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TJ 06088, 21 juill. 2026, RG 26/01064


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Date
21/07/2026
Numéro
26/01064
Lieu / cour
tj06088
Chambre
Service de proximité
Type
other
MàJ source
2026-07-31
Id
6a6bf1d1d6da0419628e1d59

Texte de la décision

14,595 caractères

COUR D’APPEL D’[Localité 1]
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NICE

MINUTE
(Décision Civile)

Service de proximité

MINUTE N°
DU 21 Juillet 2026

N° RG 26/01064 - N° Portalis DBWR-W-B7J-RFIT

Grosse délivrée
à Me DAMAZ

Expédition délivrée
à M. [T]
à Mme [E]
épouse [T]

le

DEMANDERESSE:

S.A. CA CONSUMER FINANCE
anciennement dénommée SOFINCO)
prise en la personne de son représentant légal en exercice
[Adresse 1]
[Adresse 2]
[Localité 2]

représentée par Me Sylvain DAMAZ, avocat au barreau de MARSEILLE substitué par Me Emilie LIGER, avocate au barreau de NICE

DEFENDEURS:

Monsieur [J] [T]
né le [Date naissance 1] 1966 à [Localité 3] (13)
[Adresse 3]
[Adresse 4]
[Localité 4]

non comparant, ni représenté

Madame [B] [E] épouse [T]
née le [Date naissance 2] 1964 à [Localité 5]
[Adresse 3]
[Adresse 4]
[Localité 4]

non comparante, ni représentée

COMPOSITION DE LA JURIDICTION:

Lors des débats et qui a délibéré :

Juge des contentieux de la protection : Madame Caroline ATTAL, Vice-Présidente au Tribunal judiciaire de Nice, assistée lors des débats et lors du prononcé par Mme Magali MARTINEZ, Cadre greffier, qui a signé la minute avec la présidente

DEBATS : A l’audience publique du 28 Mai 2026, l’affaire a été mise en délibéré au 21 Juillet 2026, les parties ayant été avisées que le prononcé de la décision aurait lieu par mise à disposition au greffe

PRONONCE : par jugement réputé contradictoire, en premier ressort, par mise à disposition au greffe le 21 Juillet 2026

EXPOSE DU LITIGE

Suivant offre préalable acceptée le 2 juillet 2020, la SA CA CONSUMER FINANCE (anciennement dénommée SOFINCO) a consenti à Madame [B] [T] née [E] et Monsieur [J] [T] un crédit personnel soumis aux dispositions des articles L.311-1 et suivants du code de la consommation dans leur rédaction postérieure à l'entrée en vigueur le 1er mai 2011 de la loi n° 2010-737 du 1er juillet 2010 dite loi [Localité 6]. Aux termes de ce contrat n°81621694749, ceux-ci ont bénéficié d'un crédit pour un montant de 50000 euros remboursable en 114 mensualités de 553,36 euros hors assurance au taux débiteur fixe de 5,061% l’an.

Par courrier recommandé en date du 23 juillet 2025, la SA CA CONSUMER FINANCE a mis en demeure Madame [B] [T] née [E] et Monsieur [J] [T] de s’acquitter de la somme de 4068,81 euros dans un délai de 30 jours.

Par lettre recommandée du 7 octobre 2025, la SA CA CONSUMER FINANCE a mis en demeure Madame [B] [T] née [E] et Monsieur [J] [T] de de payer la somme de 35180,16 euros.

Par acte de commissaire de justice en date du 13 novembre 2025, auquel il y a lieu de se reporter pour l'exposé de ses moyens et l’intégralité de ses prétentions, la SA CA CONSUMER FINANCE a fait assigner Madame [B] [T] née [E] et Monsieur [J] [T] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Nice, à l'audience du 28 mai 2026 aux fins de condamner solidairement Madame [B] [T] née [E] et Monsieur [J] [T] à payer à la SA CA CONSUMER FINANCE la somme de 35180,16 euros, outre 500 euros sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile et les entiers dépens.

L'affaire a été retenue et évoquée à cette audience.

La SA CA CONSUMER FINANCE, représentée par son conseil, sollicite le bénéfice de son acte introductif d'instance.

Quoique régulièrement cités à étude de commissaire de justice, Madame [B] [T] née [E] et Monsieur [J] [T] n’ont pas comparu.

L’affaire a été mise en délibéré au 21 juillet 2026.

Vu les articles 446-1 et 455 du code de procédure civile,

MOTIVATION DE LA DÉCISION

Aux termes de l’article 473 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, le jugement est rendu par défaut si la décision est en dernier ressort et si la citation n'a pas été délivrée à personne.

En vertu de l’article R.632-1 du code de la consommation, le juge peut relever d'office toutes les dispositions du présent code dans les litiges nés de son application.

Sur la recevabilité de l’action

L’article R.312-35 du code de la consommation dispose qu'à peine de forclusion, les actions en paiement engagées devant le tribunal judiciaire à l'occasion de la défaillance de l'emprunteur doivent être formées dans les deux ans de l'événement qui leur a donné naissance.

Cet événement est caractérisé par le non-paiement des sommes dues à la suite de la résiliation du contrat ou de son terme ou le premier incident de paiement non régularisé.

En l'espèce, il ressort de la vérification des relevés de compte et du dossier fournis en demande que la créance n’est pas affectée par la forclusion.

L’action en paiement est donc recevable.

Sur les demandes principales

Sur la déchéance du terme du contrat de crédit n°81621694749

En vertu de l’article 1103 du code civil, les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. Elles doivent être exécutées de bonne foi.

Conformément à l’article 1225 du code civil, la clause résolutoire précise les engagements dont l'inexécution entraînera la résolution du contrat.

La résolution est subordonnée à une mise en demeure infructueuse, s'il n'a pas été convenu que celle-ci résulterait du seul fait de l'inexécution. La mise en demeure ne produit effet que si elle mentionne expressément la clause résolutoire.

Si le contrat de prêt peut prévoir que la défaillance de l’emprunteur entraînera la déchéance du terme, celle-ci ne peut, sauf disposition expresse et non équivoque, être déclarée acquise au créancier sans la délivrance d’une mise en demeure restée sans effet, précisant le délai dont dispose le débiteur pour y faire obstacle. Cette règle est d’application générale pour tout prêt de somme d’argent, dont les prêts à la consommation.

En l’espèce, la SA CA CONSUMER FINANCE justifie avoir adressé à Madame [B] [T] née [E] et Monsieur [J] [T] une mise en demeure préalable à la déchéance du terme par courrier recommandé avec accusé de réception.

Il convient donc de constater l’acquisition de la déchéance du terme.

Sur la demande principale en paiement

Sur la déchéance du droit aux intérêts contractuels et frais

Aux termes de l'article L. 312-16 du code de la consommation, avant de conclure le contrat de crédit, le prêteur vérifie la solvabilité de l'emprunteur à partir d'un nombre suffisant d'information et doit consulter le fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers prévu à l'article L.333-4 du code de la consommation dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné à l'article L.333-5.

Il incombe au créancier qui réclame l'exécution d'un contrat d'en établir la régularité au regard des textes d'ordre public sur la consommation, et donc de prouver qu'il a bien procédé à la vérification de la solvabilité en exigeant les pièces justificatives nécessaires.

De simples déclarations non étayées faites par un consommateur ne peuvent, en elles-mêmes, être qualifiées de suffisantes si elles ne sont pas accompagnées de pièces justificatives.

Il résulte en outre de l'article L.341-8 du code de la consommation que le prêteur qui accorde un crédit sans communiquer à l'emprunteur les informations pré-contractuelles dans les conditions fixées par les articles L.311-6 ou L.311-43, sans remettre et faire signer ou valider par voie électronique la fiche mentionnée à l'article L.311-10, ou sans remettre à l'emprunteur un contrat satisfaisant aux conditions fixées par les articles L.311-11, L.311-12, L.311-16, L.311-18, L.311-19, L.311-29, le dernier alinéa de l'article L.311-17 et les articles L.311-43 et L.311-46, est déchu du droit aux intérêts. Lorsque le prêteur n'a pas respecté les obligations fixées aux articles L.311-8 et L.311-9, il est déchu du droit aux intérêts, en totalité ou dans la proportion fixée par la juge.

En l’espèce, la SA CA CONSUMER FINANCE ne produit pas de pièce justificative relative à la situation financière de Madame [B] [T] née [E] et Monsieur [J] [T] et ne justifie donc pas avoir vérifié leur solvabilité avant la conclusion du contrat à partir d'un nombre suffisant d'informations.

Il convient donc de la déchoir intégralement de son droit aux intérêts conventionnels à compter de la date de la conclusion du contrat.

Sur les intérêts légaux

Le prêteur, bien que déchu de son droit aux intérêts contractuels, demeure fondé à solliciter le paiement des intérêts au taux légal, en vertu de l’article 1231-6 du Code civil, sur le capital restant dû, majoré de plein-droit deux mois après le caractère exécutoire de la décision de justice en application de l'article L.313-3 du code monétaire et financier.

En l’état des pièces produites, il sera dit que les intérêts au taux légal courront à compter de la demande en justice, soit le 13 novembre 2025. En ce qui concerne cependant la majoration du taux d'intérêt légal, il apparaît que les montants susceptibles d'être effectivement perçus par le prêteur au titre des intérêts au taux légal majoré de cinq points, en application de l’article L313-3 du Code monétaire et financier, ne sont pas significativement inférieurs à ceux dont il aurait pu bénéficier s'il avait respecté ses obligations.

Il convient dès lors également d’écarter la majoration des intérêts légaux afin d'assurer le caractère effectif et dissuasif de la sanction de déchéance du droit aux intérêts.

Sur le montant de la créance principale

Aux termes de l'article 1103 du code civil, les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites.

L’article L.312-39 du code de la consommation dispose qu’en cas de défaillance de l’emprunteur, le prêteur peut exiger le remboursement immédiat du capital restant dû, majoré des intérêts échus mais non payés. Jusqu’à la date du règlement effectif, les sommes restant dues produisent les intérêts de retard à un taux égal à celui du prêt. En outre, le prêteur peut demander à l’emprunteur défaillant une indemnité qui, dépendant de la durée restant à courir du contrat, et sans préjudice de l’application de l’article 1231-5 du code civil, est fixée suivant un barème déterminé par décret.

En l’espèce, il ressort des éléments produits par la SA CA CONSUMER FINANCE et notamment de l’offre de prêt, l’historique des paiements et le décompte de la créance, que celle-ci s’élève à la somme de 17794,50 euros (financement – règlements reçus depuis l’origine).

Madame [B] [T] née [E] et Monsieur [J] [T] seront donc condamnés solidairement à payer la somme de 17794,50 euros en principal avec intérêts au taux légal à compter du 13 novembre 2025, date l’assignation.

Sur la clause pénale

Tout crédit souscrit auprès d’un organisme prêteur doit être remboursé dans les délais impartis et suivant les conditions prévues dans le contrat. Si l’emprunteur se retrouve dans l’impossibilité d’honorer ses mensualités, l’établissement prêteur est en droit de lui réclamer le versement d’une pénalité évaluée entre 7 et 8 % du capital restant dû. Cependant, le juge peut réduire cette sanction si elle est manifestement excessive.

En l'espèce, la clause pénale prévue au contrat prêt est manifestement excessive compte tenu du préjudice réellement subi par la banque et du taux d’intérêt pratiqué, laquelle sera réduite à la somme de 500 €.

Par conséquent, Madame [B] [T] née [E] et Monsieur [J] [T] seront condamnés solidairement à payer à la SA CA CONSUMER FINANCE au titre de la clause pénale, la somme de 500 €, avec intérêts au taux légal à compter du 13 novembre 2025, date de l'assignation.

Sur les demandes accessoires

Sur les dépens

L’article 696 du code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.

Madame [B] [T] née [E] et Monsieur [J] [T], partie perdante, seront condamnés in solidum aux dépens.

Sur les frais irrépétibles

Il résulte des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile que dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation.

En l’espèce, il serait inéquitable de laisser à la charge de l’organisme de crédit l’intégralité des frais exposés par lui dans la présente instance et non-compris dans les dépens. Toutefois, il convient de tenir compte du déséquilibre des situations économiques respectives des parties.

Aussi Madame [B] [T] née [E] et Monsieur [J] [T] seront condamnés in solidum à régler la somme de 400 € à la SA CA CONSUMER FINANCE au titre des dispositions de l'article 700 du Code de procédure civile.

Sur l’exécution provisoire

Conformément à l’article 514 du code de procédure civile, les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n'en dispose autrement.

En l’espèce, compte tenu de la nature du litige et en l’absence de dispositions légales contraires, l’exécution provisoire est de droit.

PAR CES MOTIFS

Le juge des contentieux de la protection, statuant par jugement réputé contradictoire et en premier ressort, mis à disposition au greffe,

DECLARE l’action recevable ;

CONSTATE l’acquisition de la déchéance du terme du contrat de prêt n°81621694749 signé en date du 2 juillet 2020 entre d’une part la SA CA CONSUMER FINANCE et d’autre part Madame [B] [T] née [E] et Monsieur [J] [T] ;

PRONONCE la déchéance du droit aux intérêts contractuels relatif au contrat de prêt susvisé ;

CONDAMNE solidairement Madame [B] [T] née [E] et Monsieur [J] [T] à payer à la SA CA CONSUMER FINANCE la somme de 17794,50 euros en principal avec intérêts au taux légal à compter de l’assignation ;

CONDAMNE Madame [B] [T] née [E] et Monsieur [J] [T] solidairement, à payer la SA CA CONSUMER FINANCE au titre de la clause pénale, la somme de 500 €, avec intérêts au taux légal à compter du 13 novembre 2025, date de l'assignation ;

DIT n’y avoir lieu à majoration des intérêts au taux légal ;
CONDAMNE in solidum Madame [B] [T] née [E] et Monsieur [J] [T] à payer à la SA CA CONSUMER FINANCE la somme de 400 euros au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ;

CONDAMNE in solidum Madame [B] [T] née [E] et Monsieur [J] [T] aux dépens ;

RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit.

LA GREFFIERE LA JUGE

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