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CA Toulouse, 21 déc. 2023, RG 23/01419


Vérifier : CA Toulouse, 21 déc. 2023, RG 23/01419 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
21/12/2023
Numéro
23/01419
Chambre
ETRANGERS
Type
Ordonnance
Id
65855e73673fa80008f8dda4

Texte de la décision

6,103 caractères

COUR D'APPEL DE TOULOUSE

Minute 2023/1424

N° RG 23/01419 - N° Portalis DBVI-V-B7H-P4R3

O R D O N N A N C E

L'an DEUX MILLE VINGT TROIS et le 21 décembre à 11H20

Nous A. CAPDEVIELLE, vice présidente placée déléguée par ordonnance de la première présidente en date du 17 JUILLET 2023 pour connaître des recours prévus par les articles L. 743-21 et L.342-12, R.743-10 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu l'ordonnance rendue le 19 Décembre 2023 à 16H42 par le juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de Toulouse ordonnant le maintien au centre de rétention de :

[K] [F]

né le 20 Février 1999 à [Localité 1] - MAROC

de nationalité Marocaine

Vu l'appel formé le 20/12/2023 à 16 h 29 par courriel, par Me Cédrik BREAN, avocat au barreau de TOULOUSE;

A l'audience publique du 21/12/2023 à 10h00, assisté de K. MOKHTARI, greffier avons entendu :

[K] [F]

représenté par Me Cédrik BREAN, avocat au barreau de TOULOUSE

En l'absence du représentant du Ministère public, régulièrement avisé;

En l'absence du représentant de la PREFECTURE DE L'AUDE régulièrement avisée ;

avons rendu l'ordonnance suivante :

Exposé des faits

Vu les dispositions de l'article 455 du code de procédure civile et les dispositions du CESEDA,

Vu l'ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Toulouse du 19 décembre 2023, ordonnant la prolongation du maintien au centre de rétention de Monsieur [K] [F] pour une durée de 30 jours,

Vu l'appel interjeté par Monsieur [K] [F] par courrier de son conseil reçu au greffe de la cour le 20 décembre 2023 à 16h29, soutenu oralement à l'audience, auquel il convient de se référer en application de l'article 455 du code de procédure civile et aux termes duquel il sollicite l'infirmation de l'ordonnance et sa remise immédiate en liberté pour les motifs suivants :

Défaut de diligences de l'administration

Entendu les explications fournies par le conseil de l'appelant à l'audience du 21 décembre 2023 à 10 heures ;

Vu l'absence du préfet de l'Aude, non représenté à l'audience ;

Vu l'absence du ministère public, avisé de la date d'audience, qui n'a pas formulé d'observation.

SUR CE :

Sur la recevabilité de l'appel

En l'espèce, l'appel est recevable pour avoir été fait dans les termes et délais légaux.

Sur le fond

Les articles L. 742-4 et L. 742-5 du CESEDA prévoient qu'une nouvelle prolongation de la mesure de rétention peut être sollicitée dans les cas suivants :

-urgence absolue

-menace d'une particulière gravité pour l'ordre public

-impossibilité d'exécuter la mesure d'éloignement résultant de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'étranger

- impossibilité d'exécuter la mesure d'éloignement résultant de la dissimulation par l'étranger de son identité

- impossibilité d'exécuter la mesure d'éloignement résultant de l'obstruction volontaire de l'étranger faite à son éloignement

- impossibilité d'exécuter la mesure d'éloignement en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'étranger ou de l'absence de moyen de transport

- délivrance des documents de voyage intervenue trop tardivement, malgré les diligences de l'administration, pour pouvoir procéder à l'exécution de la mesure d'éloignement.

En l'espèce, la requête est fondée sur le fait que Monsieur [F] ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que son éloignement demeure une perspective raisonnable.

S'agissant des diligences exigées de l'administration, l'article L741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose qu'un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L'administration exerce toute diligence à cet effet.

En l'espèce :

- Le 21 novembre 2023, une demande de laissez-passer consulaire a été faite auprès de la DGEF par la préfecture, l'intéressé se déclarant de nationalité marocaine.

- Le même jour, la préfecture de l'Aude a saisi le Consul Général du Maroc d'une demande de laissez-passer consulaire.

- Le 29 novembre 2023, la DGEF indiquait que le dossier de Monsieur [F] avait été envoyé par procédure centralisée à Rabat la veille.

- Le 11 décembre 2023, une relance consulaire a été faite auprès de la DGEF.

Ces diligences sont utiles en ce que l'administration a adressé tous les documents nécessaires à l'identification de l'intéressé par les autorités consulaires.

L'administration ne dispose d'aucun pouvoir de contrainte sur une autorité étrangère et elle n'est pas tenue de procéder à d'autres relances dès lors que les diligences qu'elle a effectuées sont en attente de réponse et qu'aucun élément nouveau ne justifie une actualisation de ses démarches.

Sur les perspectives éloignements

S'agissant des perspectives d'éloignement, effectivement aujourd'hui cet éloignement n'est pas possible. En revanche cela ne signifie pas qu'il est définitivement impossible ou inenvisageable dans un avenir proche. La préfecture attend une réponse à sa demande de laissez-passer formulée auprès du consulat du Maroc, réponse qui conditionne l'exécution de la mesure. Aucune information ne permet d'affirmer avec certitude que les autorités consulaires vont répondre défavorablement et que l'éloignement de Monsieur [F] ne pourra pas avoir lieu avant que soit épuisé l'ensemble de la durée légale maximale de la rétention administrative.

PAR CES MOTIFS

Statuant par ordonnance mise à disposition au greffe après avis aux parties,

Déclarons recevable l'appel interjeté par Monsieur [K] [F] à l'encontre de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention de Toulouse du 19 décembre 2023,

Confirmons ladite ordonnance en toutes ses dispositions,

Disons que la présente ordonnance sera notifiée à la préfecture de l'Aude, ainsi qu'au conseil de Monsieur [K] [F] et communiquée au ministère public.

LE GREFFIER LE MAGISTRAT DELEGUE

K. MOKHTARI A. CAPDEVIELLE

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