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TJ Nice, 14 févr. 2025, RG 24/02084


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Date
14/02/2025
Numéro
24/02084
Chambre
Chambre des référés
Type
Autre
Id
67afa903ac839fdebfb15369

Texte de la décision

17,481 caractères

COUR D’APPEL D’AIX-EN-PROVENCE
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE NICE
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
-
EXPERTISE

N° RG 24/02084 - N° Portalis DBWR-W-B7I-QBLY
du 14 Février 2025
M.I 25/00000115

N° de minute

affaire : [B] [H]
c/ Organisme CPAM DES ALPES MARITIMES, S.A. ALLIANZ GLOBAL CORPORATE & SPECIALITY SE, dont le siège social est sis à [Adresse 11], [Localité 7]

Grosse délivrée

à Me CASTIGLIA

Expédition délivrée

à Me COSCAT
à CPAM
EXPERTISE(3)

le
l’an deux mil vingt cinq et le quatorze Février à 14 H 00

Nous, Florence DIVAN, Juge placée, Juge des Référés, assistée de Madame Wendy NICART, Greffier, avons rendu l’ordonnance suivante :

Vu l’assignation délivrée par exploit en date du 15 Novembre 2024 déposé par commissaire de justice.

A la requête de :

M. [B] [H]
[Adresse 4]
[Adresse 12]
[Localité 3]
Rep/assistant : Me Eva CASTIGLIA, avocat au barreau de NICE

DEMANDEUR

Contre :

Organisme CPAM DES ALPES MARITIMES
[Adresse 6]
[Localité 2]
Non comparant ni représenté

S.A. ALLIANZ GLOBAL CORPORATE & SPECIALITY SE, dont le siège social est sis à [Adresse 11], [Localité 7]
Prise en sa succursale en France
[Adresse 15]
[Localité 9]
Rep/assistant : Me Madeline COSCAT, avocat au barreau de NICE

DÉFENDERESSES

Après avoir entendu les parties en leurs explications à l’audience du 12 Décembre 2024 au cours de laquelle l’affaire a été mise en délibéré au 14 Février 2025

EXPOSE DU LITIGE

Monsieur [B] [H] a été victime d'un accident au sein de l'usine Doka, survenu à [Localité 13] le 4 mai 2021. Alors qu'il effectuait une livraison pour le compte de son employeur, la société transport Éclair Montagne, prestataire de Doka, il a trébuché sur les pals d'un élévateur.

Blessé, il a été transporté au centre hospitalier de [Localité 14].

Par acte de commissaire de justice du 15 novembre 2024, Monsieur [B] [H] a fait assigner la SA ALLIANZ GLOBAL CORPORATE & SPECIALITY SE et la CPAM des Alpes-Maritimes devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Nice, afin de voir :
- Ordonner, en application de l'article 145 du code de procédure civile, une expertise médicale ;

- Voir condamner la SA ALLIANZ GLOBAL CORPORATE & SPECIALITY SE au visa de l'article 835 du même code et de la loi du 5 juillet 1985, au paiement de la somme de 5 000 euros à titre de provision à valoir sur son préjudice corporel et d'une indemnité de 1 500 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile ainsi qu'aux dépens.

Dans ses écritures déposées à l'audience 12 décembre 2024 et visées par le greffe, la SA ALLIANZ GLOBAL CORPORATE & SPECIALITY SE formule protestations et réserves quant à la demande d'expertise et conclut de :
- Mettre à la charge de Monsieur [B] [H] la consignation des honoraires de l'expert,
- Le débouter de sa demande de provision celle-ci se heurtant à une contestation sérieuse,
- Dire n'y avoir lieu à article 700 à ce stade.

Bien que régulièrement assignée par acte remis à personne se disant habilitée, la Caisse Primaire d'assurance maladie du Var, agissant pour le compte de la Caisse primaire d'assurance maladie des Alpes maritimes n'a pas comparu ni personne pour elle, mais a fait parvenir au juge une lettre pour lui faire connaître le montant provisoire de ses débours.

L'affaire a été mise en délibéré au 14 février 2025.

MOTIFS DE LA DECISION

Sur la demande d'expertise :

Aux termes de l'article 145 du code de procédure civile, s'il existe un motif légitime d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, les mesures d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé en référé.

En l'espèce, il ressort des éléments d'appréciation et notamment du compte-rendu de radiographie du 4 mai 2021 que Monsieur [B] [H] a subi un préjudice corporel consécutif à cet accident de la circulation consistant en particulier en une fracture de l'arc antérieur de la 6ème gauche du thorax et une omarthrose débutante de l'épaule droite.

Dès lors, il justifie d'un intérêt manifeste à voir établir de façon contradictoire l'étendue du préjudice subi par un médecin expert, inscrit sur la liste de la cour d'appel, présentant toutes les garanties d'objectivité et d'impartialité.

Il convient de faire droit à sa demande d'expertise, à ses frais avancés.

La mission de l'expert et les modalités de l'expertise seront précisées dans le dispositif de la présente ordonnance.

Sur la demande de provision :

Le juge des référés est sur le fondement de l'article 835 alinéa 2 du code de procédure civile, habilité à allouer une indemnité provisionnelle, lorsque la créance du requérant n'est pas sérieusement contestable.

En l'espèce, Monsieur [B] [H] expose avoir subi une fracture de l'arc antérieur de la 6ème gauche du thorax et une omarthrose débutante de l'épaule droite, un important choc émotionnel ayant engendré un arrêt de travail, une immobilisation du coude pendant un mois ainsi que l'assistance de son épouse pour une aide à la toilette, l'habillage et le déshabillage pendant une période de trois semaines après son intervention du 3 novembre 2021 et pendant un mois après la mise en place de la prothèse le 7 avril 2023.

La SA ALLIANZ GLOBAL CORPORATE & SPECIALITY SE soutient de son côté avoir versé une provision de 5 000 euros à Monsieur [B] [H] le 31 mai 2023, que sa demande de provision de 5 000 euros constitue une contestation sérieuse qui ne peut que faire échec à la demande formulée.

Il ressort de l'ensemble des éléments médicaux versés que Monsieur [B] [H] a subi une fracture de l'arc antérieur de la 6ème gauche du thorax et une omarthrose débutante de l'épaule droite, donnant lieu notamment à :
- Des interventions chirurgicales ;
- 20 séances de rééducation ;
- Une immobilisation du coude au corps pendant un mois.

Le montant des débours de la Caisse primaire d'assurance maladie du Var, agissant pour le compte de la Caisse primaire d'assurance des Alpes-Maritimes, est d'une somme de 117 716,73 euros.

Toutefois, au regard de la contestation relative notamment à l'existence ou non de lésions anciennes ayant seules nécessité les interventions chirurgicales des 3 novembre 2021 et 7 avril 2023, contestation qui a motivé la présente demande d'expertise judiciaire, et considérant que la SA ALLIANZ GLOBAL CORPORATE & SPECIALITY SE a d'ores et déjà versé 5 000 euros à titre de provision, la demande de provision supplémentaire de 5 000 euros sera rejetée.

Sur l'article 700 du code de procédure civile et les dépens :

Il sera alloué à Monsieur [B] [H] la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile.

Les dépens seront mis à la charge de la SA ALLIANZ GLOBAL CORPORATE & SPECIALITY SE dont l'obligation à indemnisation n'est pas sérieusement contestable.

PAR CES MOTIFS

Nous, juge des référés, statuant publiquement par ordonnance réputée contradictoire, en premier ressort et prononcée par mise à disposition au greffe, avis préalablement donné,

Au principal, renvoyons les parties à se pourvoir ainsi qu'elles aviseront ; vu les articles 145 et 835 alinéa 2 du code de procédure civile, l'article 1242 du code civil,

Au provisoire ;

ORDONNONS une expertise de Monsieur [B] [H] ;

COMMETTONS pour y procéder le Docteur [G] [M], expert inscrit sur la liste de la cour d'appel d'Aix en Provence, demeurant :

[Adresse 5]
[Localité 8]
Tél : [XXXXXXXX01]
Mèl : [Courriel 10]

à charge pour lui d'avoir recours à un sapiteur dans une spécialité distincte de la sienne si cela s'avérait nécessaire, avec mission de :
1°- convoquer la victime du dommage corporel, avec toutes les parties en cause et en avisant leurs conseils ;
2°- se faire communiquer par tout tiers détenteur, l'ensemble des documents nécessaires à l'exécution de la présente mission, en particulier, et avec l'accord de la victime ou de ses ayants droits, le dossier médical complet (certificat médical initial descriptif, certificat de consolidation, bulletin d'hospitalisation, compte-rendu d'intervention, résultat des examens complémentaires, etc.) et les documents relatifs à l'état antérieur (anomalies congénitales, maladies ou séquelles d'accident) ainsi que le relevé des débours de la CPAM ou de l'organisme social ayant servi des prestations sociales, sous réserve de nous en référer en cas de difficulté ;
3°- relater les constatations médicales faites à l'occasion ou à la suite de ce dommage et consignées dans les documents ci-dessus visés ;
4°- examiner la victime ;
5°- décrire les lésions subies ou imputées par la victime à l'événement dommageable, leur évolution, les soins médicaux et paramédicaux mis en œuvre jusqu'à la consolidation ;
6° - fixer la date de consolidation des blessures, définie comme étant la date de stabilisation des lésions médicalement imputables aux faits à l'origine des dommages ;

Au titre des préjudices patrimoniaux temporaires avant consolidation :

* Dépenses de Santé Actuelles (DSA)
* Frais divers (FD) : au vu des décomptes et des justificatifs fournis, donner son avis sur d'éventuelles dépenses de santé ou de transport exposées par la victime avant la consolidation de ses blessures qui n'auraient pas été prises en charge par les organismes sociaux ou par des tiers payeurs, en précisant le cas échéant si le coût ou le surcoût de tels faits se rapportent à des soins ou plus généralement à des démarches nécessitées par l'état de santé de la victime et s'ils sont directement en lien avec les lésions résultant des faits à l'origine des dommages ;
* Perte de gains professionnels actuels (PGPA), indiquer les périodes pendant lesquelles la victime a été avant sa consolidation et du fait de son incapacité fonctionnelle résultant directement des lésions consécutives aux faits à l'origine des dommages, dans l'incapacité d'exercer totalement ou partiellement une activité professionnelle ou économique ou encore sportive ;

Au titre des préjudices patrimoniaux permanents après consolidation :

* Dépenses de santé futures (DSF)
* frais de logement adapté (FLA) : donner son avis sur d'éventuelles dépenses ou frais nécessaires pour permettre le cas échéant à la victime d'adapter son logement à son handicap ;
* frais de véhicule adapté (FVA) : au vu des justificatifs fournis, donner son avis sur d'éventuelles dépenses nécessaires pour permettre le cas échéant à la victime d'adapter son véhicule à son handicap en précisant leur coût ou leur surcoût, ainsi que la nature et la fréquence de renouvellement des frais d'adaptation ;
* assistance par tierce personne (ATP) : donner son avis sur la nécessité d'éventuelles dépenses liées à l'assistance permanente d'une tierce personne, en précisant, le cas échéant, s'il s'agit d'un besoin définitif ;
* perte de gains professionnels futurs (PGPF) : indiquer au vu des justificatifs produits si le déficit fonctionnel permanent dont la victime reste atteinte après sa consolidation entraîne l'obligation pour elle de cesser totalement ou partiellement son activité professionnelle ou de changer d'activité professionnelle ;
* incidence professionnelle (IP) : indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si le déficit fonctionnel permanent entraîne d'autres répercussions sur son activité professionnelle actuelle ou future (obligation de formation pour un reclassement professionnel, pénibilité accrue dans son activité, dévalorisation sur le marché du travail etc. ;
* préjudice scolaire, universitaire ou de formation (PSU) : dire si la victime a subi une perte d'année d'étude scolaire, universitaire ou de formation en précisant le cas échéant si celle-ci a dû se réorienter ou renoncer à certaines ou à toutes formations du fait de son handicap ;

Au titre des préjudices extrapatrimoniaux temporaires avant consolidation :

* déficit fonctionnel temporaire (DFT) : indiquer si la victime a subi un déficit fonctionnel temporaire, en préciser sa durée, son importance et au besoin sa nature ;
* souffrances endurées (SE) : décrire les souffrances physiques et psychiques endurées par la victime, depuis les faits à l'origine des dommages jusqu'à la date de consolidation, du fait des blessures subies et les évaluer sur une échelle de 1 à 7 degrés ;
* préjudice esthétique temporaire (PET) : décrire la nature et l'importance du dommage esthétique subi temporairement jusqu'à consolidation des blessures et l'évaluer sur une échelle de 1 à 7 degrés ;

Au titre des préjudices extrapatrimoniaux permanents après consolidation :

* déficit fonctionnel permanent (DFP) : indiquer si la victime a subi un déficit fonctionnel permanent subsistant après la consolidation des lésions ; en évaluer l'importance et au besoin en chiffrer le taux ;
* préjudice d'agrément (PA) : donner son avis sur l'existence d'un préjudice d'agrément résultant de l'impossibilité pour la victime de pratiquer régulièrement une activité spécifique sportive ou de loisirs ;
* préjudice esthétique permanent (PEP) : décrire la nature et l'importance du préjudice esthétique subi de façon définitive après la consolidation des blessures et l'évaluer sur une échelle de 1 à 7 degrés ;
* préjudice sexuel et préjudice d'établissement (PS) (PE) : indiquer s'il existe ou existera (lorsque la victime est un enfant) un préjudice sexuel, de procréation ou d'établissement ;

DISONS que l'expert devra établir un état récapitulatif de l'évaluation de l'ensemble des postes énumérés dans la mission et dire si l'état de la victime est susceptible de modification en aggravation ou en amélioration ;

Dans l'affirmative, fournir à la juridiction toutes précisions utiles sur cette évolution, son degré de probabilité, et, dans le cas où un nouvel examen apparaîtrait nécessaire, indiquer le délai dans lequel il devra y être procédé ;

DISONS qu'en application des dispositions des articles 748-1 et suivants du code de procédure civile , dans l'hypothèse où l'expert judiciaire aurait recueilli l'accord des parties à l'utilisation de la plate-forme OPALEXE, celle-ci devra être utilisée, conformément à la convention entre le ministère de la justice et le conseil national des compagnies d'experts de justice concernant la dématérialisation de l'expertise civile du 18 avril 2017 et à l'arrêté du 14 juin 2017 portant application des dispositions du titre XXI du livre 1° du code de procédure civile aux experts judiciaire, aux envois, remises et notifications mentionnés à l'article 748-1 du code de procédure civile ;

DISONS que Monsieur [B] [H] devra consigner à la régie du tribunal judiciaire de NICE une provision de 780 euros à valoir sur les frais d'expertise, et ce au plus tard le 14 avril 2025, à peine de caducité de la mesure d'expertise, sauf dans l'hypothèse où une demande d'aide juridictionnelle antérieurement déposée serait accueillie, auquel cas les frais seront avancés directement par le Trésorier Payeur Général ;

DISONS que l'expert procédera à sa mission dès qu'il sera avisé du versement de la consignation ci-dessus fixée ou dès notification de la décision d'aide juridictionnelle, et qu'il déposera au greffe rapport de ses opérations au plus tard le 14 octobre 2025, sauf prorogation dûment autorisée ;

DISONS que, conformément aux dispositions de l'article 280 du code de procédure civile, en cas d'insuffisance manifeste de la provision allouée, au vu des diligences faites ou à venir, l'expert en fera sans délai rapport au juge, qui, s'il y a lieu, ordonnera la consignation d'une provision complémentaire à la charge de la partie qu'il détermine et qu'à défaut de consignation dans le délai et selon les modalités fixés par le juge, et sauf prorogation de ce délai, l'expert déposera son rapport en l'état ;

DISONS que, conformément aux dispositions de l'article 282, le dépôt par l'expert de son rapport sera accompagné de sa demande de rémunération, dont il aura adressé un exemplaire aux parties par tout moyen permettant d'en établir la réception et disons que, s''il y a lieu, celles-ci adresseront à l'expert et à la juridiction ou, le cas échéant, au juge chargé de contrôler les mesures d'instruction, leurs observations écrites sur cette demande dans un délai de quinze jours à compter de sa réception ;

DISONS que, passé le délai imparti aux parties par l'article 282 pour présenter leurs observations, le juge fixera la rémunération de l'expert en fonction notamment des diligences accomplies, du respect des délais impartis et de la qualité du travail fourni ;

DISONS que, sauf accord contraire des parties, l'expert commis devra adresser aux parties un pré-rapport de ses observations et constatations afin de leur permettre de lui adresser un DIRE récapitulant leurs arguments sous un DÉLAI D'UN MOIS ;

DISONS qu'en cas d'empêchement de l'expert commis, il sera procédé à son remplacement par ordonnance du juge chargé de la surveillance des expertises ;

COMMETTONS le magistrat chargé du contrôle des expertises, pour surveiller les opérations d'expertise ;

DÉCLARONS la présente ordonnance commune à la Caisse primaire d'assurance maladie des Alpes Maritimes et du Var ;

DÉBOUTONS Monsieur [B] [H] de sa demande de provision ;

CONDAMNONS la SA ALLIANZ GLOBAL CORPORATE & SPECIALITY SE à payer à Monsieur [B] [H] la somme de 1 200 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile ;

DÉBOUTONS les parties du surplus ;

CONDAMNONS la SA ALLIANZ GLOBAL CORPORATE & SPECIALITY SE aux dépens de l'instance ;

RAPPELONS que la présente décision est exécutoire de droit.

LE GREFFIER LE JUGE DES REFERES

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