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TJ 76351, 17 avr. 2025, RG 25/00348


Vérifier : TJ 76351, 17 avr. 2025, RG 25/00348 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
17/04/2025
Numéro
25/00348
Lieu / cour
tj76351
Chambre
JLD
Type
other
Id
6801675c70f05fda0a95bc2b

Texte de la décision

6,041 caractères

N° RG 25/00348 - N° Portalis DB2V-W-B7J-G2RA Minute N°
Dossier SDT

TRIBUNAL JUDICIAIRE DU HAVRE
LE JUGE DELEGUE POUR LE CONTROLE DE MESURE D’ISOLEMENT ET DE CONTENTION

Notification à :
- M. le directeur du groupe hospitalier du [Localité 2]
- [G] [E] par transmission au directeur de l’hôpital contre signature d’un récépissé
- Me Estelle LEMONNIER
- M. Le procureur de la République

le 17 Avril 2025

Le greffier

Décision du 17 Avril 2025

Nous, Valérie ETILE, Vice-présidente délégué(e) pour le contrôle des hospitalisations sans consentement, statuant publiquement en matière de contrôle de mesure d’isolement et de contention, au tribunal judiciaire du Havre,

Vu la décision d'admission en soins psychiatriques sous le régime de l’hospitalisation complète prise par le directeur du groupe hospitalier [Localité 2] le 07 mai 2025 de :

[G] [E]
né le 15 Février 2003 à [Localité 3]

Lieu de l’admission : Groupe Hospitalier du [Localité 2], pôle de psychiatrie
Hôpital [4]
[Adresse 1]
[Localité 2].

Vu la décision de placement en isolement de M. [G] [E] prise par le Docteur [F] sous le contrôle du Docteur [C] le 19 mars 2025 à 16h30;

Vu la dernière décision du juge délégué pour le contrôle de mesure d’isolement et de contention du 10 avril 2025 autorisant la poursuite de la mesure à compter du10 avril 2025 ;

Vu l’acte de saisine adressé par le directeur du groupe hospitalier [Localité 2], reçu et enregistré au greffe du juge le 16 Avril 2025 à 16h19, accompagnée des pièces mentionnées à l’article R3211-33-1 du code de la santé publique.

Vu les avis donnés par le greffe :
- à la personne faisant l’objet de soins psychiatriques et à son avocat, Me Estelle LEMONNIER
- au directeur du groupe hospitalier du [Localité 2]
- au procureur de la République du HAVRE ;

Vu l’avis médical établi par le Docteur [F] sous le contrôle du Docteur [O] le 16 avril 2025 à 09h00, indiquant que l’audition de [G] [E] est impossible,

Vu les observations écrites de Me Estelle LEMONNIER, avocat de la personne faisant l’objet de soins psychiatriques,

Vu l’avis du ministère public en date du 16 avril 2025

Vu les articles L3222-5-1, L3211-12-1, et R3211-31 et suivants du code de la santé publique.

EXPOSÉ DES DEMANDES

La personne faisant l’objet de soins psychiatriques est représentée par Me Estelle LEMONNIER, avocat commis d’office par le bâtonnier de l’ordre des avocats.

Me [D] [P] demande la mainlevée de la mesure.

Le ministère public, dont l’avis écrit a été communiqué aux autres parties, sollicite le maintien de la mesure.

SUR CE,

Sur la forme :

Nous avons été régulièrement saisis dans les délais requis par la loi et la procédure de placement et de maintien en isolement a été menée conformément à la loi.

Sur le fond :

Le juge délégué pour le contrôle de mesure d’isolement et de contention doit contrôler en application de l'article L3216-1 du code de la santé publique la régularité des décisions administratives prises en matière d'hospitalisation complète. En application de l'article L3211-3 du code de la santé publique il doit aussi veiller à ce que les restrictions à l'exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en ouvre du traitement requis.

L'article L 3222-5-1,I du code de la santé publique dispose que «l'isolement et la contention sont des pratiques de dernier recours et ne peuvent concerner que des patients en hospitalisation complète sans consentement. Il ne peut y être procédé que pour prévenir un dommage immédiat ou imminent pour le patient ou autrui, sur décision motivée d'un psychiatre et uniquement de manière adaptée, nécessaire et proportionnée au risque après évaluation du patient. Leur mise en oeuvre doit faire l'objet d'une surveillance stricte, somatique et psychiatrique, confiée par l'établissement à des professionnels de santé désignés à cette fin et tracée dans le dossier médical ».

Le juge ne peut dans le cadre de son contrôle se substituer à l'autorité médicale s'agissant de l'évaluation du diagnostic posé ou des soins nécessaires (1ère Civ 27 septembre 2017).

En effet, Monsieur [E] a été admis initialement le 7 mai 2021 en soins psychiatriques sans consentement sous le régime de l'hospitalisation complète à la demande d’un tiers sur le constat médical d’une psychose infantile associée à un déficit intellectuel sévère, avec troubles schizophréniques, le rendant agressif et opposant aux soins. La poursuite des soins a été autorisée en dernier lieu par ordonnance en date du 20 février 2025. Il a été placé à l’isolement le 12 mars 2025 à 21 heures. La poursuite de l’isolement était autorisée en dernier lieu par ordonnance du 10 avril 2025. [G] [E] était toutes les douze heures par un médecin au cours de la période dont le contrôle est demandé.

Le dernier avis médical établi par le Docteur [F] sous le contrôle du Docteur [O] le 16 avril 2025 à 09h00 décrit l'existence de troubles mentaux rendant nécessaire la poursuite de la mesure d'isolement pour prévenir un dommage immédiat ou imminent pour le patient ou autrui en ce que le risque de passage à l’acte hétéro-agressif persiste du fait de l’état de décompensation psychotique présenté par [G] [E]. Au demeurant, au cas d’espèce, l’impossibilité d’audition de [G] [E] conforte les difficultés psychiques relatées par le certificat.

En conséquence, au vu du dernier avis médical, les conditions de placement en isolement demeurent réunies.

PAR CES MOTIFS

Statuant publiquement, par ordonnance réputée contradictoire, en premier ressort,

Autorisons la poursuite de la mesure d’isolement de [G] [E] au delà de 7 jours à compter du 17 avril 2025.

Informons les parties que le délai d'appel est de 24 heures à compter de la notification et que cet appel doit être formé par déclaration motivée transmise par tout moyen au greffe de la Cour d'Appel de ROUEN sise 36 rue aux Juifs, notamment par e-mail à l’adresse suivante : ho.ca-rouen@justice.fr .

Le juge délégué

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