Ldata.fr
← Retour au corpus
Vérifier sur Judilibre ↗
ca Autre source hf_dump

CA Rouen, 24 sept. 2024, RG 24/03334


Vérifier : CA Rouen, 24 sept. 2024, RG 24/03334 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
24/09/2024
Numéro
24/03334
Lieu / cour
Cour d'appel de Rouen
Chambre
Chambre des Etrangers
Type
Ordonnance
Id
66f3a92c5c2cfc5a084accba

Texte de la décision

6,728 caractères

N° RG 24/03334 - N° Portalis DBV2-V-B7I-JYRD

COUR D'APPEL DE ROUEN

JURIDICTION DU PREMIER PRÉSIDENT

ORDONNANCE DU 24 SEPTEMBRE 2024

Brigitte HOUZET, conseillère à la cour d'appel de Rouen, spécialement désignée par ordonnance de la première présidente de ladite cour pour la suppléer dans les fonctions qui lui sont spécialement attribuées,

Assistée de Mme DEMANNEVILLE, greffière lors des débats et Mme VESPIER, greffière lors du délibéré ;

Vu les articles L 740-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Vu la requête du préfet de la Seine-Saint-Denis tendant à voir prolonger pour une durée supplémentaire de trente jours la mesure de rétention administrative qu'il a prise le 22 août 2024 à l'égard de M. [C] [T], né le 04 Novembre 2000 à SOMALIE, de nationalité Somalienne ;

Vu l'ordonnance rendue le 22 Septembre 2024 à 12h40 par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Rouen autorisant le maintien en rétention de M. [C] [T] pour une durée supplémentaire de trente jours à compter du 21 septembre 2024 à 19h06 jusqu'au 21 octobre 2024 à la même heure ;

Vu l'appel interjeté par M. [C] [T], parvenu au greffe de la cour d'appel de Rouen le 23 septembre 2024 à 12h05 ;

Vu l'avis de la date de l'audience donné par le greffier de la cour d'appel de Rouen :

- aux services du directeur du centre de rétention deOissel,

- à l'intéressé,

- au préfet de la Seine-Saint-Denis,

- à Me Angélique MACREL, avocat au barreau de ROUEN, de permanence,

- à M. [X] [E], interprète en somali, inscrit sur la liste des experts de la cour d'appel de Versailles ;

Vu les dispositions des articles L 743-8 et R 743-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Vu la décision prise de tenir l'audience grâce à un moyen de télécommunication audiovisuelle et d'entendre la personne retenue par visioconférence depuis les locaux dédiés à proximité du centre de rétention administrative de [Localité 1] ;

Vu la demande de comparution présentée par M. [C] [T] ;

Vu l'avis au ministère public ;

Vu les débats en audience publique, en présence par audioconférence de M. [X] [E], expert assermenté sur la liste des experts de la cour d'appel de Versailles, en présence de Me Lamiae HAFDI, avocat au barreau de Seine-Saint-Denis, substituant le cabinet Adam-Caumeil, avocats au barreau de Paris, représentant le préfet de la Seine-Saint-Denis, en l'absence du ministère public ;

Vu la comparution de M. [C] [T] par visioconférence depuis les locaux dédiés à proximité du centre de rétention administrative de [Localité 1] ;

Me Angélique MACREL, avocat au barreau de ROUEN étant présent au palais de justice ;

Vu les réquisitions écrites du ministère public ;

Les réquisitions et les conclusions ont été mises à la disposition des parties ;

L'appelant, son conseil et le conseil du préfet ayant été entendus ;

****

Décision prononcée par mise à disposition de l'ordonnance au greffe de la cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile.

****

FAITS, PROCÉDURE ET MOYENS

M. [C] [T], ressortissant somalien, déclare être entré en France en novembre 2021.

Il a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français le 12 juillet 2024.

Il a été placé en rétention administrative selon arrêté du 22 août 2024, notifié à 19h06 à l'issue d'une mesure de garde à vue.

Une première prolongation de la rétention administrative a été autorisée par ordonnance du juge du tribunal judiciaire de Rouen du 26 août 2024, décision confirmée par ordonnance de la cour d'appel de Rouen du 28 août 2024.

Une seconde prolongation de sa rétention administrative a été autorisée par ordonnance du juge du tribunal judiciaire de Rouen du 22 septembre 2024 pour une durée de trente jours.

M. [C] [T] a interjeté appel de cette décision.

Au soutien de son appel, il fait valoir:

- l'insuffisance des diligences de l'administration française.

A l'audience, son conseil maintient ce moyen.

Le préfet, représenté par son conseil, a conclu à la confirmation de l'ordonnance.

MOTIVATION DE LA DECISION

Sur la recevabilité de l'appel

Il résulte des énonciations qui précédent que l'appel interjeté par Monsieur [C] [T] à l'encontre de l'ordonnance rendue le 22 Septembre 2024 par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Rouen est recevable.

Sur le fond

*sur les diligences accomplies par l'administration française :

S'il appartient au juge, en application de l'article L. 741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de rechercher concrètement les diligences accomplies par l'administration pour permettre que l'étranger ne soit maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ, ce qui requiert dès le placement en rétention, une saisine effective des services compétents pour rendre possible le retour, en revanche, l'administration française ne dispose d'aucun pouvoir de contrainte sur les autorités consulaires (1re Civ., 9 juin 2010, pourvoi n° 09-12.165) et le juge ne saurait imposer à l'administration la réalisation d'acte sans véritable effectivité.

En l'espèce, le consulat somalien a été saisi le 23 août 2024 d'une demande de laissez-passer et cinq relances lui ont été adressées.

Depuis lors, aucune autre diligence utile de l'administration ne pouvait lui être imposée, dans l'attente du résultat d'un rendez-vous consulaire et il ne peut, à ce jour, être conclu à l'absence de perspectives d'éloignement. Les diligences accomplies par l'administration apparaissent ainsi suffisantes et le moyen sera rejeté.

En conséquence, l'ordonnance entreprise sera confirmée en toutes ses dispositions.

PAR CES MOTIFS :

Statuant publiquement, par ordonnance contradictoire et en dernier ressort,

Déclare recevable l'appel interjeté par M. [C] [T] à l'encontre de l'ordonnance rendue le 22 Septembre 2024 par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Rouen, prolongeant la mesure de rétention administrative le concernant pour une durée supplémentaire de trente jours ;

Confirme la décision entreprise en toutes ses dispositions.

Fait à Rouen, le 24 Septembre 2024 à 14h15.

LE GREFFIER, LA CONSEILLERE,

NOTIFICATION

La présente ordonnance est immédiatement notifiée contre récépissé à toutes les parties qui en reçoivent une expédition et sont informées de leur droit de former un pourvoi en cassation dans les deux mois de la présente notification et dans les conditions fixées par les articles 973 et suivants du code de procédure civile.

Données open data (Licence Ouverte 2.0), pseudonymisées à la source. Ne jamais citer uniquement sur la foi de cette base locale.