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TJ 93008, 13 mai 2025, RG 25/01857


Vérifier : TJ 93008, 13 mai 2025, RG 25/01857 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
13/05/2025
Numéro
25/01857
Lieu / cour
tj93008
Chambre
Chambre 25 / Proxi fond
Type
other
Id
68262bdd1bda0e3a8e18fb01

Texte de la décision

11,530 caractères

TRIBUNAL DE PROXIMITE
DE MONTREUIL
[Adresse 3]
[Localité 5]

Téléphone : [XXXXXXXX01]
@ : [Courriel 6]

REFERENCES : N° RG 25/01857 - N° Portalis DB3S-W-B7J-2WPJ

Minute : 25/

S.D.C. DU [Adresse 2] REPRESENTE PAR LE CABINET LOISELET & F DAIGREMONT
Représentant : Maître Valérie GARCON de la SCP W2G, avocats au barreau de SEINE-SAINT-DENIS, vestiaire : 22

C/

Madame [Y] [S]

Copie(s) exécutoire(s) délivrée(s) à :
Maître Valérie GARCON

Copie(s) certifiée(s) conforme(s) délivrée(s) à :

Le
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

JUGEMENT DU 13 Mai 2025

Jugement réputé contradictoire rendu en premier ressort et mis à disposition au greffe du tribunal de proximité de Montreuil-sous-Bois en date du 13 mai 2025;

Par Madame Patricia ISAC, magistrat à titre temporaire statuant en qualité juge du tribunal judiciaire de Bobigny siégeant au tribunal de proximité de Montreuil-sous-Bois assistée de Madame Marianne TRUSSARDI, greffier ;

Après débats à l'audience publique du 13 mars 2025 tenue sous la présidence de Madame Patricia ISAC, magistrat à titre temporaire statuant en qualité de juge du tribunal judiciaire de Bobigny siégeant au tribunal de proximité de Montreuil-sous-Bois, assistée de Monsieur Yann LACHAT, greffier placé audiencier ;

ENTRE DEMANDEUR :

S.D.C. DU [Adresse 2] Représenté par son syndic la SA CABINET LOISELET père, fils & F DAIGREMONT,
[Adresse 4]
représentée par Maître Valérie GARCON de la SCP W2G, avocats au barreau de SEINE-SAINT-DENIS

D'UNE PART

ET DEFENDEUR :

Madame [Y] [S]
[Adresse 2]
non comparante, ni représentée

D'AUTRE PART

EXPOSE DU LITIGE :

Madame [Y] [S] est propriétaire du lot 13 au sein d'un immeuble situé [Adresse 2], soumis au statut de la copropriété des immeubles bâtis.

Par courrier suivi en date du 26 janvier 2024, le SDC DU [Adresse 2] (le syndicat des copropriétaires) a, par l'intermédiaire de son syndic, le cabinet LOISELET & F DAIGREMONT, mis en demeure Madame [Y] [S] de lui payer la somme de la somme de 1.528,72 euros au titre de l'arriéré de charges de copropriété au 26 janvier 2024.

Par acte de commissaire de justice en date du 5 avril 2024 , le SDC DU [Adresse 2] (le syndicat des copropriétaires) a, par l'intermédiaire de son syndic, fait signifier à Madame [Y] [S] une sommation la somme de 1.974,37 euros au titre de l'arriéré de charges de copropriété au 2 avril 2024.

Par lettre recommandée avec accusé de réception en date du 6 mai 2024, avisée et non réclamée, le SDC DU [Adresse 2] (le syndicat des copropriétaires) a, par l'intermédiaire de son syndic, le cabinet LOISELET & F DAIGREMONT, mis en demeure Madame [Y] [S] de lui payer la somme de la somme de 1.974,37 euros au titre de l'arriéré de charges de copropriété au 1er janvier 2024.

Par acte de commissaire de justice en date du 14 février 2025, le syndicat des copropriétaires a fait assigner Madame [Y] [S] devant le présent tribunal aux fins d'obtenir sa condamnation au paiement des sommes suivantes :
2.394,36 euros au titre des charges de copropriété impayées arrêtées au 6 février 2025, en ce compris les charges provisionnelles pour le 1er trimestre 2025, avec intérêts au taux légal à compter de la date de la mise en demeure du 6 mai 2024, 306,67 euros au titre des frais visés à l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965,2.300 euros à titre de dommages et intérêts pour résistance abusive,1.500 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile, les dépens comprenant les frais d’assignation et des actes de procédure nécessaires
À l'audience du 13 mars 2025, le syndicat des copropriétaires, représenté, maintient ses demandes. Il indique qu’il n’y a pas eu de règlement depuis l’assignation.

Il expose que Madame [Y] [S], propriétaire de divers lots au sein de l’immeuble, est à ce titre redevable de charges de copropriété, conformément à l’article 10 de la loi du 10 juillet 1965, qui ne sont plus payées régulièrement. Il indique que le compte individuel présente un solde débiteur au titre des charges et des frais nécessaires exposés par le syndicat selon l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965. Le syndicat des copropriétaires soutient également que le non-paiement des charges de copropriété, occasionne un préjudice aux autres copropriétaires, direct et distinct des intérêts moratoires, et s’estime bien fondé à obtenir la condamnation de la propriétaire au paiement de dommages et intérêts.

Madame [Y] [S], régulièrement assignée à étude, ne comparait pas et n'est pas représentée.

L’affaire a été mise en délibéré au 13 mai 2025.

MOTIFS DE LA DECISION

Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond et le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.

Sur les demandes principales :

Sur le paiement des charges de copropriété

En application de l'article 10 de la loi du 10 juillet 1965, les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et éléments d'équipement commun en fonction de l'utilité que ces services et éléments présentent à l'égard de chaque lot. Ils sont également tenus de participer aux charges relatives à la conservation, à l'entretien, à l'administration des parties communes proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots.

L'approbation des comptes du syndic par l'assemblée générale rend certaine, liquide et exigible la créance du syndicat des copropriétaires relative à chaque quote-part de charges. Le copropriétaire, qui n'a pas, dans les délais prévus à l'article 42 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1965 la décision de l'assemblée générale ayant approuvé les comptes, n'est pas fondé à refuser de payer les sommes qui lui sont réclamées.

En application de l'article 1353 du code civil, il appartient à celui qui demande l'exécution d'une obligation d'en rapporter la preuve.

En l’espèce, il ressort des pièces produites par le syndicat des copropriétaires que les comptes annuels ont été approuvés et n’ont pas été contestés par les copropriétaires défendeurs, notamment :
du procès-verbal de l’assemblée générale du 8 décembre 2022 approuvant les comptes arrêtés au 31 décembre 2021 et approuvant le budget prévisionnel pour l’exercice 2023,du procès-verbal de l’assemblée générale du 1er juin 2024 ajustant le budget prévisionnel de l’exercice 2024 et 2025.
Les charges de copropriété sont engagées par la décision de l’assemblée des copropriétaires approuvant les comptes, chaque copropriétaire devenant alors débiteur de ces charges.

Le syndicat des copropriétaires justifie des appels de fonds adressés à la copropriétaire.

Le décompte du 6 février 2025 reprend les différents appels et les règlements effectués.

Au regard de ces éléments, il convient de retenir la quote-part de charges de copropriété ainsi que les provisions sur charge pour les années 2024 et 2025, qui sont exigibles dès leur appel et doivent être versées en exécution du budget provisionnel.

Les provisions sur travaux mentionnées dans les extraits du compte du syndicat des copropriétaires correspondent aux travaux votés lors des assemblées générales, si bien que ces appels sont dès lors justifiés.

Il convient de déduire les frais de contentieux et de recouvrement à hauteur de 437,74 euros qui ne constituent pas des charges de copropriété et font l'objet d'une condamnation distincte.

Au vu du compte individuel il apparait que les sommes correspondant strictement aux appels de fonds lors de la mise en demeure du 6 mai 2024 correspondent à un montant de 1.503,51 (1.682,04-192.67) euros.

En conséquence, il convient de condamner Madame [Y] [S] à payer au syndicat des copropriétaires la somme de 2.394,36 euros, au titre des charges de copropriété dues au 1er janvier 2025, avec intérêts au taux légal à compter du 6 mai 2024, date de la mise en demeure sur la somme de 1.503,51 euros.

Sur les frais nécessaires au recouvrement :

En application de l'article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, les frais nécessaires exposés par le syndicat, à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire, sont imputables au seul copropriétaire concerné.

En l'espèce, le syndicat de copropriétaire sollicite l’octroi de la somme de 306,67 euros au titre des frais nécessaires au recouvrement de sa créance.

Il est justifié de l'envoi d'une mise en demeure le 26 janvier 2024 facturée 43,97 euros et d’une relance en date du 26 février 2024 facturée 37,40 euros.

Seul sera pris en compte l’envoi d’une mise en demeure à la demande à hauteur de 5,80 euros.

Les frais de « frais ouverture contentieux » relèvent de l’activité du syndic relative au recouvrement des sommes dues et constituent des actes élémentaires d’administration de la copropriété. Le fait que le contrat de syndic prévoit éventuellement une rémunération spécifique au titre d’honoraires supplémentaires n’en change pas la nature, ces frais ne sont donc pas nécessaires au sens de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965.

Il convient dès lors de condamner Madame [Y] [S] à payer au syndicat des copropriétaires la somme de 5,80 euros au titre des frais nécessaires au recouvrement. 

Sur la demande de dommages et intérêts :

En application de l'article 1236-1 du code civil, le créancier auquel son débiteur a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant du retard dans l’exécution de l’obligation, peut obtenir des dommages et intérêts distincts des intérêts moratoires de la créance.

En l'espèce, faute de justifier de la nature, du principe et de l'étendue du préjudice dont il se prévaut, distinct de celui qui sera réparé par les intérêts moratoires assortissant sa créance, le syndicat sera débouté de sa demande de dommages et intérêts.

Sur les demandes accessoires :

En application des dispositions des articles 696 et suivants du code de procédure civile, il convient de condamner Madame [Y] [S] aux dépens de l'instance.

Il apparaît inéquitable de laisser à la charge du syndicat des copropriétaires les frais non compris dans les dépens qu'il a exposés dans le cadre de la présente instance. Il convient de condamner Madame [Y] [S] à lui payer la somme de 500 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile.

Conformément à l'article 514 du code de procédure civile, le présent jugement est assorti de l'exécution provisoire, de droit.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal, statuant après débats en audience publique, par jugement réputé contradictoire rendu en premier ressort, par mise à disposition au greffe le jour de son délibéré,

CONDAMNE Madame [Y] [S] à payer au SDC DU [Adresse 2] la somme de 2.394,36 euros au titre de l’arriéré de charges de copropriété arrêté au 1er janvier 2025, avec intérêts au taux légal à compter du 6 mai 2024, date de la mise en demeure sur la somme de 1.503,51 euros,

CONDAMNE Madame [Y] [S] à payer au SDC DU [Adresse 2] la somme de 5,80 euros au titre de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965,

DEBOUTE le SDC DU [Adresse 2] de sa demande de dommages et intérêts,

CONDAMNE Madame [Y] [S] à payer au SDC DU [Adresse 2] la somme de 500 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile,

CONDAMNE Madame [Y] [S] aux dépens,

RAPPELLE que le présent jugement est assorti de l'exécution provisoire de droit.

En foi de quoi le présent jugement a été signé par le président et le greffier

LE GREFFIER LE PRESIDENT

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