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tj Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) source api

TJ 81065, 18 juin 2026, RG 26/00055


Vérifier : TJ 81065, 18 juin 2026, RG 26/00055 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
18/06/2026
Numéro
26/00055
Lieu / cour
tj81065
Chambre
JCP
Type
other
Id
6a3ae2e1cdc6046d476ae86d

Texte de la décision

12,623 caractères

MINUTE N° : 26/00127
DÉCISION DU : 18 Juin 2026
DOSSIER : N° RG 26/00055 - N° Portalis DB3B-W-B7K-DFMO
NAC : 5AA
AFFAIRE : S.A. 3F OCCITANIE C/ [N] [O]

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE CASTRES

JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION

ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ

COMPOSITION DU TRIBUNAL

PRESIDENT : Madame Michelle SALVAN magistrate honoraire exerçant des fonctions juridictionnelles, affectée au service du juge des contentieux de la protection

GREFFIER : Madame Catherine TORRES

PARTIES :

DEMANDERESSE

S.A. 3F OCCITANIE
[Adresse 1]
[Localité 1]
représentée par Me Jean-philippe MONTEIS, avocat au barreau de TOULOUSE

DEFENDERESSE

Madame [N] [O]
[Adresse 2]
[Adresse 2]
[Localité 2]
non comparante ni représentée

Débats tenus à l'audience du : 21 Mai 2026
Ordonnance prononcée par sa mise à disposition au greffe le 18 Juin 2026

Le
ccc délivrées
cccrfe délivrée à Me

EXPOSÉ DU LITIGE

Par acte du 18 avril 2024, la S.A 3F OCCITANIE a consenti à [N] [O] un bail d'habitation portant sur un logement sis à [Adresse 2] moyennant un loyer mensuel de 272,61 euros .

Des loyers étant impayés, le 15 décembre 2025, un commandement visant la clause résolutoire insérée au bail a été délivré à [N] [O], par acte de commissaire de justice, aux fins d’obtenir paiement de la somme de 499,27 euros.

Le 16 décembre 2025, l’acte a été dénoncé à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX).

Le 2 février 2026, par acte de commissaire de justice dénoncé le lendemain par voie électronique au représentant de l’État dans le département, la S.A 3F OCCITANIE a fait assigner [N] [O] à comparaître devant le juge des contentieux de la protection statuant en référé aux fins d'obtenir :
le constat de la résiliation du bail par l'effet de la clause résolutoire,
l'expulsion de [N] [O] au besoin avec le concours de la force publique et d’un serrurier, sous astreinte de 16 euros par jour de retard,
la condamnation de [N] [O] au paiement par provision de la somme de 658,67 euros au titre des loyers et charges arriérés au 29 janvier 2026 ,
la condamnation de [N] [O] au paiement d’une indemnité provisionnelle mensuelle d’occupation égale au montant du loyer indexé et des charges, jusqu’à libération des lieux,
en tant que de besoin, la condamnation du locataire à fournir son avis d’imposition et l’enquête des ressources associée,
la condamnation de [N] [O] au paiement de la somme de 1.200 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile, avec intérêts au taux légal à compter du prononcé de la décision,
la condamnation de [N] [O] aux dépens comprenant le coût du commandement et de l’assignation, et le cas échéant des actes signifiés dans le cadre des mesures conservatoires prises sur les biens et valeurs mobilières.

A l’audience, la S.A 3F OCCITANIE maintient ses demandes initiales visées dans l’acte introductif d’instance en actualisant la dette locative à la somme de 703,12 euros au 12 mai 2026.

Citée à comparaître par acte remis en l’étude du commissaire de justice [N] [O] n'a pas comparu ni ne s'est fait représenter.

Le 6 mai 2026 le greffe a réceptionné un rapport d’enquête sociale dont il a été donné lecture à l’audience.

MOTIVATION

L’article 472 du code de procédure civile dispose que si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond, le juge ne faisant droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.

Sur la recevabilité de l’action :

Conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, une copie de l’assignation a été portée à la connaissance du service compétent de la préfecture du TARN six semaines au moins avant la première audience.

En outre, la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) a été saisie deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.

En conséquence, aucune irrecevabilité n’est encourue de ces chefs.

Sur la demande de provision au titre des loyers, charges locatives et indemnités d'occupation impayés :

Par application de l'article 835 du code de procédure civile, dans les cas où l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable, le président du tribunal judiciaire ou le juge du contentieux de la protection dans les limites de sa compétence peuvent toujours accorder une provision au créancier, ou ordonner l'exécution de l'obligation même s'il s'agit d'une obligation de faire.

Il appartient au demandeur d'établir l'existence de l'obligation qui fonde sa demande de provision tant en son principe qu'en son montant et la condamnation provisionnelle, que peut prononcer le juge des référés sans excéder ses pouvoirs, n'a d'autre limite que le montant non sérieusement contestable de la créance alléguée.

Aux termes de l'article 7 de la loi n°89-462du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de payer les loyers et charges récupérables aux termes convenus.

Selon l’article L1231-6 du code civil, les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure.
En l'espèce, l'obligation au paiement des loyers et charges incombant à [N] [O] n'est pas sérieusement contestable.

Suivant le décompte arrêté au 12 mai 2026, la dette s'élève à la somme de 703,12 euros. Ce quantum n'est nullement contesté ni contestable, en l'absence d'un quelconque justificatif de paiement complémentaire.

Le 6 mai 2026 le greffe a réceptionné un rapport d’enquête sociale mentionnant qu’en l’absence de contact avec le(s) locataires, malgré deux propositions de rendez-vous, le département n’est pas en mesure de transmettre au juge un diagnostic social et financier en vue de l’audience.

L’absence de [N] [O] à l’audience ne lui permet ni de préciser sa situation actuelle, ni même de s’engager à reprendre le paiement des loyers courants et à formuler une proposition de règlement de l’arriéré locatif.

Par conséquent, [N] [O] doit être condamnée à payer la somme provisionnelle de 703,12 euros au titre des loyers, charges et indemnités d'occupation arrêtée à la date du 12 mai 2026.

Sur le constat de l’acquisition de la clause résolutoire et la résiliation du bail :

Selon l'article 24 I de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, tout contrat de bail d'habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux.

Le commandement de payer délivré le 15 décembre 2025 visant la clause résolutoire étant demeuré infructueux pendant plus de six semaines , il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire sont réunies et le bail résilié de plein droit à la date du 27 janvier 2026.

Sur la demande d’expulsion :

A défaut de départ volontaire, l’expulsion de [N] [O] et de tous occupants de son chef sera ordonnée conformément aux articles L412-1 et suivants et R411-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution et ce, dans les termes du dispositif de la présente décision.

Il est rappelé qu'en vertu des articles L.153-1 et L.153-2 du code des procédures civiles d’exécution, le commissaire de justice instrumentaire pourra recourir au concours de la force publique.

Conformément à l’article L.433-1 du code des procédures civiles d’exécution, les meubles se trouvant sur les lieux seront remis au frais des personnes expulsées en un lieu que celles-ci désignent. À défaut, ils seront laissés sur place ou entreposés en un autre lieu approprié et décrit avec précision par le commissaire de justice chargé de l'exécution avec sommation aux personnes expulsées d'avoir à les retirer dans le délai imparti.

À défaut de quoi, conformément à l'article L.433-2 du code des procédures civiles d'exécution, les meubles seront mis en vente aux enchères publiques après autorisation du juge de l'exécution.

Sur la demande d'astreinte :

Aux termes de l'article L 131-1 du code des procédures civiles d'exécution, tout juge peut, même d'office, ordonner une astreinte pour assurer l'exécution de sa décision.

En l'espèce, les circonstances ne justifient pas que l'expulsion de [N] [O] soit assortie d'une astreinte.

Sur l’indemnité d’occupation :

Aux termes de l’article 1224 du code civil, la résolution résulte soit de l'application d'une clause résolutoire soit, en cas d'inexécution suffisamment grave, d'une notification du créancier au débiteur ou d'une décision de justice

Aux termes de l’article 1240 du code civil, tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer.

En occupant sans droit ni titre les lieux loués depuis la résiliation du bail, [N] [O] cause un préjudice à la S.A 3F OCCITANIE qui est réparé par sa condamnation au versement d’une indemnité provisionnelle mensuelle d’occupation égale au montant des loyers et charges qui auraient été dus en cas de non résiliation du bail.

Conformément aux dispositions de l'article 1231-7 du code civil, la condamnation à une indemnité emporte intérêts au taux légal, même en l'absence de demande ou de disposition spéciale du jugement. En conséquence, les indemnités d'occupation à échoir non payées à terme seront augmentées des intérêts au taux légal dès leur date d'exigibilité.

Sur les dépens et l’article 700 du code de procédure civile :

En application de l’article 696 du code de procédure civile, [N] [O] supportera les dépens qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation en référé et de la notification de l’assignation au représentant de l’État.

L’équité commande que soit allouée à la S.A 3F OCCITANIE une somme de 300 euros en application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.

Sur l’exécution provisoire :

La présente décision est exécutoire à titre provisoire, conformément à l'article 514 du code de procédure civile.

PAR CES MOTIFS

La juge des contentieux de la protection, statuant en référé et en premier ressort par ordonnance réputée contradictoire rendue par mise à disposition au greffe après débats en audience publique,

DÉCLARE la S.A 3F OCCITANIE recevable en son action;

CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire sont réunies et que le bail conclu entre la S.A 3F OCCITANIE et [N] [O] est résilié à effet du 27 janvier 2026 ;
ORDONNE l'expulsion de [N] [O] et de tout occupant de son chef des lieux donnés à bail sis à [Adresse 2] avec, le cas échéant, le concours de la Force Publique, dans le respect des dispositions des articles L 412-1 et suivants et R 411-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution ;

DIT qu'à défaut par [N] [O] d’avoir libéré les lieux au plus tard DEUX MOIS après la notification au préfet du commandement d'avoir à quitter les lieux, il sera procédé à son expulsion et à celle de tous occupants de son chef, avec l'assistance de la force publique, et au transport des meubles laissés dans les lieux à ses frais dans tel garde-meuble;

CONDAMNE [N] [O] à payer à la S.A 3F OCCITANIE la somme de provisionnelle de 703,12 euros, représentant l'arriéré locatif échu et impayé avec intérêts au taux légal à compter du 15 décembre 2025 sur la somme de 499,27 euros et à compter de la présente ordonnance pour le surplus;

CONDAMNE [N] [O] à payer à la S.A 3F OCCITANIE une indemnité provisionnelle mensuelle d'occupation égale au montant du loyer et des charges qui auraient été dus en l’absence de résiliation du bail, à compter du commandement de payer, et jusqu’à la libération effective des lieux,avec intérêts au taux légal à compter de leur date d'exigibilité pour les indemnités d'occupation à échoir;

DÉBOUTE la S.A 3F OCCITANIE de sa demande d’astreinte;

DIT que la présente décision sera notifiée par le greffe du tribunal à M. le Préfet du TARN en application de l'article R412-2 du code des procédures civiles d'exécution;

CONDAMNE [N] [O] aux dépens de l’instance, comprenant notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation en référé et de la notification de l'assignation à la préfecture ;

CONDAMNE [N] [O] à payer à la S.A 3F OCCITANIE la somme de 300 euros au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile .

RAPPELLE que la présente décision est exécutoire de droit par provision.

La Greffière La Juge

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