TJ 80021, 30 juill. 2026, RG 26/00422
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Texte de la décision
TRIBUNAL JUDICIAIRE D’AMIENS
Chambre de proximité
[Adresse 1]
[Localité 1]
JCP [Localité 2]
N° RG 26/00422 - N° Portalis DB26-W-B7K-IZC6
Minute n° :
JUGEMENT
DU
30 Juillet 2026
[K] [W], [G] [F] épouse [W]
C/
[B] [P]
Expédition délivrée le 30 Juillet 2026
M et Mme [W]
Préfecture
Exécutoire délivrée le 30 Juillet 2026
M et Mme [W]
JUGEMENT
REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
Sous la présidence de Céline BARTHOU, Vice-Présidente, chargée de la chambre de la proximité et de la protection, assistée de Manon MONDANGE, greffière ;
Après débats à l'audience publique du 06 Juillet 2026, le jugement suivant a été rendu par mise à disposition au greffe le 30 Juillet 2026 ;
ENTRE :
DEMANDEURS :
Monsieur [K] [W]
[Adresse 2]
[Localité 3]
comparant en personne
Madame [G] [F] épouse [W]
[Adresse 3]
[Localité 3]
comparante en personne
ET :
DÉFENDEUR :
Madame [B] [P]
[Adresse 4]
[Adresse 5]
[Localité 4]
non comparante, ni représentée
RAPPEL DES FAITS
Par contrat du 1er décembre 2022, la SCI LCD IMMO a donné à bail à Madame [B] [P] un appartement à usage d’habitation situé [Adresse 6] à Flixecourt (80), pour un loyer mensuel initial de 545 euros et 30 euros de provision sur charges.
Le 5 juin 2023, la SCI LCD IMMO a cédé l’immeuble à Monsieur [E] [W] et Madame [G] [F].
Le 12 décembre 2025, Monsieur [E] [W] et Madame [G] [F] ont délivrer à leur locataire un commandement de justifier d’une assurance.
Le 18 février 2026, Monsieur [E] [W] et Madame [G] [F] ont fait signifier à leur locataire un commandement de payer pour la somme en principal de 1.770 euros.
Par acte de commissaire de justice du 23 avril 2026, Monsieur [E] [W] et Madame [G] [F] ont fait assigner Madame [B] [P] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire d’Amiens aux fins de :
* constater la résiliation du contrat de bail pour défaut de paiement des loyers et des charges, par application de la clause résolutoire contractuelle ;
* dire que les lieux devront être libérés par la locataire et à défaut ordonner son expulsion sous astreinte et celle de tout occupant de son chef avec l’assistance de la force publique et d’un serrurier si besoin est ;
* condamner le locataire au paiement :
- d'une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du loyer à compter de la résiliation du bail jusqu’au départ effectif des lieux ;
- de la somme de 4.014 euros au titre de l’arriéré locatif ;
- de la somme de 300 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
- des entiers dépens de la procédure.
A l’audience du 6 juillet 2026, Monsieur [E] [W] et Madame [G] [F] ont maintenu leurs demandes. Ils actualisent leur créance à la somme de 3.400 euros.
Madame [B] [P] n’a pas comparu.
Le Diagnostic Social et Financier a été reçu avant l’audience et porté à la connaissance des parties. Ce dernier fait état d’un déménagement de Madame [B] [P] à [Localité 5], ce que cette dernière a contesté auprès de ses bailleurs.
L'affaire a été mise en délibéré au 30 juillet 2026.
MOTIFS DE LA DÉCISION
I. SUR LA RÉSILIATION :
- sur la recevabilité de l'action :
Une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture de la Somme par la voie électronique le 24 avril 2026, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
Les bailleurs justifient également avoir saisi la CCAPEX le 19 février 2026.
L’action est donc recevable.
- sur l’acquisition des effets de la clause résolutoire :
L'article 24 I de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 dans sa version applicable à l’espèce prévoit que "Tout contrat de bail d'habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux".
Le bail conclu entre les parties contient une clause résolutoire aux termes de laquelle le contrat sera résilié de plein droit après la signification d’un commandement de payer demeuré infructueux.
Un commandement d’avoir à payer la somme de 1.770 euros dans un délai de deux mois a été signifié à la locataire le 18 février 2026. Ce commandement est demeuré infructueux pendant plus de deux mois de sorte qu’il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail étaient réunies à la date du 19 avril 2026.
En conséquence, depuis cette date :
- Madame [B] [P] occupe sans droit ni titre les lieux : il y a donc lieu de lui ordonner de libérer le logement dans les conditions précisées au dispositif, faute de quoi, il y aura lieu de l’expulser avec l’assistance de la force publique et d'autoriser la séquestration de ses meubles selon les modalités précisées au dispositif ;
- Madame [B] [P] est débitrice envers Monsieur [E] [W] et Madame [G] [F] d'une indemnité d'occupation dont le montant doit être fixé à celui du loyer applicable à la date de la résiliation : il y a lieu de le condamner au paiement, du montant des indemnités d'occupation correspondant à la période entre la date de la résiliation du bail et la date de sortie effective des lieux.
Il convient de prévoir que cette indemnité d'occupation fera l'objet d'une indexation dans les mêmes conditions que celles prévues pour le loyer si le bail s'était poursuivi.
II. SUR LE MONTANT DE L’ARRIÉRÉ LOCATIF :
Monsieur [E] [W] et Madame [G] [F] produisent un décompte démontrant que Madame [B] [P] reste leur devoir, après soustraction des frais de poursuite, la somme de 3.400 euros à la date du 2 juin 2026.
Madame [B] [P] non comparante, ne conteste ni le principe et le montant de la dette.
Elle sera donc condamnée à verser à Monsieur [E] [W] et Madame [G] [F] cette somme de 3.400 euros, avec les intérêts au taux légal à compter de la présente décision.
III. SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES :
Madame [B] [P], partie perdante, supportera la charge des dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer et de sa dénonciation à la Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions, le coût de l’assignation et de sa notification à la préfecture et le timbre fiscal.
Compte tenu des démarches judiciaires qu’ont dû accomplir Monsieur [E] [W] et Madame [G] [F], la locataire sera condamnée à leur verser une somme de 200 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant par jugement réputé contradictoire, rendu en premier ressort et mis à la disposition des parties au greffe ;
CONSTATE la recevabilité des demandes de Monsieur [E] [W] et Madame [G] [F] épouse [W] ;
CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 1er décembre 2022 entre Monsieur [E] [W] et Madame [G] [F] épouse [W] d’une part et Madame [B] [P] d’autre part concernant l’appartement à usage d’habitation situé [Adresse 6] à [Localité 6] (80), sont réunies à la date du 19 avril 2026 pour non-paiement des loyers et charges par application de la clause résolutoire contractuelle ;
DIT N’Y AVOIR LIEU à accorder à Madame [B] [P] des délais de paiement de nature à suspendre les effets de la clause résolutoire contenue au contrat de bail ;
ORDONNE en conséquence à Madame [B] [P] de libérer les lieux et de restituer les clés dès la signification de la présente décision ;
DIT qu’à défaut pour Madame [B] [P] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, Monsieur [E] [W] et Madame [G] [F] épouse [W] pourront, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique, et au transport des meubles laissés dans les lieux, dans tout local qu’il lui plaira aux frais et risques des personnes expulsées ;
CONDAMNE Madame [B] [P] à verser à Monsieur [E] [W] et Madame [G] [F] épouse [W] la somme de 3.400 euros, avec les intérêts au taux légal à compter de la présente décision pour le surplus ;
CONDAMNE Madame [B] [P] à payer à Monsieur [E] [W] et Madame [G] [F] épouse [W] une indemnité mensuelle d’occupation à compter du 1er juillet 2026 et jusqu’à la date de la libération définitive des lieux et la restitution des clés;
FIXE cette indemnité mensuelle d'occupation au montant du loyer et des charges, calculés tels que si le contrat s'était poursuivi ;
CONDAMNE Madame [B] [P] aux dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer et de sa dénonciation à la Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions, le coût de l’assignation et de sa notification à la préfecture et le timbre fiscal ;
CONDAMNE Madame [B] [P] à verser à Monsieur [E] [W] et Madame [G] [F] épouse [W] une somme de 200 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
DIT que la présente décision sera transmise par les soins du greffe au préfet de la Somme.
Ainsi jugé les jour, mois et an susdits.
La Greffière, La Présidente,
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