Ldata.fr
← Retour au corpus
Vérifier sur Judilibre ↗
tj Prononce le divorce accepté source hf_dump

TJ Saint-Denis de La Réunion, 11 oct. 2024, RG 23/03317


Vérifier : TJ Saint-Denis de La Réunion, 11 oct. 2024, RG 23/03317 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
11/10/2024
Numéro
23/03317
Chambre
JAF CAB 2
Type
Autre
Id
67814c9a6d34da2cbdc91c42

Texte de la décision

15,402 caractères

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE SAINT-DENIS DE LA REUNION - N° RG 23/03317 - N° Portalis DB3Z-W-B7H-GORL

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE SAINT DENIS DE LA RÉUNION

JAF CAB 2

MINUTE N°
AFFAIRE N° RG 23/03317 - N° Portalis DB3Z-W-B7H-GORL
NAC : 20L - Art. 1107 CPC - Demande en divorce autre que par consentement mutuel

JUGEMENT DU JUGE AUX AFFAIRES FAMILIALES DU 11 OCTOBRE 2024

EN DEMANDE :

Monsieur [G] [Z] [Y]
né le [Date naissance 2] 1972 à [Localité 10] - section [Localité 12] (974)
[Adresse 6]
[Localité 7]

(bénéficie d’une aide juridictionnelle TOTALE n°2023/002341 du 09/06/2023 accordée par le bureau d’aide juridictionnelle de ST DENIS REUNION)

représenté par Me [W] [Y], avocat au barreau de SAINT-DENIS-DE-LA-REUNION

EN DÉFENSE :

Madame [V] [X] épouse [Y]
née le [Date naissance 3] 1995 à [Localité 8] (MADAGASCAR)
[Adresse 6]
[Localité 7]

représentée par Me Samia SADAR-DITTOO, avocat au barreau de SAINT-DENIS-DE-LA-REUNION

COMPOSITION DE LA JURIDICTION

juge aux affaires familiales : Fabienne MOULINIER

assistée lors des débats de : Myriam PICCONI, Greffier
lors du prononcé de : Myriam PICCONI, Greffier

Les dossiers ont été déposés au greffe de la juridiction les 2 août et 16 septembre 2024.
Le jugement a été prononcé par mise à disposition des parties le 11 octobre 2024.

Copie exécutoire Avocat + Copie conforme Avocat : Me [W] [Y], Me Samia SADAR-DITTOO
Copie conforme parties LRAR
Copie exécutoire ARIPA :
délivrées le :

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE SAINT-DENIS DE LA REUNION - N° RG 23/03317 - N° Portalis DB3Z-W-B7H-GORL

EXPOSÉ DU LITIGE

Monsieur [G] [Z] [Y], de nationalité française, et Madame [V] [X] épouse [Y], de nationalité malgache, ont contracté mariage le [Date mariage 5] 2018 par devant l'officier d'état civil de la commune de [Localité 13] (MADAGASCAR) et opté pour l’un des régimes matrimoniaux prévus par la loi malgache. La transcription du mariage sur les registres d’état civil français a été réalisée le 23 mai 2018 par le consul général de FRANCE de [Localité 13] (MADAGASCAR).

Un enfant est issu de leur union : [F] [Y], né le [Date naissance 4] 2019 à [Localité 11] (974).

Suivant exploit de commissaire de justice remis à personne le 28 septembre 2023, Monsieur [G] [Z] [Y] a fait assigner Madame [V] [X] épouse [Y] en divorce à l’audience d’orientation et sur mesures provisoires du 5 décembre 2023, sans précision du motif du divorce.

Suivant ordonnance contradictoire statuant sur les mesures provisoires rendue le 2 févier 2024, le juge aux affaires familiales a déclaré les juridictions françaises internationalement compétentes, dit que la loi française est applicable à l’ensemble des demandes présentées dans le cadre de l’instance, constaté l’acceptation irrévocable par les époux du principe de la rupture du mariage sans considération des faits à l’origine de celle-ci - le procès-verbal d’acceptation signé par les époux ayant été joint à la décision - et, sur les mesures provisoires, a notamment :
- attribué à Monsieur [G] [Z] [Y] la jouissance du domicile conjugal et de son mobilier, pour la durée de la procédure, s’agissant d’un bien appartenant à son père ;
- autorisé Madame [V] [X] épouse [Y] à se maintenir au domicile conjugal dans l’attente d’avoir trouvé un nouveau logement et ce pendant un délai maximum de six mois à compter de la décision ;
- attribué à Monsieur [G] [Z] [Y] la jouissance des véhicules TOYOTA YARIS et VOLKSWAGEN, pour la durée de la procédure et sous réserve des droits de chacun des époux dans la liquidation du régime matrimonial ;
- constaté l’exercice conjoint de l’autorité parentale sur l’enfant mineur ;
- fixé la résidence habituelle de l’enfant mineur au domicile maternel ;
- dit que Monsieur [G] [Z] [Y] exercera librement son droit de visite et d’hébergement à l’égard de l’enfant mineur et, à défaut d’accord, selon les modalités usuelles;
- dit que si Monsieur [G] [Z] [Y] n’a pas exercé son droit dans l’heure pour les fins de semaine et dans la journée pour les vacances, il sera présumé avoir renoncé à la totalité de la période considérée, sauf cas de force majeure ;
- débouté Monsieur [G] [Z] [Y] de sa demande tendant à interdire à chacun des parents de sortir l’enfant mineur du territoire national sans l’autorisation expresse de l’autre parent ;
- fixé à la somme de 100 euros par mois le montant de la contribution à l’entretien et l’éducation de l’enfant mineur due par Monsieur [G] [Z] [Y] ;
- rappelé que la pension alimentaire au titre de la contribution à l’éducation et l’entretien de l’enfant mineur sera versée par l’intermédiaire de l’organisme débiteur des prestations sociales ;
- renvoyé la cause et les parties à l’audience de mise en état du 16 avril 2024.

Aux termes de ses dernières écritures notifiées électroniquement le 15 avril 2024, Monsieur [G] [Z] [Y] sollicite le prononcé du divorce sur le fondement des articles 233 et 234 du code civil, l’application des principes posés aux articles 262-1, 263 et 264 du code civil et la confirmation des mesures provisoires concernant l’enfant mineur, exception faite du delai de présomption de renonciation à ses droits.

En défense, aux termes de ses dernières conclusions notifiées par voie électronique le 13 mai 2024, Madame [V] [X] épouse [Y] se joint à la demande principale en divorce et sollicite, en outre, le report des effets du divorce entre époux concernant leurs biens à la date de l’ordonnance statuant sur les mesures provisoires, de donner acte qu’elle reprendra l’usage de son nom de jeune fille à l’issue du divorce et la confirmation des mesures provisoires concernant l’enfant mineur.

Dans leur proposition de règlement de leurs intérêts pécuniaires et patrimoniaux, les époux rendent compte d’une communauté composée à l’actif de deux véhicules automobiles. Le demandeur souhaite obtenir l’attribution desdits biens meubles communs. La défenderesse indique que des comptes devront être établis.

Le discernement de l’enfant ne permet pas de faire application à son profit des dispositions de l’article 388-1 du code civil. Les diligences du greffe ont établi l’absence de mesure éducative judiciaire en cours près le juge des enfants du tribunal judiciaire de SAINT-DENIS.

L’ordonnance de clôture est intervenue le 21 mai 2024, avec fixation de la date de dépôt des dossiers au greffe le 19 août 2024.

Les parties ont été informées de ce que le jugement serait rendu le 11 octobre 2024 par mise à disposition au greffe de la juridiction.

[DÉBATS NON PUBLICS – Motivation de la décision occultée]

PAR CES MOTIFS

Le juge aux affaires familiales, statuant publiquement, par décision contradictoire et en premier ressort, après débats en chambre du conseil, susceptible d’appel,

Vu l’assignation en divorce délivrée le 28 septembre 2023;
Vu le procès-verbal d’acceptation du principe de la rupture du mariage sans considération des faits à l’origine de celle-ci signé par les époux le 5 décembre 2023;
Vu l’ordonnance statuant sur les mesures provisoires rendue le 2 février 2024,
Vu les propositions de règlement des intérêts pécuniaires et patrimoniaux des époux ;

RAPPELLE que les juridictions françaises sont internationalement compétentes et la loi française applicable à l’ensemble des demandes formulées dans le cadre de la présente procédure ;

PRONONCE le divorce entre :

Monsieur [G] [Z] [Y]
né le [Date naissance 2] 1972 à [Localité 10] - [Localité 12] (974)

et
Madame [V] [X] épouse [Y]
née le [Date naissance 3] 1995 à [Localité 8] (MADAGASCAR)

mariés le [Date mariage 5] 2018 à [Localité 14](MADAGASCAR),

en application des articles 233 et 234 du code civil ;

DIT que le présent jugement fera l’objet d’une mention sur les registres d’état civil du service central du Ministère des Affaires Etrangères établi à [Localité 9] et mentionné en marge de l’acte de mariage des époux et de leur acte de naissance respectif ;

DEBOUTE Madame [V] [X] épouse [Y] de sa demande tendant au report des effets du divorce entre époux en ce qui concerne leurs biens à la date de l’ordonnance statuant sur les mesures provisoires et RAPPELLE que le divorce prendra effets dans les rapports entre époux concernant leurs biens à la date de l’assignation en divorce soit le 28 septembre 2023 ;

RENVOIE les époux à la procédure ordinaire de partage amiable de leur régime matrimonial en saisissant le cas échéant le notaire de leur choix après le prononcé du divorce, et en cas d’échec de cette phase amiable, à procéder par voie d’assignation judiciaire conformément aux dispositions des articles 1359 et suivants du Code de procédure civile ;

CONSTATE l’exercice conjoint de l’autorité parentale à l’égard de l’enfant mineur [F] [Y], né le [Date naissance 4] 2019 à [Localité 11] (974) ;

RAPPELLE que l'exercice conjoint de l'autorité parentale implique que les parents doivent :
- prendre ensemble les décisions importantes concernant notamment la santé, l'orientation scolaire et professionnelle, l'éducation religieuse, tout séjour lointain (métropole) ou à l'étranger et le changement de résidence de l'enfant ;
- s'informer réciproquement, dans le souci d'une indispensable communication entre les parents, sur l'organisation de la vie de l'enfant (vie scolaire, sportive, culturelle, traitements médicaux, loisirs, vacances...),
- permettre les échanges de l'enfant avec l'autre parent dans le respect du cadre de vie de chacun ;

RAPPELLE qu'en application de l'article 373-2 alinéa 3 du code civil, tout changement de résidence de l'un des parents, dès lors qu'il modifie les modalités d'exercice de l'autorité parentale, doit faire l'objet d'une information préalable et en temps utile de l'autre parent ; qu'en cas de désaccord le parent le plus diligent saisira le juge aux affaires familiales qui statuera selon ce qu'exige l'intérêt de l'enfant ;

FIXE la résidence habituelle de l’enfant mineur [F] [Y], né le [Date naissance 4] 2019 à [Localité 11] (974) au domicile maternel ;

DIT que Monsieur [G] [Z] [Y] exercera librement son droit de visite et d’hébergement à l’égard de l’enfant mineur [F] [Y], né le [Date naissance 4] 2019 à [Localité 11] (974) et, à défaut d’accord :
- les 1ère, 3e et le cas échéant 5e fins de semaine de chaque mois, du vendredi soir 18h au dimanche soir 18h,
- la première moitié des vacances scolaires les années paires et la seconde moitié les années impaires ;
à charge pour lui de chercher ou faire chercher l’enfant au domicile de la mère, et de l’y ramener ou de l’y faire ramener, étant ajouté que si un jour férié précède ou suit une fin de semaine en la prolongeant, il profitera à celui qui exerce son droit de visite et d’hébergement ;

DIT que les dates de vacances à prendre en considération sont celles de l’Académie dont dépend l’établissement scolaire de l’enfant, et, à défaut de scolarisation, les dates de vacances de l’Académie dans laquelle il a sa résidence principale ;

DIT que si Monsieur [G] [Z] [Y] n’a pas exercé son droit dans l’heure pour les fins de semaine, dans la journée pour les vacances, il sera présumé avoir renoncé à la totalité de la période considérée, sauf cas de force majeure ;

FIXE à la somme de 100 euros le montant de la pension alimentaire que Monsieur [G] [Z] [Y] devra verser à Madame [V] [X] épouse [Y] au titre de la contribution à l’entretien et à l’éducation de l’enfant mineur [F] [Y], né le [Date naissance 4] 2019 à [Localité 11], ladite pension étant payable mensuellement et d’avance au plus tard le 5 de chaque mois au domicile de Madame [V] [X] épouse [Y] et, en tant que de besoin, l’y condamne ;

DIT que cette pension alimentaire sera indexée sur l’indice des prix à la consommation France Entière (métropole et DOM), base 100 en 1998, série “hors tabac, ensemble des ménages” publié par l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques - INSEE (INSEE tél. [XXXXXXXX01] ; http://www.insee.fr/fr/indicateur/indic_cons/indic_cons.asp) et que la revalorisation devra être effectuée le 1er janvier de chaque année, selon la formule :

Nouvelle pension alimentaire = pension initiale x A
B

dans laquelle B est l’indice publié au jour de la présente décision et A le dernier indice publié à la date de revalorisation ;

RAPPELLE que la contribution à l’entretien et à l’éducation de l’enfant mineur [F] [Y], né le [Date naissance 4] 2019 à [Localité 11] sera versée par l’intermédiaire de l’organisme débiteur des prestations familiales ; la pension sera versée par Monsieur [G] [Z] [Y], parent débiteur, à la Caisse d’allocations familiales, qui le reversera directement à Madame [V] [X] épouse [Y], parent créancier ;

RAPPELLE qu’en cas d’impayé, l’organisme débiteur des prestations familiales sera subrogé dans les droits du parent créancier et pourra engager une procédure de recouvrement forcé lorsque le débiteur n’aura pas régularisé sa situation malgré une demande en ce sens ;

RAPPELLE que jusqu’à la mise en place de l’intermédiation par l’organisme débiteur des prestations familiales, le parent débiteur doit verser la contribution à l’entretien et l’éducation de l’enfant directement entre les mains du parent créancier ;

RAPPELLE, conformément aux prescriptions de l’article 465-1 du code de procédure civile, qu’en cas de défaillance dans le règlement des sommes dues, le créancier peut en obtenir le règlement forcé en utilisant à son choix une ou plusieurs des voies d’exécution suivantes : saisie-arrêt entre les mains d’un tiers, autres saisies, paiement direct entre les mains de l’employeur, recouvrement public par l’intermédiaire du procureur de la République ;

RAPPELLE que le débiteur encourt les peines des articles 227-3 et 227-29 du code pénal : 2 ans d’emprisonnement et 15.000 euros d’amende, interdiction des droits civiques, civils et de famille, suspension ou annulation du permis de conduire, interdiction de quitter le territoire de la République ;

DIT que la pension alimentaire fixée ci-dessus sera versée mensuellement douze mois sur douze jusqu’à ce que l’enfant ait atteint dix huit ans révolus et au delà tant qu’il restera à la charge du parent avec lequel il réside habituellement, sauf au créancier d’aliments d’apporter la preuve chaque année en novembre, par lettre recommandée avec accusé de réception que l’enfant demeure à charge,

DIT que toute demande de modification de ces dispositions est subordonnée à une tentative de médiation familiale préalable obligatoire (article 7 de la loi du 18 novembre 2016) et qu’à défaut, la nouvelle demande sera déclarée irrecevable ;

DEBOUTE les époux de l’ensemble de leurs demandes plus amples ou contraires ;

CONDAMNE les époux aux dépens à concurrence de la moitié chacun et DIT qu’ils seront recouvrés le cas échéant conformément à la législation sur l’aide juridictionnelle.

Ainsi fait et rendu par mise à disposition au greffe le 11 OCTOBRE 2024, les parties en ayant été avisées à l’issue des débats conformément aux dispositions du deuxième alinéa de l’article 450 du Code de procédure civile.

LE GREFFIER, LE JUGE AUX AFFAIRES FAMILIALES,

RAPPEL AUX EPOUX : tout changement de domicile doit être notifié dans le mois à leur ancien conjoint sous peine d’amende voire d’emprisonnement (article 227-4 et 227-6 du Code Pénal) tant que sont en vigueur des pensions alimentaires, des prestations de toute nature, ou droit de visite et d’hébergement concernant des enfants mineurs.

Données open data (Licence Ouverte 2.0), pseudonymisées à la source. Ne jamais citer uniquement sur la foi de cette base locale.