TJ Lille, 19 oct. 2024, RG 24/02260
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Texte de la décision
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LILLE
Le magistrat délégué par la présidente du Tribunal judiciaire
NOTE D’AUDIENCE
Articles L.614-1, L.614-13, L.741-10, L.743-5, L.743-20 du CESEDA
Audience publique
DATE D’AUDIENCE : 19 Octobre 2024
DOSSIER : N° RG 24/02260 - N° Portalis DBZS-W-B7I-Y354 - M. LE PREFET DE L’AISNE / M. [L] [W]
MAGISTRAT : Claire MARCHALOT
GREFFIER : Sylvie DELECROIX
DEMANDEUR :
M. LE PREFET DE L’AISNE
Représenté par Me Joyce JACQUARD, cabinet ACTIS AVOCATS, Barreau du Val de Marne,
DEFENDEUR :
M. [L] [W]
Assisté de Maître Modeste MBULI BONYENGWA, avocat commis d’office,
En présence de Mme [C] [R], interprète en langue russe,
DEROULEMENT DES DEBATS
L’intéressé déclare : je suis né le 31 Juillet 1993 à MALGOBEK (RUSSIE).
Le représentant de l’administration, entendu en ses observations :
- attente de la délivrance d’un document de voyage, pas de bref délai
- menace à l’ordre public
- monsieur a fait l’objet d’une inscription par la DGSI (entreprise terroriste / assassinat)
L’avocat soulève les moyens suivants :
- menace à l’ordre public : si monsieur était connu pour des fais de terrorisme, il y aurait eu une information judiciaire, se sont de simples allégations,
- la Russie n’est pas favorable à la facilitation de la tache des autorités françaises, vu le contexte de la guerre en Ukraine, il n’y a eu aucune réponse des autorités russes. Les diligences accomplies ne peuvent aboutir à la délivrance d’un laisser passer et pas de perspective d’éloignement.
L’intéressé entendu en dernier déclare :sur les faits de terrorisme, c’est absurde, moi je ne suis pas du tout allié à ce genre de chose et je n’ai jamais rien commis. J’ai une famille, 4 enfants. Ça fait déjà un mois que je ne les ai pas vus. J’ai reconnu ma faute et je continue à l’admettre.
DÉCISION
Sur la demande de maintien en rétention :
o RECEVABLE o IRRECEVABLE
o PROROGATION o REJET o ASSIGNATION A RÉSIDENCE
Le greffier Le magistrat délégué
Sylvie DELECROIX Claire MARCHALOT
COUR D’APPEL DE DOUAI
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LILLE
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Le magistrat délégué par la présidente du Tribunal judiciaire
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Dossier N° RG 24/02260 - N° Portalis DBZS-W-B7I-Y354
ORDONNANCE STATUANT SUR LA PROROGATION D’UNE MESURE DE RETENTION ADMINISTRATIVE
Articles L.614-1, L.614-13, L.741-10, L.743-5, L.743-20 CESEDA
Nous, Claire MARCHALOT, Vice Présidente, magistrat délégué par la présidente du Tribunal judiciaire de LILLE, assisté de Sylvie DELECROIX, greffier ;
Vu les dispositions des articles suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) :
- L.614-1, L.614-13, L.741-10, L.743-5, L.743-20
- L. 741-1, L.741-4, L.741-5, L.741-7, L.744-1, L.751-9, L.751-10
- L. 743-14, L.743-15, L.743-17
- L. 743-19, L. 743-25
- R. 741-3
- R.742-1, R. 743-1 à R. 743-8, R. 743-21
Vu la décision de placement en rétention administrative prise le 19/09/2024 par M. LE PREFET DE L’AISNE;
Vu l’ordonnance de maintien en rétention rendue par le magistrat délégué par la présidente du Tribunal judiciaire de Lille, le 22/09/2024 ;
Vu la requête en prorogation de l’autorité administrative en date du 18/10/2024 reçue et enregistrée le 18/10/2024 à 10h04 (cf. Timbre du greffe) tendant à la prorogation de la rétention de M. [L] [W] dans les locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire pour une durée de trente jours ;
Vu l’extrait individualisé du registre prévu à l’article L. 744-2 du CESEDA émargé par l’intéressé ;
PARTIES
AUTORITE ADMINISTRATIVE QUI A ORDONNE LE PLACEMENT EN RETENTION
M. LE PREFET DE L’AISNE
préalablement avisé, représenté par Me Joyce JACQUARD, cabinet ACTIS, Barreau du Val de Marne représentant de l’administration,
PERSONNE RETENUE
M. [L] [W]
né le 31 Juillet 1993 à MALGOBEK (RUSSIE)
de nationalité Russe
actuellement maintenu en rétention administrative
préalablement avisé et présent à l’audience,
assisté de Maître Modeste MBULI BONYENGWA, avocat commis d’office,
en présence de Mme [C] [R], interprète en langue russe,
LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE, préalablement avisé n’est pas présent à l’audience.
DÉROULEMENT DES DÉBATS
A l’audience publique, le magistrat délégué a procédé au rappel de l’identité des parties ;
Après avoir rappelé à la personne retenue les droits qui lui sont reconnus par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile pendant sa rétention et l’avoir informée des possibilités et des délais de recours contre toutes décisions le concernant ;
L’intéressé a été entendu en ses explications ;
Le représentant du préfet a été entendu en ses observations ;
L’avocat a été entendu en sa plaidoirie ;
Le représentant du préfet ayant répondu à l’avocat ;
L’étranger ayant eu la parole en dernier ;
EXPOSE DU LITIGE
Par décision en date du 19 septembre 2024 notifiée le même jour à 17 heures 35, l’autorité administrative a ordonné le placement de [L] [W], né le 31 juillet 1993 à Malgobek (Russie), se disant de nationalité russe, en rétention dans des locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire.
Par décision du 22 septembre 2024, le juge du tribunal judiciaire de Lille a ordonné la prolongation de la rétention pour une durée de vingt-six jours. Par décision rendue le 24 septembre 2024, le premier président de la Cour d’appel de Douai a déclaré irrecevable l’appel interjeté par [L] [W].
Par requête en date du 18 octobre 2024, reçue au greffe le même jour à 10 heures 04, l’autorité administrative a saisi le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Lille aux fins de voir ordonner la prolongation de la rétention pour une durée de trente jours.
Le conseil de l’administration indique qu’elle a effectué toutes les diligences nécessaires à ce stade de la procédure. Elle fait valoir que [L] [W] n’a pas respecté les conditions de son assignation à résidence.
Le conseil de [L] [W] sollicite le rejet de la prolongation de la rétention sur les moyens suivants :
-l’absence de perspective d’éloignement en raison du contexte existant actuellement avec la Russie.
-l’absence de menace à l’ordre public.
[L] [W] indique qu’il reconnaît ne pas avoir respecté l’assignation à domicile, mais qu’il n’est pas un terroriste et qu’il a 4 enfants qu’il n’a pas vu depuis un mois.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur le moyen soulevé et sur la requête en prolongation de la rétention
L’article L. 742-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dispose :
“Le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut, dans les mêmes conditions qu’à l’article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de trente jours, dans les cas suivants :
1° En cas d’urgence absolue ou de menace d’une particulière gravité pour l’ordre public ;
2° Lorsque l’impossibilité d’exécuter la décision d’éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l’intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l’obstruction volontaire faite à son éloignement ;
3° Lorsque la décision d’éloignement n’a pu être exécutée en raison :
a) du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l’intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l’exécution de la décision d’éloignement ;
b) de l’absence de moyens de transport.
L’étranger peut être maintenu à disposition de la justice dans les conditions prévues à l’article L. 742-2.
Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l’expiration de la précédente période de rétention et pour une nouvelle période d’une durée maximale de trente jours. La durée maximale de la rétention n’excède alors pas soixante jours.”.
L’article L. 741-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dispose :
“Un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L'administration exerce toute diligence à cet effet.”.
En l’espèce, les autorités consulaires de la fédération de Russie ont été saisies de la situation de [L] [W] le 20 septembre 2024. Une nouvelle demande a été adressée le 3 octobre 2024. L’administration justifie également qu’elle est en attente d’une date de vol suite à la demande de routing adressée le 20 septembre 2024.
Il résulte de ces éléments que l’administration a effectué l’ensemble des diligences afin d’assurer l’exécution la plus rapide possible de l’éloignement de [L] [W] et de limiter le temps de privation de liberté que constitue la mesure de rétention. Il sera souligné qu’il n’est pas exigé à ce stade de preuve de délivrance à bref délai du document de voyage et que l’administration ne dispose d’aucun pouvoir d’injonction à l’égard des autorités consulaires russe.
Par conséquent, le moyen soulevé sera rejeté et il sera fait droit à la requête de l’administration.
PAR CES MOTIFS :
Statuant publiquement en premier ressort, par décision assortie de l’exécution provisoire,
DÉCLARONS recevable la requête en prorogation de la rétention administrative
ORDONNONS LA PROROGATION DE LA RETENTION de M. [L] [W] pour une durée de trente jours à compter du 19/10/2024 à 17h35 ;
Fait à LILLE, le 19 Octobre 2024
Notifié ce jour à h mn
LE GREFFIER LE MAGISTRAT DELEGUE
NOTIFICATION DE L’ORDONNANCE AUX PARTIES
DOSSIER : N° RG 24/02260 - N° Portalis DBZS-W-B7I-Y354 -
M. LE PREFET DE L’AISNE / M. [L] [W]
DATE DE L’ORDONNANCE : 19 Octobre 2024
NOTIFIONS sur le champ la présente ordonnance aux parties, qui en émargeant ci-après, attestent en avoir reçu copie et les avisons de la possibilité de faire appel, devant le Premier président de la cour d’appel ou son délégué, de la présente ordonnance dans les vingt-quatre heures de son prononcé ; les informons que la déclaration d’appel doit être motivée et peut être transmise par tout moyen (notamment par mail via la boîte structurelle : libertes.ca-douai@justice.fr; leur indiquons que seul l’appel formé par le ministère public peut être déclaré suspensif par le Premier président de la cour d’appel ou son délégué.
Information est donnée à M. [L] [W] qu’il est maintenu à disposition de la justice pendant un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de la présente ordonnance au procureur de la République, lorsqu’il est mis fin à sa rétention ou lors d’une assignation à résidence. Durant cette période, l’intéressé peut, s'il le souhaite, contacter son avocat et un tiers, rencontrer un médecin et s'alimenter.
Traduction orale faite par l’interprète.
LE REPRESENTANT DU PREFET L’INTERESSE
Par Mail Par visioconférence
L’INTERPRETE LE GREFFIER
L’AVOCAT
Maître Modeste MBULI BONYENGWA
Par mail
RÉCÉPISSÉ
M. [L] [W]
retenu au Centre de Rétention de LESQUIN
reconnait avoir reçu notification de ladite ordonnance en date du 19 Octobre 2024
date de remise de l’ordonnance :
le :
signature de l’intéressé
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