TJ 44109, 1 sept. 2026, RG 26/00229
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Texte de la décision
Minute n°26/502
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NANTES - PALAIS DE JUSTICE
AUDIENCE DES EXPULSIONS LOCATIVES
JUGEMENT du 01 Septembre 2026
DEMANDEURS :
Monsieur [P] [S]
[Adresse 1]
[Localité 1]
Madame [Z] [I] [R] [M] épouse [S]
[Adresse 1]
[Localité 1]
représentée par Me Gérard CHABOT, avocat au barreau de NANTES
D'une part,
DÉFENDEUR :
Madame [N] [E] [V]
[Adresse 2]
[Localité 1]
Comparante en personne
D'autre part,
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
PRÉSIDENT : Jean-Marc BOURCY
GREFFIER lors des débats : Pascale MOQUET
GREFFIER lors du délibéré: Nathalie DEPIERROIS
PROCEDURE :
date de la première évocation : 27 Avril 2026
date des débats : 27 Avril 2026
délibéré au : 01 Septembre 2026
RG N° N° RG 26/00229 - N° Portalis DBYS-W-B7K-OKEZ
COPIES AUX PARTIES LE : 01/09/2026
CE + CCC à Me Gérard CHABOT
CCC à Madame [N] [E] [V] + préfecture
Copie dossier
Par acte sous seing privé du 12 juin 2023, Monsieur et Madame [S] ont donné à bail à Madame [N] [E] [V] un immeuble à usage d'habitation situé au [Adresse 3], moyennant un loyer révisable et actuel de 742,50 euros, provision sur charges incluse.
Par acte d'huissier en date du 22 septembre 2025, le bailleur a fait délivrer un commandement de payer les loyers à hauteur de la somme de 1.755,80 euros, en visant la clause résolutoire.
Par acte du 22 décembre 2025, Monsieur et Madame [S] ont fait citer Madame [N] [E] [V], locataire, devant le Juge des Contentieux de la Protection du Tribunal de Nantes afin de faire constater que la clause résolutoire est acquise de plein droit et obtenir :
- l'expulsion de tout occupant ;
- le paiement des loyers échus d'un montant de 2.047,07 euros ;
- la fixation de l'indemnité d'occupation à la somme de 742,50 euros ;
- une indemnité de 2.000 euros au titre de l'article 700 du Code de Procédure Civile ;
- la condamnation aux dépens qui comprendront le coût du commandement de payer.
A l'audience du 27 avril 2026, Monsieur et Madame [S] indiquent que Madame [N] [E] [V] libère les lieux le 30 avril 2026 en laissant une dette de 3.054,63 euros. Ils ne sont pas opposés à des paiements par mensualités de 100 euros et ils souhaitent un délibéré en septembre afin de constater la libération des lieux et établir un décompte de sortie.
Madame [N] [E] [V] confirme son départ pour le 30 avril 2026 et elle sollicite des délais de paiement pour apurer son arriéré locatif par mensualités de 100 euros compte tenu de sa situation financière.
A l’issue de l’audience, le Président a indiqué que le prononcé du jugement aura lieu le 1er septembre 2026, par la mise à disposition de la décision au greffe du Tribunal.
SUR CE
L'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 dispose que, l'assignation aux fins de constat ou de prononcé de la résiliation est notifiée à la diligence du commissaire de justice au représentant de l'Etat dans le département au moins six semaines avant l'audience.
En l'espèce, la dénonciation de l'assignation à la Préfecture ayant été faite le 8 janvier 2026, soit six semaines avant la date d'audience, la procédure est recevable.
Sur le montant des loyers dus
Le bailleur réclame une somme de 3.054,63 euros au titre du loyer et des charges selon décompte arrêté au jour de l'audience.
Il est produit un décompte conforme au bail et il n'est pas justifié du paiement, il convient donc de retenir ce montant.
Par voie de conséquence, il convient de tenir Madame [N] [E] [V] au paiement de la somme de 3.054,63 euros.
Compte tenu de la situation de Madame [N] [E] [V] qui perçoit un salaire de 1.900 euros et va assumer un nouveau loyer de 840 euros, il convient de faire droit à la demande de délais acceptée par les parties.
Sur la clause résolutoire
Le bail signé par les parties contient une clause résolutoire qui prévoit qu'à défaut de paiement d'un seul loyer à l'échéance fixée et deux mois après commandement de payer resté sans effet le bail sera résilié de plein droit.
Par exploit du 22 septembre 2025, le bailleur a fait délivrer à la locataire un commandement de payer la somme de 1.755,80 euros au titre des loyers échus.
Ce commandement contient la mention que le locataire dispose d'un délai de six semaines pour payer sa dette, le montant mensuel du loyer et des charges, le décompte de la dette, l'avertissement qu'à défaut de paiement ou d'avoir sollicité des délais de paiement, le locataire s'expose à une procédure judiciaire de résiliation de son bail et d'expulsion, la mention de la possibilité pour le locataire de saisir le fonds de solidarité pour le logement de son département, dont l'adresse est précisée, aux fins de solliciter une aide financière et la mention de la possibilité pour le locataire de saisir, à tout moment, la juridiction compétente aux fins de demander un délai de grâce sur le fondement de l'article 1343-5 du code civil.
Il est en conséquence régulier et ses causes n'ont pas été réglées dans les deux mois de sa signification.
Il convient donc de constater que la clause résolutoire est acquise au bailleur à la date du 22 novembre 2025.
Si Madame [N] [E] [V] a libéré les lieux au 30 avril 2026, il n'y a pas lieu de prononcer l'expulsion et de fixer une indemnité d'occupation.
Dans la négative, la procédure d'expulsion se poursuivra et l'indemnité d'occupation, due par la locataire jusqu'à sa sortie effective des lieux, sera fixée au montant du loyer et des charges qu'elle aurait payé en cas de non-résolution du bail, soit la somme de 742,50 euros.
Sur les demandes annexes
Il ne paraît pas équitable de faire application de l'article 700 du Code de Procédure Civile.
Conformément à l'article 696 du code de procédure civile, il convient de tenir la locataire au paiement des dépens comprenant les frais d'huissier nécessaires à la résolution du présent litige, dont le coût du commandement en date du 22 septembre 2025.
PAR CES MOTIFS
Le Juge des Contentieux de la Protection du Tribunal statuant publiquement par mise à disposition au greffe du Tribunal, par décision contradictoire et en premier ressort,
Constate la résiliation du bail conclu le 12 juin 2023 entre Monsieur et Madame [S] et Madame [N] [E] [V] relatif à l'immeuble à usage d'habitation situé au [Adresse 3], conformément à la clause résolutoire acquise le 22 novembre 2025 ;
Condamne Madame [N] [E] [V] à payer à Monsieur et Madame [S] la somme de 3.054,63 euros au titre des loyers impayés et des indemnités d'occupation, avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision ;
Autorise Madame [N] [E] [V] à se libérer de sa dette d'un montant de 3.054,63, outre les frais et dépens, par mensualités de 100 euros, la première intervenant le 10 octobre 2026, les suivantes le 10 de chaque mois jusqu'à apurement de la dette ;
Dit qu'à défaut de paiement d'une mensualité à son échéance et quinze jours après une mise en demeure restée vaine la totalité de la dette redeviendra exigible ;
A défaut de libération au 30 avril 2026, condamne Madame [N] [E] [V] à payer à Monsieur et Madame [S] une indemnité mensuelle d'occupation d'un montant de 742,50 euros due à compter du 1er mai 2026 et jusqu'à sortie des lieux ;
A défaut de libération au 30 avril 2026 et à défaut pour la locataire d'avoir libéré les lieux après la signification de la présente décision, dit qu'il sera procédé à son expulsion et à celle de tous occupants de son chef, deux mois après un commandement de quitter les lieux, avec si nécessaire l'assistance de la force publique durant tout le temps des opérations jusqu'à libération complète des lieux ;
Déboute Monsieur et Madame [S] de leur demande formée du chef de l'article 700 du Code de Procédure Civile ;
Dit qu'une copie de la présente décision sera transmise à la Préfecture à la diligence du greffe;
Rappelle que la présente décision est exécutoire ;
Condamne Madame [N] [E] [V] aux dépens qui comprendront le coût du commandement de payer du 22 septembre 2025 ;
Ainsi jugé les jour, mois et an susdits.
Le Greffier Le Juge des Contentieux de la Protection
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