Ldata.fr
← Retour au corpus
Vérifier sur Judilibre ↗
tj Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) source api

TJ 80021, 30 juill. 2026, RG 26/00474


Vérifier : TJ 80021, 30 juill. 2026, RG 26/00474 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
30/07/2026
Numéro
26/00474
Lieu / cour
tj80021
Chambre
JCP Amiens
Type
other
MàJ source
2026-07-31
Id
6a6c0985d6da0419628ee0a8

Texte de la décision

9,247 caractères

TRIBUNAL JUDICIAIRE D’AMIENS
Chambre de proximité
[Adresse 1]
[Localité 1]

JCP [Localité 2]

N° RG 26/00474 - N° Portalis DB26-W-B7K-IZUL

Minute n° :

JUGEMENT
DU
30 Juillet 2026

S.C.I. MACALEAN

C/

[S] [M]

Expédition délivrée le 30 Juillet 2026
Me CANAL
Préfecture

Exécutoire délivrée le 30 Juillet 2026
Me CANAL

JUGEMENT

REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

Sous la présidence de Céline BARTHOU, Vice-Présidente, chargée de la chambre de la proximité et de la protection, assistée de Manon MONDANGE, greffière ;

Après débats à l'audience publique du 15 Juin 2026, le jugement suivant a été rendu par mise à disposition au greffe le 30 Juillet 2026 ;

ENTRE :

DEMANDEUR :

S.C.I. MACALEAN
[Adresse 2]
[Localité 3]
représentée par Me Antoine CANAL, avocat au barreau d’AMIENS

ET :

DÉFENDEUR :

Madame [S] [M]
[Adresse 3]
[Adresse 4]
[Localité 4]
non comparante, ni représentée

RAPPEL DES FAITS

Par contrat du 1er août 2025, la SCI MACALEAN a donné à bail à Madame [S] [M] (ci-après la locataire) un appartement à usage d’habitation situé [Adresse 3] à Amiens (80), pour un loyer mensuel initial de 320 euros.

Des loyers étant demeurés impayés, le 21 novembre 2025, la SCI MACALEAN a fait signifier à sa locataire un commandement de payer pour la somme en principal de 1.400 euros.

Par acte de commissaire de justice du 9 avril 2026, la SCI RIMINES a fait assigner Madame [S] [M] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire d’Amiens aux fins de :
* constater la résiliation du contrat de bail pour défaut de paiement des loyers et des charges, par application de la clause résolutoire contractuelle et subsidiairement prononcer la résiliation du contrat aux torts de la locataire;
* dire que les lieux devront être libérés par la locataire et à défaut ordonner son expulsion et celle de tout occupant de son chef avec l’assistance de la force publique et d’un serrurier si besoin est ;
* condamner le locataire au paiement :
- d’une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du loyer à compter de la résiliation du bail jusqu’au départ effectif des lieux ;
- de la somme de 2.800 euros au titre de l’arriéré locatif ;
- de la somme de 500 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
- des entiers dépens de la procédure.

L’affaire a été appelée à l’audience du 15 juin 2026 à l’occasion de laquelle :

La SCI MACALEAN maintient l’intégralité de ses demandes.

Madame [S] [M] n’est ni présente ni représentée.

Le Diagnostic Social et Financier a été reçu avant l’audience. Ce dernier fait état d’un double logement pour la locataire qui ferait l’objet d’une procédure identique pour un impayé concernant une autre adresse.

L'affaire a été mise en délibéré au 30 juillet 2026.

MOTIFS DE LA DÉCISION

Le jugement est réputé contradictoire en application de l'article 473 du code de procédure civile, du seul fait qu'il est susceptible d'appel.

I. SUR LA RÉSILIATION :

- sur la recevabilité de l'action :

Une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture de la Somme par la voie électronique le 14 avril 2026, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.

Par ailleurs, la SCI MACALEAN justifie avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives par la voie électronique le 21 novembre 2025, soit deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.

L’action est donc recevable.

- sur l’acquisition des effets de la clause résolutoire :

L'article 24 I de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 prévoit que "Tout contrat de bail d'habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux".

Un commandement de payer visant cette clause (prévoyant un délai de deux mois) a été signifié le 21 novembre 2025, pour la somme en principal de 1.400 euros. Ce commandement est demeuré infructueux pendant plus de deux mois, de sorte qu'il y a lieu de constater que les conditions d'acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail étaient réunies à la date du 22 janvier 2026.

Il convient d'en tirer les conséquences et de relever que depuis cette date :
- Madame [S] [M] occupe sans droit ni titre les lieux : il y a donc lieu de lui ordonner de libérer le logement dans les conditions précisées au dispositif, faute de quoi, il y aura lieu de l’expulser avec l’assistance de la force publique et d'autoriser la séquestration de ses meubles selon les modalités précisées au dispositif ;
- Madame [S] [M] est débitrice envers la SCI MACALEAN d'une indemnité d'occupation dont le montant doit être fixé à celui du loyer applicable à la date de la résiliation : il y a lieu de le condamner au paiement, du montant des indemnités d'occupation correspondant à la période entre la date de la résiliation du bail et la date de sortie effective des lieux.
Il convient de prévoir que cette indemnité d'occupation fera l'objet d'une indexation dans les mêmes conditions que celles prévues pour le loyer si le bail s'était poursuivi.

II. SUR LE MONTANT DE L’ARRIÉRÉ LOCATIF :

La SCI MACALEAN produit un décompte démontrant que Madame [S] [M] reste lui devoir, après soustraction des frais de poursuite, la somme de 2.800 euros au 31 mars 2026.

Madame [S] [M], non comparante, n’apporte par définition aucun élément de nature à contester le principe ni le montant de la dette.

Cependant, ce décompte intègre un loyer de 350 euros alors que le bail imprécis mentionne un loyer de 320 euros et ne fixe aucune provision sur charge. Le montant du loyer est d’ailleurs uniquement précisé dans la partie relative au dépôt de garantie. Il y a donc lieu de retenir un impayé correspondant au loyer tel que fixé par le bail, sans provisions sur charges.

Elle sera donc condamnée à verser à la SCI MACALEAN la somme de 2.560 euros, avec les intérêts au taux légal à compter de la présente décision.

III. SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES :

Madame [S] [M], partie perdante, supportera la charge des dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer et de sa dénonciation à la Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions, le coût de l’assignation et de sa notification à la préfecture et du timbre fiscal.

Compte tenu des démarches judiciaires qu’a dû accomplir la SCI MACALEAN, la locataire sera condamné à lui verser une somme de 500 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal judiciaire, statuant par jugement réputé contradictoire, rendu en premier ressort et mis à la disposition des parties au greffe ;

CONSTATE la recevabilité des demandes de la SCI MACALEAN

CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 1er août 2025 entre la SCI MACALEAN et Madame [S] [M] concernant l’appartement à usage d’habitation situé [Adresse 3] à Amiens (80) sont réunies à la date du 22 janvier 2026 pour non paiement des loyers par application de la clause résolutoire contractuelle;

DIT N’Y AVOIR LIEU à accorder à Madame [S] [M] des délais de paiement de nature à suspendre les effets de la clause résolutoire contenue au contrat de bail ;

ORDONNE en conséquence à Madame [S] [M] de libérer les lieux et de restituer les clés dès la signification de la présente décision ;

DIT qu’à défaut pour Madame [S] [M] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, la SCI MACALEAN pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique, et au transport des meubles laissés dans les lieux, dans tout local qu’il lui plaira aux frais et risques des personnes expulsées ;

CONDAMNE Madame [S] [M] à verser à la SCI MACALEAN la somme de 2.560 euros, avec les intérêts au taux légal à compter de la présente décision;

CONDAMNE Madame [S] [M] à payer à la SCI MACALEAN une indemnité mensuelle d’occupation à compter du 1er avril 2026 et jusqu’à la date de la libération définitive des lieux et la restitution des clés ;

FIXE cette indemnité mensuelle d'occupation au montant du loyer calculé tel que si le contrat s'était poursuivi ;

CONDAMNE Madame [S] [M] aux dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer et de sa dénonciation à la Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions, le coût de l’assignation et de sa notification à la préfecture et du timbre fiscal ;

CONDAMNE Madame [S] [M] à verser à la SCI MACALEAN une somme de 500 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;

DIT que la présente décision sera transmise par les soins du greffe au préfet de la Somme.

Ainsi jugé les jour, mois et an susdits.

La Greffière, La Présidente,

Données open data (Licence Ouverte 2.0), pseudonymisées à la source. Ne jamais citer uniquement sur la foi de cette base locale.