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tj Expulsion "conditionnelle" ordonnée au fond avec suspension des effets de la clause résolutoire source api

TJ 78646, 21 juill. 2026, RG 25/00795


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Date
21/07/2026
Numéro
25/00795
Lieu / cour
tj78646
Chambre
TPX SGL JCP FOND
Type
other
MàJ source
2026-07-21
Id
6a5fc3ef84f14adac9d3f50e

Texte de la décision

19,309 caractères

MINUTE N°
N° RG 25/00795 - N° Portalis DB22-W-B7J-THYF

Société [Localité 1] - Entreprise Sociale pour l’Habitat

C/

Madame [D] [F] [N]
Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y]

TRIBUNAL DE PROXIMITÉ
Juge des contentieux de la protection
[Adresse 1]
[Adresse 2]
[Localité 2]

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

JUGEMENT DU 21 Juillet 2026

DEMANDEUR :

Société [Localité 1] - Entreprise Sociale pour l’Habitat, nouvelle dénomination de la société anonyme LE FOYER POUR TOUS - Entreprise Sociale pour l’Habitat, société anonyme à Conseil d’Administration inscrite au R.C.S. de PARIS sous le numéro B 592 001 648, dont le siège social est au [Adresse 3], agissant poursuites et diligences de son Président du Conseil d’Administration domicilié en cette qualité audit siège, représentée par Maître Sophie COMMERÇON, avocat au barreau de PARIS, substitué par Maître Essadia PEPIN D’ALBIERES, avocat

d'une part,

DÉFENDEUR :

Madame [D] [F] [N] épouse [R] [Y], née le 3 mai 1982 à [Localité 3] (SRI LANKA), demeurant [Adresse 4], comparante en personne

Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y], né le 19 mars 1983 à [Localité 3] (SRI LANKA), demeurant [Adresse 4], comparante en personne

d'autre part,

COMPOSITION DU TRIBUNAL :

Juge des contentieux de la protection : Sophie VERNERET-LAMOUR
Greffier : Thomas BOUMIER

Copies délivrées le :

1 copie exécutoire à Maître Sophie COMMERÇON

1 copie certifiée conforme à Madame [D] [F] [N] épouse [R] [Y] et à Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y]

EXPOSÉ DU LITIGE

Suivant acte sous seing privé en date du 25 mai 2020, la SA [Localité 1] a donné à bail à Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N] un logement sis [Adresse 5].

Le 28 février 2025, la bailleresse a fait signifier aux locataires un commandement de payer visant la clause résolutoire insérée au bail, pour un montant en principal de 2872,16 euros au titre des loyers et charges impayés.

Le 5 mars 2025, la SA [Localité 1] a saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (ci-après la CCAPEX) de l'existence d'impayés de loyers.

Par acte decommissaire de Justice en date du 15 juillet 2025, la SA [Localité 1] a assigné Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N] devant le juge des contentieux de la protection aux fins de :
- constater l'acquisition de la clause résolutoire ;
- ordonner leur expulsion et celle de tout occupant de leur chef, avec au besoin l'assistance de la force publique ;
- autoriser le transport et la séquestration des meubles et objets mobiliers se trouvant dans les lieux dans un garde-meubles, aux frais de Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N] ;
- condamner solidairement Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N] au paiement, des sommes suivantes :
* 3743,80 euros au titre de l'arriéré de loyers et de charges, arrêté au 1er juillet 2025, échéance de incluse, avec intérêts au taux légal à compter de la date de signification du commandement ;
* une indemnité d’occupation d’un montant équivalent à celui du loyer et des charges, à compter de la résiliation du bail jusqu’à leur libération effective des lieux loués ;
* 500 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ;
* les entiers dépens de l’instance ;
- ordonner l'exécution provisoire.

L'assignation a été dénoncée à la préfecture le 17 juillet 2025.

A l'audience du 21 mai 2026, la SA [Localité 1], représentée par son Conseil, maintient ses demandes initiales sauf à préciser qu'en vertu d’un décompte arrêté au 20 mai 2026, l’arriéré s’élève désormais à la somme de 680,90 euros, échéance d'avril 2026 incluse, précisant que le dernier prélèvement effectué par les défendeurs a été rejeté.

Au soutien de ses prétentions, elle se fonde sur l'article 24 de la loi du 06 juillet 1989 en indiquant que Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N] n'ont pas réglé les sommes réclamées dans le délai de deux mois suivant la délivrance du commandement de payer.

Elle indique néanmoins ne pas être opposée à l'octroi de délais de paiement et de suspension de la clause résolutoire.

Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N], qui comparaissent, contestent le principe de la dette affirmant avoir effectué un virement peu de temps avant l'audience. En tout état de cause, ils sollicitent la suspension de la clause résolutoire et des délais de paiement à hauteur de 60 euros par mois en plus du loyer courant. Ils indiquent que Monsieur [R] [Y] perçoit le SMIC et Madame [N] un salaire de 1250 euros. Monsieur indique travailler dans un musée et Madame travaille dans une cantine d'école. Ils ajoutent percevoir des allocations familiales à hauteur de 500 euros.

A l'issue des débats, l'affaire a été mise en délibéré au 21 juillet 2026.

Par note en délibéré autorisée reçue le 27 mai 2026, la bailleresse a transmis un décompte actualisé en date du 22 mai 2026 duquel il ressort un solde négatif de 680,90 euros, échéance d'avril2026 incluse.

MOTIFS DE LA DÉCISION

Sur la recevabilité

Conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi du 6 juillet 1989, une copie de l’assignation a été portée à la connaissance du service compétent de la préfecture des Yvelines le 17 juillet 2025, soit au moins six semaines avant la première audience.

Par ailleurs, la SA [Localité 1] justifie avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives le 5 mars 2025, soit deux mois au moins avant la délivrance de l'assignation du 15 juillet 2025, conformément aux dispositions de l'article 24 II de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.

La demande d'acquisition de la clause résolutoire est donc recevable.

Sur la demande en paiement

Il résulte de l’article 7 de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 ainsi que des stipulations du bail que le locataire est tenu de payer le loyer et les charges récupérables au terme convenu.

Conformément aux dispositions de l’article 4 p) de la loi précitée, est réputée non écrite toute clause qui fait supporter au locataire des frais de relance ou d'expédition de la quittance ainsi que les frais de procédure en plus des sommes versées au titre des dépens et de l'article 700 du code de procédure civile. Il résulte de ces dispositions que le bailleur ne peut mettre à la charge du locataire les frais relatifs au recouvrement amiable ou contentieux de sa créance au titre de l’arriéré locatif.

En application de l'article 1353 du code civil, celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit la prouver et réciproquement, celui qui se prétend libéré, doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l'extinction de son obligation.

En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment du bail signé le 25 mai 2020, du commandement de payer délivré le 28 février 2025 et du décompte de la créance actualisé au 20 mai 2026 que la créance de la SA [Localité 1] à l'égard de Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N] est établie dans son principe.

S'agissant de son montant, il convient de déduire les sommes suivantes : 448,75 euros correspondant à des frais de poursuites.

Il ne saurait être tenu compte dans le cadre du présent jugement du courriel du défendeur reçu le 27 mai et par lequel celui-ci indique avoir effectué un virement le 28 mai 2026 pour un montant de 680 euros dans la mesure où ce virement est intervenu postérieurement à l'audience et qu'il n'est pas possible au tribunal de vérifier que ce montant a effectivement été perçu par la bailleresse.

En tout état de cause, si ce virement a bien été perçu par la bailleresse, le montant versé sera déduit des sommes dues dans le cadre de l'exécution de la présente décision et de la poursuite du contrat de bail.

Par conséquent, Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N] seront condamnés à lui payer, solidairement en application des stipulations du bail, la somme de 232,15 euros, au titre de l'arriéré locatif arrêté au 22 mai 2026, échéance d' avril 2026 incluse.

Cette somme produira intérêts au taux légal à compter de la présente décision.

Sur l'acquisition de la clause résolutoire et ses effets

Si la loi du 27 juillet 2023 est venue modifier les termes de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 régissant les rapports locatifs, la nouvelle mouture de l'article 24I ne s'applique pas en l'espèce. En l'absence de dispositions transitoires prévues dans le nouveau texte de loi, et considérant que le caractère d'ordre public attaché à cette matière est un ordre public de protection envers le locataire, l'intention initiale des parties prévaut, quant à l'application de la clause résolutoire, en ce qu'elle est plus protectrice des droits du locataire.

Dans son avis du 13 juin 2024 (Civ.3, pourvoi n°24-70.0002), la Cour de cassation a précisé que les délais contractuels mentionnés au sein des baux en cours à la date d'entrée en vigueur de la loi du 27 juillet 2023 demeuraient applicables.

Les nouvelles dispositions de la loi du 27 juillet 2023 n'auront par conséquent pas à s'appliquer en la matière.

Par conséquent, l'article 24 I de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989, non modifié, prévoit que "toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux".

En l’espèce, le bail conclu entre les parties contient une clause aux termes de laquelle le contrat se trouvera de plein droit résilié, en cas de défaut de paiement des loyers et accessoires, deux mois après un commandement de payer resté infructueux.

Un commandement de payer, visant la clause résolutoire stipulée au bail, a été signifié à Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N] le 28 février 2025.

Il est en outre établi, au vu des éléments fournis, que ce commandement est resté au moins partiellement infructueux pendant un délai supérieur à deux mois.
Les conditions d'acquisition de la clause résolutoire sont en principe réunies à l'expiration du délai de deux mois à compter du commandement de payer, soit le 28 avril 2025 à 24 heures. En conséquence, il y a lieu de constater la résiliation du bail conclu le 25 mai 2020 à compter du 29 avril 2025.

Sur les délais de paiement et la suspension des effets de la clause résolutoire
L'article 24 V et VII de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 prévoit que "Le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d'office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu'il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années (...) Lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge (...) Si le locataire se libère de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixés par le juge, la clause de résiliation de plein droit est réputée ne pas avoir joué. Dans le cas contraire, elle reprend son plein effet".
En l'espèce, Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N] proposent de s'acquitter des sommes dues de façon échelonnée. Ils justifient de leur situation financière et personnelle et sont donc en mesure de régler la dette locative en plusieurs mensualités. En outre, le bailleur ne s'oppose pas à l'octroi de délais de paiement.
Au vu de ces éléments, il convient d'accorder des délais de paiement à Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N] selon les modalités précisées au dispositif.
En conséquence, il y a lieu de rappeler à Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N] que pendant le cours des délais ainsi accordés, les effets de la clause résolutoire seront suspendus. La clause résolutoire sera réputée ne jamais avoir joué si les locataires s’acquittent des échéances courantes et des mensualités supplémentaires prévues dans les délais fixés au dispositif de la présente décision.

Au contraire, en cas de non paiement d’une échéance courante ou d'une mensualité supplémentaire fixée au dispositif, la clause résolutoire reprendrait sa pleine efficacité et l’intégralité de la dette locative restée impayée serait immédiatement exigible par la bailleresse.
De plus, l’expulsion de Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N] et de tout occupant de leur chef serait autorisée.
Le sort des meubles sera régi conformément aux dispositions des articles L. 433-1 et suivants et R. 433-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution.

Sur la fixation de l'indemnité d'occupation due par Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N]
Selon l'article 1730 du code civil, à l'expiration du bail le locataire doit restituer les locaux. La restitution des lieux implique la remise des clefs.
Aux termes de l'article 1240 du code civil, tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. Il résulte de ce texte que l'occupant sans droit ni titre d'un local est tenu d'une indemnité d'occupation envers le propriétaire, et que l'indemnité d'occupation, dont la nature est mixte, compensatoire et indemnitaire, constitue la contrepartie de l'occupation du bien après résiliation du bail et de son indisponibilité pour le bailleur.
En l'espèce, le bail se trouve résilié depuis le 29 avril 2025.
Toutefois, les effets de cette résiliation sont suspendus du fait de l'octroi de délais de paiement. En cas de non-respect des délais fixés au dispositif, Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N] deviendraient occupants sans droit ni titre à compter de cette date.
Il convient dès lors de fixer une indemnité d'occupation en réparation du préjudice causé par l’occupation sans droit ni titre du local après résiliation du bail, destinée à compenser la perte de jouissance du bien. L'indemnité d'occupation sera égale au montant du loyer révisé, augmenté des charges, qui auraient été dus si le bail s’était poursuivi.
Il y a donc lieu de condamner Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N] au paiement de cette indemnité à compter du 29 avril 2025 jusqu'à libération effective des lieux, sous déduction des mensualités déjà comprises dans le décompte en date du 20 mai 2026.
Conformément à la clause de solidarité stipulée au contrat de bail , l'indemnité d'occupation est due solidairement par Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N].

Sur les demandes accessoires

En application des dispositions des articles 696 et suivants du code de procédure civile, il convient de condamner in solidum Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N] aux dépens de l'instance, comprenant les frais de signification du commandement de payer du 28 février 2025, de notification à la préfecture et de saisine de la CCAPEX

Il n’apparaît cependant pas conforme à l’équité de les condamner à payer une quelconque somme au titre des frais irrépétibles. Il convient donc de rejeter la demande de la SA [Localité 1] formulée au titre de l'article 700 du code de procédure civile.

Il convient en outre de rappeler qu'en application de l'article 514 du code de procédure civile, la présente décision est de plein droit assortie de l'exécution provisoire.

PAR CES MOTIFS

La juge des contentieux de la protection, statuant par jugement contradictoire en premier ressort, rendu par mise à disposition au greffe,

DÉCLARE recevable la demande de la SA [Localité 1] aux fins de constat de l'acquisition de la clause résolutoire ;

CONSTATE que les conditions d'acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail conclu le 25 mai 2020 entre la SA [Localité 1] d'une part et Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N] d'autre part, concernant les locaux situés [Adresse 6], [Localité 4], sont réunies à la date du 29 avril 2025 ;

CONDAMNE Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N] à payer solidairement à la SA [Localité 1] la somme de 232,15 euros à valoir sur l’arriéré locatif arrêté au 22 mai 2026, comprenant les loyers, charges et indemnités d'occupation jusqu'à l'échéance du mois d’avril 2026 avec intérêts au taux légal à compter du présent jugement ;

AUTORISE Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N] à s’acquitter de la dette en 4 fois, en procédant à 3 versements de 60 euros et un dernier versement égal au solde de la dette, et ce en plus du loyer courant et des charges ;

DIT que chaque versement devra intervenir avant le 10 de chaque mois et pour la première fois le 10 du mois suivant la signification du présent ordonnance ;

SUSPEND les effets de la clause résolutoire ;

RAPPELLE que la présente décision suspend la procédure d'exécution ;

DIT que si les délais accordés sont entièrement respectés, la clause résolutoire sera réputée n’avoir jamais été acquise ;

DIT qu’à défaut de paiement du loyer courant et des charges ou d’une seule mensualité à sa date d’échéance, l'échelonnement sera caduc, la totalité de la somme restant due deviendra immédiatement exigible, et la clause résolutoire reprendra ses effets, et ce, 15 jours après l’envoi d’une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception restée sans effet ;

En ce cas,

ORDONNE, à défaut de départ volontaire des lieux, l'expulsion de Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N] ainsi que de tout occupant de leur chef, dans un délai de deux mois à compter de la signification d'un commandement d'avoir à libérer les lieux, avec l'assistance de la force publique si besoin est, ainsi que le transport des meubles laissés dans les lieux, conformément aux dispositions des articles L. 433-1 et L. 433-2 du code des procédures civiles d'exécution ;

CONDAMNE Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N] à payer solidairement à la SA [Localité 1] une indemnité mensuelle d'occupation égale au montant du loyer révisé, augmenté des charges, qui auraient été dus si le bail s'était poursuivi, à compter du 29 avril 2025, sous déduction des mensualités déjà comprises dans le décompte en date du 20 mai 2026, jusqu'à libération effective des lieux caractérisée par la remise des clés au bailleur ou à son mandataire, un procès-verbal d'expulsion ou de reprise ;

CONDAMNE Monsieur [M] [A] [S] [R] [Y] et Madame [D] [F] [N] in solidum aux dépens de l’instance, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer en date du 28 février 2025 et le coût de l'assignation en date du 15 juillet 2025 ;

REJETTE la demande de la SA [Localité 1] au titre des frais irrépétibles ;

RAPPELLE que le présent jugement est assorti de plein droit de l'exécution provisoire ;

DÉBOUTE les parties du surplus de leurs demandes.

Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition au greffe du tribunal de proximité le 21 juillet 2026, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile, la minute étant signée par Madame Sophie VERNERET-LAMOUR, juge des contentieux de la protection, et par Monsieur Thomas BOUMIER, greffier.

Le greffier La juge des contentieux de la protection

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