Ldata.fr
← Retour au corpus
Vérifier sur Judilibre ↗
tj Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur source hf_dump

TJ Bobigny, 20 mai 2024, RG 24/00474


Vérifier : TJ Bobigny, 20 mai 2024, RG 24/00474 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
20/05/2024
Numéro
24/00474
Chambre
Chambre 29 / Proxi fond
Type
Autre
Id
66576c8ad8291d53ffed022e

Texte de la décision

23,030 caractères

TRIBUNAL DE PROXIMITÉ
DE SAINT OUEN
[Adresse 3]
[Localité 6]

Téléphone : [XXXXXXXX01] ou [XXXXXXXX05]
@ : [Courriel 9]
@ : [Courriel 7]

REFERENCES : N° RG 24/00474 - N° Portalis DB3S-W-B7I-YWDQ

Minute : 24/190

Société COFIDIS
Représentant : Maître Olivier HASCOET de la SELARL HKH AVOCATS, avocats au barreau d’ESSONNE, vestiaire :

C/

Madame [E] [R]
Monsieur [X] [R]

Copie exécutoire : Maître Olivier HASCOET
Copie certifiée conforme : Défendeurs

Le 27 Mai 2024

JUGEMENT

Jugement rendu et mis à disposition au greffe de ce tribunal en date du 20 Mai 2024;

Sous la présidence de Madame Maud PICQUET, juge des contentieux de la protection, assistée de Madame Isabelle GRAPPILLARD, greffier ;

Après débats à l'audience publique du 19 Mars 2024 le jugement suivant a été rendu :

ENTRE DEMANDEUR :

Société COFIDIS, demeurant [Adresse 8] - [Localité 4]
représentée par Maître Olivier HASCOET de la SELARL HKH AVOCATS, avocats au barreau D’ESSONNE

ET DÉFENDEURS :

Madame [E] [R], demeurant [Adresse 2] - [Localité 6]
non comparante, ni représentée

Monsieur [X] [R], demeurant [Adresse 2] - [Localité 6]
non comparant, ni représenté

.EXPOSE DU LITIGE

Suivant offre préalable acceptée le 22 juin 2020, la société COFIDIS a consenti à Monsieur [X] [R] et Madame [E] [U] épouse [R], qui se sont engagés solidairement, un prêt personnel n°28944000977230 d’un montant de 10 000,00 € remboursable par 72 mensualités de 163,47 € hors assurance au taux nominal conventionnel de 5,52 %.

Les fonds ont été débloqués le 1er juillet 2020.

Suivant offre préalable acceptée le 13 juillet 2021, la société COFIDIS a consenti à Monsieur [X] [R] un prêt renouvelable n°28917001212487 d’un montant de 3 000,00 € utilisable par fractions et remboursable par 30 mensualités de 126,00 € hors assurance au taux nominal conventionnel variable.

Les fonds ont été débloqués le 21 juillet 2021.

Par lettre recommandée en date du 27 septembre 2022, la société COFIDIS a mis en demeure Monsieur [X] [R] et Madame [E] [U] épouse [R] de s’acquitter des échéances impayées du prêt personnel.

Par lettre recommandée du même jour, elle a mis en demeure Monsieur [X] [R] de s’acquitter des échéances impayées du crédit renouvelable.

Par acte de commissaire de justice en date du 5 janvier 2024, la société COFIDIS a fait assigner Monsieur [X] [R] et Madame [E] [U] épouse [R] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal de proximité de Saint-Ouen et demande, sous le bénéfice de l'exécution provisoire, de:
- constater que la déchéance du terme est acquise et, à défaut, prononcer la résiliation judiciaire des prêts sur le fondement des articles 1224 et suivants du code civil ;
- condamner solidairement Monsieur [X] [R] et Madame [E] [U] épouse [R] à lui payer, au titre du prêt personnel, la somme de 8 778,57 €, dont 613,45 € à titre d'indemnité représentant 8 % du capital restant dû, majorée des intérêts au taux conventionnel, à compter du 17 octobre 2022, et subsidiairement au taux légal à compter du présent jugement,
- condamner Monsieur [X] [R] à lui payer, au titre du crédit renouvelable, la somme de 3 809,59 €, dont 239,68 € à titre d'indemnité représentant 8 % du capital restant dû, majorée des intérêts au taux conventionnel, à compter du 17 octobre 2022, et subsidiairement au taux légal à compter du présent jugement,
- ordonner la capitalisation des intérêts dans les conditions de l'article 1343-2 du code civil,
- condamner solidairement Monsieur [X] [R] et Madame [E] [U] épouse [R] à lui payer la somme de 800,00 € sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile, outre les entiers dépens.

L’affaire a été plaidée à l’audience du 19 mars 2024, à laquelle le juge a soulevé d’office l’éventuelle irrecevabilité des demandes en paiement au regard de la forclusion éventuellement acquise, de la régularité de la déchéance du terme considérée et des moyens relatifs aux irrégularités des contrats de crédit sanctionnées par la nullité de ceux-ci ou la déchéance du droit aux intérêts.

La société COFIDIS, représentée par son avocat, maintient les demandes formées dans son assignation. Elle indique que les défendeurs ont été déclarés recevables par la commission de surendettement des particuliers de la Seine-Saint-Denis le 27 novembre 2023 et qu’un réaménagement de leurs dettes est envisagé.

Cités par actes remis à sa personne pour Monsieur [X] [R] et à tiers présent pour Madame [E] [U] épouse [R], ceux-ci ne comparaissent pas.

L’affaire est mise en délibéré au 20 mai 2024.

MOTIVATION DE LA DÉCISION

Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond et il n’est fait droit à la demande que dans la mesure où elle apparaît régulière, recevable et bien fondée.

En vertu de l’article R.632-1 du code de la consommation, le juge peut relever d'office toutes les dispositions du présent code dans les litiges nés de son application.

A. SUR LE PRÊT PERSONNEL

I. Sur la recevabilité de l’action

Sur la forclusion
L'article R.312-35 du code de la consommation dispose qu'à peine de forclusion, les actions en paiement engagées devant le juge à l'occasion de la défaillance de l'emprunteur doivent être formées dans les deux ans de l'événement qui leur a donné naissance.

Cet événement est caractérisé par le non-paiement des sommes dues à la suite de la résiliation du contrat ou de son terme ou le premier incident de paiement non régularisé.

En l'espèce, il ressort de la vérification des relevés de compte et du dossier fournis en demande que la créance n’est pas affectée par la forclusion.

L’action en paiement est donc recevable.

Sur la déchéance du terme
En vertu de l’article 1103 du code civil, les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. Elles doivent être exécutées de bonne foi.

Conformément à l’article 1225 du code civil, la clause résolutoire précise les engagements dont l'inexécution entraînera la résolution du contrat. La résolution est subordonnée à une mise en demeure infructueuse, s'il n'a pas été convenu que celle-ci résulterait du seul fait de l'inexécution. La mise en demeure ne produit effet que si elle mentionne expressément la clause résolutoire.

Si le contrat de prêt peut prévoir que la défaillance de l’emprunteur entraînera la déchéance du terme, celle-ci ne peut, sauf disposition expresse et non équivoque, être déclarée acquise au créancier sans la délivrance d’une mise en demeure restée sans effet, précisant le délai dont dispose le débiteur pour y faire obstacle. Cette règle est d’application générale pour tout prêt de somme d’argent, dont les prêts à la consommation.

En l’espèce, les stipulations contractuelles font référence à la nécessité d’une mise en demeure préalable au prononcé de la déchéance du terme.

Or, la société COFIDIS justifie avoir adressé à Monsieur [X] [R] et Madame [E] [U] épouse [R] une mise en demeure préalable à la déchéance du terme par lettre recommandée avec accusé de réception.

Il convient donc de constater l’acquisition de la déchéance du terme.

II. Sur la demande principale en paiement

Sur la déchéance du droit aux intérêts contractuels
Il ressort des dispositions de l’article L.312-12 du code de la consommation que la signature par l'emprunteur de l'offre préalable de crédit comportant une clause selon laquelle il reconnaît que le prêteur, qui doit rapporter la preuve de ce qu'il a satisfait à ses obligations, lui a remis la fiche précontractuelle d'information normalisée européenne, constitue seulement un indice qu'il incombe au prêteur de corroborer par un ou plusieurs éléments complémentaires. La communication d’un document émanant de la seule banque ne peut utilement corroborer la clause type de l'offre de prêt.

L’article L.341-1 du même code prévoit que le prêteur qui accorde un crédit sans communiquer à l'emprunteur les informations pré-contractuelles dans les conditions fixées par l’article L.312-12 est déchu du droit aux intérêts.

En l’espèce, si l’offre préalable de crédit comporte une clause selon laquelle les emprunteurs reconnaissent que le prêteur leur a remis la fiche précontractuelle d’information normalisée européenne, aucun élément complémentaire ne vient corroborer cet indice. En effet, le prêteur se borne à communiquer une fiche précontractuelle d’information normalisée européenne, certes renseignée des caractéristiques du prêt, mais qui n’est pas signée par les emprunteurs, de sorte qu’elle ne peut utilement corroborer la clause type de l’offre de prêt.

La société COFIDIS sera, en conséquence, intégralement déchue de son droit aux intérêts contractuels à compter de la date de conclusion du contrat.

Sur la déchéance du droit aux intérêts légaux
Bien que déchu de son droit aux intérêts, le prêteur est fondé, en vertu de l’article 1231-7 du code civil, à réclamer à l’emprunteur le paiement des intérêts au taux légal sur le capital restant dû à compter de la mise en demeure, le taux d’intérêt légal étant majoré de plein droit deux mois après le caractère exécutoire de la décision de justice en application de l’article L.313-3 du code monétaire et financier.

Cependant, la Cour de Justice a édicté le principe selon lequel “le juge national chargé d’appliquer, dans le cadre de sa compétence, les dispositions du droit communautaire, a l’obligation d’assurer le plein effet de ces normes, en laissant au besoin inappliquée, de sa propre initiative, toute disposition contraire de la législation nationale, même postérieure, sans qu’il ait à demander ou à attendre l’élimination préalable de celle-ci” (CJCE, 9 mars 1978, aff. 106/77, Simmenthal).

Or, l’article 23 de la directive 2008/48 du Parlement européen et du Conseil concernant les contrats de crédits aux consommateurs dispose que les Etats membres définissent le régime de sanctions applicables en cas de violation des dispositions nationales adoptées conformément à la directive, et prennent toutes les mesures nécessaires pour faire en sorte qu’elles soient appliquées, et que les sanctions soient “effectives, proportionnées et dissuasives”.

Par arrêt du 27 mars 2014, la Cour de Justice de l’Union Européenne (affaire C-565/12, LCL / Fesih Kalhan) a jugé que l’article 23 de la directive 2008/48 s’oppose à l’application d’intérêts au taux légal si “les montants susceptibles d’être effectivement perçus par le prêteur à la suite de l’application de la sanction de la déchéance du droit aux intérêts ne sont pas significativement inférieurs à ceux dont celui-ci pourrait bénéficier s’il avait respecté ses obligations”.

La Cour de Justice a ainsi ajouté que, “si la sanction de la déchéance du droit aux intérêts se trouvait affaiblie, voire purement et simplement annihilée, en raison du fait que l’application des intérêts au taux légal majoré est susceptible de compenser les effets d’une telle sanction, il en découlerait nécessairement que celle-ci ne présente pas un caractère véritablement dissuasif”, et qu’il appartient à la juridiction saisie “de comparer, dans les circonstances de l’affaire dont elle est saisie, les montants que le prêteur aurait perçus en rémunération du prêt dans l’hypothèse où il aurait respecté son obligation avec ceux qu’il percevrait en application de la sanction de la violation de cette même obligation”.

En l’espèce, il résulte des pièces produites que les montants susceptibles d’être effectivement perçus par le prêteur au titre des intérêts au taux légal majoré de cinq points, nonobstant la déchéance du droit aux intérêts, sont supérieurs à ceux dont celui-ci aurait pu bénéficier s’il avait respecté ses obligations découlant de la directive 2008/48, de sorte que la sanction de la déchéance du droit aux intérêts ne revêt pas de caractère effectif et dissuasif.

Dès lors, afin d’assurer le respect de la directive précitée, et du caractère effectif et dissuasif de la sanction de la déchéance du droit aux intérêts, il convient de ne pas faire application de l’article 1231-7 du code civil et de l’article L.313-3 du code monétaire et financier, en prévoyant que la somme restant due en capital ne portera pas intérêt, fût-ce au taux légal.

Sur le montant de la créance principale
Compte tenu des développements précédents, il sera déduit du montant total des financements octroyés, soit en l’espèce 10 000,00 €, le montant des versements effectués depuis l’origine tels qu’ils figurent dans le décompte produit par la société COFIDIS, soit la somme de 3 752,19 €.

Dès lors, il convient en conséquence de condamner solidairement Monsieur [X] [R] et Madame [E] [U] épouse [R] au paiement de la somme de 6 247,81 €, arrêtée au 7 avril 2023 (soit 10 000,00 € – 3 752,19 €).

Sur la clause pénale
Il résulte de l’article 1231-5 du code civil que lorsque le contrat stipule que celui qui manquera de l'exécuter paiera une certaine somme à titre de dommages et intérêts, il ne peut être alloué à l'autre partie une somme plus forte ni moindre. Néanmoins, le juge peut, même d'office, modérer ou augmenter la pénalité ainsi convenue si elle est manifestement excessive ou dérisoire. Lorsque l'engagement a été exécuté en partie, la pénalité convenue peut être diminuée par le juge, même d'office, à proportion de l'intérêt que l'exécution partielle a procuré au créancier, sans préjudice de l'application de l'alinéa précédent. Toute stipulation contraire aux deux alinéas précédents est réputée non écrite. Sauf inexécution définitive, la pénalité n'est encourue que lorsque le débiteur est mis en demeure.

En l’espèce, la somme réclamée au titre de la clause pénale apparaît manifestement excessive compte tenu, d’une part, de l’intérêt que l’exécution partielle du contrat a déjà procuré au créancier et, d’autre part, du partage de responsabilité entre les parties concernant le préjudice généré par le retard de paiement, l’établissement de crédit ayant fait preuve de négligence lors de l’accomplissement des formalités nécessaires à la souscription du crédit.

Il y a donc lieu d’en réduire le montant à 62 € et de condamner solidairement Monsieur [X] [R] et Madame [E] [U] épouse [R] au paiement de celle-ci.

B. SUR LE CREDIT RENOUVELABLE

I. Sur la recevabilité de l’action

Sur la forclusion
En l'espèce, il ressort de la vérification des relevés de compte et du dossier fournis en demande que la créance n’est pas affectée par la forclusion.

L’action en paiement est donc recevable.

Sur la déchéance du terme
En l’espèce, les stipulations contractuelles font référence à la nécessité d’une mise en demeure préalable au prononcé de la déchéance du terme.

Or, la société COFIDIS justifie avoir adressé à Monsieur [X] [R] une mise en demeure préalable à la déchéance du terme par lettre recommandée avec accusé de réception.

Il convient donc de constater l’acquisition de la déchéance du terme.

II. Sur la demande principale en paiement

Sur la déchéance du droit aux intérêts contractuels
En l’espèce, si l’offre préalable de crédit comporte une clause selon laquelle l’emprunteur reconnaît que le prêteur lui a remis la fiche précontractuelle d’information normalisée européenne, aucun élément complémentaire ne vient corroborer cet indice. En effet, le prêteur se borne à communiquer une fiche précontractuelle d’information normalisée européenne, certes renseignée des caractéristiques du prêt, mais qui n’est pas signée par l’emprunteur, de sorte qu’elle ne peut utilement corroborer la clause type de l’offre de prêt.

Pour cette raison déjà, la société COFIDI sera intégralement déchue de son droit aux intérêts contractuels à compter de la date de conclusion du contrat, en application des articles L.312-12 et L.341-1 du code de la consommation. .

Au surplus, par application de l’article L. 312-16 du code de la consommation, avant de conclure le contrat de crédit, le prêteur vérifie la solvabilité de l'emprunteur à partir d'un nombre suffisant d'informations, y compris des informations fournies par ce dernier à la demande du prêteur. Le prêteur consulte le fichier (FICP) prévu à l'article L.751-1. Il incombe au créancier qui réclame l'exécution du prêt de prouver qu'il a bien procédé à la vérification de la solvabilité en exigeant les pièces justificatives nécessaires. De simples déclarations non étayées faites par un consommateur ne peuvent, en elles-mêmes, être qualifiées de suffisantes si elles ne sont pas accompagnées de pièces justificatives.

L’article L. 341-2 du même code prévoit que le prêteur qui n’a pas respecté les obligations fixées à l’article L. 312-16 est déchu du droit aux intérêts, en totalité ou dans la proportion fixée par le juge.

En l'espèce, le prêteur justifie avoir consulté le fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP) et produit la fiche d'évaluation sommaire prévue par l’article L.312-17 du code de la consommation, fiche qui ne fait, comme le précise cet article, que contribuer à l’évaluation de la solvabilité de l’emprunteur.

Cependant, en ne produisant aucune pièce justificative complémentaire relative à la situation financière de l’emprunteur, le prêteur ne justifie pas avoir vérifié la solvabilité de ce dernier avant la conclusion du contrat à partir d'un nombre suffisant d'informations.

Compte tenu de l’historique des paiements et du nombre de mensualités impayées, ce manquement justifie le prononcé d’une déchéance totale du droit aux intérêts.

Pour cette raison encore, la société COFIDIS sera intégralement déchue de son droit aux intérêts contractuels à compter de la date de conclusion du contrat.

Sur la déchéance du droit aux intérêts légaux
En l’espèce, il résulte des pièces produites que les montants susceptibles d’être effectivement perçus par le prêteur au titre des intérêts au taux légal majoré de cinq points, nonobstant la déchéance du droit aux intérêts, ne sont pas significativement inférieurs à ceux dont celui-ci aurait pu bénéficier s’il avait respecté ses obligations découlant de la directive 2008/48, de sorte que la sanction de la déchéance du droit aux intérêts ne revêt pas de caractère effectif et dissuasif.

Dès lors, afin d’assurer le respect de la directive précitée, et du caractère effectif et dissuasif de la sanction de la déchéance du droit aux intérêts, il convient de ne pas faire application de l’article 1231-7 du code civil et de l’article L. 313-3 du code monétaire et financier, en prévoyant que la somme restant due en capital ne portera pas intérêt, fût-ce au taux légal.

Sur le montant de la créance principale
Compte tenu des développements précédents, il sera déduit du montant total des financements octroyés, soit en l’espèce 3 441,17 €, le montant des versements effectués depuis l’origine tels qu’ils figurent dans le décompte produit par la société COFIDIS, soit la somme de 957,57 €.

Dès lors, il convient en conséquence de condamner Monsieur [X] [R] au paiement de la somme de 2 484,00 €, arrêtée au 7 avril 2023 (soit 3 441,17 € – 957,57 €).

Sur la clause pénale
En l’espèce, la somme réclamée au titre de la clause pénale apparaît manifestement excessive compte tenu, d’une part, de l’intérêt que l’exécution partielle du contrat a déjà procuré au créancier et, d’autre part, du partage de responsabilité entre les parties concernant le préjudice généré par le retard de paiement, l’établissement de crédit ayant fait preuve de négligence lors de l’accomplissement des formalités nécessaires à la souscription du crédit.

Il y a donc lieu d’en réduire le montant à 25 € et de condamner Monsieur [X] [R] au paiement de celle-ci.

C. SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES

Sur les dépens 
Monsieur [X] [R] et Madame [E] [U] épouse [R] qui succombent à l’instance, seront condamnés in solidum aux dépens.
 
Sur les frais irrépétibles 
 Compte tenu du déséquilibre des situations économiques respectives des parties et de la situation de surendettement des défendeurs, il convient de débouter la société COFIDIS de sa demande fondée sur l’application de l’article 700 du code de procédure civile.

Sur l’exécution provisoire
Conformément à l’article 514 du code de procédure civile, l’exécution provisoire est de droit.

PAR CES MOTIFS

Le juge des contentieux de la protection, statuant par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,

DÉCLARE l’action recevable ;

CONSTATE l’acquisition de la déchéance du terme du contrat de prêt n°28944000977230 en date du 22 juin 2020, signé entre la société COFIDIS, d’une part, et Monsieur [X] [R] et Madame [E] [U] épouse [R], d’autre part ; 

PRONONCE la déchéance du droit aux intérêts relatifs au contrat de prêt n°28944000977230 en date du 22 juin 2020, signé entre la société COFIDIS, d’une part, et Monsieur [X] [R] et Madame [E] [U] épouse [R], d’autre part ;

CONDAMNE solidairement Monsieur [X] [R] et Madame [E] [U] épouse [R] à payer à la société COFIDIS la somme de 6 247,81 €, arrêtée au 7 avril 2023, au titre du capital restant dû, outre la somme de 62 € au titre de la clause pénale, et ce, sans intérêt, ni contractuel ni légal ;

CONSTATE l’acquisition de la déchéance du terme du contrat de prêt n°28917001212487 en date du 13 juillet 2021, signé entre la société COFIDIS, d’une part, et Monsieur [X] [R] , d’autre part ; 

PRONONCE la déchéance du droit aux intérêts relatifs au contrat de prêt n°28917001212487 en date du 13 juillet 2021, signé entre la société COFIDIS et Monsieur [X] [R] ;

CONDAMNE Monsieur [X] [R] à payer à la société COFIDIS la somme de 2 484,00 €, arrêtée au 7 avril 2023, au titre du capital restant dû, outre la somme de 25 € au titre de la clause pénale, et ce, sans intérêt, ni contractuel ni légal ;

DÉBOUTE la société COFIDIS du surplus de ses prétentions ;

CONDAMNE in solidum Monsieur [X] [R] et Madame [E] [U] épouse [R] aux dépens ;

RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit ;

Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition du jugement au greffe, le 20 mai 2024, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile, la minute étant signée par la juge et par la greffière.

La greffière, La juge,

REFERENCES A RAPPELER : N° RG 24/00474 - N° Portalis DB3S-W-B7I-YWDQ

DÉCISION EN DATE DU : 20 Mai 2024

AFFAIRE :

Société COFIDIS
Représentant : Maître Olivier HASCOET de la SELARL HKH AVOCATS, avocats au barreau d’ESSONNE, vestiaire :

C/

Madame [E] [R]
Monsieur [X] [R]

EN CONSÉQUENCE

la République française mande et ordonne à tous huissiers de justice, sur ce requis, de mettre ledit jugement à exécution, aux procureurs généraux et aux procureurs de la République près les tribunaux de grande instance d'y tenir la main, à tous commandants et officiers de la force publique de prêter main-forte lorsqu'ils en seront légalement requis.

En foi de quoi le présent jugement a été signé par le Président et le Greffier.

POUR COPIE CERTIFIÉE CONFORME
revêtue de la formule exécutoire

P/le directeur des services de greffe judiciaires

Données open data (Licence Ouverte 2.0), pseudonymisées à la source. Ne jamais citer uniquement sur la foi de cette base locale.