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tj Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) source api

TJ 33063, 13 juin 2025, RG 25/00371


Vérifier : TJ 33063, 13 juin 2025, RG 25/00371 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
13/06/2025
Numéro
25/00371
Lieu / cour
tj33063
Chambre
PPP Référés
Type
other
Id
684c688cb34a5cb0e489142d

Texte de la décision

15,284 caractères

Du 13 juin 2025

5AA

SCI/jjg

PPP Référés

N° RG 25/00371 - N° Portalis DBX6-W-B7J-2DLZ

[Y] [C] épouse [T], [L] [T]

C/

[M] [J] [G], [I] [G]

- Expéditions délivrées à
[T], [L] [T]

- FE délivrée à
[Y] [C] épouse [T], [L] [T]

Le 13/06/2025

Avocats :

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BORDEAUX
JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
Pôle protection et proximité
[Adresse 4]

ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ DU 13 juin 2025

PRÉSIDENT : Mme Tamara MARIC-SANCHEZ,

GREFFIER : Monsieur Jean-Jacques GERAUD,

DEMANDEURS :

Madame [Y] [C] épouse [T]
née le 25 Février 1960 à [Localité 17]
[Adresse 13]
[Localité 6]

Absente

Monsieur [L] [T]
né le 04 Mars 1967 à [Localité 12]
[Adresse 13]
[Localité 6]

Présent

DEFENDEURS :

Monsieur [M] [J] [G]
né le 14 Juillet 1991 à MAROC ([Localité 3]
[Adresse 7] [Adresse 9]
[Localité 5]

Absent

Madame [I] [G]
née le 05 Mars 1999 à MAROC ([Localité 2])
[Adresse 7] [Adresse 9]
[Localité 5]

Absente

DÉBATS :

Audience publique en date du 11 Avril 2025

PROCÉDURE :

Baux d’habitation - Demande en paiement des loyers et des charges et/ou tendant à faire prononcer ou constater la résiliation pour défaut de paiement ou défaut d’assurance et ordonner l’expulsion en date du 30 Janvier 2025

Articles 484 et suivants et 834 et suivants du Code de Procédure Civile

QUALIFICATION DE l’ORDONNANCE:

Réputée contradictoire et en premier ressort

EXPOSÉ DU LITIGE :

Par acte sous seing privé en date et à effet du 1er décembre 2023, Madame [Y] [C] épouse [T] et Monsieur [L] [T] ont donné à bail à Monsieur [J] [G] [M] et Madame [I] [G] un logement situé [Adresse 8] [Adresse 10] à [Localité 16] moyennant un loyer initial de 560 euros.

Par acte de commissaire de justice du 1er octobre 2024, Madame [Y] [C] épouse [T] et Monsieur [L] [T] ont fait délivrer aux locataires un commandement de payer la somme de 4.800,00 euros au titre de l’arriéré locatif et de justifier d'une assurance locative, aux fins de mise en œuvre de la clause contractuelle de résiliation de plein droit du bail.

Par acte de commissaire de justice du 30 janvier 2025, Madame [Y] [C] épouse [T] et Monsieur [L] [T] ont assigné Monsieur [J] [G] [M] et Madame [I] [G] devant le juge des contentieux de la protection statuant en matière de référé auprès du tribunal judiciaire de Bordeaux à l’audience du 11 avril 2025 aux fins de voir :

- Constater que la clause résolutoire contenue dans le bail est acquise et que la location consentie à Monsieur [G] [M] [J] et Madame [G] [I] a cessé de plein droit au regard des dispositions de l'article 24 de la Loi du 06 juillet 1989 et de l'article 7g) de la Loi du 06 juillet 1989 et de juger que ces locataires seront expulsés dans les délais de la loi et ce avec le concours de la [Localité 14] publique et d'un serrurier si besoin est, ainsi que tout occupant de leur chef ;
- Condamner conjointement et solidairement les défendeurs au titre des loyers et charges à la somme de 7.040,00 euros en principal en application de l'article 1728 du code civil avec intérêts au taux légal à compter de la présente assignation en vertu des articles 1231-6 du Code Civil ;
- Condamner encore conjointement et solidairement Monsieur [G] [M] [J] et Madame [G] [I] au paiement d'une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant des loyers et des charges à compter de la résiliation du bail jusqu'à complète libération des locaux en vertu de l'obligation de réparer le préjudice subi du fait d'une occupation sans droit ni titre, conformément à l'article 1760 du Code Civil ;
- Condamner conjointement et solidairement les défendeurs au paiement d'une somme de 1.500,00 euros en vertu de l'article 700 du Code de Procédure Civile pour participation aux frais exposés par le demandeur et que l'équité impose de ne pas lui laisser supporter ;
- Les condamner conjointement et solidairement en tous les dépens de l'instance qui comprendront le coût du commandement, de la dénonciation EXPLOC et de la présente assignation, en vertu de l'article 696 du Code de procédure Civile.

L'affaire a été débattue à l’audience du 11 avril 2025.

Lors de l’audience du 11 avril 2025, Madame [Y] [C] épouse [T] et Monsieur [L] [T], comparant en personne, confirment les termes de leur demande initiale.

Régulièrement assignés à domicile avec dépôt de l’acte en l’étude de commissaire de justice, Monsieur [J] [G] [M] et Madame [I] [G] n’ont pas comparu et ne se sont pas fait représenter.

La juridiction n’a pas été destinataire d’un diagnostic social et financier.

A l’issue de l’audience, la date du délibéré a été fixée au 13 juin 2025.

MOTIFS DE LA DÉCISION

Sur la non-comparution des défendeurs

En application des dispositions de l’article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond, le juge ne faisant droit à la demande que s’il l’estime recevable, régulière et bien fondée.

Les défendeurs non comparants ayant été régulièrement assignés et ayant disposé d’un temps suffisant pour organiser leur défense, il y a lieu de statuer par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort.

Sur la régularité de la procédure

Conformément aux dispositions de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989, l’assignation a été régulièrement notifiée au représentant de l’État dans le département par courrier électronique le 3 février 2025, soit au moins six semaines avant la date de l’audience du 11 avril 2025.

Les bailleurs justifient également avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives prévue à l’article 7-2 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 en date du 2 octobre 2024.

L’action aux fins de constat de la résiliation du bail est donc recevable et régulière.

Sur la résiliation du contrat de bail et l’expulsion

L’article 834 du code de procédure civile prévoit que, dans tous les cas d’urgence, le président du tribunal judiciaire ou le juge des contentieux de la protection dans les limites de sa compétence, peuvent ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend. L’absence de contestation sérieuse implique l’évidence de la solution qu’appelle le point contesté.

En outre, selon l’article 835 du même code, le président du tribunal judiciaire ou le juge du contentieux de la protection peut toujours, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite.

En vertu de l’article 7a) de la loi du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus.

L’article 7g) de la loi du 6 juillet 1989, prévoit également l’obligation pour le locataire de souscrire une assurance garantissant les risques locatifs. La justification de cette assurance résulte de la remise au bailleur d’une attestation de l’assureur ou de son représentant. Toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut d’assurance du locataire ne produit effet qu’un mois après un commandement demeuré infructueux. Ce commandement reproduit, à peine de nullité, les dispositions du présent alinéa.

Il ressort par ailleurs des dispositions de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 en sa version résultant de la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 en vigueur à compter du 29 juillet 2023, que toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non versement du dépôt de garantie ne produit effet que six semaines après un commandement demeuré infructueux.
En l’espèce, le bail conclu entre les parties comporte une clause de résiliation de plein droit du bail pour défaut de paiement et pour défaut d’assurance contre les risques locatifs.

Madame [Y] [C] épouse [T] et Monsieur [L] [T] ont fait signifier à Monsieur [J] [G] [M] et Madame [I] [G] un commandement d’avoir à payer la somme de 4.800,00 euros au titre des loyers échus et d’avoir à justifier d’une assurance couvrant les risques locatifs, suivant exploit du 1er octobre 2024. Ce commandement comporte les mentions obligatoires prescrites à peine de nullité à l’article 24 I de la loi du 6 juillet 1989 et de l’article 7g de la même loi.

Monsieur [J] [G] [M] et Madame [I] [G] n’ayant pas, dans le délai légal d’un mois à compter de la délivrance du commandement du 1er octobre 2024, justifié d’une assurance couvrant les risques locatifs, ce manquement entraîne la résiliation du bail par le jeu de la clause de résiliation contractuelle qu’il y a lieu de constater à la date du 2 novembre 2024, en application des articles 7 g) et 24 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 relative aux rapports locatifs.

En conséquence, les bailleurs sont fondés à se prévaloir de la clause de résiliation emportant résiliation du bail acquise depuis le 2 novembre 2024.

Dès lors, Monsieur [J] [G] [M] et Madame [I] [G] sont occupants sans droit ni titre du logement depuis le 2 novembre 2024, ce qui constitue pour Madame [Y] [C] épouse [T] et Monsieur [L] [T] un trouble manifestement illicite auquel il y a lieu de mettre fin en ordonnant la libération des lieux et, faute de départ volontaire, l’expulsion des défendeurs à l’expiration du délai de deux mois à compter de la signification du commandement de quitter les lieux.

Une indemnité d’occupation équivalente au montant du loyer et charges courantes sera fixée à compter de la date d’effet de la résiliation du bail.

Sur la provision et les indemnités d’occupation

En application de l’article 835 alinéa 2 du code de procédure civile, le président du tribunal judiciaire ou le juge du contentieux de la protection dans les limites de sa compétence, peuvent dans les cas où l’obligation n’est pas sérieusement contestable, accorder au créancier une provision ou ordonner l’exécution de l’obligation, même s’il s’agit d’une obligation de faire.

En l’espèce, au soutien de leur demande, Madame [Y] [C] épouse [T] et Monsieur [L] [T] produisent, dans l'assignation, un décompte selon lequel leur créance s’établirait à la somme de 7.040,00 euros à la date du 30 janvier 2025.

Cette créance n’étant pas sérieusement contestée ni contestable, Monsieur [J] [G] [M] et Madame [I] [G] seront donc condamnés au paiement de la somme de 7.040,00 euros à titre d’indemnité provisionnelle pour l’arriéré de loyers, charges locatives et indemnités d’occupation dus à la date du 30 janvier 2025 – échéance du mois de janvier 2025 incluse. Monsieur [J] [G] [M] et Madame [I] [G] seront, en outre, condamnés au paiement d’une indemnité d’occupation égale au montant du loyer courant et des charges (560 euros par mois à la date de l’audience), à compter du 1er février 2025 et jusqu’à la libération effective des lieux.

S’agissant d’une provision, cette somme portera intérêts au taux légal à compter du prononcé de la présente décision.

Sur la solidarité

Selon l’article 1310 du code civil, la solidarité est légale ou conventionnelle ; elle ne se présume pas.

En application de l’article 1751 du code civil, le droit au bail, signé même avant le mariage, est réputé appartenir à l’un et à l’autre des époux. Les dépenses locatives sont des dettes ménagères engageant solidairement les époux en vertu de l’article 220 du même code.

En l’espèce, Monsieur [J] [G] [M] et Madame [I] [G] sont mariés.

Monsieur [J] [G] [M] et Madame [I] [G] sont donc déclarés solidaires dans le paiement de leur dette, par application des articles 220 et 1751 du Code civil.

Sur le sort des meubles

En ce qui concerne le sort des meubles, il sera procédé selon les dispositions des articles L433-1 et L433-2 du Code des procédures civiles d’exécution.

Sur les dépens et l’article 700 du code de procédure civile

Aux termes de l’article 696 du code de procédure civile, la partie qui succombe est condamnée aux dépens. Ceux-ci seront donc solidairement mis à la charge de Monsieur [J] [G] [M] et Madame [I] [G].

Aux termes de l’article 700 du même code, le juge condamne la partie tenue aux dépens à payer à l’autre partie, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, la somme qu’il détermine en tenant compte de l’équité. Il convient de condamner solidairement Monsieur [J] [G] [M] et Madame [I] [G] à verser à Madame [Y] [C] épouse [T] et Monsieur [L] [T] la somme de 250 euros.

Il convient de rappeler que l’exécution provisoire de la présente ordonnance est de droit.

PAR CES MOTIFS

Statuant en référé, par ordonnance mise à disposition au greffe, réputée contradictoire et en premier ressort,

Au principal, RENVOYONS les parties à se pourvoir ainsi qu’elles aviseront, et dès à présent, vu l’urgence :

CONSTATONS l’acquisition de la clause de résiliation de plein droit au bénéfice des bailleurs, à la date du 2 novembre 2024 ;

CONDAMNONS Monsieur [J] [G] [M] et Madame [I] [G] à quitter les lieux loués situés [Adresse 8] [Adresse 11] [Localité 15] [Adresse 1]) ;

AUTORISONS, à défaut pour Monsieur [J] [G] [M] et Madame [I] [G] d’avoir volontairement libéré les lieux, qu’il soit procédé à leur expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de leur chef avec si nécessaire le concours de la force publique, deux mois après la délivrance d’un commandement de quitter les lieux conformément aux dispositions des articles L. 411-1 et L. 412-1 du code des procédures civiles d’exécution ;

DISONS qu’en ce qui concerne le sort des meubles, il sera procédé selon les dispositions des articles L. 433-1 et L.433-2 du code des procédures civiles d’exécution ;

FIXONS une indemnité d’occupation égale au montant du loyer, révisable selon les dispositions contractuelles, et de la provision sur charges (560 euros par mois à la date de l’audience), augmentée de la régularisation au titre des charges dûment justifiées ;

CONDAMNONS solidairement Monsieur [J] [G] [M] et Madame [I] [G] à payer à Madame [Y] [C] épouse [T] et Monsieur [L] [T] la somme de 7.040,00 euros à titre d’indemnité provisionnelle pour l’arriéré de loyers, charges locatives et indemnités d’occupation à la date du 30 janvier 2025 (échéance du mois de janvier 2025 incluse), avec intérêts au taux légal à compter de la date de la présente décision ;

CONDAMNONS solidairement Monsieur [J] [G] [M] et Madame [I] [G] à payer à Madame [Y] [C] épouse [T] et Monsieur [L] [T], à compter du 1er février 2025 l’indemnité d’occupation mensuelle ci-dessus fixée, jusqu’à libération effective des lieux ;

CONDAMNONS solidairement Monsieur [J] [G] [M] et Madame [I] [G] aux dépens qui comprendront le coût du commandement de payer, de l’assignation, du dénoncé à la CCAPEX et de la notification de l’assignation au représentant de l’État ;

CONDAMNONS solidairement Monsieur [J] [G] [M] et Madame [I] [G] à payer à Madame [Y] [C] épouse [T] et Monsieur [L] [T] une indemnité de 250 euros en application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ;

REJETONS le surplus des demandes ;

RAPPELONS que la présente ordonnance est exécutoire de plein droit par provision ;

Ainsi jugé les jour, mois et an susdits.

LE GREFFIER LE JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION

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