TJ Évry, 2 nov. 2024, RG 24/03309
Vérifier : TJ Évry, 2 nov. 2024, RG 24/03309 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source
Texte de la décision
T R I B U N A L
JUDICIAIRE
D’EVRY
---
Cabinet du magistrat du siège du tribunal judiciaire
Corinne GAY-DENOIX, Vice-présidente
N° dossier: N° RG 24/03309 - N° Portalis DB3Q-W-B7I-QQBM
MINUTE N°
NAC : 14T
ORDONNANCE STATUANT SUR UNE MESURE EN
MATIÈRE d'isolement
Article L. 3222-5-1 du code de la santé publique
Rendue le 2 Novembre 2024
Corinne GAY-DENOIX, Vice-présidente, magistrat du siège du tribunal judiciaire d’ÉVRY - COURCOURONNES chargé du contrôle des mesures privatives et restriction de liberté prévues par le code de la santé publique statuant sans audience selon la procédure écrite de principe prévue aux articles L3211-12-2 et L3222-5-1 du Code de la santé publique;
Vu l'article 17 de la loi n° 2022-46 du 22 janvier 2022 renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire et modifiant le code de la santé publique, modifiant notamment l'article L3222-5-1 du Code de la santé publique ;
Vu le décret n° 2022-419 du 23 mars 2022 modifiant la procédure applicable devant le magristrat du siège du tribunal judiciaire d’ÉVRY - COURCOURONNES chargé du contrôle des mesures privatives et restriction de liberté prévues par le code de la santé publique en matière d’isolement et de contention mis en oeuvre dans le cadre de soins psychiatriques ;
Vu la décision de Monsieur le PREFET DE POLICE de [Localité 3] en date du 16 octobre 2024 plaçant en hospitalisation sous contrainte de :
Madame [B] [K]
né le 10 Juillet 1997 à [Localité 1]
représenté par Me Jeanne THOM-MBELEG, avocat au barreau d'ESSONNE ;
Vu la décision médicale motivée du Docteur [C] [H]en date du 29 octobre 2024 plaçant en mesure d'isolement Madame [B] [K] à compter du 29 octobre 2024 à 12h12;
Vu la demande du directeur de l'établissement psychatrique acceuillant le patient, enregistrée par le greffe le 1er Novembre 2024 par laquelle il sollicite l'autorisation de poursuivre la mesure d'isolement de Madame [B] [K] ;
Vu la décision médicale motivée du docteur [O] [F] du 01 novembre 2024 selon lequel la mesure d'isolement de Madame [B] [K] doit être prolongée ;
Vu les réquisitions du MINISTÈRE PUBLIC déposées le 1er novembre 2024 ;
Vu les conclusions de Me Jeanne THOM-MBELEG, pour Madame [B] [K].
EXPOSE DU LITIGE
Madame [B] [K] a fait l'objet d'une hospitalisation complète au Centre hospitalier [2], depuis le 16 octobre 2024.
Madame [B] [K] est soumis à une mesure d'isolement sur le fondement de l’article L.3222-5-1 du code de la santé publique depuis le 29 octobre 2024 à 12h12.
Le directeur de l'établissement psychatrique acceuillant le patient a saisi le juge aux fins de statuer en faveur de la poursuite de la mesure d'isolement de l'intéressé.
Dans ses réquisitions, le Ministère public s’en rapporte à l’appréciation de la juridiction.
Dans ses conclusions, Me Jeanne THOM-MBELEG représentant Madame [B] [K] soutient que la procédure est irrégulière et que l'isolement n'est pas proportionné à l'état du patient.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Il convient de statuer selon la procédure écrite.
Sur la procédure:
La requête en prolongation saisissant le Juge est signée de Mme [A] [S], titulaire d'une délégation de signature du directeur de l'établissement, déposée au greffe du juge des libertés et de la détention, lui permettant de signer valablement les saisines du juge en matière de soins psychiatriques sous contrainte.
La requête a été adressée par voie électronique par l'établissement le 1er novembre 2024 à 10h00, soit dans les 72h de la mesure.
Le défaut d'information du patient sur la mesure prise n'a pas pour conséquence de rendre irrégulière la décision de placement ou maintien à l'isolement elle-même motivée.
La motivation de la requête par référence à la pièce médicale la plus récente constitue une motivation suffisante.
Il résulte des éléments fournis que l'évaluation de l'état du patient a été réalisée toutes les 12 heures depuis le début de la mesure.
Les éléments médicaux fournis sont suffisants pour permettre au juge de statuer utilement.
Le bien-fondé du placement initial en isolement a déjà fait l'objet d'un contrôle par le juge des libertés, et ne saurait être de nouveau contesté.
L’examen des éléments soumis n’amène pas à relever de difficulté procédurale. En conséquence, les moyens de nullité et d'irregularité soulevés seront rejetés.
Sur le fond:
Le motif allégué de prolongation de la mesure d'isolement est justifié par les éléments portant sur la situation de santé mentale et le comportement du patient, étayé par les certificats médicaux produits, relevant que la patiente présente un comportement imprévisible, un rique d'hétéroagressivité et de mise en danger : notamment large envahissement délirant persécutif, refus de certains traitements, passages à l'acte hétéro-agressids sur certains patients.
Il convient de constater que ce comportement caractérise un risque grave de dommage immédiat ou imminent pour le patient ou un tiers et d'en déduire que la prolongation de la mesure d'isolement est nécessaire.
PAR CES MOTIFS
Le magistrat du siège du tribunal judiciaire d’ÉVRY - COURCOURONNES chargé du contrôle des mesures privatives et restriction de liberté prévues par le code de la santé publique, statuant sans audience selon la procédure écrite, par décision mise à disposition au greffe, susceptible d'appel devant le Premier Président de la Cour d'appel de Paris,
REJETONS les moyens d'irrégularité ou de nullité,
AUTORISONS LA PROLONGATION de la mesure d'isolement dont fait l’objet Madame [B] [K],
Laissons les dépens de la présente à la charge de l'Etat.
Ainsi fait et jugé à Evry le 2 novembre 2024 à 00 heures 25.
La juge
Corinne GAY-DENOIX, Vice-présidente
Données open data (Licence Ouverte 2.0), pseudonymisées à la source. Ne jamais citer uniquement sur la foi de cette base locale.