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TJ 93008, 6 juin 2025, RG 25/02386


Vérifier : TJ 93008, 6 juin 2025, RG 25/02386 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
06/06/2025
Numéro
25/02386
Lieu / cour
tj93008
Chambre
Chambre 29 / Proxi fond
Type
other
Id
6851ad605dbd1b5d65c043d7

Texte de la décision

7,774 caractères

TRIBUNAL DE PROXIMITÉ
DE SAINT OUEN
[Adresse 3]
[Localité 5]

Téléphone : [XXXXXXXX01] ou [XXXXXXXX04]
@ : [Courriel 8]
@ : [Courriel 7]

REFERENCES : N° RG 25/02386 - N° Portalis DB3S-W-B7J-2YKU

Minute : 25/231

S.A. HOIST FINANCE AB (PUBL)
Représentant : Maître Olivier HASCOET de la SELARL HKH AVOCATS, avocats au barreau d’ESSONNE, vestiaire :

C/

Monsieur [T] [D]

Copie exécutoire :
Maître Olivier HASCOET de la SELARL HKH AVOCATS

Copie certifiée conforme :
Monsieur [T] [D]

Le 06 Juin 2025

JUGEMENT

Jugement rendu et mis à disposition au greffe de ce tribunal en date du 06 Juin 2025;

Sous la présidence de Madame Noémie KERBRAT, juge des contentieux de la protection assistée de Madame Coraline BONAVENTURE, greffier ;

Après débats à l'audience publique du 08 Avril 2025 le jugement suivant a été rendu :

ENTRE DEMANDEUR :

S.A. HOIST FINANCE AB (PUBL) dont le siège social est [Adresse 6] SUEDE
représentée par Maître Olivier HASCOET de la SELARL HKH AVOCATS, avocat au barreau d’ESSONNE

ET DÉFENDEUR :

Monsieur [T] [D], demeurant [Adresse 2]
non comparant, ni représenté

EXPOSE DU LITIGE
Selon offre préalable acceptée le 24/02/2021, la société ONEY BANK, aux droits de laquelle vient désormais la société HOIST FINANCE AB (publ) aux termes d'un acte de cession de créance en date du 14/12/2023, notifié au défendeur le 22/04/2024, a consenti à M. [T] [D] un crédit d'un an renouvelable d'un montant maximal en capital de 1200 euros remboursable à un taux d'intérêt débiteur variant entre 4,95% et 19,20%.
A la suite d'incidents de paiement, la société HOIST FINANCE AB (publ) a fait assigner M. [T] [D] devant le juge des contentieux de la protection de ce Tribunal, par acte extra-judiciaire en date du 25/02/2025, en paiement des sommes suivantes, sous le bénéfice de l'exécution provisoire et avec prononcé de la résiliation judiciaire des crédits dans l'hypothèse où la déchéance du terme serait jugée irrégulière :
" 7570,69 euros au titre du crédit, avec intérêts contractuels au taux de 7,09%, capitalisés selon les dispositions légales, à compter du 15/08/2024,
" 800 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile, outre les entiers dépens de l'instance.
Au soutien de sa demande, la société HOIST FINANCE AB (publ) fait valoir que les mensualités d'emprunt n'ont pas été régulièrement payées depuis l'échéance du mois de juillet 2023. Elle a ainsi prononcé la déchéance du terme du crédit le 15/08/2024.
A l'audience, la société HOIST FINANCE AB (publ) a sollicité le bénéfice de son acte introductif d'instance.
La forclusion et le caractère abusif de la clause de déchéance du terme ont été mises dans le débat d'office.
Cité à personne, M. [T] [D] n'a pas comparu et ne s'est pas fait représenter.
MOTIFS DE LA DECISION
Sur la forclusion
Il n'apparaît pas au regard de l'historique de compte produit qu'un délai de plus de 2 ans se soit écoulé depuis la date du 1er incident de paiement non régularisé. L'action n'est donc pas atteinte de forclusion.
Sur le caractère abusif de la clause de déchéance du terme
Aux termes de l'article L212-2 du code de la consommation, dans les contrats conclus entre professionnels et consommateurs, sont abusives les clauses qui ont pour objet ou pour effet de créer, au détriment du consommateur, un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties au contrat.
Il a été à plusieurs reprises jugé sur le fondement de ce texte que la clause qui prévoit la résiliation de plein droit d'un contrat de prêt après une mise en demeure de régler une ou plusieurs échéances impayées sans préavis d'une durée raisonnable, crée un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties au détriment du consommateur ainsi exposé à une aggravation soudaine des conditions de remboursement (voir notamment civ1ère, 22 mars 2023, pourvoi n°21-16.044 et civ. 1ère, 29 mai 2024, pourvoi n°23-12.904).
Tel est le cas en l'espèce dès lors que le contrat de crédit litigieux prévoit la possibilité pour le prêteur d'exiger le remboursement anticipé de la totalité du capital restant dû dans un délai inférieur ou égal à quinze jours seulement après l'envoi d'une simple mise en demeure adressée à l'emprunteur par lettre recommandée avec accusé de réception en cas de défaut de paiement de tout ou partie des sommes dues à leur échéance.
La clause de déchéance du terme stipulée au sein du contrat de crédit litigieux devant être regardée comme abusive, elle sera réputée non écrite.
La déchéance du terme prononcée par la banque sur le fondement de cette clause doit ainsi être regardée comme irrégulière.
Sur la résolution judiciaire du crédit et la demande en paiement
La résolution d'un contrat de prêt entraîne la remise des parties en l'état où elles se trouvaient antérieurement à sa conclusion, à la différence de la résiliation qui n'est pas rétroactive mais ne joue que pour les contrats à exécution successive, ce qui n'est pas le cas des contrats de crédit qui doivent être considérés comme des contrats à exécution instantanée (Civ.1ère, 14 novembre 2019 n°18-20955).
Dès lors, en cas de résolution judiciaire, l'emprunteur est uniquement tenu de restituer le capital prêté, moins les sommes qu'il a déjà versées.
En l'espèce, le défaut de paiement de plusieurs mensualités du prêt, eu égard au caractère essentiel de l'obligation de remboursement et au montant des échéances impayées, justifie de faire droit à la demande visant au prononcé de la résolution judiciaire du prêt.
Au regard de l'historique du prêt, il y a lieu par ailleurs de faire droit à la demande en paiement de la société HOIST FINANCE AB (publ) à hauteur de la somme de 5846,38 euros au titre du capital restant dû (6694,14 euros de financements - 847,76 euros de règlements déjà effectués).
La clause pénale de 8% du capital dû à la date de la défaillance stipulée au contrat de prêt est par ailleurs manifestement excessive compte tenu du préjudice réellement subi par la banque, sera réduite à 1 euro.
M. [T] [D] sera dès lors condamné(e) au paiement de la somme de 5847,38 euros, qui produira intérêts au taux légal à compter du 25/02/2025, date de l'assignation.
Sur la capitalisation des intérêts
La capitalisation des intérêts étant prohibée en matière de crédits à la consommation, la demande à ce titre sera rejetée.
Sur les demandes accessoires
La partie défenderesse, qui succombe, supportera les dépens, en application de l'article 696 du code de procédure civile.
Il serait inéquitable de laisser à la charge de la société HOIST FINANCE AB (publ) les frais exposés par elle dans la présente instance et non compris dans les dépens. La somme de 400 euros lui sera donc allouée au titre de l'article 700 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS,
Le juge des contentieux de la protection, statuant après débats en audience publique, par jugement mis à disposition au greffe réputé contradictoire, assorti de l'exécution provisoire et en premier ressort,
CONSTATE que les conditions de prononcé régulier de la déchéance du terme du prêt personnel du 24/02/2021 accordé à M. [T] [D] ne sont pas réunies ;
PRONONCE la résolution judiciaire dudit prêt personnel du 24/02/2021 aux torts de l'emprunteur ;
RÉDUIT l'indemnité sollicitée par la société HOIST FINANCE AB (publ) au titre de la clause pénale à 1 euro ;
CONDAMNE en conséquence M. [T] [D] à payer à la société HOIST FINANCE AB (publ) la somme de 5847,38 euros avec intérêts au taux légal à compter du 25/02/2025 ;
REJETTE la demande de capitalisation des intérêts ;
CONDAMNE M. [T] [D] à verser à la société HOIST FINANCE AB (publ) la somme de 400 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE M. [T] [D] aux dépens ;

LE GREFFIER LE PRESIDENT

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