TJ 83137, 3 juill. 2026, RG 26/00714
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Texte de la décision
N° RG 26/00714 - N° Portalis DB3E-W-B7K-N3A5
Minute n° 26/
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE TOULON
ORDONNANCE DE REFERE
du : 03 Juillet 2026
N° RG 26/00714 - N° Portalis DB3E-W-B7K-N3A5
Président : Nadine DUBOSCQ, Présidente
Assistée de : Jade DONADEY, Greffière
Entre
DEMANDERESSE
Madame [H] [Q], née le 20 Novembre 1954 à [Localité 1], demeurant [Adresse 1]
Représentée par Maître Cécile VAQUÉ, avocate au barreau de TOULON
Et
DEFENDEUR
Monsieur [W] [K], né le 02 Décembre 1977 à [Localité 2] (TUNISIE), demeurant [Adresse 2]
Non comparant, non représené
Débats :
Après avoir entendu à l’audience du 26 Mai 2026, les parties comparantes ou leurs conseils, le président les a informés que l’affaire était mise en délibéré et que l’ordonnance serait rendue ce jour par mise à disposition au greffe.
Grosse(s) délivrée(s) le : 03-07-2026
à : Me Cécile VAQUÉ - 0239
CCC à Monsieur [W] [K] par LRAR
Copie au dossier
N° RG 26/00714 - N° Portalis DB3E-W-B7K-N3A5
EXPOSÉ DU LITIGE
Par acte sous seing privé du 25 mars 2020, madame [Q] [H] a donné à bail à monsieur [K] [W] un box automobile portant le numéro 47 sis [Adresse 3] à [Localité 3].
Ledit bail a été conclu pour une durée d'un trimestre. Celui-ci s'est reconduit tacitement depuis.
Des loyers sont demeurés impayés.
Par acte de commissaire de justice du 21 janvier 2026, madame [Q] [H] a fait délivrer un commandement de payer visant la clause résolutoire à monsieur [K] [W], pour une somme de 606,57 euros au titre d'une part de l'arriéré de loyers et de charges et d'autre part du coût de l'acte.
C'est dans ces conditions que, par acte de commissaire de justice du 16 mars 2026, madame [Q] [H] a assigné monsieur [K] [W] devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Toulon afin de :
- constater la résiliation du bail signé à la [Localité 4], le 25 mars 2020;
- reconnaître à monsieur [W] [K] la qualité d'occupant sans droit ni titre ;
- ordonner son expulsion et celle de tous occupants de son chef, si besoin est avec recours à la force publique sous astreinte de 30€ par jour de retard à compter de la signification de l'ordonnance à intervenir ;
- condamner monsieur [W] [K] à régler une somme de 517,48 euros à titre de provision assortie des intérêts au taux légal à compter de la signification de la présente assignation, outre une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant des loyers et charges, indexée aux conditions figurant dans le bail à compter du 1er avril 2026 jusqu'à la parfaite libération des lieux ;
- condamner monsieur [W] [K] à régler une somme de 600 euros sur le fondement des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile ;
- le condamner aux entiers dépens, comprenant le coût du commandement signifié le 21 janvier 2026.
L'affaire a été appelée et évoquée à l'audience du 26 mai 2026.
Madame [Q] [H], représentée par son avocat, s'en remet à son acte introductif d'instance.
Régulièrement assigné par dépôt à étude du 16 mars 2026, monsieur [W] [K] n'a pas comparu et n'a pas conclu.
L'affaire a été retenue et mise en délibéré au 03 juillet 2026.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur la résiliation du contrat de location et l'expulsion monsieur [W] [K]
L'article 835 du code de procédure civile dispose que le président du tribunal judiciaire peut, même en présence d'une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s'imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite.
Dans les cas où l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable, ils peuvent accorder une provision au créancier, ou ordonner l'exécution de l'obligation même s'il s'agit d'une obligation de faire.
Selon l'article 1103 du code civil, " les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits ".
L'article 1729 du code civil prévoit que si le preneur n'use pas de la chose louée raisonnablement ou emploie la chose louée à un autre usage que celui auquel elle a été destinée, ou dont il puisse résulter un dommage pour le bailleur, celui-ci peut, suivant les circonstances, faire résilier le bail.
En l'espèce, il résulte des stipulations contractuelles qu'à défaut de paiement d'un terme du loyer à son échéance, le contrat est résilié de plein droit un mois après la délivrance d'un commandement de payer demeuré infructueux.
Un commandement de payer a été délivré le 21 janvier 2026. Des loyers sont demeurés impayés. Ainsi, le bail s'est trouvé résilié de plein droit le 21 février 2026 à minuit.
Dès lors, l'obligation de monsieur [W] [K] de quitter les lieux n'est pas contestable.
Il y a lieu de faire droit à la demande d'expulsion sous astreinte de 30 euros par jour calendaire de retard à compter du trentième jour suivant la signification de la présente décision.
Il est nécessaire de préciser que l'expulsion étant la seule mesure de nature à permettre au propriétaire de recouvrer la plénitude de son droit sur le bien occupé illicitement, l'ingérence qui en résulte dans le droit au respect du domicile de l'occupant, protégé par l'article 8 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ne saurait être disproportionnée eu égard à la gravité de l'atteinte portée au droit de propriété, Civ.3ème, 04 juillet 2019, n°18-17.119.
Sur l'indemnité d'occupation
Monsieur [W] [K] occupant le local sans droit ni titre, madame [Q] [H] est fondée à obtenir à titre provisionnel, une indemnité d'occupation mensuelle. En effet, celle-ci est destinée à indemniser le préjudice subi du fait de l'occupation rendant indisponible le local.
Cette indemnité d'occupation mensuelle à titre provisionnel est égale au montant du loyer que madame [Q] [H] aurait perçu si le bail ne s'était pas trouvé résilié, soit le montant du dernier loyer augmenté des charges indexées aux conditions figurant dans le bail à compter du 22 février 2026 et jusqu'à son départ définitif ou celui de tous occupants de son chef.
Sur les loyers et charges impayés
Aux termes de l'article 835 du code de procédure civile, le président du tribunal judiciaire peut dans les cas où l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable, accorder une provision au créancier.
En l'espèce, le bailleur justifie par la production du bail, du commandement de payer et d'un décompte que monsieur [W] [K] a cessé de payer ses loyers de manière régulière, et reste lui devoir une somme de 517,48 euros, arrêtée au 15 janvier 2026.
Dès lors, l'obligation de monsieur [W] [K] de payer la somme de 517,48 euros au titre des loyers échus et charges impayés, arrêtés au 15 janvier 2026, n'est pas sérieusement contestable.
Il y a lieu en conséquence de faire droit à la demande de provision au titre des impayés de loyers et charges du bail.
Sur les frais irrépétibles et les dépens
L'article 696 du code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n'en mette la totalité ou une fraction à la charge d'une autre partie.
En vertu de l'article 700 1° du code de procédure civile, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à ces condamnations.
Par conséquent, monsieur [W] [K], qui succombe, sera condamné aux dépens.
En outre, l'équité commande de condamner monsieur [W] [K] à verser à madame [Q] [H] la somme de 600 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Nous, Juge des référés, statuant par ordonnance prononcée par mise à disposition au greffe, réputée contradictoire, en premier ressort,
CONSTATONS la résiliation du bail le 21 février 2026 à minuit ;
ORDONNONS, à défaut de restitution volontaire des lieux dans les huit jours à compter de signification de la présente ordonnance, l'expulsion de monsieur [W] [K] et de tout occupant de son chef des lieux loués avec le concours, en tant que de besoin, de la force publique et d'un serrurier, sous astreinte de 30 euros par jour calendaire de retard;
AUTORISONS aux frais, risques et périls de monsieur [W] [K], le transport et la séquestration des objets mobiliers dans un garde-meubles choisi par le commissaire de justice instrumentaire;
CONDAMNONS monsieur [W] [K] à payer à madame [Q] [H], une indemnité d'occupation mensuelle à titre provisionnel, à compter du 22 février 2026, d'un montant égal au dernier loyer augmenté des charges indexée aux conditions figurant dans le bail, jusqu'à son départ définitif ou celui de tous occupants de son chef;
CONDAMNONS monsieur [W] [K] à payer à madame [Q] [H] la somme provisionnelle de 517,48 au titre des loyers et charges impayés ;
CONDAMNONS monsieur [W] [K] à payer à madame [Q] [H] la somme de 600 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNONS monsieur [W] [K] aux dépens de l'instance de référé;
RAPPELONS que la présente ordonnance est, de plein droit, exécutoire par provision ;
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition au greffe des référés du tribunal judiciaire de toulon, les jour, mois et an susdits
LA GREFFIÈRE LAPRÉSIDENTE
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