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TJ 93008, 9 mai 2025, RG 25/03989


Vérifier : TJ 93008, 9 mai 2025, RG 25/03989 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
09/05/2025
Numéro
25/03989
Lieu / cour
tj93008
Chambre
J.L.D. HSC
Type
other
Id
681e42db887d03aa69fcbd29

Texte de la décision

7,595 caractères

TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE [Localité 4]

ORDONNANCE STATUANT SUR LA POURSUITE D=UNE MESURE D=HOSPITALISATION COMPLÈTE

DÉLAI DE 12 JOURS

ADMISSION A LA DEMANDE D=UN TIERS OU EN CAS DE PÉRIL IMMINENT

N° RG 25/03989 - N° Portalis DB3S-W-B7J-3DN3
MINUTE:25/869

Nous, Raphaëlle AGENIE-FECAMP, juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de BOBIGNY, assisté de Sagoba DANFAKHA, greffier, avons rendu la décision suivante concernant:

LA PERSONNE EN SOINS PSYCHIATRIQUES :

Madame [V] [M] [E]
née le 26 Septembre 1556
[Adresse 2]
[Localité 3]

Etablissement d=hospitalisation: L=[Localité 5] DE VILLE-EVRARD

Présente assistée de Me Laure AMZALLAG, avocat commis d=office

PERSONNE A L=ORIGINE DE LA SAISINE

Madame la directrice de L=[Localité 5] DE VILLE-EVRARD
Absente

MINISTÈRE PUBLIC

Absent
A fait parvenir ses observations par écrit le 07 mai 2025

Le 30 avril 2025, la directrice de L=[Localité 5] DE VILLE-EVRARD a prononcé la décision d=admission en soins psychiatriques de Madame [V] [B].

Depuis cette date, Madame [V] [B] fait l=objet d=une hospitalisation complète au sein de L=[Localité 5] DE VILLE-EVRARD.

Le 05 mai 2025, la directrice de l=établissement a saisi le juge des libertés et de la détention aux fins de poursuite de l=hospitalisation complète de Madame [V] [B].

Le ministère public a fait connaître son avis par conclusions écrites du 07 mai 2025.

A l=audience du 09 mai 2025, Me Laure AMZALLAG, conseil de Madame [V] [B], a été entendu en ses observations.

L=affaire a été mise en délibéré à ce jour.

MOTIFS

Vu le certificat médical initial établi le 29 04 2025 par le Dr [D] établissant l’existence d’un péril imminent pour la santé de l’intéressé (e) ;

Vu le relevé des démarches de recherche et d’information de tiers pour un patient admis en soins psychiatriques en cas de péril imminent ;

Vu la décision du directeur de l’Etablissement Public de Santé de Ville Evrard en date du 30 04 2025 prononçant l’admission de [V] [B] en hospitalisation complète ;

Vu l’information donnée dans les 24H à la famille, au tuteur ou curateur ou à toute personne ayant qualité à agir pour le patient ;

Vu le certificat médical dit des 24 heures établi le 30 04 2025 par le Dr [W];

Vu le certificat médical dit des 72 heures établi le 02 05 2025 par le Dr [G];

Vu la décision du directeur de l’établissement en date du 02 05 2025 maintenant pour un mois les soins sous le régime de l’hospitalisation complète de [V] [B];

Vu la saisine par le directeur de l’établissement du juge des libertés et de la détention reçue au greffe de la juridiction le 05 05 2025;

Vu l’avis motivé établi le 06 05 2025 par le Dr [H];

Vu les réquisitions écrites du ministère public en date du 07 05 2025;

Vu le débat contradictoire en date du 09 05 2025;

Vu les articles L3211-1 et suivants, L.3212-1 et suivants du code de la santé publique ;

L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la Constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel, décision 2010/71 QPC du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité de la personne objet des soins et des tiers auquel elle pourrait porter atteinte.

Selon l'article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si :
1° ses troubles rendent impossible son consentement ;
2° son état impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.

Le juge des libertés et de la détention doit contrôler en application de l’article L3216-1 du code de la santé publique la régularité des décisions administratives prises en matière d’hospitalisation complète. En application de l’article L3211-3 du code de la santé publique il doit aussi veiller, à ce que les restrictions à l’exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en œuvre du traitement requis.
Le juge ne peut dans le cadre de son contrôle se substituer à l’autorité médicale s’agissant de l’évaluation du consentement du patient, du diagnostic posé ou des soins.

Sur le moyen d’irrégularité

Le conseil se désiste de ses moyens d’irrégularité. Il convient de lui en donner acte.

Sur le fond

[V] [B] était hospitalisé (e) à l’Etablissement Public de Santé sans son consentement dans les conditions rappelées ci-dessus.

Le certificat médical établi par le Dr [D] le 29 04 2025 décrivait en ces termes l’existence de troubles mentaux : humeur irritable, contact superficiel, affects inadaptés, délire flou mal systématisé de persécution, rationalisme morbide, déni des troubles, anosognosie totale, ambivalence aux soins.
Etait constatée l’existence d’un péril imminent pour la santé de l’intéressé (e).

Les certificats médicaux postérieurs établissaient pendant la période d’observation que les troubles mentaux initialement décrits étaient toujours d’actualité, notamment irritabilité, méfiance, discours désorganisé, idées délirantes de persécution, affects restreints, rationalisation des troubles du comportement, anosognosie et refus des soins, risque de mise en danger et concluaient que la prise en charge de [V] [B] devait se poursuivre sous le mode de l’hospitalisation complète.

L'avis motivé daté du 06 05 2025 constatait que la patiente tenait un discours à tonalité persécutive, assez flou, qu’elle ne reconnaissait pas ses troubles de comportement, était dans l’anosognosie totale et dans une compliance passive aux soins.
L’avis précisait que l’état de santé de [V] [B] était compatible avec son audition par le juge des libertés et de la détention.

A l'audience, [V] [B] déclarait qu’elle se sent bien à l’hôpital et supporte bien le traitement. Elle est d’accord pour rester à l’hôpital.

Le conseil de [V] [B] était entendu en ses observations.

Il résulte de l’ensemble des éléments joints à la requête et contradictoirement débattus à l’audience, que la procédure relative à l’admission de [V] [B] en hospitalisation complète est régulière, que les troubles du comportement persistent et rendent impossible son consentement sur la durée, que l’état mental de [V] [B] impose la poursuite des soins assortis d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.

PAR CES MOTIFS

Le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Bobigny, après débats tenus en audience publique dans la salle d’audience aménagée à l’établissement public de santé de Ville-Evrard, au centre Henri Duchêne situé [Adresse 1], statuant au tribunal par décision susceptible d’appel,

Donnons acte au conseil de son désistement de ses conclusions d’irrégularité,

Maintenons la mesure d’hospitalisation complète dont fait l’objet Madame [V] [T] [J]

Laisse les dépens à la charge de l=Etat.

Dit que cette ordonnance bénéficie de plein droit de l’exécution provisoire,

Fait et jugé à [Localité 4], le 09 mai 2025

Le Greffier

Sagoba DANFAKHA
Le premier vice-président
Juge des libertés et de la détention

Raphaëlle AGENIE-FECAMP

Ordonnance notifiée au parquet le à
le greffier

Vu et ne s=oppose :

Déclare faire appel :

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