TJ 95500, 18 juin 2026, RG 25/07369
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Texte de la décision
PREMIERE CHAMBRE
18 Juin 2026
N° RG 25/07369 - N° Portalis DB3U-W-B7J-OXPV
Code NAC : 72A
S.D.C. LES FLORIANES DU HAZAY
C/
[C] [N]
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE PONTOISE
La Première Chambre du Tribunal judiciaire de Pontoise, statuant publiquement, par décision réputée contradictoire et en premier ressort assistée de Céline TERREAU, greffier, a rendu le 18 juin 2026, par mise à disposition au greffe, le jugement dont la teneur suit et dont ont délibéré :
Madame VAUTRAVERS, Première Vice-Présidente Adjointe
Madame Aude BELLAN, Vice-Présidente
Monsieur Didier FORTON, Juge
--==o0§0o==--
DEMANDEUR
SYNDICAT DES COPROPRIETAIRES “SDC LES FLORIANES DU HAZAY” DE L’ENSEMBLE IMMOBILIER SIS [Adresse 1], représenté par son syndic, le Cabinet SYNDIL, SARL, dont le siège social est situé [Adresse 2]
représenté par Me Aurélie GUERRE, avocat postulant au barreau du VAL D’OISE et assisté de Maître Benjamin JAMI, avocat plaidant au barreau de PARIS
DÉFENDEUR
Monsieur [C] [N], demeurant [Adresse 3]
défaillant
--==o0§0o==--
M. [C] [N] est propriétaire d’un bien immobilier situé [Adresse 4] à [Localité 1].
Par acte en date du 2 octobre 2025, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble situé [Adresse 4] à Cergy, représenté par son syndic la SARL Syndil a fait assigner devant ce tribunal M. [N] et demande sa condamnation à payer les sommes de :
- 8 293,01 euros, au titre des charges de copropriété et des frais, échéance du 3ème trimestre 2025 incluse,
- la capitalisation des intérêts,
- 3 000 euros à titre de dommages-intérêts.
Il demande également que M. [N] soit condamné aux dépens et au paiement de la somme de 1 320 euros en application de l'article 700 du code de procédure civile.
M. [N], bien que régulièrement assigné par acte notifié à étude, n’a pas constitué avocat.
La clôture de la mise en état a été ordonnée le 19 février 2026, l’affaire a été renvoyée à l’audience de plaidoirie du 16 avril 2026 et mise en délibéré au 18 juin 2026.
MOTIFS
Sur la demande en paiement des charges de copropriété
En vertu de l'article 10 de la loi du 10 juillet 1965, les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et les éléments d'équipement commun en fonction de l'utilité que ces services et éléments représentent à l'égard de chaque lot et aux charges relatives à la conservation, à l'entretien et à l'administration des parties communes, proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots.
L'obligation à la dette existe, dès lors que l'assemblée générale des copropriétaires a approuvé les comptes présentés par le syndic et qu'aucun recours n'a été formé dans le délai légal, mentionné à l'article 42 de la loi du 10 juillet 1965.
Enfin, en vertu de l'article 35 du décret du 17 mars 1965, les appels provisionnels auxquels procède le syndic, dans les limites et sous les conditions prévues par ce texte, constituent une créance certaine, liquide et exigible.
L’article 1353 du code civil dispose que celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l'extinction de son obligation.
Le syndicat des copropriétaires justifie du principe de la créance invoquée en versant aux débats :
- la matrice cadastrale dont il résulte que M. [N] est propriétaire de biens et droits immobiliers dépendant d'un immeuble soumis au statut de la copropriété, formant les lots 178 et 233,
- les bordereaux d'appels de fonds et de provisions,
- les procès-verbaux des assemblées générales des 1er juin 2023 et 31 mai 224 ayant approuvé les comptes et voté les budgets prévisionnels, ainsi que les travaux appelés,
- un relevé de compte individuel détaillé,
- le contrat de syndic.
Ces éléments laissent apparaître un solde débiteur du syndicat des copropriétaires de 7 597,01 euros correspondant aux charges impayées hors frais.
Sur les frais nécessaires
L’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965 dispose que sont imputables au seul copropriétaire concerné : les frais nécessaires exposés par le syndicat, notamment les frais de mise en demeure, de relance, de prise d’hypothèque à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire ainsi que les droits et émoluments des actes des huissiers de justice et le droit de recouvrement ou d’encaissement à la charge du débiteur.
En application de cet article, sont imputables au seul copropriétaire les frais nécessaires au recouvrement de sa créance, exposés postérieurement à la mise en demeure effectuée par le syndicat.
En l’espèce, le syndic ne justifie pas avoir mis en demeure les défendeurs avant d’engager les frais de recouvrement. En effet, si des lettres de mise en demeure ou de relance sont produites, aucun accusé réception n’est versé permettant d’établir la date de la mise en demeure des débiteurs.
En conséquence, aucun frais ne pourra être retenu.
Sur la capitalisation des intérêts
Aux termes de l'article 1343-2 du code civil, les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise.
En l'espèce, dès lors que le demandeur sollicite le bénéfice de cette disposition, il sera fait droit à sa demande.
Sur la demande de dommages et intérêts
Aux termes de l'article 1231-6 alinéa 3 du code civil, le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts de l'intérêt moratoire.
Le syndicat des copropriétaires ne justifie pas de l’existence d’un préjudice distinct de celui généré par les retards de paiement qui est compensé par les intérêts moratoires et sera débouté de sa demande.
Sur les autres demandes
M. [N], partie perdante, supportera les dépens de la présente instance.
Pour recouvrer sa créance, le syndicat s'est trouvé contraint d’introduire une action en justice ce qui lui a occasionné des frais non compris dans les dépens justifiant l'octroi de la somme de 1 320 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Le tribunal,
Condamne M. [N] à payer au syndicat des copropriétaires de l'immeuble situé [Adresse 4] à [Localité 1] la somme 7 597,01 euros au titre des charges de copropriété et appels travaux dus pour la période entre le 1er janvier 2025 et le 20 août 2025, appel du 3èmes trimestre inclus ;
Ordonne la capitalisation des intérêts dans les conditions de l’article 1343-2 du code civil ;
Rejette la demande en dommages et intérêts du syndicat des copropriétaires ;
Condamne M. [N] aux dépens ;
Condamne M. [N] à verser au syndicat des copropriétaires la somme de 1 320 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile.
Ainsi fait et jugé à [Localité 2], le 18 juin 2026.
Le Greffier, La Présidente,
Céline TERREAU Madame VAUTRAVERS
Notification le :
Me Aurélie GUERRE
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