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TJ 69123, 14 avr. 2025, RG 24/02387


Vérifier : TJ 69123, 14 avr. 2025, RG 24/02387 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
14/04/2025
Numéro
24/02387
Lieu / cour
tj69123
Chambre
Référés civils
Type
other
Id
67fea26c7a459da3dcdea2c2

Texte de la décision

11,636 caractères

MINUTE N° :
ORDONNANCE DU : 14 Avril 2025
DOSSIER N° : N° RG 24/02387 - N° Portalis DB2H-W-B7I-2CFK
AFFAIRE : [T] [R] C/ SA L’EQUITE, [G] [U], CAISSE PRIMAIRE ASSURANCE MALADIE DU RHONE

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LYON

ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ

PRÉSIDENT : Madame Stéphanie BENOIT, Vice-Présidente

GREFFIER : Madame Valérie IKANDAKPEYE

PARTIES :

DEMANDERESSE

Madame [T] [R]
née le [Date naissance 1] 1983 à [Localité 7] (Turquie) (99), demeurant [Adresse 6]

représentée par Maître Emilie PERISCO,1 avenue du Patrimoine 06100 Nice, avocat au barreau de NICE, avocat plaidant

représentée par Maître Hélène TOURNIAIRE, avocat au barreau de LYON, avocat postulant

DEFENDERESSES

SA L’EQUITE, dont le siège social est sis [Adresse 2]

représentée par Maître Jérémy MUGNIER de la SCP BAULIEUX-BOHE-MUGNIER-RINCK, avocats au barreau de LYON

Madame [G] [U], demeurant [Adresse 3]

représentée par Maître Jérémy MUGNIER de la SCP BAULIEUX-BOHE-MUGNIER-RINCK, avocats au barreau de LYON

CAISSE PRIMAIRE ASSURANCE MALADIE DU RHONE, dont le siège social est sis [Adresse 4]

non comparante, ni représentée

Débats tenus à l'audience du 07 Janvier 2025

Notification le
à :

Maître [W] [P] Toque - 2100, Expédition et Grosse

Maître [N] [Z] de la SCP BAULIEUX-BOHE-MUGNIER-RINCK Toque- 719, Expédition

Expert, Service du suivi des expertises, Régie, Expédition

EXPOSÉ DU LITIGE

Suivant actes de commissaire de justice en date des 5, 11 et 13 décembre 2024, Madame [T] [R] a fait assigner le Docteur [G] [U], son assureur la SA l’Equité et la Caisse Primaire d’Assurance Maladie du Rhône devant le juge des référés de [Localité 9], l’organisme de sécurité sociale étant défaillant.

Madame [R] expose que le Docteur [U] a pratiqué sur elle deux échographies les 4 et 11 janvier 2021dans le cadre d’un début de grossesse compliqué, expliquant avoir finalement dû se soumettre à un geste chirurgical de salpingectomie côté droit en raison du caractère extra-utérin de sa grossesse et d’une hémorragie interne.

Aux termes de son assignation, Madame [R] sollicite l’organisation d’une mesure d’expertise médicale aux fins d’évaluation de son dommage, avec réserve des dépens.
L’intéressée se plaint d’une erreur de diagnostic fautive imputable au praticien médical assigné, faisant état d’un avis technique recueilli à titre privé.

De son côté, le Docteur [U] et son assureur émettent les réserves et protestations d’usage relativement à l’investigation sollicitée dont ils entendent qu’elle inclut une analyse des soins dispensés à la demanderesse.

MOTIFS DE LA DÉCISION

L’article 145 du code de procédure civile permet d’ordonner en référé toutes mesures d’instruction légalement adminissibles dès lors qu’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve des faits doit pourrait dépendre la solution d’un litige.
Conformément à l’article 9 du code de procédure civile, celui qui entend obtenir satisfaction de sa demande doit rapporter la preuve des faits nécessaires à son succès.

Les éléments médicaux produits par Madame [R] attestent d’un motif légitime de conserver ou d’établir la preuve des faits allégués, de sorte qu’il convient de faire droit à la demande d'expertise, seule mesure d'instruction susceptible d'apporter l'ensemble des éléments techniques nécessaires pour trancher, s'il y a lieu, le litige.
La mesure sera confiée à un expert obstétricien et conduite aux frais avancés de Madame [R], demanderesse à l’investigation et qui a intérêt à son exécution.
Outre le chiffrage des dommages subis par l’intéressée, la mission comprendra une évaluation de la qualité de sa prise en charge.

Les dépens de l’instance seront supportés par Madame [R].
La présente ordonnance est de droit exécutoire à titre de provision.

PAR CES MOTIFS Statuant publiquement, en référés, par ordonnance réputée contradictoire susceptible d’appel

ORDONNONS une expertise médicale de Madame [T] [R] et désignons pour y procéder le Docteur [I] [F] - Centre Hospitalier de [Localité 8] [Adresse 5], avec cette précision que le secret médical ne pourra pas lui être opposé lorsqu’il s’agira de prendre connaissance de toutes pièces utiles à ses investigations

DISONS que l'expert médical ainsi désigné aura pour mission :

-prendre connaissance du dossier médical de Madame [T] [R]

-détailler les conditions dans lesquelles le sujet a été pris en charge par le Docteur [G] [U]

-préciser la nature des soins prodigués au sujet et/ou des examens dont le sujet a fait l'objet

-procéder, en présence des médecins mandatés par les parties et avec l’assentiment du sujet, à un examen clinique détaillé en fonction des lésions initiales et des doléances exprimées

-dans le respect du code de déontologie médicale, interroger le sujet sur ses antécédents médicaux, en ne rapportant et en ne discutant que ceux qui constituent un état antérieur susceptibles d’avoir une incidence sur les lésions, leur évolution et leurs séquelles présentées

-dire si la prise en charge dispensée a été consciencieuse, attentive et conforme aux règles de l’art et aux données acquises de la science médicale à l’époque des faits

- dans la négative, indiquer la nature des manquements pouvant leur être reprochés en relation directe et certaine avec l’état de Madame [T] [R], en tenant compte d’un éventuel état antérieur et des suites normales des soins qui étaient nécessaires

-indiquer les soins, traitements et interventions qui ont été nécessaires et ceux éventuellement à prévoir, en précisant le cas échéant les durées, d’hospitalisation, le nom de l’établissement et la nature des soins

DANS TOUS LES CAS, et abstraction faite de l’état antérieur et de l’évolution naturelle de l’affection et du/des traitements qu’elle rendait nécessaire, en ne s’attachant qu’aux conséquences directes et certaines des éventuels manquements relevés à l’issue de l’examen clinique :

-déterminer la durée du déficit fonctionnel temporaire, période durant laquelle, pour des raisons médicales en relation certaine, directe et exclusive avec les faits, le sujet a connu des troubles dans les conditions d’existence au quotidien

-si le déficit fonctionnel n’a été que partiel, en préciser le taux et la durée

-fixer la date de consolidation, qui est le moment où les lésions se fixent et prennent un caractère permanent tel qu’un traitement n’est plus nécessaire, si ce n’est pour éviter une aggravation

-indiquer les périodes pendant lesquelles, pour des raisons médicales en relation certaine, directe et exclusive avec les faits, le sujet a dû interrompre totalement ou partiellement ses activités professionnelles

-préciser la durée des arrêts de travail au regard des organismes sociaux au vu des justificatifs produits et si cette durée est supérieure à l’incapacité temporaire retenue, dire si ces arrêts sont liés au fait dommageable

-chiffrer les cas échéant, par référence au “Barème indicatif des déficits fonctionnels séquellaires en droit commun”, le taux de déficit fonctionnel permanent (incapacité permanente) imputable aux faits, résultant de l’atteinte permanente d’une ou plusieurs fonctions persistant après la consolidation, le taux de déficit fonctionnel devant prendre en compte non seulement les atteintes aux fonctions physiologiques mais aussi les troubles dans les conditions d’existence et les souffrances que rencontre le sujet au quotidien après consolidation

-décrire les souffrances physiques, psychiques ou morales endurées avant la consolidation, les évaluer selon l’échelle habituelle de sept degrés

-donner un avis sur l’existence, la nature et l’importance du préjudice esthétique, en précisant s’il est temporaire (avant consolidation) ou permanent (après consolidation) et l’évaluer selon l’échelle habituelle de sept degrés

-si le sujet allègue une répercussion dans l’exercice de ses activités professionnelles, recueillir les doléances, les analyser, les confronter avec les séquelles retenues, en précisant les gestes professionnels rendus plus difficiles ou impossibles et dire si un changement de poste ou d’emploi apparaît lié aux séquelles

-si le sujet allègue l’impossibilité de se livrer à des activités spécifiques de sport et de loisir ou une simple gêne, donner un avis médical sur cette impossibilité ou cette gêne et son caractère définitif

-dire s’il existe un préjudice sexuel, le décrire en précisant s’il recouvre l’un ou plusieurs des trois aspects pouvant être altérés séparativement ou cumulativement, partiellement ou totalement : la libido, l’acte sexuel proprement dit (impuissance ou frigidité) et la fertilité (fonction de reproduction)

-préciser le cas échéant les besoins en tierce personne, provisoire ou définitive, en indiquant la qualité (aide-ménagère, aide humaine médicalisée ... ), la qualification professionnelle requise, la fréquence et la durée d’intervention quotidienne

-au cas où la consolidation médico-légale ne serait pas encore acquise, dire à quelle date il conviendrait de revoir le sujet et fixer d’ores et déjà les seuils d’évaluation des différents préjudices et les besoins actuels

DISONS que l’expert pourra entendre tout sachant utile, à charge pour lui d’en informer préalablement le magistrat chargé du contrôle des expertises, de solliciter une consignation complémentaire couvrant le coût de sa prestation, de joindre l’avis du sapiteur

DISONS que si le sapiteur n’a pas pu réaliser ses opérations de manière contradictoire, son avis devra être immédiatement communiqué aux parties par l’expert

DISONS que l’expert devra communiquer un pré-rapport aux parties en leur impartissant un délai raisonnable pour la production de leurs dires écrits auxquels il devra répondre dans son rapport définitif

FIXONS à 2 000 € le montant de la provision à valoir sur les honoraires de l’expert

DISONS que cette somme sera mise à la charge de Madame [T] [R] qui devra la consigner au greffe de ce Tribunal au plus tard le 30 mai 2025

RAPPELONS qu’à défaut de consignation dans le délai et selon les modalités imparties, la désignation de l’expert sera caduque, par application de l’article 271 du code de procédure civile

DISONS que l’expert fera connaître son acceptation ou son refus d’exécuter la présente expertise dans un délai de 15 jours après avoir pris connaissance du présent jugement

DISONS que l’expert qui, le cas échéant, refusera sa mission, devra retourner le tout immédiatement en précisant les motifs de son refus afin qu’il soit immédiatement remplacé

DISONS que l’expert saisi par le greffe procédera à l’accomplissement de sa mission, les parties dûment convoquées, déposera son rapport définitif au greffe en double exemplaire au plus tard le 29 novembre 2025, délai de rigueur sauf prorogation accordée sur requête de l’expert par le magistrat chargé du suivi des expertises

RAPPELONS que l’article 173 du code de procédure civile fait obligation à l’expert d’adresser copie de son rapport aux parties ou à leur avocat

CONDAMNONS Madame [T] [R] aux dépens de la présente instance

RAPPELONS que la présente ordonnance est de droit exécutoire à titre de provision.

 
Ainsi prononcé par Stéphanie BENOIT, vice-président, et Valérie IKANDAKPEYE, greffier
En foi de quoi, le Président et le Greffier ont signé la présente ordonnance.
 

LE GREFFIER                                                                        LE PRÉSIDENT

Ainsi prononcé par Madame Stéphanie BENOIT, Vice-Présidente, assisté de Mme Valérie IKANDAKPEYE.

En foi de quoi, le Président et le greffier ont signé la présente ordonnance.

LE GREFFIER, LE PRESIDENT

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