TJ 68224, 8 juin 2026, RG 26/00028
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Texte de la décision
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MULHOUSE
SITE ATHÉNA
44 avenue Robert Schuman
CS 83047
68061 MULHOUSE CEDEX
Première Chambre Civile
MINUTE n° 26/00167
N° RG 26/00028
N° Portalis DB2G-W-B7K-JVSL
Recours:
Appel dans un délai de 10 jours à compter de la présente notification.
La déclaration doit être faite par les soins d'un avocat inscrit au Barreau de la Cour d' Appel de Colmar
République Française
Au Nom du Peuple Français
J U G E M E N T
du 08 juin 2026
Dans la procédure en déclaration d’insolvabilité notoire déposée par :
SELARL MJ AIR, ès-qualitès de mandataire liquidateur de le l’Eurl Euro Bati 68 Sàrl
dont le siège social est sis 21 rue du Printemps - 68100 MULHOUSE
représenté par Me Julien TRENSZ, vestiaire : 55
À l’encontre de :
Monsieur [L] [Y]
demeurant 22 rue Morschwiller - 68350 DIDENHEIM
non comparant, ni représenté
Jugement rendu par mise à disposition au greffe le :08 juin 2026
Après débats en chambre du conseil le : 04 mai 2026
Nature du jugement :réputée contradictoire en premier ressort
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
lors des débats en chambre du conseil et du prononcé par mise à disposition au greffe :
Président : André SCHMIDT, vice-président statuant à juge unique
Greffière : Laurence MEDINA
EXPOSÉ DES FAITS ET DE LA PROCÉDURE
Par assignation signifiée au débiteur par dépôt en étude de commissaire de Justice en date du 7 mars 2026, la SELARL MJ AIR, en qualité de mandataire liquidateur de la E.U.R.L. EURO BATI 68 SARL, a saisi la première chambre civile du Tribunal Judiciaire de MULHOUSE et sollicité l’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire de Droit local à l’égard de M. [L] [Y], aux motifs de son insolvabilité notoire et de l’impossibilité d’obtenir le recouvrement d’une somme de 19.043,- € portée au débit de son compte associé au sein de l’EURL.
La procédure a été communiquée au ministère public qui, par émargement au dossier, requiert l’ouverture d’une procédure collective envers M. [Y].
Lors de l’audience du 4 mai 2026, la demanderesse, représentée par son conseil, a maintenu les termes de sa demande, sollicitant l’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire.
En dépit de la signification régulière de l’assignation, le débiteur n'a pas comparu. La décision étant susceptible d'appel, il sera statué par jugement réputé contradictoire, conformément aux dispositions de l'article 473 du Code de Procédure Civile.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Aux termes de l’article L.670-1 du Code de Commerce, les dispositions relatives au redressement et à la liquidation judiciaires des entreprises s’appliquent aux personnes physiques, domiciliées dans les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle et à leur succession, qui ne sont ni commerçants, ni des personnes immatriculées au répertoire des métiers, ni des agriculteurs, ni des personnes exerçant toute autre activité professionnelle indépendante, y compris une profession libérale soumise à un statut législatif ou réglementaire, lorsqu’elles sont de bonne foi et en état d’insolvabilité notoire.
En l’espèce, la condition de domiciliation géographique est acquise.
Par ailleurs, Il résulte des pièces produites par la demanderesse que bien qu’étant ou ayant été dirigeant de plusieurs sociétés, M. [L] [Y] n’est pas actuellement immatriculé en qualité d’entrepreneur individuel ou de commerçant personne physique.
L’état d’insolvabilité notoire, qui ne se confond ni avec l’état de cessation des paiements, ni avec celui du surendettement défini par l’article L.331-2 du Code de la Consommation, se caractérise par des faits et des circonstances extérieurs, notamment des mesures d’exécution demeurées infructueuses, de nature à accréditer l’opinion que cette insolvabilité existe et révèlent non seulement un arrêt matériel des paiements mais une situation durablement compromise et ne pouvant trouver d’autre issue, notamment par l’obtention par le débiteur de garanties, de crédits, de délais de paiement, de report ou de rééchelonnement des dettes, la réduction du taux d’intérêt ou encore l’imputation des paiements sur le capital, que l’ouverture d’une procédure collective d’apurement du passif.
La S.àR.L. EURO BATI 68 SARL, dont M. [L] [Y] est le gérant et associé unique, a fait l’objet d’une redressement judiciaire par jugement de la chambre commerciale du Tribunal Judiciaire de MULHOUSE en date du 6 mars 2024, procédure convertie en liquidation judiciaire par jugement du 5 juin suivant.
Il résulte des pièces produites par la demanderesse que le bilan simplifié de l’exercice 2022 de la S.àR.L. fait apparaître un compte associé débiteur d’un montant de 19.044,- €.
Le mandataire a invité M. [Y] à rembourser cette somme (réduite par une erreur de plume à la somme de 19.043,- €) par courriers des 20 juin, 5 juillet, 8 août et 16 septembre 2024, avant de lui adresser un courrier de mise en demeure en date du 17 octobre 2024. Faute de réponse, le conseil du mandataire liquidateur adressait une sommation de payer à M. [Y] par LRAR en date du 3 décembre 2024, puis assignait celui-ci en référé civil, aboutissant ainsi à une ordonnance du Juge des Référés en date du 8 avril 2025 le condamnant à régler la somme de 19.043,- € à la SELARL MJ AIR, en qualité de mandataire liquidateur de la E.U.R.L. EURO BATI 68 SARL, ainsi que 800,- € au titre de l’article 700 du Code de Procédure Civile, décision notifiée au défendeur par dépôt d’acte en étude de commissaire de Justice en date du 29 avril 2025.
À cette même date, et en exécution de ladite ordonnance de référé, M. [Y] se voyait délivrer un commandement de payer aux fins de saisie-vente, dans les mêmes formes que la signification de la décision de justice.
Le 1er juillet 2025, le commissaire de Justice mandaté par la SELARL MJ AIR établissait un procès-verbal de saisie-attribution entre les mains d’un établissememnt habilité à tenir des comptes de dépôts, en l’espèce du CCM MULHOUSE SAINT-JOSEPH, où quatre comptes étaient ouverts au nom de M. [Y], dont deux dont son épouse était co-titulaire, tous créditeurs de quelques euros.
En exécution de l’ordonnance de référé, il était également procédé le 4 juillet 2025 à la vente aux enchères d’un véhicule VW GOLF appartenant à M. [Y], adjugé au prix de 300,- €.
À la date du 5 mars 2026, les sommes dues par M. [Y] à la SELARL MJ AIR, en qualité de mandataire liquidateur de la E.U.R.L. EURO BATI 68 SARL, s’élevaient à 21.562,04 €, frais de justice compris.
Le 3 mars 2026, Me [T] [P], commissaire de Justice à MULHOUSE établissait un certificat d’irrecouvrabilité dont il résulte :
- que M. [Y] ne travaille pas,
- qu’il a trois enfants à charge,
- qu’il ne possède pas de bien mobilier de valeur,
- que s’il est propriétaire pour moitié d’un bien immobilier situé Boulevard des Nations à MULHOUSE, la valeur de celui-ci est inférieure aux hypothèques le grevant,
- qu’il n’est en capacité que de régler mensuellement de petits montants (100,- €).
L’état d’insolvabilité notoire du requérant est ainsi caractérisé.
Les pièces de la procédure et les débats ne permettant pas de mettre en doute la bonne foi du débiteur, qui est présumée jusqu’à preuve contraire, cette condition doit en l’espèce être considérée comme acquise.
Il convient de préciser que le tribunal ne dispose d’aucun pouvoir d’appréciation : dès lors que les conditions d’ouverture sont réunies au jour où il statue, il ouvre la procédure. Il lui appartient toutefois d’opter entre un redressement judiciaire et une liquidation judiciaire.
Relativement à la procédure à ouvrir, le Tribunal déplore que M. [Y] n’ait pas estimé devoir s’expliquer sur sa situation et ses éventuelles intentions de la surmonter.
Or, la liquidation judiciaire ne peut être prononcée qu’en cas d’impossibilité manifeste de redressement, notamment au moyen d’un plan d’apurement du passif sur une durée maximum de 10 ans. Dans le cas contraire, le Tribunal est tenu de prononcer dans un premier temps, le redressement judiciaire.
En l’espèce, toute perspective de redressement n’est pas exclue en raison de l’âge du débiteur (49 ans), de son expérience professionnelle lui permettant de retrouver un travail et du caractère somme toute limité du passif (l’apurement exige, sur la base d’une somme de 22.000,- €, un remboursement de 2.200,- € par an pendant 10 ans, soit de l’ordre de 185,- € par mois).
Il y a lieu, en conséquence, d’ouvrir une procédure de redressement judiciaire.
PAR CES MOTIFS
Le tribunal, statuant publiquement, par jugement contradictoire en premier ressort, après débats en chambre du conseil,
CONSTATE que M. [L] [Y] est en état d’insolvabilité notoire ;
ORDONNE l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire à son égard ;
FIXE provisoirement au 8 avril 2025 la date d’insolvabilité notoire ;
OUVRE une période d’observation de 6 mois jusqu’au 8 décembre 2026;
DESIGNE :
- M. [W] [H] en qualité de juge-commissaire,
- Mme [K] [F] en qualité de juge-commissaire suppléant ;
DESIGNE la Selàrl MJ AIR, prise en la personne de Me [A] [D], pour exercer les fonctions de mandataire judiciaire, et LUI IMPARTIT un délai de treize mois à compter de l’ouverture de la procédure pour établir la liste des créances prévue par l’article L.624-1 du Code de Commerce ;
DIT que le mandataire judiciaire établira un rapport sur la situation économique et sociale du débiteur et sur les perspectives de redressement ;
RENVOIE l’affaire à l’audience du lundi 07 septembre 2026 à 9 heures salle 3, date à laquelle le tribunal décidera, au vu du rapport d’enquête, soit la poursuite de l’activité en vue de l’élaboration d’un projet de plan de redressement, soit la liquidation judiciaire, le présent jugement valant convocation ;
DIT n’y avoir lieu, en l’état, à inventaire des objets corporels mobiliers du débiteur ;
DIT que les mentions et formalités de publicité prévues par les articles R.621-6 à R.621-8 du Code de Commerce seront accomplies à la diligence du greffier ;
DECLARE que le présent jugement prendra effet à compter de ce jour et qu’il sera exécutoire de plein droit à titre provisoire ;
Dit que les dépens seront liquidés en frais privilégiés de la procédure.
Le présent jugement a été signé par le président et la greffière présente lors du prononcé.
La greffière Le président
N° RG 26/00028 - N° Portalis DB2G-W-B7K-JVSL
Copie notifiée à :
- débiteur : M. [L] [Y], par commissaire de justice (Me [Q])
- SELARL MJ AIR, ès-qualitès de mandataire liquidateur de le l’Eurl Euro Bati 68 Sàrl par LRAR
Copie délivrée à :
- avocat : Me Julien TRENSZ, vestiaire 55
- au mandataire judiciaire: SELARL MJ AIR
- Trésorier Payeur Général
- ministère public
Mulhouse, le 08 juin 2026
Le greffier
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE MULHOUSE
N° RG 26/00028 - N° Portalis DB2G-W-B7K-JVSL
REDRESSEMENT JUDICIAIRE
La première chambre civile du tribunal judiciaire de Mulhouse a par jugement en date du 08 Juin 2026 :
- constaté que : M. [L] [Y], demeurant 22 rue Morschwiller - 68350 DIDENHEIM, non inscrit au RCS? est, en état d’insolvabilité notoire et ouvert une procédure de redressement judiciaire sans administrateur à son égard
- fixé provisoirement la date d’insolvabilité notoire au 08 Avril 2025
- désigné la SELARL MJ AIR, prise en la personne de Me [A] [D], à Mulhouse, pour exercer les fonctions de mandataire judiciaire.
Les créanciers sont invités à remettre au mandataire judiciaire susnommé dans un délai de deux mois à compter de la publication au BODACC, la liste de leur créances et les pièces justificatives. Ce délai est augmenté de deux mois pour les créanciers domiciliés hors de France métropolitaine.
Mulhouse, le 08 juin 2026
Le greffier
SOIT TRANSMIS À :
Monsieur le Directeur du Journal
Les Paysans du Haut-Rhin
13 rue Jean Mermoz
68127 Sainte Croix En Plaine
En le priant de bien vouloir faire insérer une fois l’avis ci-dessus et nous adresser ensuite un justificatif de l’annonce parue à l’adresse suivante :
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MULHOUSE
SITE ATHENA
- Première Chambre Civile -
44 avenue Robert Schuman
68061 MULHOUSE CEDEX
Mulhouse, le 08 juin 2026
Le Greffier
R1
BODACC
R2
R3
JUGEMENT PRONONCANT LE REDRESSEMENT JUDICIAIRE SANS ADMINISTRATEUR
Prix de l’annonce
CACHET DU GREFFE
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MULHOUSE
- Première Chambre Civile -
10 date : 08 juin 2026 &71 N° RG 26/00028 - N° Portalis DB2G-W-B7K-JVSL
29 jugement prononçant le redressement judiciaire sans administrateur
&26 RCS NON INSCRIT &2 Tribunal &1 Lettre &3 SIREN
&28 RC
&30 Répertoire des métiers
&4 Dénomination (1)
&5 Sigle (1)
&29 Nom Commercial (1)
&6 Forme (1)
&9 Nom : OZEN
&11 Prénom (2) : [L]
&13 Activité (2) (4)
&20 &18 &19 adresse : 22 rue Morschwiller - 68350 DIDENHEIM
ADMINISTRATEUR JUDICIAIRE (éventuellement)
&9 Nom
&14 & 15 &16 &17 &18 &19 &19 &20 adresse
DATE D’INSOLVABILITÉ NOTOIRE : 08 Avril 2025
&32 Les déclarations de créances sont à déposer dans les DEUX MOIS suivant la présente publication auprès du mandataire judiciaire
&34 MANDATAIRE JUDICIAIRE : SELARL MJ AIR prise en la personne de Me [A] [D]
&9 &20 &18 &19 adresse : 21 rue du Printemps - 68100 MULHOUSE
(1) sociétés (2) Entreprise Individuelles (3) ou greffe des tribunaux judiciaires à compétence commerciale (4) mention non obligatoire
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