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TJ 75056, 17 juill. 2026, RG 26/01293


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Date
17/07/2026
Numéro
26/01293
Lieu / cour
tj75056
Chambre
PCP JCP ACR fond
Type
other
MàJ source
2026-07-20
Id
6a5e729184f14adac9b10c41

Texte de la décision

12,192 caractères

TRIBUNAL
JUDICIAIRE
DE PARIS [1]

[1] Copie conforme délivrée
le :
à :Monsieur [G] [C] [U] ; PREFET DE PARIS

Copie exécutoire délivrée
le :
à :Maître Karim-Alexandre BOUANANE

Pôle civil de proximité
■

PCP JCP ACR fond

N° RG 26/01293 - N° Portalis 352J-W-B7K-DCBEC

N° MINUTE : 3/2026

JUGEMENT
rendu le 17 juillet 2026

DEMANDERESSE
S.A.S. HENEO, dont le siège social est sis [Adresse 1]
Représentée par Maître Karim-Alexandre BOUANANE, avocat au barreau de Paris, vestiaire : E1971

DÉFENDEUR
Monsieur [G] [C] [U], demeurant [Adresse 2]
non comparant, ni représenté

COMPOSITION DU TRIBUNAL
Anne BRON, Vice-présidente, juge des contentieux de la protection
assistée de Nahed FERDJANI, Greffier,

DATE DES DÉBATS
Audience publique du 12 mai 2026

JUGEMENT
réputé contradictoire et en premier ressort prononcé par mise à disposition le 17 juillet 2026 par Anne BRON, juge des contentieux de la protection assistée de Nahed FERDJANI, Greffier

Décision du 17 juillet 2026
PCP JCP ACR fond - N° RG 26/01293 - N° Portalis 352J-W-B7K-DCBEC

EXPOSE DU LITIGE

Par contrat sous seing privé en date du 9 novembre 2020, la société HENEO a donné à bail meublé à Monsieur [G] [C] [U] un logement dans une résidence située [Adresse 3].

La société HENEO a fait signifier au preneur un commandement de payer la somme de 1545,42 euros au titre des redevances impayées par acte de commissaire de justice du 23 octobre 2025 visant la clause résolutoire prévue au contrat.

Par acte de commissaire de justice en date du 5 janvier 2026, la société HENEO a fait assigner Monsieur [G] [C] [U] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Paris aux fins de voir :
- Constater l'acquisition de la clause résolutoire, ou prononcer la résiliation judiciaire du titre d'occupation,
- ordonner l'expulsion sans délai du preneur et de tout occupant de son chef avec le concours de la force publique si besoin est,
- condamner Monsieur [G] [C] [U] à lui payer la somme de 2103,56 euros au titre des redevances impayées avec intérêts légaux à compter du commandement de payer, ainsi qu'une indemnité d'occupation à compter de la résiliation du contrat et jusqu'à libération effective des lieux d'un montant mensuel égal à la redevance actualisée,
- condamner Monsieur [G] [C] [U] à lui payer la somme de 500 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile, et à payer les dépens.

A l'audience du 12 mai 2026, la société HENEO, représentée par son conseil, a sollicité le bénéfice de son acte introductif d'instance.

Assigné à étude, Monsieur [G] [C] [U] n'a pas comparu et ne s'est pas fait représenter. Il sera par conséquent statué par jugement réputé contradictoire.

La décision a été mise en délibéré par mise à disposition au greffe au 17 juillet 2026.

MOTIFS DE LA DECISION

Aux termes de l'article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière, recevable et bien fondée.

A titre liminaire sur le statut juridique applicable au titre d'occupation litigieux, il convient de rappeler que le logement occupé par Monsieur [G] [C] [U] est soumis à la législation des logements-foyers résultant des articles L.633-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation. Ainsi, il est soumis à une réglementation spécifique qui exclut le droit au maintien dans les lieux de l'occupant et il échappe aux dispositions protectrices de l'article L.632-1 du code de la construction et de l'habitation en vertu de l'article L.632-3 du même code ainsi qu'au titre Ier bis précité de la loi du 6 juillet 1989 en vertu de l'article 25-3 de la loi du 6 juillet 1989.

Sur la résiliation du titre d'occupation

Aux termes de l'article 1224 du code civil, la résolution d'un contrat résulte soit de l'application d'une clause résolutoire soit, en cas d'inexécution suffisamment grave, d'une notification du créancier au débiteur ou d'une décision de justice. L'article 1229 du même code précise que lorsque les prestations échangées ont trouvé leur utilité au fur et à mesure de l'exécution réciproque du contrat, il n'y a pas lieu à restitution pour la période antérieure à la dernière prestation n'ayant pas reçu sa contrepartie et que, dans ce cas, la résolution est qualifiée de résiliation. L'article 1225 précise qu'en présence d'une clause résolutoire, la résolution est subordonnée à une mise en demeure infructueuse s'il n'a pas été convenu que celle-ci résulterait du seul fait de l'inexécution. La mise en demeure doit viser expressément la clause résolutoire pour produire effet.

En matière de logement foyer plus précisément, en application de l'article L.633-2 du code de la construction et de l'habitation, le contrat est conclu pour une durée d'un mois et tacitement reconduit à la seule volonté de la personne logée. La résiliation du contrat par le gestionnaire ou le propriétaire ne peut intervenir que dans les cas suivants :
- inexécution par la personne logée d'une obligation lui incombant au titre de son contrat ou d'un manquement grave ou répété au règlement intérieur ;
- cessation totale d'activité de l'établissement ;
- cas où la personne logée cesse de remplir les conditions d'admission dans l'établissement considéré.

L'article R.633-3 du même code précise que le gestionnaire ou le propriétaire peut résilier le contrat dans l'un des cas prévus à l'article L. 633-2 sous réserve d'un délai de préavis :
a) d'un mois en cas d'inexécution par la ou les personnes titulaires du contrat d'une obligation leur incombant au titre de ce contrat ou en cas de manquement grave ou répété au règlement intérieur. La résiliation peut être décidée pour impayé, lorsque trois termes mensuels consécutifs, correspondant au montant total à acquitter pour le logement, les charges et les prestations obligatoires et facultatives, sont impayés ou bien, en cas de paiement partiel, lorsqu'une somme au moins égale à deux fois le montant mensuel à acquitter pour le logement et les charges reste due au gestionnaire.
b) de trois mois lorsque la personne logée cesse de remplir les conditions d'admission dans l'établissement telles qu'elles sont précisées dans le contrat ou lorsque l'établissement cesse son activité.

Cet article précise les conditions de forme de la résiliation en indiquant que la résiliation du contrat est signifiée par huissier de justice ou notifiée par courrier écrit remis contre décharge ou par lettre recommandée avec avis de réception. Il est jugé au visa de ce texte que la mise en œuvre de la clause résolutoire du contrat de résidence d'un logement-foyer est subordonnée à la remise effective de la lettre de mise en demeure à son destinataire.

En l'espèce, le bail conclu le 9 novembre 2020 contient une clause résolutoire (article 7) en cas de manquement du résident aux conditions du titre d'occupation et notamment en cas d'impayé des redevances.

Un commandement de payer l'arriéré de redevances correspondant à deux fois au moins le montant mensuel dû, et précisant que le bailleur entend se prévaloir de la résiliation de plein droit du contrat a été signifié à Monsieur [G] [C] [U] le 23 octobre 2025.
Les causes du commandement n'ont pas été réglées dans le délai d'un mois.

Il sera ainsi constaté la résiliation du bail au 24 novembre 2025.

Monsieur [G] [C] [U] étant sans droit ni titre depuis le 24 novembre 2025, il convient d'ordonner son expulsion ainsi que l'expulsion de tous occupants de son chef, selon les modalités fixées au dispositif de la présente décision.

Aucune circonstance particulière de l'espèce ne justifiant que le délai de deux mois prévu par les dispositions des articles L. 412-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution soit réduit ou supprimé, il convient d'indiquer que passé le délai de deux mois suivant la signification du commandement d'avoir à libérer les lieux, il pourra être procédé à cette expulsion, avec le concours de la force publique.

Il est rappelé enfin que le sort du mobilier garnissant le logement est prévu par les articles L.433-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution.

Sur la demande en paiement au titre de l'arriéré de redevances et de l'indemnité d'occupation

Monsieur [G] [C] [U] est redevable des redevances impayées jusqu'à la date de résiliation du bail en application des articles 1103 et 1217 du code civil. Par ailleurs, le maintien dans les lieux postérieurement à la résiliation du bail crée un préjudice au bailleur privé de la jouissance et de la valeur locative de son bien justifiant de lui allouer une indemnité d'occupation égale au montant de la redevance qui aurait été due si le bail s'était poursuivi, à compter de la résiliation du bail et jusqu'à la libération des lieux.

En l'espèce, la société HENEO produit un décompte démontrant que Monsieur [G] [C] [U] restait lui devoir la somme de 1120,63 euros à la date du 30 avril 2026, terme d'avril inclus, cette somme correspondant à l'arriéré des redevances, et indemnités d'occupation échues à cette date.

Monsieur [G] [C] [U] sera donc condamné au paiement de la somme de 1120,63 euros avec intérêts au taux légal à compter de la signification du jugement, outre au paiement d'une indemnité mensuelle d'occupation pour la période courant du 1er mai 2026 à la date de la libération des lieux, égale au montant de la redevance qui aurait été due si le bail s'était poursuivi.

Décision du 17 juillet 2026
PCP JCP ACR fond - N° RG 26/01293 - N° Portalis 352J-W-B7K-DCBEC

Sur les demandes accessoires

Monsieur [G] [C] [U], partie perdante, supportera la charge des dépens en application de l'article 696 du code de procédure civile.

Il serait inéquitable de laisser à la charge de la société HENEO les frais exposés par elle dans la présente instance et non compris dans les dépens. La somme de 150 euros lui sera donc allouée au titre de l'article 700 du code de procédure civile.

La présente décision est exécutoire à titre provisoire, conformément à l'article 514 du code de procédure civile.

PAR CES MOTIFS

Le juge des contentieux de la protection, statuant publiquement, après débats en audience publique, par jugement réputé contradictoire, en premier ressort,

CONSTATE la résiliation du bail conclu le 9 novembre 2020 entre la société HENEO et Monsieur [G] [C] [U] concernant le logement situé [Adresse 3] à la date du 24 novembre 2025,

ORDONNE en conséquence à Monsieur [G] [C] [U] de libérer de sa personne, de ses biens, ainsi que de tous occupants de son chef, les lieux situés [Adresse 3] ainsi que, le cas échéant, tous les lieux loués accessoirement au logement,

DIT qu'à défaut de libération volontaire, il pourra être procédé à son expulsion et à celle de tous occupants de son chef avec l'assistance de la force publique et d'un serrurier, à l'expiration d'un délai de deux mois suivant la délivrance d'un commandement d'avoir à libérer les lieux,

RAPPELLE que le sort des meubles sera régi conformément aux dispositions des articles L. 433-1 et L. 433-2 du code des procédures civiles d'exécution,

CONDAMNE Monsieur [G] [C] [U] à verser à la société HENEO la somme de 1120,63 euros due au 30 avril 2026, terme d'avril inclus, au titre de l'arriéré de redevances et indemnités d'occupation, avec intérêts au taux légal à compter de la signification de la décision,

CONDAMNE Monsieur [G] [C] [U] à verser à la société HENEO une indemnité mensuelle d'occupation d'un montant équivalent à celui de la redevance qui aurait été due si le contrat s'était poursuivi, à compter du 1er mai 2026 et jusqu'à la date de la libération des lieux,

DEBOUTE la société HENEO de ses autres demandes,

CONDAMNE Monsieur [G] [C] [U] à verser à la société HENEO une somme de 150 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile,

CONDAMNE Monsieur [G] [C] [U] aux dépens,

RAPPELLE que le présent jugement est exécutoire de plein droit à titre provisoire.

Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition les jour, mois et an susdits par le juge des contentieux de la protection et le Greffier susnommés.

Le greffier Le juge des contentieux de la protection

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