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TJ 76351, 22 mai 2025, RG 25/00460


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Date
22/05/2025
Numéro
25/00460
Lieu / cour
tj76351
Chambre
JLD
Type
other
Id
6830dd5d6b8b4c741e144bfc

Texte de la décision

8,701 caractères

/

N° RG 25/00460 - N° Portalis DB2V-W-B7J-G3LQ Minute N° 482/2025
Dossier SPI - Contrôle à 6 mois

TRIBUNAL JUDICIAIRE DU HAVRE
LE JUGE DELEGUE POUR LE CONTROLE DES HOSPITALISATIONS SANS CONSENTEMENT

Copie de la présente ordonnance a été remise à l’hôpital le 22 [11] 2025 pour notification à [B] [U] contre signature d’un récépissé

Le greffier

Reçu copie de la présente ordonnance,
le 22 Mai 2025

Me Anne-Sophie DUJARDIN

Copie de la présente ordonnance a été notifiée par remise contre émargement de la fiche navette le 22 Mai 2025

à M. le directeur du groupe hospitalier du [Localité 9]

Le greffier

Copie au procureur de la République le 22 Mai 2025

Le greffier
Débats à l'audience du 22 Mai 2025
Décision du 22 Mai 2025

Nous, Adrien LUXARDO, Juge délégué pour le contrôle des hospitalisations sans consentement, statuant en matière de soins psychiatriques décidés en cas de péril imminent assisté de Alexandre HENNION, Greffier,

Siégeant en audience publique à l’hôpital [12], en vertu de l’article 433 du code de procédure civile, dans une salle conforme aux dispositions de l’article L 3211-12-2 du code de la santé publique

Vu l’admission en soins psychiatriques de : [B] [U]
né le 14 Juillet 1990 à [Localité 8]

Date de l’admission : 28/11/2023

Dernière décision du juge des libertés et de la détention : 28/11/2024

Lieu de l’admission : Groupe Hospitalier [Localité 6] [Localité 9], pôle de psychiatrie
Hôpital [12]
[Adresse 2]
[Localité 4].

Résidence habituelle : [Adresse 2]
[Localité 4]

sous le régime de l’hospitalisation complète, sur décision du directeur du groupe hospitalier [Localité 7] prise en cas de péril imminent ;

Vu l’acte de saisine adressé par le directeur du groupe hospitalier [Localité 7], reçu et enregistré au greffe du juge le 09 Mai 2025.

Vu les avis donnés par le greffe :
- à la personne faisant l’objet de soins psychiatriques et à son avocat, Me Anne-Sophie DUJARDIN
- au directeur du groupe hospitalier du [Localité 9]
- au procureur de la République du HAVRE ;

Vu le courrier de [O] [Z] en date du 16 mai 2025 attestant que [B] [U] refuse de se présenter à l’audience de ce jour,

Après avoir entendu en leurs observations :
- Me Anne-Sophie DUJARDIN, avocat de la personne faisant l’objet de soins psychiatriques,

En l’absence du directeur de l’établissement de soins et du ministère public,

En l’absence de [B] [U], qui n’a pas comparu,

Vu les articles L 3211-12-1 et L 3212-1 et suivants du code de la santé publique.

EXPOSÉ DES DEMANDES

La personne faisant l’objet de soins psychiatriques est représentée à l’audience par Me Anne-Sophie DUJARDIN, avocat commis d’office par le bâtonnier de l’ordre des avocats.

Me Anne-Sophie DUJARDIN s’en rapporte à l’appréciation du juge.

Le ministère public, dont l’avis écrit a été communiqué aux autres parties, sollicite le maintien de la mesure.

MOTIFS ET CIRCONSTANCES DE L’HOSPITALISATION

Il ressort des pièces communiquées et des débats que la personne susvisée a été admise et maintenue en soins psychiatriques à l’Hôpital [12], [Adresse 3], sous la forme d’une hospitalisation complète, au vu des documents suivants :

1/ La dernière ordonnance du juge délégué pour le contrôle des hospitalisations sans consentement et de la détention en date du 28 novembre 2024

2/ Des certificats ou avis médicaux mensuels circonstanciés indiquant si les soins sont toujours nécessaires.

3/ Les décisions mensuelles du directeur du groupe hospitalier maintenant les soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation complète pour une durée d’un mois dont la dernière est en date du 19 mai 2025

4/ L’avis médical pour la saisine du juge délégué pour le contrôle des hospitalisations sans consentement établi par le Docteur [E] le 07 mai 2025 conclut à un maintien de la mesure de soins psychiatriques.

SUR CE,

Sur la forme

Nous avons été régulièrement saisi dans les délais requis par la loi et que la procédure d’admission en soins psychiatriques a été menée conformément à la loi.

Sur le fond

Selon l'article L 3212-1 du code de la santé publique « une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être hospitalisée sans son consentement sur demande d'un tiers que si : 1° ses troubles rendent impossible son consentement ; 2° son état impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° de l’article L. 3211-2-1.

Et en cas de péril imminent, 2° du II du même article “Soit lorsqu'il s'avère impossible d'obtenir une demande dans les conditions prévues au 1° du présent II et qu'il existe, à la date d'admission, un péril imminent pour la santé de la personne, dûment constaté par un certificat médical établi dans les conditions prévues au troisième alinéa du même 1°. Ce certificat constate l'état mental de la personne malade, indique les caractéristiques de sa maladie et la nécessité de recevoir des soins. Le médecin qui établit ce certificat ne peut exercer dans l'établissement accueillant la personne malade ; il ne peut en outre être parent ou allié, jusqu'au quatrième degré inclusivement, ni avec le directeur de cet établissement ni avec la personne malade.”

En l’espèce il ressort suffisamment des certificats médicaux produits et des débats que la personne sus-visée a bien été admise en soins psychiatriques en raison de troubles mentaux qui rendaient son consentement impossible et d'un état de santé qui imposait des soins immédiats assortis d'une surveillance médicale constante en milieu hospitalier, en raison d’un péril imminent à la date de l’admission.

En effet, [B] [U] a été admis le 28 novembre 2023 en soins psychiatriques sans consentement sous le régime des hospitalisations complète en péril imminent au constat médical d’un patient schizophrène polytoxicomane. La poursuite de l’hospitalisation complète était autorisée en dernier lieu par ordonnance en date du 28 novembre 2024.

L’évaluation par le collège du 28 novembre 2024 décrivait un patient suivi en hospitalisation au long cours pour trouble psychotique chronique sur terrain de polytoxicomanie faisant beaucoup d’efforts pour se sevrer des toxiques et un projet d’appartement thérapeutique en cours.

Les certificats médicaux mensuels notaient un état clinique stationnaire et une situation engluée du fait des difficultés à trouver un logement adapté (24 décembre 2024, 24 janvier 2025), un patient abstinent depuis plusieurs mois ce qui entraîne une nette amélioration clinique (24 février 2025), un état stationnaire et une mise en échec du projet d’admission à Vivre et Devenir (24 mars 2025), un état stable (24 avril 2025).

Le certificat médical du Docteur [E] du 07 mai 2025 à l’appui de notre saisine préconise une poursuite de la mesure d’hospitalisation complète afin d’assurer la continuité des soins.

Le certificat mensuel du 19 mai 2025 relevait un patient stable en attente de la mise en place de son projet social et une symptomatologie marquée par un apragmatisme invalidant.

En conséquence les conditions de ces soins psychiatriques sous le régime de l’hospitalisation complète demeurent réunies.

PAR CES MOTIFS

Statuant publiquement, par ordonnance réputée contradictoire, en premier ressort,

Disons que les soins psychiatriques dont [B] [U] fait l’objet peuvent se poursuivre sous le régime de l’hospitalisation complète.

La présente ordonnance est susceptible d’appel devant le premier président de la cour d’appel ou son délégué dans un délai de 10 jours à compter de sa notification ; en vertu de l’article 642 du code de procédure civile, le délai qui expirerait normalement un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé est prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant ; cet appel n’est pas suspensif, sauf s'il est interjeté par le ministère public dans les conditions de l'article L. 3211-12-4 du code de la santé publique ; il doit être formalisé par déclaration motivée avec une copie jointe de la présente ordonnance transmise :
- s'agissant des avocats du ressort de la cour d'appel de Rouen et à compter du 1er juillet 2018: via le RPVA sur l'adresse [Courriel 5] conformément à la convention relative à la communication électronique en matière civile ;
- s'agissant des avocats hors ressort, des personnes morales, des autorités administratives et des parties : par tout moyen ou par mail à l'adresse suivante : [Courriel 10] au greffe de la cour d'appel de Rouen sis [Adresse 1].

L'auteur d'un recours abusif ou dilatoire peut être condamné à une amende civile et au paiement d'une indemnité à l'autre partie.

Le greffier Le juge délégué

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