TJ 42218, 12 mai 2026, RG 26/00181
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Texte de la décision
Minute n°
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
TRIBUNAL JUDICIAIRE de SAINT ETIENNE
N° RG 26/00181 - N° Portalis DBYQ-W-B7K-JFFQ
4ème CHAMBRE CIVILE
JUGEMENT DU 12 Mai 2026
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Lors des débats et du délibéré :
Présidente : Madame Alicia VITELLO Vice-Présidente du Tribunal Judiciaire
assistée, pendant les débats de Madame Gisèle LAUVERNAY, greffière ;
DEBATS : à l'audience publique du 01 Avril 2026
ENTRE :
SYNDICAT DES COPROPRIETAIRES DE L’IMMEUBLE METARE I SIS [Adresse 1] [Localité 1] PAR SON SYNDIC LE CABINET FONCIA, dont le siège social est sis [Adresse 2]
représenté par Maître Hervé ASTOR de la SELARL ASC AVOCATS & ASSOCIES, avocats au barreau de SAINT-ETIENNE
ET :
Madame [L] [S] épouse [M]
demeurant [Adresse 3]
non comparante
JUGEMENT :
par défaut et en dernier ressort,
Prononcé par mise à disposition au greffe à la date du 12 Mai 2026
EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCEDURE
Madame [L] [S] épouse [M] est copropriétaire dans l’immeuble « [Localité 2] » sis [Adresse 4], [Adresse 5] et [Adresse 6] à [Localité 3].
En raison d'un arriéré de charges, le syndicat des copropriétaires de cet immeuble a fait délivrer un commandement de payer demeuré infructueux à l’encontre de Madame [L] [S] épouse [M], en date du 24 octobre 2025.
Suite à une tentative de conciliation, un constat de carence a été dressé le 5 janvier 2026.
Par acte délivré par commissaire de justice le 11 mars 2026, le syndicat des copropriétaires a fait assigner Madame [L] [S] épouse [M] devant le Tribunal Judiciaire de Saint-Etienne.
A l'audience du 1er avril 2026, à laquelle l'affaire a été retenue, le syndicat des copropriétaires, représenté par son avocat, demande à la juridiction de :
Condamner Madame [L] [S] épouse [M] à lui payer les sommes de :
3 809,94 € au titre des charges de copropriété impayées, outre les intérêts au taux légal à compter du commandement de payer ;200 € de dommages et intérêts ;800 € au titre de l'article 700 du Code de procédure civile, outre les entiers dépens, en ce compris le coût du commandement de payer ;Ordonner l'exécution provisoire du présent jugement.
Au visa des articles 10 et 10-1 de la loi du 10 juillet 1965 et 1231-6 du Code civil, il soutient que, malgré les relances, les charges de copropriété restent impayées et que la copropriété va être contrainte de faire un appel de fonds supplémentaire, la trésorerie étant en péril. Il ajoute que les frais exposés par le syndicat sont forcément nécessaires. Il affirme que les frais de dossier, d’avocats et d’huissier, sont à mettre à la charge de la copropriétaire, en ce qu’ils constituent des diligences exceptionnelles, puisqu’elle a déjà été condamnée par la juridiction pour les mêmes faits.
Madame [L] [S] épouse [M], dont l’assignation a été signifiée à étude, n’a pas comparu.
Pour un plus ample exposé des moyens et des prétentions des parties, il convient de renvoyer à leurs conclusions déposées et soutenues à l’audience, conformément aux dispositions de l’article 455 du Code de procédure civile.
Par note en délibéré autorisée par le juge et reçue le 24 avril 2026, le syndicat des copropriétaires a transmis les justificatifs sollicités.
Sur quoi, l'affaire est mise en délibéré au 12 mai 2026.
MOTIFS DE LA DECISION
Aux termes de l’article 472 du Code de procédure civile, lorsque la défenderesse ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond, le juge ne faisant droit à la demande que s’il l’estime recevable, régulière et bien fondée.
Sur les charges de copropriété
En application de l'article 1103 du Code civil et de l’article 10 alinéa 2 et 3 de la loi du 10 juillet 1965, les copropriétaires sont tenus de participer aux charges relatives à la conservation, à l’entretien et à l’administration des parties communes proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots, telles que ces valeurs résultent des dispositions de l’article 5. Le règlement de copropriété fixe la quote-part afférente à chaque lot dans chacune des catégories de charges.
Par ailleurs, l’article 14-1 de la même loi dispose que, pour faire face aux dépenses courantes de maintenance, de fonctionnement et d’administration des parties communes et équipements communs de l’immeuble, le syndicat des copropriétaires vote, chaque année, un budget prévisionnel. L’assemblée générale des copropriétaires appelée à voter le budget prévisionnel est réunie dans un délai de six mois à compter du dernier jour de l’exercice comptable précédent. Les copropriétaires versent au syndicat des provisions égales au quart du budget voté. Toutefois, l’assemblée générale peut fixer des modalités différentes.
Aux termes de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, il est indiqué que sont imputables au seul copropriétaire concerné : les frais nécessaires exposés par le syndicat, notamment les frais de mise en demeure, de relance et de prise d’hypothèque à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire ainsi que les droits et émoluments des actes des huissiers de justice et le droit de recouvrement ou d’encaissement à la charge du débiteur.
Au vu des pièces versées au débat, et plus précisément en vertu du décompte fourni, il ressort que Madame [L] [S] épouse [M] est redevable de la somme de 4 373,56 €, arrêté au jour de l’audience.
S'agissant des frais de recouvrement, ils sont dus par le copropriétaire ne payant pas ses charges de copropriété au titre de l'article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, sous réserve de leurs justifications.
En l'espèce, les frais d’huissier du 8 décembre 2025 ne sont pas justifiés, une conciliation étant par nature gratuite.
Par ailleurs, les frais de transmission du dossier à l’huissier et à l’avocat ne sont pas justifiés par des diligences exceptionnelles du syndic et constituent des honoraires non prévus par la loi, quand bien même il s’agit d’une seconde procédure judiciaire.
Enfin, l’assignation relève des dépens.
Il convient donc de les retirer des sommes dues par Madame [L] [S] épouse [M].
Le commandement de payer fait partie des frais de recouvrement de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965 et sera retenu.
Madame [L] [S] épouse [M] est condamnée à payer au syndicat des copropriétaires la somme de 3 285,97 € au titre des charges de copropriété impayées et des frais de recouvrement arrêtés au 1er avril 2026 inclus, avec intérêts au taux légal à compter du commandement de payer sur la somme de 2 185,77 € et à compter de la signification du jugement pour le surplus.
Sur la demande de dommages et intérêts
En application de l'article 1231-6 du Code civil, le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts des intérêts moratoires de la créance.
En l’espèce, Madame [L] [S] épouse [M] a déjà été condamnée par jugement du 4 avril 2025 pour des charges de copropriété impayées. Malgré cela, elle n’a pas régularisation sa situation, caractérisant ainsi sa résistance abusive.
En conséquence, il convient de faire droit à la demande du syndicat des copropriétaires et de condamner Madame [L] [S] épouse [M] à lui payer la somme de 200 €.
Sur les demandes accessoires
Aux termes de l'article 696 du Code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n'en mette la totalité ou une fraction à la charge d'une autre partie.
En l'espèce, Madame [L] [S] épouse [M] succombant à l'instance, elle est condamnée aux dépens. Le commandement de payer étant inclus dans les frais au principal, il n’y a pas lieu de les inclure dans les dépens.
Aux termes de l'article 700 du Code de procédure civile, dans toutes les instances le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a lieu à condamnation.
En l'espèce, Madame [L] [S] épouse [M], partie perdante, est condamnée à verser au syndicat des copropriétaires la somme de 500 € au titre de l'article 700 du Code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS,
Le Tribunal, statuant publiquement, par jugement par défaut, rendu en dernier ressort et par mise à disposition au greffe,
CONDAMNE Madame [L] [S] épouse [M] à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble « Métare I » sis [Adresse 7] et [Adresse 6] à [Localité 3] la somme de 3 285,97 € au titre des charges de copropriété impayées et des frais de recouvrement arrêtés au 1er avril 2026 inclus, avec intérêts au taux légal à compter du commandement de payer sur la somme de 2 185,77 € et à compter de la signification du jugement pour le surplus ;
CONDAMNE Madame [L] [S] épouse [M] à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble « Métare I » sis [Adresse 4], [Adresse 5] et [Adresse 6] à [Localité 3] la somme de 200 € à titre de dommages et intérêts ;
CONDAMNE Madame [L] [S] épouse [M] à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble « Métare I » sis [Adresse 4], [Adresse 5] et [Adresse 6] à [Localité 3] la somme de 500 € au titre de l'article 700 du Code de procédure civile ;
Notification le :
- CCC à :
- Copie exécutoire à :
- CCC au dossier
CONDAMNE Madame [L] [S] épouse [M] aux dépens.
Le présent jugement, prononcé à la date indiquée en tête des présentes, est signé par le juge présidant l’audience des débats et le greffier du prononcé,
Le GREFFIER La PRESIDENTE
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