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tj Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur source hf_dump

TJ Pontoise, 26 août 2024, RG 24/02698


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Date
26/08/2024
Numéro
24/02698
Chambre
Chambre JEX
Type
Autre
Id
66d0cf971bb6f60ce8bc647c

Texte de la décision

6,669 caractères

26 Août 2024

RG N° 24/02698 - N° Portalis DB3U-W-B7I-NZGD

Code Nac : 5AD Baux d’habitation - Demande du locataire ou de l’ancien locataire tendant au maintien dans les lieux

Madame [V] [C] [U]

C/

S.C.I. PRIMO 1

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE PONTOISE

JUGE DE L’EXÉCUTION

---===ooo§ooo===---

JUGEMENT

ENTRE

PARTIE DEMANDERESSE

Madame [V] [C] [U]
[Adresse 1]
[Adresse 1]
[Localité 4]
comparante

ET

PARTIE DÉFENDERESSE

S.C.I. PRIMO 1
[Adresse 2]
[Localité 3]
représentée par Me Audrey MARCHAND, avocat au barreau de PARIS

COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DE L’AUDIENCE

Président : Madame SOLA-RIGOUSTE,

Assistée de : Madame MARETTE, Greffière

COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DE LA MISE A DISPOSITION

Président : Madame SOLA-RIGOUSTE,

Assistée de : Madame SIMON, Greffière

DÉBATS

A l'audience publique tenue le 01 Juillet 2024 en conformité du code des procédures civiles d’exécution et de l’article L213-6 du code de l’organisation judiciaire, l’affaire a été évoquée et mise en délibéré, par mise à disposition au greffe, au 26 Août 2024.

EXPOSE DU LITIGE

Par déclaration au greffe reçue le 23 mai 2024, Madame [V] [C] [U] a sollicité l’exécution afin d’obtenir, sur le fondement de l'article L.412-3 du code des procédures civiles d’exécution, des délais avant son expulsion du logement situé [Adresse 1] [Localité 4], à la suite du commandement de quitter les lieux délivré le 2 avril 2024.

A cette audience, Madame [V] [C] [U] a exposé ses difficultés actuelles et son souhait de bénéficier de délais à hauteur de 12 mois pour quitter les lieux et de 6 mois pour payer sa dette.

La SCI PRIMO 1 a sollicité le rejet de la demande de délais.

L’affaire a été appelée à l’audience du 1er juillet 2024 et la décision a été mise en délibéré à la date du 26 août 2024.

MOTIFS DE LA DÉCISION

Aux termes de l'article L.412-3 du code des procédures civiles d’exécution, « Le juge peut accorder des délais renouvelables aux occupants de lieux habités ou de locaux à usage professionnel, dont l'expulsion a été ordonnée judiciairement, chaque fois que le relogement des intéressés ne peut avoir lieu dans des conditions normales.
Le juge qui ordonne l'expulsion peut accorder les mêmes délais, dans les mêmes conditions.
Cette disposition n'est pas applicable lorsque le propriétaire exerce son droit de reprise dans les conditions prévues à l'article 19 de la loi n° 48-1360 du 1er septembre 1948 portant modification et codification de la législation relative aux rapports des bailleurs et locataires ou occupants de locaux d'habitation ou à usage professionnel et instituant des allocations de logement, lorsque la procédure de relogement effectuée en application de l'article L. 442-4-1 du code de la construction et de l'habitation n'a pas été suivie d'effet du fait du locataire ou lorsque ce dernier est de mauvaise foi.
Les deux premiers alinéas du présent article ne s'appliquent pas lorsque les occupants dont l'expulsion a été ordonnée sont entrés dans les locaux à l'aide de manœuvres, de menaces, de voies de fait ou de contrainte. »
L'article L.412-4 du même code précise que « La durée des délais prévus à l'article L. 412-3 ne peut, en aucun cas, être inférieure à un mois ni supérieure à un an. Pour la fixation de ces délais, il est tenu compte de la bonne ou mauvaise volonté manifestée par l'occupant dans l'exécution de ses obligations, des situations respectives du propriétaire et de l'occupant, notamment en ce qui concerne l'âge, l'état de santé, la qualité de sinistré par faits de guerre, la situation de famille ou de fortune de chacun d'eux, les circonstances atmosphériques, ainsi que des diligences que l'occupant justifie avoir faites en vue de son relogement. Il est également tenu compte du droit à un logement décent et indépendant, des délais liés aux recours engagés selon les modalités prévues aux articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et du délai prévisible de relogement des intéressés. »

En l'espèce, l'expulsion est poursuivie en vertu d’une décision rendue par le juge des contentieux de la protection le 18 janvier 2024 qui a notamment :
- constaté la résiliation du bail et autorisé l'expulsion de Madame [V] [C] [U] ;
- condamné Madame [V] [C] [U] au paiement de la somme de 3.573,03 euros au titre des impayés de loyer, outre une indemnité d'occupation égale au montant des loyers et charges.

Cette décision a été signifiée et un commandement de quitter les lieux a été délivré le 2 avril 2024.

Il y a lieu de rechercher si la situation personnelle de Madame [V] [C] [U] est susceptible de fonder la demande de délais avant l’expulsion qui doit être entreprise et dont le principe n’est pas contestable.

Il convient de relever que Madame [V] [C] [U] occupe un logement adapté à la situation de handicap de son fils mais également de celle de son mari qui vient de subir une transplantation d’un rein.
La reconnaissance de la situation de son conjoint est en cours et le dossier MDPH est dressé. La perception de l’AAH et la régularisation de l’arriéré permettra à la requérante d’assainir sa situation financière et surtout d’apurer l’arriéré locatif.

L'indemnité d'occupation courante est payée depuis mai 2024 etl'arriéré des loyers est en cours de remboursement. La dette locative est de 8.915,75 euros au jour de l’audience.

Eu égard à l'ensemble de ces éléments et à la situation respective des parties, il sera fait droit à la demande de délais tant d’expulsion que de paiement et ce dans les conditions prévues au dispositif.

Sur les demandes accessoires

Sur les dépens

Madame [V] [C] [U] assumera les dépens.

Sur l'exécution provisoire

Il est rappelé que l’exécution provisoire est de droit en la matière.

PAR CES MOTIFS

Le juge de l’exécution, statuant publiquement, par jugement en premier ressort et contradictoire ;

ACCORDE à Madame [V] [C] [U] un délai de 3 mois à compter de la présente décision pour se maintenir dans les lieux situés [Adresse 1] à [Localité 4], délai subordonné au paiement ponctuel et régulier de l'indemnité d'occupation fixée par la décision du juge des contentieux de la protection le 18 janvier 2024 ;
ACCORDE à Madame [V] [C] [U] une délai de 6 mois pour solder la dette locative ;

DIT qu'à défaut de paiement d'une seule mensualité à sa date exacte, le délai sera caduc et l'expulsion pourra être poursuivie ;

CONDAMNE Madame [V] [C] [U] aux entiers dépens ;

DÉBOUTE les parties de leurs demandes plus amples ou contraires ;

RAPPELLE que les décisions du juge de l’exécution bénéficient de l’exécution provisoire de droit.

Fait à Pontoise, le 26 Août 2024

Le Greffier, Le Juge de l'Exécution,

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