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tj Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs en accordant des délais d'exécution au défendeur source hf_dump

TJ Lille, 6 juin 2024, RG 23/11332


Vérifier : TJ Lille, 6 juin 2024, RG 23/11332 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
06/06/2024
Numéro
23/11332
Chambre
JCP
Type
Autre
Id
66ccc422cbac3e483930b3ed

Texte de la décision

9,350 caractères

TRIBUNAL JUDICIAIRE
de LILLE
[Localité 3]

☎ :[XXXXXXXX01]

N° RG 23/11332 - N° Portalis DBZS-W-B7H-X2Y2

N° de Minute : BX24/00485

JUGEMENT

DU : 06 Juin 2024

[Localité 5] METROPOLE HABITAT

C/

[U] [B]
[X] [B]

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

JUGEMENT DU 06 Juin 2024

DANS LE LITIGE ENTRE :

DEMANDEUR(S)

[Localité 5] METROPOLE HABITAT dont le siège social est sis [Adresse 2]
représentée par Mme [P] [I], munie d'un mandat écrit

ET :

DÉFENDEUR(S)

Mme [U] [B], demeurant [Adresse 4]

M. [X] [B], demeurant [Adresse 4]
assistés par Me Margaux MACHART, avocat au barreau de LILLE

COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DÉBATS À L'AUDIENCE PUBLIQUE DU 04 Avril 2024

Catherine CHRUSCIELEWSKI, Juge, assistée de Sylvie DEHAUDT, Greffier

COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DU DÉLIBÉRÉ
Par mise à disposition au Greffe le 06 Juin 2024, date indiquée à l'issue des débats par Catherine CHRUSCIELEWSKI, Juge, assistée de Mahdia CHIKH, Greffier

EXPOSE DU LITIGE

Suivant acte du 18 février 2015, [Localité 5] METROPOLE HABITAT a donné en location à Madame [U] [B] et Monsieur [X] [B] un immeuble à usage d'habitation situé à [Adresse 4].

Le 6 mai 2022, [Localité 5] METROPOLE HABITAT a fait signifier à Madame [U] [B] et Monsieur [X] [B] un commandement de payer les loyers et charges impayés visant la clause résolutoire.

Par exploit d'huissier du 4 décembre 2023, [Localité 5] METROPOLE HABITAT a fait assigner Madame [U] [B] et Monsieur [X] [B], pour l'audience du huit Février deux mil vingt quatre, devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Lille, aux fins de :

- constater ou à défaut prononcer la résiliation du bail portant sur l'immeuble sis à [Adresse 4] pour défaut de paiement de loyers ;
- ordonner l'expulsion de Madame [U] [B] et Monsieur [X] [B] ;
- les condamner solidairement au paiement :
- de la somme de 2891,60 euros au titre des loyers et charges impayés avec intérêts au taux légal;
- d'une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant du dernier loyer et des charges, dont le montant pourra être réajusté au cas où les charges réelles dépasseraient le montant de la provision jusqu'à la libération effective des lieux ;
- de la somme de 152 euros en application de l'article 700 du code de procédure civile ;
- condamner solidairement Madame [U] [B] et Monsieur [X] [B] aux entiers dépens ;
- ordonner l'exécution provisoire.

A l'audience, [Localité 5] METROPOLE HABITAT a sollicité le bénéfice de son acte introductif d'instance, sauf à actualiser sa demande principale à la somme de 5922,63 euros, selon décompte arrêté au 31 mars 2024. Le bailleur indique ne pas s'opposer à une demande de délais de paiement.

Madame [U] [B] et Monsieur [X] [B] ont sollicité des délais de paiement, proposant de s'acquitter de leur dette par versements mensuels de 20 euros, outre le loyer courant et demandent l'AJP.
Il est expressément fait référence à leurs conclusions visées le 4 avril 2024.

L'affaire a été mise en délibéré au 06 Juin 2024.

MOTIFS DE LA DÉCISION

Sur la recevabilité :

Le bailleur justifie avoir saisi la CAF le 13 mai 2022 puis avoir notifié au préfet du Nord, le 5 décembre 2023 l'assignation visant à obtenir l'expulsion, conformément aux dispositions de l'article 24 II de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.

Son action est donc recevable.

Sur la demande de résiliation du bail :

Le contrat de bail comporte effectivement une clause résolutoire pour défaut de paiement du loyer et des charges.

La dette n'a pas été réglée dans les deux mois de la signification du commandement.

Les conditions d'acquisition de la clause résolutoire contenue dans le contrat de bail étaient réunies à la date du 6 juillet 2022.

Sur les sommes dues :

Il ressort du relevé de compte versé aux débats que le montant des loyers et charges impayés, s'élevait, au 31 mars 2024, à la somme de 5838,81 euros, déduction faite des divers frais éventuellement inclus dans le décompte.

Le montant prélevé pour l'enquête sociale sera déduit en l'absence de mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception d'avoir à renvoyer l'enquête sociale.

Madame [U] [B] et Monsieur [X] [B] seront donc solidairement condamnés à payer en deniers ou quittances valables à [Localité 5] METROPOLE HABITAT la somme de 5838,81 euros au titre de l'arriéré locatif arrêté au 31 mars 2024.

Les intérêts sont dus au taux légal à compter du présent jugement.

Sur les délais de paiement :

Madame [U] [B] et Monsieur [X] [B] sollicitent des délais de paiement et offrent de s'acquitter de leur dette par versements mensuels de 20 euros, outre le loyer courant.

Au regard de la situation financière de Madame [U] [B] et Monsieur [X] [B], il convient de leur accorder la possibilité de régler leur dette par mensualités de 20 euros et de suspendre les effets de la clause résolutoire en soulignant toutefois que dès le premier impayé, soit de cette mensualité, soit du loyer courant, la totalité de la dette redeviendra exigible et l'expulsion pourra alors être poursuivie sans nouvelle décision.

Sur l'indemnité mensuelle d'occupation :

Dans l'hypothèse où Madame [U] [B] et Monsieur [X] [B] ne respecteraient pas les délais qui leur ont été accordés par le juge, l'occupation des lieux deviendrait illégitime, causant au bailleur un préjudice qu'il convient de réparer en condamnant les locataires, devenus occupants sans titre, à lui payer une indemnité d'occupation mensuelle d'un montant égal à celui du loyer et des charges qui aurait été dû en l'absence de résiliation du bail, soit 423,15 euros jusqu'à la libération effective et définitive des lieux.

Sur les demandes accessoires :

Madame [U] [B] et Monsieur [X] [B], qui succombent, supporteront les entiers dépens.

La situation de Monsieur [B] [X] et Madame [U] [B] justifie l'octroi de l'AJP.

L'équité commande par contre de laisser à la charge du bailleur les frais irrépétibles non compris dans les dépens et la demande présentée au titre de l'article 700 du code de procédure civile sera donc rejetée.

L'article 514 du code de procédure civile dispose désormais que : " les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n'en dispose autrement ".

PAR CES MOTIFS

Le juge des contentieux de la protection, statuant après débats publics, par jugement Contradictoire et en premier ressort ;

Déclare l'action de [Localité 5] METROPOLE HABITAT recevable ;

Constate que les conditions d'acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 18 février 2015 entre [Localité 5] METROPOLE HABITAT et Madame [U] [B] et Monsieur [X] [B] concernant l'immeuble situé à [Adresse 4], sont réunies à la date du 6 juillet 2022 ;

Condamne solidairement Madame [U] [B] et Monsieur [X] [B] à payer en deniers ou quittances valables à [Localité 5] METROPOLE HABITAT, la somme de 5838,81 euros au titre de l'arriéré locatif arrêté au 31 mars 2024, avec intérêts au taux légal à compter du présent jugement ;

Autorise Madame [U] [B] et Monsieur [X] [B] à payer leur dette, en principal par mensualités de 20 euros ;

Dit que ces mensualités devront être payées le 12 de chaque mois et pour la première fois le 12 du mois suivant la signification de la présente décision, le solde étant payé le 36ème mois ;

Rappelle que les mensualités sont payables en plus du loyer courant ;

Suspend les effets de la clause résolutoire pendant l'exécution des délais ;

Dit que si les délais sont respectés la clause résolutoire sera réputée n'avoir jamais joué ;

Dit qu'en revanche, en cas de non paiement d'une seule de ces mensualités, l'intégralité de la somme restant due deviendra immédiatement exigible et la clause résolutoire sera automatiquement acquise à compter de la date de la première de ces mensualités impayées ;

Dit que dans ce cas, à défaut d'avoir quitté les lieux dont il s'agit dans les deux mois du commandement de délaisser, Madame [U] [B] et Monsieur [X] [B] ou tout occupant de son chef pourront être expulsé, et ce, si besoin est, avec le concours de la Force Publique ;

Condamne solidairement Madame [U] [B] et Monsieur [X] [B], au cas où la clause résolutoire reprendrait effet, à payer chaque mois pour lequel ils seront restés dans les lieux, une indemnité mensuelle d'occupation égale au montant du loyer actuel charges comprises, soit 423,15 euros ;

Dit que la part correspondant aux charges dans ces indemnités mensuelles d'occupation pourra être réajustée au cas où les charges de l'année dépasseraient la provision ;

Rejette la demande formée par le bailleur au titre de l'article 700 du code de procédure civile ;

Certifie le présent jugement en tant que Titre Exécutoire Européen en application des dispositions du Règlement (CE) 805/2004 et dit que le greffier dudit tribunal sera tenu, sur simple demande de la partie requérante de délivrer le Titre Exécutoire Européen ensemble avec l'original du présent jugement ;

Accorde à Madame [U] [B] et Monsieur [X] [B] l'aide juridictionnelle provisoire ;

Condamne in solidum Madame [U] [B] et Monsieur [X] [B] aux dépens ;

Rappelle que le présent jugement est de droit exécutoire à titre provisoire ;

Rejette toute autre demande.

Ainsi jugé et prononcé le 06 Juin 2024 par mise à disposition au greffe.
Le GREFFIER Le PRESIDENT

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