T. com. 1601, 2 avr. 2026, n° 2026002361
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Texte de la décision
REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
TRIBUNAL DE COMMERCE D'ANGOULÊME
Rôle n
* 2026 002361
PROCEDURE : 2026/100
JUGEMENT DU 02/04/2026 OUVRANT UNE PROCEDURE DE REDRESSEMENT JUDICIAIRE
SARL [M] [Adresse 1] RCS [Localité 1] : 811 182 385 M. [T] [L], représentant légal comparant en personne en présence du Cabinet comptable VALUCIA représenté par Mme [Z] [P]
En présence du Ministère Public,
représenté par Mathieu AURIOL, Vice Procureur
COMPOSITION DU TRIBUNAL Lors des débats en Chambre du Conseil du 02/04/2026 PRESIDENT D'AUDIENCE : Valéran HIEL JUGES : Philippe LOZIER et Pierre CASASNOVAS GREFFIER : Assisté, lors des débats, par Magali PIERRAT.
En date du 27/03/2026 la SARL [M] a déposé au Greffe de ce Tribunal une demande en vue d'une procédure de redressement judiciaire en application de l'article L 631-4 du Code de Commerce.
La SARL [M] est immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés d'Angoulême sous le numéro : RCS Angoulême 811 182 385.
La SARL [M] emploie 5 salariés et son chiffre d'affaires est de 1 923 363,00 euros.
M. [T] [L] a comparu en Chambre du Conseil, et a présenté ses observations. La conjoncture des derniers mois a engendré un premier licenciement économique ainsi qu'une baisse de fréquentation.
Le Tribunal a relevé que l'adresse figurant au Registre du commerce et des sociétés est différente de celle mentionnée dans le dossier de déclaration de cessation des paiements. Bien que ce dernier comporte la mention «
transfert en cours
», la première formalité ayant été rejetée, aucune nouvelle démarche n'a été effectuée, contrairement aux déclarations du dirigeant. Il est rappelé qu'il est impératif de procéder à nouveau à cette formalité dans les plus brefs délais.
Le ministère public requiert l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire et la nomination d'un administrateur judiciaire, au regard des difficultés administratives rencontrées par le dirigeant.
SUR CE :
Attendu qu'il résulte des pièces communiquées et des renseignements fournis à l'audience que la demande est recevable et fondée ; qu'après avoir sollicité les observations du débiteur conformément aux dispositions de l'article L.631-8, il y a lieu de constater la cessation des paiements de la SARL [M] sur le fondement de l'article L 631-1 du Code de Commerce et d'en fixer provisoirement la date au 10 JANVIER 2026, date déclaré par le débiteur.
Attendu qu'il y a lieu d'ouvrir une procédure de redressement judiciaire selon les dispositions des articles L 631-1 et suivants et R.631-1 et suivants du code de commerce (Titre III du livre VI)et de désigner un administrateur judiciaire.
Attendu qu'il y a lieu d'enjoindre au dirigeant de procéder à la mise a jour de son immatriculation d'ici la prochaine audience.
Attendu qu'il y a lieu de dire que les dépens dudit jugement seront prélevés en frais privilégiés de redressement judiciaire.
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, après en avoir délibéré conformément à la Loi, statuant publiquement, par jugement contradictoire et en premier ressort,
Le Ministère Public entendu en ses réquisitions,
Constate la cessation des paiements et ouvre une procédure de redressement judiciaire
selon les dispositions du Titre III du livre VI du Code de Commerce (articles L.631-1 et R.631-1 et suivants du Code de Commerce) à l'égard de la SARL [M], immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés d'Angoulême sous le numéro 811 182 385, ayant pour activité : Supermarchés dont le siège social est - [Adresse 2].
Fixe provisoirement la date de cessation des paiements au 10/01/2026.
Nomme [V] [U] en qualité de Juge Commissaire Titulaire Nomme [N] [C] en qualité de Juge Commissaire Suppléant.
Nomme la SELARL EKIP', en la personne de Me [H] [B] - [Adresse 3] en qualité de Mandataire Judiciaire.
Nomme la SELARL [X] [R], en la personne de Me [X] [R] - [Adresse 4] Ayant pour mission en qualité d'administrateur judiciaire ayant pour mission d'assister le débiteur pour tous les actes relatifs à la gestion.
Conformément aux dispositions des articles L 622-6 - L 631-14 et R.622-4 du code de commerce, charge la SCP [Q] [W], commissaire de justice - [Adresse 5], en vue de procéder, dans le délai d'un mois à compter du présent jugement, à l'inventaire et à la prisée du patrimoine du débiteur ainsi que des garanties qui le grèvent ; dit que, conformément aux dispositions de l'article R631-18 du code de commerce, Monsieur le Greffier informera le chargé d'inventaire de sa désignation ; en outre, il lui communiquera avec le présent jugement :
* un extrait Kbis qui précise le mode d'exploitation du fonds de commerce ainsi que, le cas échéant, la déclaration d'insaisissabilité visée à l'article L 526-1 du code de commerce
* les états d'inscription précisant les biens publiés ne faisant pas partie du patrimoine du débiteur.
Rappelle que, conformément aux dispositions des articles R.631-18 et R.622-4, l'inventaire doit être déposé au greffe du tribunal par celui qui l'a réalisé, lequel en remet une copie au débiteur, à l'administrateur s'il en a été désigné, et au mandataire judiciaire.
Dit que dans l'hypothèse de l'existence de biens immobiliers, le mandataire judiciaire fera appel en vue de leur évaluation à la compétence d'un expert en la personne soit du notaire du lieu de la situation du (ou des) immeuble(s) concerné(s), soit du notaire habituel du débiteur, soit encore du notaire ayant rédigé le dernier acte de vente.
Dit que la SARL [M] devra remettre au mandataire judiciaire la liste certifiée des créances et des dettes dans les 8 jours à compter du présent jugement.
Dit et juge que le mandataire judiciaire devra déposer au Greffe du tribunal la liste des créances déclarées ou les propositions d'admission dans un délai de 8 mois à compter de l'ouverture de la procédure, conformément aux articles L.631-18, L.624-1 et R624-1 du code de commerce, qui disposent que le débiteur devra formuler ses observations au mandataire judiciaire dans le délai de 30 jours à compter de la date à laquelle il aura été mis en mesure, par le mandataire judiciaire, de formuler ses observations. Que faute de le faire dans le délai prescrit, il ne pourra émettre aucune contestation ultérieure sur la proposition du mandataire judiciaire.
Ouvre, conformément à l'article L 631-7 du code de commerce une période d'observation de 6 mois à compter du présent jugement, soit jusqu'au 02/10/2026.
Dit que, conformément à l'article L 631-15, le tribunal examinera la situation de l'entreprise en chambre du conseil du 07/05/2026 à 09:20, date à laquelle le tribunal ordonnera la poursuite de la période d'observation s'il apparaît que l'entreprise dispose à cette fin de capacités de financement suffisantes ; rappelle que le même article dispose que, « à tout moment de la période d'observation, le tribunal (…) peut ordonner la cessation partielle de l'activité ou prononce la liquidation judiciaire si le redressement est manifestement impossible » ;
Enjoint au dirigeant de procéder à la mise a jour de son immatriculation d'ici la prochaine audience fixée au 07/05/2026.
Dit et juge que le chef d'entreprise a l'obligation de coopérer avec les organes de la procédure, particulièrement avec le mandataire judiciaire et avec l'administrateur judiciaire s'il en a été désigné ; à défaut, le tribunal prononcera la liquidation judiciaire.
Invite, le cas échéant, le comité d'entreprise ou à défaut les délégués du personnel, à désigner un représentant parmi les salariés de l'entreprise. En l'absence de comité d'entreprise ou de délégués du personnel, les salariés élisent leur représentant. Conformément aux dispositions de l'article R.621-14 du Code de Commerce, « dans les dix jours du prononcé du jugement d'ouverture, le représentant légal de la personne morale débitrice ou le débiteur personne physique (…) réunit le CE, les DP ou à défaut les salariés. Les salariés élisent alors leur représentant par vote secret au scrutin uninominal à un tour. (…) Le procès-verbal de désignation ou de carence (…) est immédiatement déposé au greffe. »
Dit et juge que les dépens dudit jugement seront prélevés en frais privilégiés de redressement judiciaire.
Constate le caractère exécutoire du présent jugement.
Ledit jugement a été prononcé par sa mise à disposition au Greffe du Tribunal de Commerce d'Angoulême à la date du 02/04/2026, conformément à l'article 450 du Code de Procédure Civile, signé par Valéran HIEL, Président d'Audience, ayant participé au délibéré et par Magali PIERRAT, greffier.
Le Greffier Magali PIERRAT
Le Président.
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