

Mulhouse, le 08 juin 2026

Le greffier

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MULHOUSE
N° RG 26/00011 - N° Portalis DB2G-W-B7K-JUT5
REDRESSEMENT JUDICIAIRE

La première chambre civile du tribunal judiciaire de Mulhouse a, par jugement en date du 08 Juin 2026 :
- constaté que Mme [A] [T] [D], demeurant 27 rue Sainte Claire - 68100 MULHOUSE, non inscrite au RCS, est en état de cessation des paiements et ouvert une procédure de redressement judiciaire sans administrateur à son égard,
- fixé provisoirement la date de cessation des paiements au 08 Décembre 2024,
- désigné la SELARL MJ AIR, prise en la personne de Me [S] [P], à Mulhouse, pour exercer les fonctions de mandataire judiciaire.
Les créanciers sont invités à remettre au mandataire judiciaire susnommé dans un délai de deux mois à compter de la publication au BODACC, la liste de leur créances et les pièces justificatives. Ce délai est augmenté de deux mois pour les créanciers domiciliés hors de France métropolitaine.

Mulhouse, le 08 juin 2026
Le greffier

SOIT TRANSMIS À :

Monsieur le directeur du journal
Les Paysans du Haut-Rhin
13 rue Jean Mermoz
68127 Sainte Croix En Plaine

En le priant de bien vouloir faire insérer une fois l’avis ci-dessus et nous adresser ensuite un justificatif de l’annonce parue à l’adresse suivante :

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MULHOUSE SITE ATHENA
Première Chambre Civile
44 Avenue Robert Schuman
68061 MULHOUSE CEDEX

Mulhouse, le 08 juin 2026

Le greffier

R1
BODACC
R2
R3
R4

JUGEMENT PRONONCANT LE REDRESSEMENT JUDICIAIRE
Prix de l’annonce :
CACHET DU GREFFE

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MULHOUSE
- Première Chambre Civile -
10 date : 08 juin 2026 &71 RG n° : N° RG 26/00011 - N° Portalis DB2G-W-B7K-JUT5
29 jugement prononçant le redressement judiciaire sans administrateur
&26 RCS non inscrit &2 Tribunal &1 Lettre &3 SIREN
&28 RC
&30 Répertoire des métiers
&4 Dénomination (1)
&5 Sigle (1)
&29 Nom Commercial (1)
&6 Forme (1)
&9 Nom : [T] [D]
&11 Prénom (2) : [A]
&13 Activité (2) (4)
&20 &18 &19 adresse 27 rue Sainte Claire - 68100 MULHOUSE

ADMINISTRATEUR JUDICIAIRE (éventuellement)
&9 Nom
&14 & 15 &16 &17 &18 &19 &19 &20 adresse
DATE DE CESSATION DES PAIEMENTS : 08 Décembre 2024
&32 Les déclarations de créances sont à déposer dans les DEUX MOIS suivant la présente publication auprès du mandataire judiciaire. Ce délai est augmenté de deux mois pour les créanciers domiciliés hors de France métropolitaine.

&34 MANDATAIRE JUDICIAIRE SELARL MJ AIR prise en la personne de Me [S] [P]
&9 &20 &18 &19 adresse : 21 rue du Printemps - 68100 MULHOUSE

(1) sociétés (2) Entreprise Individuelles (3) ou greffe des tribunaux judiciaires à compétence commerciale (4) mention non obligatoire

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