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TJ Bobigny, 20 févr. 2025, RG 22/05289


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Date
20/02/2025
Numéro
22/05289
Chambre
Chambre 2/section 2
Type
Autre
Id
67b77bfce38ac5af22c30a2d

Texte de la décision

15,084 caractères

COUR D’APPEL DE PARIS
TRIBUNAL JUDICIAIRE
BOBIGNY
[Adresse 3]
[Adresse 3]


Chambre 2/section 2

R.G. N° RG 22/05289 - N° Portalis DB3S-W-B7G-WIWA

Minute : 25/00269


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le :

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS


J U G E M E N T
du 20 Février 2025
Réputé contradictoire en premier ressort

Mise à disposition de la décision par

Madame Lou CHURIN, Juge aux affaires familiales, assistée de Madame Carole TORTI?Laurence TERRIER, greffier.

Dans l'affaire entre :

Madame [L] [N]
née le [Date naissance 2] 1980 à [Localité 14]
[Adresse 7]
[Adresse 7]

demanderesse :

Assistée de Me Ilhem AREZZO, avocat au barreau de [Localité 15], avocat postulant, vestiaire : 32 et de Me Hanane HAJJI, avocat au barreau du VAL d’OISE, avocat plaidant

Et,

Monsieur [T] [P]
né le [Date naissance 4] 1979 à [Localité 12] (MAROC)
[Adresse 11]
[Adresse 11]

défendeur :

N’ayant pas constitué avocat bien que régulièrement assigné en l’étude du commissaire de justice

EXPOSÉ DU LITIGE

Madame [L] [N], de nationalité française et Monsieur [T] [P], de nationalité marocaine se sont mariés le [Date mariage 9] 2007 devant l’officier d’état civil de la commune de [Localité 13], sans contrat de mariage préalable.

De cette union sont issus :
[E], né le [Date naissance 6] 2011 et décédé le [Date décès 10] 2012 ;[V], né le [Date naissance 1] 2014 ;[G], né le [Date naissance 8] 2016 ;[C], née le [Date naissance 5] 2019.
Par acte d’huissier signifié le 9 mai 2022 à étude d’huissier, Madame [L] [N] a assigné son époux en divorce à l’audience d’orientation et sur mesures provisoires du 5  septembre 2022 au tribunal judiciaire de ce siège, sans indiquer le fondement de la demande en divorce. L’affaire a été renvoyée au [Date décès 10] 2022, pour production des actes d’état civil.

Par ordonnance sur les mesures provisoires du 4 janvier 2023, le juge de la mise en l’état a :
Attribué à Madame [L] [N] la jouissance du domicile conjugal, à charge pour elle d’en régler le loyer et les charges ;Dit que Monsieur [T] [P] devrait quitter le domicile conjugal avant le 4 avril 2023, et, au besoin, ordonné son expulsion ;Fait défense à chacun des époux de troubler son conjoint dans sa résidence, et autorisé chacun des époux à faire expulser son conjoint qui s'introduirait dans sa résidence, l'occuperait ou s'y maintiendrait, et ce avec l'assistance de la force publique si besoin est ;Autorisé chacun des époux à reprendre ses vêtements et objets personnels ;Attribué la jouissance du véhicule de marque Fiat à l’époux, Monsieur [T] [P], et ce à compter de la date de l’ordonnance ;Attribué la jouissance du véhicule de marque Audi A6 à l’épouse, Madame [L] [N], et ce à compter de la date de l’ordonnance ;Dit que Monsieur [T] [P] règlerait les amendes qu’il a contractées à charge de créance ou de récompense dans le cadre des opérations de liquidation du régime matrimonial ;Dit que chaque époux règlerait les impôts au prorata de ses revenus, à compter de l’ordonnance ; Constaté l’exercice conjoint de l’autorité parentale sur les enfants ;Fixé la résidence des enfants au domicile de Madame [L] [N] ;Octroyé à Monsieur [T] [P] un droit de visite et d’hébergement sur les enfants s’exerçant de façon classique, à partir du samedi 10 heures ;Fixé la contribution à l’entretien et à l’éducation des enfants à la charge du père à un montant de 150 euros par mois et par enfant soit 450 euros en tout ;Renvoyé l’affaire à l’audience de mise en état du 14 juin 2023 devant le juge de la mise en état pour la constitution et les conclusions du défendeur. Madame [L] [N] ayant fait signifier ses conclusions sur le fondement du divorce le 21 mars 2024, et Monsieur [T] [P] n’ayant pas constitué avocat, l’affaire a été clôturée le 28 mars 2024 et renvoyée au 14 mai 2024 pour l’audience de plaidoirie.

Par jugement du 3 septembre 2024, le juge aux affaires familiales a révoqué l’ordonnance de clôture et ordonné la réouverture des débats, Madame [L] [N] ayant fait signifier à Monsieur [T] [P] le 21 mars 2024 à l’adresse de l’ancien domicile conjugal, alors qu’elle affirmait dans ses conclusions que Monsieur [T] [P] avait quitté ledit domicile le 4 janvier 2023. L’affaire a été renvoyée à l’audience du 5  novembre 2024, pour permettre la signification régulière des conclusions.

Aux termes de ses dernières conclusions, signifiées par procès-verbal sur le fondement de l’article 659 du code de procédure civile le 23 septembre 2024, Madame [L] [N] demande au juge aux affaires familiales de :
Prononcer le divorce des époux sur le fondement des articles 237 et 238 du code civil ;Ordonner la mention du dispositif du jugement à intervenir en marge de l’acte de mariage des époux, ainsi qu’en marge de l’acte de naissance de chacun d’eux ;Constater que Madame [L] [N] ne sollicite pas de conserver l’usage de son nom marital ;Constater que Madame [L] [N] a formulé une proposition de règlement des intérêts pécuniaires et patrimoniaux des époux, conformément aux exigences de l’article 252 du code civil ;Constater la révocation des avantages matrimoniaux consentis par l’un des époux envers l’autre, en application de l’article 265 du code civil ;Fixer la date des effets du divorce à la demande introductive de l’instance ;Attribuer le droit au bail du domicile conjugal à Madame [L] [N] ;Attribuer à Madame [L] [N] le véhicule Audi 6 de manière préférentielle ;Attribuer à l’époux des véhicules Fiat, Renault Trafic et le scooter de manière préférentielle ;Constater l’exercice conjoint de l’autorité parentale ;Fixer la résidence habituelle des enfants au domicile maternel ;Accorder au père un droit de visite et d’hébergement s’exerçant les fins de semaines paires du samedi 10 heures au dimanche 18 heures et la moitié des vacances scolaires ;Fixer la contribution paternelle à l’entretien et l’éducation des enfants à la somme de 150 euros par mois et par enfant, soit 450 euros au total ; Partager les dépens.
Bien que régulièrement cité, Monsieur [T] [P] n’a pas constitué avocat.

Les parents ont été avisés du droit pour leurs enfants mineurs d’être entendus par le juge aux affaires familiales conformément aux dispositions de l’article 388-1 du code civil et de la nécessité de les en informer. A ce jour, aucune demande d’audition n’est parvenue au tribunal.

L’affaire a par la suite été renvoyée à deux reprises pour le dépôt du dossier de plaidoirie de Madame [L] [N] et l’éventuelle constitution de Monsieur [T] [P], puis clôturée le 7 janvier 2025.

Les conseils des parties ont été informés que le jugement serait mis à disposition au greffe, conformément aux dispositions de l’article 450 du code de procédure civile, le 20 février 2025.

[DÉBATS NON PUBLICS – Motivation de la décision occultée]

PAR CES MOTIFS,

Statuant par mise à disposition au greffe, par décision réputée contradictoire et susceptible d'appel, après débats non publics,

DÉCLARE les juridictions françaises compétentes pour connaître de la demande en divorce,

DÉCLARE la loi française applicable à la demande en divorce,

PRONONCE, pour altération définitive du lien conjugal le divorce de :

Monsieur [T] [P] né le [Date naissance 4] 1979 à [Localité 12] (MAROC)

Et de,

Madame [L] [N] née le [Date naissance 2] 1980 à [Localité 14]

Lesquels se sont mariés le [Date mariage 9] 2007 devant l’officier d’état civil de la commune de [Localité 13] ;

ORDONNE la publicité de cette décision en marge des actes de l'état civil des époux détenus par un officier de l'état civil français conformément aux dispositions de l'article 1082 du code de procédure civile,

CONSTATE qu’aucune des parties ne conservera l’usage du nom de son conjoint à l’issue du prononcé du divorce ;

RAPPELLE que le divorce emporte révocation de plein droit des avantages matrimoniaux qui ne prennent effet qu’à la dissolution du régime matrimonial ou au décès de l’un des époux et des dispositions à cause de mort, accordées par un époux envers son conjoint par contrat de mariage ou pendant l’union ;

DONNE ACTE à Madame [L] [N] de sa proposition de règlement des intérêts pécuniaires et patrimoniaux ;

RENVOIE, le cas échéant, les parties à procéder à l'amiable aux opérations de compte, liquidation et partage de leur régime matrimonial et, en cas de litige, à saisir le juge aux affaires familiales par assignation en partage selon les règles définies aux articles 1360 et suivants du code de procédure civile,

DÉBOUTE Madame [L] [N] de sa demande d’attribution préférentielle des véhicules ;

RAPPELLE le report des effets patrimoniaux du divorce entre les époux au 9 mai 2022 ;

ATTRIBUE à Madame [L] [N] le droit au bail du logement situé [Adresse 11] ;

CONSTATE que l’autorité parentale est exercée conjointement par les parents ;

RAPPELLE que l’exercice conjoint de l’autorité parentale implique que les parents doivent:
-Prendre ensemble les décisions importantes concernant la santé, l’orientation scolaire, l’éducation religieuse, les sorties du territoire national, les sorties du territoire national, les autorisations à pratiquer des sports dangereux et tout changement de résidence des enfants;
-S’informer réciproquement, dans le souci d’une indispensable communication entre les parents, sur l’organisation de la vie des enfants (vie scolaire, sportive, culturelle, traitements médicaux, loisirs, vacances);
-Permettre les échanges des enfants avec l’autre parent, dans le respect du cadre de vie de chacun;

RAPPELLE que l’exercice de l’autorité parentale suppose une collaboration minimale dans l’intérêt des enfants emportant notamment un respect mutuel et une information réciproque des parents sur toutes les décisions concernant la vie du mineur ;

PRÉCISE que les enfants ont le droit de communiquer librement par lettre ou par téléphone avec le parent auprès duquel ils ne résident pas et que celui-ci a le droit et le devoir de les contacter régulièrement (par lettre et/ou par téléphone) en respectant le rythme de vie du parent hébergeant ;

FIXE la résidence des enfants au domicile de la mère ;

DIT que Monsieur [T] [P] bénéficie d’un droit de visite s’exerçant le dimanche des semaines paires de 10 heures à 18 heures, y compris pendant les vacances scolaires ;

DIT qu’à défaut d’accord amiable, si Monsieur [T] [P] n’a pas exercé son droit de visite dans la première heure, il est réputé y avoir renoncé ;

DIT qu’il appartient au parent exerçant le droit de visite de prendre et de ramener les enfants au domicile du parent gardien, personnellement ou par l'intermédiaire d'une personne digne de confiance connue des enfants ;

MAINTIENT à la somme de 150 euros par mois et par enfant soit la somme totale mensuelle de 450 euros la contribution financière que doit verser Monsieur  [T] [P] à Madame [L] [N] à titre de contribution à l'entretien et l'éducation des enfants et ce à compter de l’ordonnance sur mesures provisoires ;

L’y CONDAMNE en tant que de besoin ;

DIT que la contribution à l’entretien et l’éducation des enfants sera versée par l’intermédiaire de caisse d’allocations familiales de [Localité 15] et que, dans l’attente de la mise en place effective de l’intermédiation, le parent débiteur devra la régler directement entre les mains du parent créancier la contribution étant payable au domicile de Madame [L] [N], mensuellement, d’avance, 12 mois sur 12, le cinq de chaque mois au plus tard;

DIT que la contribution à l'entretien et à l'éducation des enfants est due même au-delà de la majorité de ceux-ci, tant qu’ils poursuivent des études ou jusqu'à ce qu'ils exercent une activité rémunérée de façon régulière et suffisante ;

DIT que le parent créancier devra justifier à l'autre parent, à compter des 18 ans des enfants, chaque année, par lettre recommandée et avant le 1er novembre, de ce que celui-ci se trouve toujours à charge ainsi que de sa situation (certificat de scolarité ou de formation) ;

DIT que la contribution à l'entretien et l'éducation des enfants sera revalorisée à la diligence du débiteur lui-même, le 1er janvier de chaque année, en fonction de la variation subie par l'indice des prix à la consommation hors tabac de l'ensemble des ménages publié par l'I.N.S.E.E ;

DIT que la première valorisation est intervenue le 1er janvier 2024, que les paiements devront être arrondis à l'euro le plus proche, et que la revalorisation devra être calculée comme suit :

pension revalorisée = montant initial X nouvel indice
indice de base

dans laquelle l'indice de base est celui du jour de la décision et le nouvel indice est le dernier publié à la date de la revalorisation ;

RAPPELLE qu'en cas de défaillance dans le règlement des sommes dues, le débiteur encourt les peines des articles 227-3 et 227-29 du code pénal : deux ans d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende, interdiction des droits civiques, civils et de famille, suspension ou annulation du permis de conduire, interdiction de quitter le territoire de la République;

RAPPELLE que le fait de ne pas transmettre au créancier et à l’organisme débiteur des prestations familiales les informations nécessaires à la mise en œuvre de l’intermédiation financière est passible des peines prévues à l’article 227-4 du code pénal  : 6 mois d'emprisonnement et 7 500 euros d'amende.

INDIQUE, conformément aux dispositions de l’article 465-1 du code de procédure civile, qu’en cas de défaillance dans le règlement des pensions alimentaires, le créancier peut obtenir le recouvrement forcé en s’adressant :
- à un huissier de justice : paiement direct par l’employeur du débiteur de la pension, saisie-attribution entre les mains d’un tiers qui doit une somme d’argent au débiteur de la pension, saisie mobilière ;
- à la caisse d’allocations familiales dont il dépend :
- au procureur de la République pour mettre en œuvre la procédure de recouvrement public ou une procédure pénale au titre de l’abandon de famille prévue par l’article 227-3 du code pénal ;

RAPPELLE que les frais de recouvrement sont à la charge du parent qui a l’obligation de régler la pension alimentaire,

CONDAMNE Madame [L] [N] aux dépens ;

RAPPELLE que les mesures portant sur l'exercice de l'autorité parentale et sur la contribution à l'entretien et à l'éducation d'un enfant, sont exécutoires de droit à titre provisoire ;

DIT que le jugement sera préalablement porté à la connaissance des représentants des parties par remise d'une copie de la décision par le greffe,

RAPPELLE qu'il appartient à la partie la plus diligente de faire signifier la présente décision par huissier de justice dans les six mois de sa date, et qu'à défaut le jugement sera non avenu en application de l'article 478 du code de procédure civile.

Ainsi fait et prononcé les jour, mois et an susdits, la présente décision a été rédigée et signée par Lou CHURIN juge aux affaires familiales, et Laurence TERRIER, greffière ;

LA GREFFIÈRE LA JUGE AUX AFFAIRES FAMILIALES

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