TJ Nantes, 17 mai 2024, RG 22/01518
Vérifier : TJ Nantes, 17 mai 2024, RG 22/01518 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source
Texte de la décision
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NANTES
[Adresse 9]
[Localité 6]
2ème chambre cab. D
JUGEMENT
du 17 Mai 2024
minute n°
N° RG 22/01518
N° Portalis DBYS-W-B7G-LRKX
[M] [O]
C/
[K] [N] épouse [O]
Art. 1107 CPC - Demande en divorce autre que par consentement mutuel
Le
CE+CCC : Me Guillard
CE+CCC : Me de Lespinay
CCC+notices par LRAR : M. [O]
CCC+notices par LRAR : Mme [N]
CCC dossier
CCC IFPA
JUGEMENT DU 17 MAI 2024
Juge aux Affaires Familiales :
Cécile DJELOYAN
Greffier :
Léanick MEDARD
Débats en chambre du conseil à l’audience du 14 Mars 2024
Jugement prononcé à l'audience publique du 17 Mai 2024
ENTRE :
[M] [O]
né le [Date naissance 1] 1980 à [Localité 8] (COTE D’IVOIRE)
[Adresse 3]
[Adresse 3]
[Localité 6]
Comparant et plaidant par Me Sophie GUILLARD, avocat au barreau de NANTES - 198
ET :
[K] [N] épouse [O]
née le [Date naissance 4] 1982 à [Localité 11] (COTE D’IVOIRE)
[Adresse 5]
[Localité 10]
Comparant et plaidant par Me Armelle DE LESPINAY, avocat au barreau de NANTES - 335
EXPOSE DU LITIGE
Madame [K] [N] et Monsieur [M] [O] se sont mariés le [Date mariage 2] 2018 devant l'officier de l'état-civil de la commune de [Localité 10] (44), sans avoir fait précéder leur union d’un contrat de mariage.
De cette union est issu un enfant, [L] né le [Date naissance 7] 2020.
Par acte d’huissier en date du 31 mars 2022, Monsieur [M] [O] a fait assigner Madame [K] [N] devant la présente juridiction en divorce, sans énonciation des causes du divorce, pour l’audience d’orientation et sur mesures provisoires du 2 juin 2022.
Madame [K] [N] a constitué avocat.
Par ordonnance de mesures provisoires du 24 juin 2022, le juge aux affaires familiales s’est déclaré compétente et a dit la loi française applicable aux demandes des époux. Puis, il a notamment décidé au titre des mesures provisoires de :
- attribuer à Madame [K] [N] la jouissance du logement familial et du mobilier du ménager,
- dire que Madame [K] [N] doit s’acquitter de l’intégralité des loyers et charges courantes à compter de la décision et en tant que de besoin l’y condamner,
- dire que cette jouissance donne lieu à indemnité dans le cadre des opérations de liquidation du régime matrimonial,
- fixer à 120 euros par mois et par enfant, la contribution que doit verser le père, à la mère pour contribuer à l’entretien et l’éducation de l’enfant,
- dire que les frais exceptionnels seront partagés entre les parents par moitié, sous réserve qu’ils aient été engagés d’un commun accord,
- condamner le parent ne les ayant pas engagés à rembourser la moitié de ces frais dans les quinze jours de la présentation du justificatif,
- constater que Madame [K] [N] et Monsieur [M] [O] exercent en commun l’autorité parentale sur les enfants,
- fixer la résidence de l’enfant au domicile maternel,
- organiser le droit d’accueil du père à l’égard des enfants selon des modalités précises,
- réserver les dépens.
Par conclusions notifiées le 25 janvier 2023, auxquelles il convient de renvoyer pour un plus ample exposé des prétentions et des moyens, Monsieur [M] [O] sollicite de :
- dire que le juge français est compétent pour statuer sur le divorce des époux, les obligations, le régime matrimonial et la responsabilité parentale,
- dire que la loi française est applicable au divorce, aux obligations alimentaires, au régime matrimonial et à la responsabilité,
- déclarer recevable la demande sa divorce,
- prononcer le divorce des époux sur le fondement des articles 237 et 238 du code civil,
- fixer la date des effets du divorce entre les époux à la date du 30 juin 2021,
- constater que Madame [K] [N] et [M] [O] exercent en commun l’autorité parentale,
- fixer la résidence de l’enfant au domicile maternel,
- organiser le droit d’accueil du père sur l’enfant selon des modalités précises,
- dire que faute pour le parent d’être venu chercher l’enfant dans la première heure les fins de semaine, dans la première demi-journée des vacances, il est réputé avoir renoncé à son droit d’accueil,
- fixer à 120 euros par mois la contribution due par le père à l’entretien et l’éducation de l’enfant,
- dire que les frais exceptionnels engagés d’un commun accord seront partagés par moitié,
- dire que Madame [K] [N] reprendra l’usage de son nom de famille,
- dire que le jugement emportera révocation des avantages matrimoniaux que les époux ont pu, le cas échéant, se consentir,
- statuer ce que de droit sur les dépens.
Madame [K] [N] n’a pas conclu au fond malgré injonction de conclure.
Compte tenu du jeune âge de l'enfant, il n'a pas été demandé aux parties s'il avait été informé de son droit à être entendu dans la présente procédure, son absence de discernement excluant l'application de l'article 388-1 du code civil et rendant sans objet la vérification de l'information prévue à l'alinéa 4 de cet article.
L’absence de procédure en assistance éducative a été vérifiée.
La clôture de la procédure a été prononcée le 6 juillet 2023.
A l’audience du 7 décembre 2023, l’affaire a été renvoyée à l’audience de plaidoirie du 14 mars 2024, en raison de l’empêchement du magistrat.
A l’audience du 14 mars 2024, l’affaire a été mise en délibéré au 17 mai 2024.
[DÉBATS NON PUBLICS – Motivation de la décision occultée]
PAR CES MOTIFS,
Statuant par mise à disposition au greffe, par décision contradictoire et susceptible d'appel, après débats non publics,
CONSTATE que l’assignation en divorce a été délivrée le 31 mai 2022,
DÉCLARE la juridiction compétente pour statuer sur les demandes des époux,
DIT que la loi française est applicable aux demandes des époux
PRONONCE pour altération définitive du lien conjugal le divorce de :
Monsieur [M] [O], né le [Date naissance 1] 1980 à [Localité 8] (COTE D’IVOIRE),
et de
Madame [K] [N], née le [Date naissance 4] 1982 à [Localité 11] (COTE D’IVOIRE),
Lesquels se sont mariés le [Date mariage 2] 2018, devant l’officier de l’Etat civil de la mairie de [Localité 10] (44),
ORDONNE la publicité de cette décision en marge des actes de l'état civil des époux détenus par un officier de l'état civil français conformément aux dispositions de l'article 1082 du code de procédure civile,
DIT que l'extrait de cette décision doit être conservé au répertoire civil en annexe du service central d'état civil du ministère des affaires étrangères conformément aux dispositions de l'article 1082 du code de procédure civile,
ORDONNE le report des effets du divorce à la date du 30 juin 2021,
RAPPELLE que le divorce emporte révocation de plein droit des avantages matrimoniaux qui ne prennent effet qu’à la dissolution du régime matrimonial ou au décès de l’un des époux et des dispositions à cause de mort, accordées par un époux envers son conjoint par contrat de mariage ou pendant l’union,
CONSTATE que Monsieur [M] [O] et Madame [K] [N] exercent en commun l'autorité parentale sur les enfants,
RAPPELLE que l'exercice en commun de l'autorité parentale implique que les parents ont les mêmes droits et devoirs à l'égard des enfants et doivent notamment :
prendre ensemble les décisions importantes concernant la santé, l'orientation scolaire, l'éducation religieuse et le changement de résidence des enfants,
s'informer réciproquement, dans le souci d'une indispensable communication entre les parents, sur l'organisation de la vie des enfants (vie scolaire, sportive, culturelle, traitements médicaux, loisirs, vacances.),
permettre les échanges entre les enfants et l'autre parent dans le respect de vie de chacun,
RAPPELLE que tout changement de résidence de l'un des parents dès lors qu'il modifie les modalités d'exercice de l'autorité parentale doit faire l'objet d'une information préalable et en temps utile de l'autre parent ; qu'en cas de désaccord le parent le plus diligent saisi le juge aux affaires familiales qui statue selon ce qu'exige l'intérêt des enfants,
FIXE la résidence des enfants au domicile de Madame [K] [N],
DIT que les parents déterminent ensemble la fréquence et la durée des périodes au cours desquelles Monsieur [M] [O] accueille les enfants et qu'à défaut d'un tel accord, fixe les modalités suivantes :
Jusqu’à ce que le père justifie d’un logement permettant d’accueillir l’enfant :
hors les périodes de vacances de la mère : le samedi des semaines paires de 10 heures à 18 heures,
A compter du moment où le père justifie d’un logement lui permettant d’accueillir l’enfant :
hors vacances scolaires : les fins de semaines paires dans l'ordre du calendrier, du vendredi 18h30 au dimanche 18h30,
pendant les vacances scolaires : la première moitié des vacances scolaires de plus de cinq jours les années paires, la seconde moitié les années impaires,
à charge pour le père d'aller chercher ou faire chercher les enfants à l'école ou au domicile de l'autre parent et de les y ramener ou faire ramener par une personne de confiance,
DIT que faute pour le parent d'être venu chercher les enfants dans la première heure pour les fins de semaine, dans la première demi-journée pour les vacances, il est réputé avoir renoncé à son droit d'accueil,
DIT que les dates de vacances scolaires à prendre en considération sont celles de l'académie où demeurent les enfants,
FIXE à 120 euros la contribution que doit verser le père, toute l'année, d'avance et avant le 5 de chaque mois, à la mère pour contribuer à l'entretien et l'éducation des enfants,
CONDAMNE le père au paiement de ladite pension,
DIT qu'elle est due même au-delà de la majorité des enfants tant qu'ils poursuivent des études ou sont à la charge des parents,
RAPPELLE que jusqu’à la mise en place de l’intermédiation par l’organisme débiteur des prestations familiales, le parent débiteur doit verser la contribution à l’entretien et l’éducation de l’enfant directement entre les mains du parent créancier
DIT qu’en application de l’article R582-7 du code de la sécurité sociale, la pension alimentaire est revalorisée automatiquement par l'organisme débiteur des prestations familiales chaque année à la date anniversaire du titre prévoyant la pension alimentaire, en fonction de la variation de l'indice des prix à la consommation hors tabac France entière publié par l'Institut national de la statistique et des études économiques, l'indice initial étant le dernier indice publié à la date du titre et l'indice retenu pour procéder à la revalorisation étant le dernier indice publié à la date de revalorisation de la pension,
DIT que les frais exceptionnels (voyages scolaires et linguistiques, activités extra-scolaires et équipements nécessaires à leur exercice, frais médicaux et para-médicaux restants à charge, permis de conduire..) seront partagés entre les parents par moitié, sous réserve qu'ils aient été engagés d'un commun accord,
CONDAMNE le parent ne les ayant pas engagés à rembourser la moitié de ces frais dans les quinze jours de la présentation du justificatif,
DÉBOUTE les parties du surplus de leurs demandes,
DIT qu’en application de l’article 1074-3 du code de procédure civile, la présente décision sera notifiée aux parties par le greffe par lettre recommandée avec accusé de réception,
RAPPELLE que les mesures portant sur l’autorité parentale et la contribution à l’entretien et l’éducation de l’enfant sont exécutoires de droit à titre provisoire,
CONDAMNE Monsieur [M] [O] aux dépens de l’instance,
AVISE les parties qu'en application de l'article 7 de la loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du 21è siècle et de l'arrêté du 16 mars 2017 désignant les juridictions habilitées à expérimenter la tentative de médiation préalable obligatoire à la saisine du juge en matière familiale, dont le tribunal judiciaire de Nantes :
Les décisions fixant les modalités de l'exercice de l'autorité parentale ou la contribution à l'entretien et à l'éducation de l'enfant ainsi que les stipulations contenues dans la convention homologuée peuvent être modifiées ou complétées à tout moment par le juge, à la demande du ou des parents ou du ministère public, qui peut lui-même être saisi par un tiers, parent ou non.
A peine d'irrecevabilité que le juge peut soulever d'office, la saisine du juge par le ou les parents doit être précédée d'une tentative de médiation familiale, sauf:
1° Si la demande émane conjointement des deux parents afin de solliciter l'homologation d'une convention selon les modalités fixées à l'article 373-2-7 du code civil ;
2° Si l'absence de recours à la médiation est justifiée par un motif légitime ;
3° Si des violences ont été commises par l'un des parents sur l'autre parent ou sur l'enfant.
LA GREFFIÈRE LA JUGE AUX AFFAIRES FAMILIALES
Léanick MEDARD Cécile DJELOYAN
Données open data (Licence Ouverte 2.0), pseudonymisées à la source. Ne jamais citer uniquement sur la foi de cette base locale.